L’âme humaine. Cerveau
Mais où sont localisés les principes supérieurs, Buddhi et Marias ?
Ils sont hors de l’être, dans Yaura du corps astral, à la partie supérieure. Ce sont eux qui, au front de Moïse, sont représentés par les deux cornes, au front du Christ par l’auréole.
Donc, c’est le Corps astral qui emmagasine nos habitudes d’où procèdent les actions réflexes, il est par excellence le siège de la mémoire et nous fournit des souvenirs doublement oubliés en ce sens que nous ignorons même les avoir conservés.
Peut-on prouver autrement que par des raisonnements l’existence du corps astral ?
Les expériences de Crookes suffiraient pour répondre à cette question.
Mais, en raison de l’axiome: il n’est pas d’effet sans cause, comment expliquer autrement les phénomènes de la suggestion et du magnétisme ?
Le sujet est endormi à distance, aussi souvent en la vue qu’en dehors de la vue de l’expérimentateur. Etant en état de sommeil, il est soumis à des influences qui, au réveil, par la suggestion, se traduiront en actes, en faits qui sont hors de conteste. Or, de l’opérateur au sujet, une force jaillit, qui produit ces effets. Cette force, il est impossible de l’assimiler à aucune des causes dynamiques dont disposent nos muscles. Ce n’est pas notre force matérielle qui agit, c’est une force
d’un ordre supérieur peut-être, différente à coup sûr, qui influe sur les facultés physiques et psychiques du sujet. Elle procède donc à la fois de la matière et de l’esprit, elle réside dans l’organisme de l’expérimentateur, qui la développe par un entraînement convenable, elle le remplit tout entier, car quiconque a usé cette force sait qu’il faut, pour la projeter, faire à la fois effort physique et psychique...
Par ces simples déductions, apparaît l’analogie parfaite entre ce qu’on appelle la force magnétique, l’influx nerveux et le corps astral, qu’on le nomme Ruach en hébreu ou Linga sharira en sanscrit.
A l’état d’indifférence, alors qu’il ne professe pas le : « Connais-toi toi-même ! », l’homme ignore son corps astral. Son sang circule, son cœur bat, ses pouls marquent les pulsations, sans qu’il s’inquiète de la cause de ces phénomènes qui s’accomplissent en dehors de sa volonté.
Celui-là même qui exerce une influence sur autrui par le regard, ne se demande pas quel est le lien qui établit une communication entre l’un et l’autre. Le savant officiel, hasardant des explications qui ne sont le plus souvent que des tautologies, ne veut pas avouer que dans la projection de cette force magnétique ou suggestive, il sort de lui-même, il se dédouble pour aller, par le corps astral, aussi matériellement qu’il irait par le corps matériel, vers le sujet toutes les fois que
la force ou la pensée doivent exercer une action hors de la portée des tacts matériels.
En une assemblée, les auditeurs sont attentifs et l’orateur s’efforce de convaincre. Les corps astraux des uns et de l’autre se penchent en quelque sorte pour se rapprocher, et de la collectivité se forme un groupe — attention — sur lequel s’exerce l’influence psychique du parleur, en dehors de son effet purement vocal.
Ainsi, dans la colère, la terreur. Les langues ont, à cet égard, de singulières et utiles révélations : l’homme qui hait foudroie du regard son adversaire qui pâlit. La force astrale de l’un s’élance sur le Corps astral de l’autre, et c’est malgré lui, que l’adversaire blêmit. Il y a choc réel, analogue, avec un caractère indéniable de double influence corporelle et psychique.
Mais si, dans tout homme, le Corps astral vit et agit à son insu, sans que sa conscience mesure ni dirige toutes ces manifestations, il n’en est pas de même chez l’homme qui s’examine lui-même et qui, par de patientes études, s’efforce de s’en rendre maître. Dans le monde occidental, le médecin, le physiologiste y parviennent en de certaines proportions.
Toutefois, le cas le plus fréquent est celui-ci : certains êtres dont le prototype se trouve chez les névrosés des hôpitaux, non-seulement ne sont pas maîtres de leur corps astral, mais encore n’ont pas en eux la force équilibrée, nécessaire pour le retenir. De cette nature sont ceux qu’on
appelle médiums, qui ne sont pas maîtres des phénomènes qu’ils accomplissent, mais qui les subissent, leur Corps astral étant soumis à toutes les influences, soit de ceux qui leur imposent leur volonté, soit des forces physiques ou psychiques qui existent dans la nature.
Qu’on se reporte aux expériences analysées dans la première partie de ce travail, notamment à celles de William Crookes, et la réalité du Corps astral ne peut plus être mise en doute.
Il est une observation concluante à laquelle on n’a pas porté l’attention qu’elle mérite.
L’homme amputé souffre encore dans le membre qu’il a perdu : c’est que le Corps astral du membre coupé existe toujours. On a vu un amputé d’une jambe se tenir droit, s’appuyant, sans le savoir, sur le membre astral, momentanément solidifié par l’instinct.
Voici, à cet égard, une observation des plus curieuses, recueillie par un chirurgien américain dans les Montagnes Rocheuses, en 1881 :
« — Je visitais, raconte ce chirurgien, une scierie mécanique avec des amis. L’un d’eux glissa, et son avant-bras fut saisi par une scie circulaire qui le mutila. L’amputation fut nécessaire. On était à grande distance d’une ville. L’amputation faite, le bras coupé fut placé dans une boîte remplie de sciure de bois et on l’enterra. Peu de temps après, mon ami, en pleine voie de guérison, se plaignit de souffrir de son bras absent, ajoutant qu’il se sentait la main
pleine de sciure et qu’un clou lui blessait le doigt. Ses plaintes persistant au point de lui enlever le sommeil, ceux qui l’entouraient craignaient pour sa raison, quand la pensée me vint de retourner à l’endroit où s’était passé l’accident et, si étrange que cela puisse paraître, tandis que je lavais le membre déterré pour le débarrasser de la sciure, je constatai qu’un clou du couvercle de la boîte s’était engagé dans le doigt. Ce n’est pas tout, le blessé qui se trouvait à plusieurs milles de là, disait à ses amis : — « On verse de l’eau sur ma main, on enlève le clou, cela va beaucoup mieux ».
Une aventure à peu près semblable arriva à un certain Samuel Morgan, employé aux machines à coudre Singer. Amputé à la suite d’un accident, il se plaignait de souffrances à l’épaule et de crampes dans ses doigts absents. On reconnut alors que le membre amputé avait été tassé si violemment dans la petite caisse où on l’avait enfermé pour l’enterrer, que la main était repliée sur elle-même, de façon à causer dans le membre — s’il eût été vivant — la douleur dont se plaignait le blessé.
Il suffit, d’ailleurs, de consulter les internes de nos hôpitaux pour constater nombre de faits analogues, attribués, comme toujours, à une suggestion de l’imagination.
Les Américains, plus hardis, ont essayé d’utiliser ces constatations pour la meilleure guérison du patient.
Ils n’hésitent pas à déclarer que la douleur physique a une répercussion durable dans la forme spirituelle du membre amputé. La gangrène qui se déclare après des amputations est, selon eux, la résultante de la décomposition du membre coupé. En brûlant ce membre, le danger disparaît. Seulement, comme le patient souffre pendant la crémation du membre détaché, comme s’il adhérait à son corps, il importe de l’anesthésier pendant l’opération.
Il est vrai que ces expériences ne paraissent pas avoir été faites en France, quoiqu’on ait constaté mille fois des douleurs inexplicables et la persistance de la sensation dans les membres amputés. J’ai connu moi-même un amputé de la jambe qui affirmait de la façon la plus positive qu’il avait mal aux doigts du pied.
Seule, la science dite Occulte, donne de ces faits une explication logique.
Quiconque a assisté à des séances de médiumnité, est convaincu de l’existence du Corps astral, que l’on voit littéralement sortir du corps du médium qui se trouve alors dans l’état appelé trance. Tantôt ce sont des lueurs phosphorescentes qui paraissent sur les diverses parties de son corps, tantôt, c’est une sorte de vapeur qui s’échappe du corps, à la hauteur du cœur, qui s’élève dans l’air, se condense, redescend vers la terre en forme plus ou moins humaine.
Mais, le plus souvent, comme nous l’avons dit, il est inconscient lui-même des effets qui se pro-