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III. — Science

La science arrivera, par la Théosophie, à se fondre dans la Foi.

Ceux qui n'ont aucune croyance, ceux qui n'ont que des croyances superficielles, ceux qui n'ont que des croyances spéciales — c'est-à-dire les Adeptes des diverses religions — que tous viennent à la Théosophie !

Ceux qui ne croient qu'aux propriétés organiques périssables comme les organes, comprendront qu'ils n'ont étudié qu'un côté de l'homme. Ils feront alors l'expérience de ce que donne de calme, de force et de clarté la croyance judicieuse à l'individualité de l'esprit et à sa survivance éternelle.

Ceux dont la pensée est encore flottante entre les doctrines et les dogmes rencontreront la fermeté et la certitude qu'ils ont enfin cherchées.

Ceux dont l'âme est déjà ouverte aux aspirations suprà terrestres reconnaîtront dans la Théosophie la lumière qui chasse la dernière ombre, qui dissipe toute confusion, en éclairant chaque objet sous son véritable jour et à son propre plan.

La Théosophie est donc l'agent moteur de l'Humain vers le Divin.

Et c'est parce qu'elle connaît les lois de l'invisible qu'elle dit à l'homme :

— Sois pour l'hômme un frère.

Résumé de Théosophie :

La Théosophie ou la religion de la sagesse a existé de temps immémorial.

Elle nous donne une théorie de la nature et de la vie fondée sur le savoir acquis par les sages du passé, plus spécialement par ceux d'Orient, et ses disciples les plus élevés affirment que ce savoir n'est pas quelque chose d'imaginé ou d'induit, mais qu'il est acquis expérimentalement par ceux qui se soumettent aux conditions nécessaires pour l'acquérir.

Voici quelques-unes de ses propositions fondamentales :

1° L'esprit dans l'homme est la seule partie réelle et permanente de son être. Le reste de sa nature étant composé de toutes choses composées, soumises à la décomposition, il n'y a dans l’homme que son esprit qui soit permanent.

De plus, l'Univers étant Un et chacune des choses qu’il contient étant en relation avec chacune des autres et avec le tout, ce dont on a une parfaite connaissance sur le plan supérieur dont il s’agit, aucun acte, aucune pensée ne peut se produire, sans que le grand Tout en ait la perception.

D'où suit que tout est lié par le lien indissoluble de la fraternité.

2° Au-dessous de l'esprit et au-dessus de l'Intellect, il y a un plan de conscience dans lequel les faits sont notés et qu'on appelle communément la Nature spirituelle de l'homme : cette nature est susceptible d'éducation aussi bien que le corps et l'intellect.

3° On ne peut atteindre à l'éducation spirituelle qu'autant que les intérêts matériels, les passions et les exigences de la chair sont subordonnés aux intérêts, aux aspirations de la nature supérieure, et c’est une question de système et de lois établies.

4° Les hommes systématiquement entraînés atteignent une claire vision du monde immatériel et spirituel : leurs facultés antérieures saisissent la vérité aussi facilement que leurs facultés physiques perçoivent les objets matériels et leurs facultés intellectuelles les objets de la raison, d’où suit que leur témoignage à l’égard de cette vérité a autant de valeur que celui des savants et des philosophes, relativement à la vérité de l'objet de leurs études respectives.

5° Pendant le cours de leur éducation spirituelle, ces hommes acquièrent la perception de différentes forces de la nature inconnues aux autres et le pouvoir de les diriger, de sorte qu’ils peuvent faire ce qu’on appelle des miracles, bien que leurs actes ne soient

que l'application rationnelle de leurs connaissances plus avancées des lois naturelles.

6° Leur témoignage en faveur de l'existence d'une vérité supersensuelle, appuyée sur la possession de ces pouvoirs, a donc le droit d'être examiné sincèrement.

Les principaux points du système exposé par les sages sont les suivants :

1° L'explication de la cosmogonie, du passé et de l'avenir de la terre et des autres planètes, celle de l'évolution de la vie à travers les formes minérales, végétales, animales et humaines.

2° Les affaires de ce monde et de ses habitants sont soumises à des lois cycliques, et pendant un cycle donné, il n'est pas possible d'atteindre le degré ou la qualité de progrès d'un cycle différent.

3° L'existence d'une substance éthérée répandue dans tout l'Univers et appelée Lumière astrale ou Akaça, qui est le réservoir des événements passés, présents ou futurs, et qui garde la trace de tous les effets produits par des causes spirituelles, de tous les actes et de toutes les pensées provenant de la matière et de l'esprit.

4° L'origine, l'histoire, le développement et la destinée de l'humanité.

... Enfin, le but de la Société Théosophique est triple :

1° Propager le principe de la fraternité universelle parmi tous les hommes, sans distinction de race, de croyance ou de couleur.

2° Favoriser l'étude des littératures, des religions et des sciences propres aux Aryens et aux autres races orientales.

3° Etudier les lois inexpliquées de la nature et les pouvoirs psychiques de l'homme.

L'adhésion à la première de ces fins est la condition essentielle pour être reçu membre de la Société, les deux autres sont facultatives.

On ne peut dénier à ce programme encyclopédique une large allure : par contre, on ne saurait trop lui reprocher une affectation regrettable, alors qu’il s’agit en réalité de science pure, seulement poussée à des plans supérieurs, d’un mysticisme qui, pour mieux s’affirmer, emprunte aux vieilles théologies leur logomachie injustifiable, bonne tout au plus à repousser les hommes de bonne foi, qui n’entendent pas être sortis des religions pour rentrer dans une religion.

Il y a toujours du prêtre dans le philosophe.

Mais le vrai chercheur ne s’arrête pas à ces détails. Il était important de se rendre un compte aussi exact que possible de la valeur intellectuelle et morale des personnalités qui se mettaient à la tête d’un mouvement dont le but était beau et ne tendait à rien moins qu’à changer l’axe du mouvement social.

Il convient alors d’ouvrir le livre de M. Sinnett, et on y apprend qu’il existe dans l’Inde une fraternité ou association secrète qui étend ses ramifications dans tout l’Orient.

Lord Lytton, dans son roman Zanoni , a prouvé qu’il avait eu connaissance de cette fraternité qui conserve, depuis les temps les plus reculés, le dépôt des sciences occultes.

L’Adepte, ou plutôt l’Initié, le Mahatma — Grand Esprit — comme on appelle les membres de cette Association mystérieuse — dont la trace peut se suivre à travers toute l’histoire, depuis Krisna jusqu’à Pythagore, Orphée, Moïse, Apol-

lonius de Thyane, jusqu’à Jésus — est arrivé à un plan supérieur à l’humanité, tout en restant encore sur cette terre. Mais il a pénétré sur le plan astral, s’est emparé des forces qu’il renferme et peut les faire agir.

Il sait — par expérience — ce que le raisonnement ou l’intuition nous fait pressentir, c’est-àdire qu’il a une âme, que cette âme, plus subtile que le corps, est une réalité matérielle. Il la sépare de son corps en de certaines conditions et l’y replace ensuite. Il sort hors de lui et peut diriger son corps astral, le condenser, le matérialiser en quelque sorte et à de grandes distances.

Il a la connaissance de cette force de la nature qui s’appelle Akaça et qui est le réservoir de toutes les forces, agent plus subtil et plus puissant que l’électricité.

L’Adepte peut donc, s’il le veut, produire des phénomènes que nous sommes disposés à qualifier de fantastiques et qui ne sont, en réalité, que la mise en action de forces qui nous sont inconnues.

Les adeptes, pendant des siècles, se sont renfermés dans la solitude, en des sortes de couvents dont quelques-uns se trouvent sur les cimes des Himalayas.

Cependant, leur porte n’a jamais été fermée aux hommes de bonne volonté qui sont venus à eux. Mais, dès les premiers pas, celui qui se destinait au Chêlaat , à l’état d’étudiant ès-sciences occultes, est averti qu’on ne fait pas un adepte, il doit se faire lui-même. Il ne s’écoule jamais

moins de sept années entre le moment où le candidat à l’initiation est accepté comme aspirant et celui où il peut être admis à la première des épreuves qui lui barrent le chemin des premiers degrés de l’occultisme. Il ne sait même pas s’il sera jamais admis à l’initiation. Il ne s’agit pas là d’épreuves physiques ridicules et, non plus d’ailleurs, qu’il n’était question de ces enfantillages dans les anciennes Initiations égyptiennes.

Si, en Franc-Maçonnerie, on comprenait le vrai sens du Testament qui est réclamé du profane, le nombre des apprentis deviendrait si restreint, que la Maîtrise ne serait plus prodiguée comme elle l’est aujourd’hui.

L’aspirant Chéla ne ressemble en rien à l’étudiant ès-sciences ordinaires. De celles-là, il peut trouver le secret dans les livres et sur les bancs des cours. Sa moralité, son intuition spirituelle, ses projets d’avenir, l’usage qu’il prétend faire de la science acquise, n’entrent pas en ligne de compte. Quand il s’agit de sciences occultes, les conditions sont toutes différentes.

Les qualités exigées d’un Chéla sont :

1° Une parfaite santé corporelle.

2° Une pureté absolue physique et mentale.

3° Des desseins non égoïstes, une charité universelle, de la compassion pour tous les êtres animés.

4° La constance et une foi inébranlable à la loi de Karma, indépendante de l’intervention d’aucun pouvoir de la nature : loi dont le cours ne

peut être entravé par aucune entremise, dévié par aucune prière, aucune cérémonie propitiatoire exotérique.

5° Un courage indomptable en face de toute éventualité, fût-ce la mort.

6° La perception intuitive que notre âme est le véhicule de PEsprit-Atma.

7° Une calme indifférence, mais aussi une juste appréciation en présence de tout ce qui constitue le monde objectif et transitoire et ses relations avec le monde invisible.

C’est par un effort tout personnel que le Chéla doit se mettre au-dessus du corps, des sens, du péché, de la douleur.

Mais il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas ici d’un simple état de résistance, de macération, de privation. L’objectif est plus élevé et en même temps très différent. Il faut arriver à un changement de plan. Résister à ses désirs est une lutte : vainqueur aujourd’hui, on peut être vaincu demain. Il faut tuer en soi le désir, la passion. Par exemple, s’abstenir d’alcool est utile, mais le chéla doit n’avoir plus le désir de l’alcool, c’est-àdire que si on lui verse et qu’on lui offre un verre de la liqueur de feu, il doit ne pas éprouver le moindre désir d’y goûter.

Ce sont ces nuances qui sont si difficiles à comprendre pour les occidentaux. Leurs maîtres en charité, par exemple — Saint Vincent-de-Paul — estiment qu’en faisant le bien, ils accomplissent un acte méritoire. Le véritable occultiste ne com-

prendrait pas qu’il lui fût possible d’agir autrement que dans le sens de l’altruisme. Tout acte égoïste lui serait une souffrance.

Ce n’est qu’à ces conditions, difficiles à remplir, que l’aspirant aux pouvoirs occultes peut espérer entrevoir le but.

Et c’est là aussi la grandeur et la beauté de la science Occulte, que le fait seul d’en saisir la véritable portée est déjà un progrès sur les conditions ordinaires de notre entendement.

Certes, en ces derniers temps, lorsqu’un rayon de cette lumière nouvelle parvint jusqu’au monde moderne, les postulants se présentèrent en foule : la curiosité était le principal élément de leur empressement. Ils rêvaient tous de franchir le seuil de ce temple, entrevoyant la possibilité d’acquérir des pouvoirs supérieurs à ceux des autres hommes, désirant la toute-puissance qui mettrait leurs semblables à leur merci. Leur seul objectif était, en réalité, d’assouvir des ambitions qu’ils sentaient irréalisables par les voies ordinaires ; en fait, ils ne voyaient dans la science Occulte qu’un pouvoir magique, dans le sens le plus étroit du mot.

D’autres étaient de bonne foi, mais leurs facultés étaient insuffisantes pour qu’ils parvinssent à modifier leur orientation intellectuelle.

Les premières épreuves suffirent à prouver la toute-puissance des inclinations latentes, surexcitées en quelque sorte par les obstacles. Ce ne

furent qu’échecs déplorables. A peine quelquesuns franchirent le premieiK degré de l’initiation.

Essayons d’expliquer, par un exemple, la différence de plan qui existe entre la Science Occulte et le préjugé ordinaire : les Adeptes, affirme-t-on, parviennent à s’affranchir de la mort. C’est-à-dire, pour les profanes, qu’ils sont mis en possession de quelque élixir de vie qui leur procure l’immortalité.

Comparons cette banalité à la théorie de l’Occultisme :

La mort est le brutal passage, instantané, du plan matériel au plan astral : tout acte brusque implique un effort, donc une souffrance.

L’adepte, par l’effort de sa volonté, par la pratique sévère et ininterrompue des règles de l’Initiation, obtient ce résultat de répartir sur une pé- , riode très longue l’effort de la transformation qui, ainsi, au lieu d’être brusque, devient graduelle et non douloureuse. Il ne meurt pas, il va vers le plan supérieur, comme gravissant une pente douce, observant chacun de ses pas, étudiant chacun de ses mouvements, de ses actes, tant au point de vue matériel qu’au point de vue spirituel. Car le changement de plan comprend la double transformation physique et psychique.

Savoir vivre, c’est savoir mourir.

C’est par distances infinitésimales que l’Adepte s’approche du seuil de l’Au-delà, si bien qu’il le franchit insensiblement, sans avoir, pour ainsi dire, la notion du moment précis où le passage

s’accomplit. Car à la seconde qui a précédé cet acte en avant, il était déjà semblable, à une infinitésimalité près, à ce qu’il devient la seconde suivante.

Le lien qui unit le corps matériel au corps astral s’est si lentement affiné que sa rupture ne mérite même plus ce nom, puisque mathématiquement il n’y a qu’extension indéfinie de ce lien.

Ce que l’adepte doit vaincre, c’est ce que les occultistes appellent le dragon du Seuil, expression dont il est possible de se rendre compte en songeant aux aptitudes héréditaires qui déterminent la date moyenne de la mort, qu’il s’agisse d’individus, de familles, de peuples ou de l’Humanité tout entière.

Supposons qu’en un peuple, il existe cette règle de moyenne, qui fixe la durée de la vie à trente ans : d’autre part, dans certaines familles de ce peuple, la durée moyenne de la vie est de cinquante ans. Enfin, dans l’humanité tout entière, le maximum de la vie est de cent ans.

L’adepte doit vaincre trois fois le dragon du Seuil, à trente ans, comme membre du peuple dont il fait partie, à cinquante ans, comme membre de sa famille, à cent ans, comme homme.

Il ne s’agit pas ici de moyens uniquement thérapeutiques, mais de l’observation continuelle, impeccable de soi-même, de l’utilisation pondérée, raisonnée de ses forces. A chacune de ces périodes, l’adepte doit agir comme le cocher qui sait que sur sa route, semée de fondrières, il en est trois

qui présentent un danger mortel. Avant d’y arriver, il ralentit l’allure de ses chevaux, il jette un regard sur le harnachement, il tâte les freins pour être sûr de leur bon fonctionnement, toute son attention se tend sur ce seul point, franchir l’obstacle.

Il est passé. Son allure redevient libre, mais dès lors il doit déjà penser au second obstacle, au troisième et ménager son effort en conséquence.

Tout acte qui s’accomplit a une influence sur tous les actes qui s’accompliront. C’est la grande, la première vérité de l’occultisme.

Le troisième obstacle franchi, la route est libre, le voyage s’achèvera dans des conditions de normalité absolue et il dépendra du cocher que l’ar- T'êt définitif ait lieu sans aucune secousse.

L’élixir de vie, c’est la suppression de la mort, le passage rendu insensible, et par conséquent ^existence d’une période qui est encore la vie matérielle et déjà la vie astrale.

En cette période, l’être est en possession de deux ordres de facultés, il est encore puissant comme homme, et déjà il peut user des forces qui sont spéciales à l’état supérieur.

Ces idées, si simples en réalité, diffèrent cependant à un tel point de celles auxquelles nous sommes habitués que, pour les concevoir, il nous faut déjà changer de plan intellectuel.

Un admirateur de Victor Hugo me disait un jour : « Pour bien le comprendre, il faut le lire, monté sur une table. »

C’est ainsi que pour comprendre les principes élémentaires de l’occultisme, il faut pour ainsi dire monter au-dessus de soi-même.

Madame Blawatsky avait passé les premiers degrés de l’initiation, ayant fait un séjour de sept années chez les Mahatmas du Thibet.

Et pour la première fois depuis des siècles la Théosophie s’affirma. Madame Blawatsky attira l’attention par quelques actes phénoménaux des plus simples, démontrant l’existence d’une force jusqu’alors inconnue, miracles calculés de façon à éveiller la curiosité sans troubler la raison de ceux qui en étaient témoins.

Autorisée par les Mahatmas avec lesquels elle était restée en communication, elle a prouvé l’existence d’une télégraphie psychique entre elle et ses maîtres, à travers l’espace, la pénétration de la matière, la désintégration et la reconstitution de la substance.

Nous renvoyons les curieux au livre de M. Sinnett.

D’ailleurs, osons dire toute la vérité :

La plupart de ceux qui sont séduits par la science occulte ne voient dans son étude qu’un jeu, agrémenté de tours de prestidigitation plus ou moins réussis, ou bien ils les rapportent au magnétisme et à la suggestion.

Pour concevoir l’idée seule des progrès inouis qu’elle comporte pour le développement moral et physique de l’humanité, il est indispensable de se livrer à des études préliminaires qui modi-

fient du tout au tout la façon de raisonner philosophiquement.

Il faut ouvrir une porte derrière laquelle, nous dit-on depuis des siècles, il n’y a que ténèbres et folie. Entr’ouvrir avec précaution, car la lumière en face de laquelle on se trouve au-delà du seuil est si puissante, si éclatante, si troublante qu’il est à craindre que l’éblouissement produise la cécité.

Avant tout, il convient de lire avec attention les livres qui, depuis quelques années, traitent de cette science, en s’efforçant de la mettre à la portée de nos esprits européens. Au premier rang, nous placerons le Traité élémentaire de Science occulte de Papus qui, très simplement, ouvre des horizons tout nouveaux sur le mode d’intelligence des sciences exactes.

Puis, pour entrer de plain-pied dans l’histoire vraie* si différente de celle dont on a rebattu nos oreilles, il faut lire : La Mission des Juifs , de M. Saint-Yves d’Alveydre, un véritable chefd’œuvre au double point de vue scientifique et littéraire, intéressant comme un roman, suggestif comme le plus ardu des traités philosophiques.

Il est utile alors d’avoir la révélation du nom d’un homme de génie, un Français, qui au commencement de ce siècle eut l’intuition de toute la science ésotérique de l’Orient, Fabre d’Olivet, auteur de La langue hébraïque restituée , de VHistoire philosophique du genre humain, traducteur et analyste sublime des Vers dorés de Pythagore.

Répétons le mot parce qu’il est vrai, il se fait en le lecteur de ces ouvrages, — si peu ressemblants à ceux que nous connaissons, — une ouverture d’âme. Un voile se déchire. Et on est saisi du désir d’aller plus loin, toujours plus loin.

Nous avons déjà parlé de la collection du Lotus, véritable encyclopédie de philosophie orientale, aride d’abord, mais dont, après des efforts d’attention, toutes les parties s’éclairent et se complètent en un superbe ensemble. Les travaux de madame Blawatsky frappent l’étudiant d’une sorte de stupeur admirative, on ne saurait rendre mieux l’impression ressentie qu’en disant qu’on se trouve en présence de toute autre chose que ce qu’on avait étudié et appris. Et ce quelque chose de nouveau a un tel caractère de grandeur, de logique, d’humanitarisme dans le sens le plus élevé du mot, on entrevoit une solution si admirable de tous les problèmes sociaux, que l’on ne se sent plus le courage de hausser les épaules en ricanant.

Le Voile (Vlsis continue l’œuvre interrompue du Lotus. Peut-être lui pourrait-on reprocher comme à sa devancière un dogmatisme trop savant : mais en vérité elle reste dans son rôle directeur des études d’Occultisme, sans concessions aux préjugés courants.

L’Européen, le Français, le Parisien, désireux d’instruction plus facile, impatients de comprendre à de moindres efforts, trouvent alors l’auxiliaire de leur bonne volonté dans la revue Y Initiation, excellente publication mensuelle, dont l’esprit est

conforme à nos façons de recherches, ce qui tient d’ailleurs à ce que sa réduction fut toujours exclusivement française. Nous nommerons Stanislas de Guaita, Ch. Barlet, Georges Montière, Lucien Mauchel, Papus, Marcus de Vèze, Eugène Nus, Polti et Gary, auteurs d’une Physiognomie nouvelle qui constitue une révolution ; quelques-uns ont disparu, mais leurs écrits restent.

Signalons encore les ouvrages de M. Camille Flammarion, etc.

Mais encore une fois, qu’on ne s’attende pas à rencontrer des Thaumaturges affublés d’oripaux de théâtre, coiffés de bonnets pointus et vêtus de robes ponctuées de diables rouges.

La Science Occulte — qui n’aspire qu’à ne plus l’être — vise un tout autre but que l’épouvantement ou le ravissement des âmes sentimentales.

Elle veut le travail sincère, sérieux de ceux qui ont acquis cette conviction ; c’est que, par quelque coté qu’ils aient abordé les sciences officielles, ils les ont trouvées impuissantes à expliquer la plupart, la majorité des phénomènes naturels ou les aspirations latentes contre lesquelles nous nous débattons sans parvenir à leur imposer silence.

Le but de ce livre est de donner aux hommes de bonne foi le courage d’affirmer leur volonté de recherches, sans s’arrêter à des préjugés qui, pour trouver leur source dans le scepticisme à outrance, n’en sont pas moins entachés de despotisme et de tyrannie.

Nous avons voulu, non prouver, mais indiquer.

Ce petit volume peut être comparé à un de ces cantonniers qui, sur les lignes de chemins de fer, étendent le bras, disant dans leur langage muet :

— Allez en avant, on peut passer !

Il nous reste maintenant, pour conclure, à ramener ces considérations parfois si étranges et d’une compréhension difficile à une forme plus simple, plus occidentale, adéquate à nos habitudes de logique et de clarté.

En notre dernier chapitre, nous allons donner en quelque sorte la traduction occidentale de cette science d’Orient et expliquer comment, sans sanscrit et sans hébreu, nous pouvons nous élever à la haute conception de la morale et de la justice.

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