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LE PRINCIPE PREMIER

C’est cette double connaissance que l’homme curieux de science, dans la noble et parfaite acception du mot, non pour se singulariser auprès de ses contemporains ni pour obtenir des pouvoirs dont il ferait un usage égoïste et étroit, doit s’efforcer d’atteindre, méthodiquement, sans hâte. Ce qu’on appelle communément l’âme, appartient au plan astral, en ce que l’âme n’est qü’un réservoir d’idées, de souvenirs et de sensations, de faits moraux dont le principe se trouve dans l’Esprit seul, en l’Unité à la fois synthétique et synthétisée.

Peu d’hommes connaissent leur âme : moins encore en sont maîtres. On ne sait pas abstraire ses idées pures des faits d’ordre inférieur et matériel. On ne conçoit l’idée que liée à une manifestation d’ordre physique, à un besoin du corps, à une satisfaction des sens. Pour être maître de l’idée, il faut la concevoir seule, en soi, indépen-

dante de toute contingence. Celui que l’intuition conduit à cette notion a une échappée sur le monde astral, il est sur la route du monde psychique.

Comme le monde physique, le monde astral a trois plans :

Astral physique.

Astral-astral.

Astral psychique.

Dans le premier est l’essence des Forces dont nous ne voyons que les phénomènes. Le magicien d’en bas peut l’attirer à lui, en quantité plus ou moins grande et la ramener au monde physique où elle produit des effets étonnants, souvent inutiles, parfois dangereux. Dans le monde astral s’enregistrent toutes les manifestations physiques dont nous ne percevons qu’un effet immédiat. Ainsi le son métallique produit par une cloche, si bien fondue qu’elle soit, dure à peine quelques minutes pour nos oreilles. Mais il se propage dans le monde astral, où se trouve l’essence du son, et par une organisation supérieure peut être perçu une heure ou deux après le tintement.

Sur le second plan du Monde Astral, les Forces dégagées des obstructions du monde physique, réagissent sur elles-mêmes pour se sublimer en lois pures, indépendantes de toute application pour le monde physique, ou plutôt si supérieures à ses résistances que leur action impliquerait la désintégration delà matière, sa réduction à l’éther et au protyle (1).

Sur le troisième plan astral enfin, les Forces à

(i; Voir le livre de Le Bon : L'Évolution de la matière .

l’état abstrait de lois se diluent encore, se sublimisent pour retourner à l’état de principes, à l’Esprit ou Ether, source unique en qui tout est renfermé et d’où tout découle.

Mais dans le monde psychique lui-même, trois plans, le premier touchant aux forces — lois — le second réalisant l’effort d’absorption des Lois sur le troisième plan qui est l’action première, degré définitif vers l’Unité.

Celui qui aspire au titre de Magicien, même dans le sens le plus élevé du mot, n’ira jamais au-delà du premier plan astral, à peine entreverrat-il le second et, alors, à moins d’un altruisme sublime, il sera essentiellement dangereux pour le monde physique.

Qui sait si les grands cataclysmes terrestres ou cosmiques ne sont pas l’œuvre de quelqu’un de ces imprudents. C’est peut-être un savant ayant touché à la sublimation des Forces qui a causé l’engloutissement de l’Atlantide.

C’est Un sujet que nous ne pouvons traiter ici, mais que nous aborderons dans un autre volume.

Essayons maintenant de classer, de grouper, de synoptiser cette organisation universelle, ce macrocosme qui nous amènera à l’étude du Microcosme qui est l’homme.

Avant d’aller plus loin, cette question se pose subitement :

Quel est le principe premier ?

Nous voyons les effets, quelle en est la cause ?

Les religions officielles nous répondent par un mot : Dieu.

Ce mot est indéchiffrable, indiscutable, c’est le — tarte à la crème — de toutes les théocraties.

Nous voulons comprendre, même l’absolu.

Et si nous n’y parvenons pas, alors ayons le courage d’avouer nettement une ignorance qui, en tout cas, ne peut être imputée à crime à l’humanité, munie pour la lutte intellectuelle des seules armes que lui a dispensées la nature naturante sür laquelle elle n’a pas d’action. Cherchons cependant ce que peut être ce principe, étant données la persistance de notre logique, la pénétration de notre entendement, et s’il le faut, nous enregistrerons énergiquement l’aveu, non humiliant, quoi qu’on en dise, qui est nécessairement aü début et à la fin de toute science.

Suivons pas à pas la science occulte, qui, jusqu’ici, est de toutes les conceptions métaphysiques la seule claire, la seule positive et qui, pour nous, par conséquent, présente le plus les caractères de la vérité :

Au-dessus de tout, dans les profondeurs de l’infini : la Puissance première.

Quel est le principe du principe actif ?

Les Hindous l’appellent Parabrahm.

Au-delà, au-dessus de toute manifestation, ils conçoivent l’Essence de Tout.

C’est l’Absolu, l’Être et le Non-Être, la Vie et la Mort à l’état concret ; cette force contient tout,

est tout et rien à la fois, le Temps, l’Espace, le Fini et l’Infini.

On ne peut même pas dire que l’absolu est :

car le fait d’Être est une relativité.

Une seule formule rend compte de l’absolu :

0 = Zéro.

Et encore Zéro manifesté est-il quelque chose de fini, de relatif, ce n’est plus l’infini ni l’absolu.

Dès que Zéro se manifeste, il est 1, c’est-àdire plus ou moins. L’absolu c’est 0 non manifesté, dans sa nullité non formulée.

Parabrahm, c’est ainsi le non manifesté, le non différencié.

Réservons cette première inconnue. Nous y reviendrons tout à l’heure.

Parabrahm, zéro, se manifestant devient par cette manifestation même 1.

1 réagissant sur lui-même 1 + 1 produit 2.

Le 1 et le 2 s’unissant produisent 3.

L’actif agissant sur le passif crée le fait. Le principe agissant sur la loi produit le phénomène. L’homme agissant sur la femme donne l’enfant.

Appliquons cette règle à la Formation des trois mondes que nous avons déjà définis :

— Monde psychique ou des Principes.

— Monde astral ou des Lois.

— Monde physique ou des Faits.

Monde psychique

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