‹ Magnétisme. Arcanes de la vie future dévoilés. Ou, L'existence, la forme, les occupations de l'ame après sa séparation du corpsChapitre 15 sur 33 · HUITIÈME EXTATIQUE · texte numérisé non relu

HUITIÈME EXTATIQUE

Mme Gouget, âgée d’une quarantaine d’années, ayant entendu parler du magnétisme, se fit somnambuliser par plusieurs personnes, dont la dernière, selon ce qu’elle me dit dans ses sommeils, l’avait totalement dérangée; je connaissais cette femme pour une très-bonne personne, et je fus désolé, un jour qu’elle vint me rendre visite, de l’entendre débiter une masse de faits qui me prouvèrent qu’elle était sous une très-mauvaise influence, et que sa raison, qui déjà en souffrait, y succomberait tôt ou tard. Elle avait cessé de se faire magnétiser ; mais elle sentait le besoin, pour rentrer dans son état normal, de trouver un magnétiseur qui la débarrassât de la mauvaise influence du dernier; elle me pria de lui rendre ce service. Ne me sentant pas de force d’opérer une telle cure, je lui donnai l’adresse de M. le baron Dupotet, où elle fut ; il la magnétisa, la lit visiter, et reconnut qu’elle était dérangée ; il ne lui refusa pas ses soins, on le sait trop bon pour en agir autrement, mais cette pauvre femme n’osa pas v retourner : on lui avait conseillé

d’aller retrouver son premier magnétiseur, ce qu’elle ne put faire, vu que ce magnétiseur ne connaissait point le magnétisme. Désolé de voir cette femme qui combattait l’influence de son mauvais magnétiseur, qui employait toute son énergique volonté à la faire revenir prés de lui, pour l’exploiter à son gré, j’entrepris de l’arracher à cette obsession occulte; j’y parvins au bout de cinq séances, et remis cette malheureuse en état de penser et d’agir comme avant sa désorganisation. Je viens de donner quelques détails qui sont nécessaires aux personnes qui s’occupent de magnétisme, et qui démontrent combien on doit être scrupuleux dans le choix d’un bon magnétiseur.

La principale spécialité de cette femme était pour les vues à distances; elle voyait l’extérieur des corps avec une remarquable facilité, et décrivait très-bien les maladies. Je pourrais citer beaucoup de faits psychologiques qui ne seraient pas déplacés dans cet ouvrage, mais qui seraient une continuelle répétition ; je me contenterai des suivantes :

92. M'"® Gouget dit recevoir des avis salutaires de son ange. — Quel est votre ange? — C est saint Paul. — Il y a deux saints Paul, est-ce l’apôtre ou l’ermite ? — C’est l’ermite.

Comment vous apparaît-il ? — C’est un respectable vieillard, il a la barbe grise et l’air majestueux. Demandez a voir votre véritable ange? Le voilà. — Est-ce toujours le même ? — Oui. — Demandez-en un autre? — J’en vois un groupe à ma droite. — Priez-en un de s’approcher de vous et de vous dire son nom? — En voici un. — Dépeignez-le-moi ?— Il est bien vieux , bien vieux. — Qu’appelezvous vieux? a-t-il la figure ridée? — Non, mais il y a bien des siècles qu’il a quitté la terre. — Les anges ont donc vécu sur terre? — Oui. — Comment est-il? — Il est rouge de cheveux, et a la figure trés-helle. — Quelle est sa mise ? — Il a une espèce d’écharpe, comme les chasubles des prêtres, mais ce n’en est pas une ; je ne peux vous dépeindre sa forme, ça ' ressemble à un mantelet. Il a une gaze de couleur qui lui passe de dessus une épaule et vient nouer sur le côté opposé, sous l’autre bras; il est jambes nues, il a des espèces de pantoufles altachées avec des cothurnes de couleur. — Désirez qu’il s’en aille, s’il n’est pas un envoyé de Dieu? — Oh î il ne s’en va pas; il est un ange de lumière, et aucune puissance ne peut le chasser de près de moi. — Comment le nomme-t-on ? — 11 n’a pas de nom. — Qu’il en prenne un! — Il me dit de l’appeler l’ange du

Pai aclis. — Puisqu’il y a si longtemps qu’il est mort, il doit connaître le ciel, peut-il vous donner une description de ce lieu? — Oui, il va me le faire voir. — Après son extase, je lui demande : Que fait-il au ciel? — Il est heureux. — Y a-t-il des jardins, des maisons, des temples dans le ciel? — Il n’y a pas de jardins ni de maisons, mais il y a un temple où tous les anges sont rassemblés. — Un temple, c’est une maison? — Oui; il y en a encore un plus haut, qui est bien plus beau, mais dans lequel n’entre pas qui veut. — Où est placé ce temple? — Dans le troisième ciel. — U y a donc plusieurs cieux? — Oui, il y en a trois. — Où sont ces cieux? — Bien haut, bien haut. — Y a-t-il un Enfer où l’on brûle ? — Non, il n’y a qu’un Purgatoire où l’on souffre beaucoup d’être privé de la vue de Dieu, momentanément, ce qui est très-pénible. — Y brùle-t-on ?

— Non, on n’y a d’autre soulfrance que celle que je viens devons dire. — Y reste-t-on éternellement? — Non, Dieu est si bon qu’il vous en retire. — Sous quelle forme voit-on Dieu, dans le ciel? — Sous la forme d’un soleil brillant , impossible à décrire ; ses rayons sont comme de 1 or le plus pur, et si éblouissants (pi’on ne peut les regarder; ils projettent de si belles couleurs, qu’on n’en voit pas de sembla- i

Mes sur terre. Dieu est un esprit ipi’on ne peut voir que sous cette forme brillante. — Vous répond-on ces choses ou les avez-vous vues? — Mon ange me les répond, et je les ai vues dans le ciel où il m’a menée tout à l’heure. Mon Dieu que c’était beau! que c’était beau! Mon ange me dit qu’en voilà assez pour aujourd’hui.

Mme Gouget, sortie de cette extase, éprouva beaucoup de diflicultés à me dire ce qu’elle avai’t vu par le défaut d’expressions; elle est très-religieuse, et croit dans son état de veille aux dogmes de sa religion, qui ne se rapportent nullement à ce qu’elle vient de dire sur l’enfer, le purgatoire, les trois cieux, etc. Il suflit que cette femme rende hommage au Créateur, en ne le représentant pas comme un être méchant et vindicatif, pour que j’aie recueilli son témoignage avec plaisir. Son ange dit qu’il n’y a pas de jardins, etc., au ciel, parce que son affection principale étant la prière, il ne voit qu’un temple, où il s’unit au chœur des êtres qui, comme lui, chantent les louanges de Dieu. D’après tout ce qu’on a lu , on comprend que notre bonheur existe dans notre principale affection. Celui qui aime la solitude ne voudra pas être dans une ville bruyante; celui au contraire (pii aime le mouvement, la diversion.

désirera une ville. C est ainsi que chaque chose existe pour l’affection, et ce qui lui est contraire n’existe pas pour elle; c’est dans ce genre que M*"® Gouget me répondit par la suite. Je tenais à prouver que dans les trois arcanes préliminaires du monde spirituel , elle était d’accord avec mes autres extatiques; que l’âme existe après la mort de son corps, sous la forme de ce dernier; qu’elle a souvenance de son moi.

93. Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais désiré faire voir à mes lucides des membres de ma famille décédés , par une raison qu’on appréciera, celle qu’ils auraient pu me dépeindre une image gravée dans ma mémoire; je voulus essayer M®® Gouget. Je demandai ma mère par son nom de baptême et de demoiselle. Je fus trés-étonné lorsque M"'® Gouget me dit voir une femme bien vieille. Après une description trèsminutieuse, et surtout sur un signe qu’elle me dit apercevoir sur la jouegauchedecelte femme, je reconnus ma grand’mère, qui était exactement comme M*"® Gouget me la décrivait. Cette apparition non demandée, et à laquelle j’étais loin de m attendre, était due à la ressemblance des noms de ma mère et de ma grand’mère; j aurais dû demander ma mère sous son nom de femme. Une pareille erreur m’était déjà ar-

rivée avec Adèle, où la ressemblance des noms fit se présenter plusieurs membres de la même famille. Pour m’assurer si M-”® Gouget voyait bien ma grand’mére, je lui fis adresser des questions, dont les réponses levèrent tous mes doutes à cet égard. Ma mère apparut en même temps, le portrait qu’elle m’en fit était trèsvrai.

Gouget m’offrit encore une spécialité que n’ont pas au même degré tous les somnambules. Je la mis en rapport avec Adèle, et je désirai qu’elle vît cette dernière à l’époque où elle fit une cruelle maladie, il y a vingt ans de cela; elle entra dans des détails à ce sujet qui durèrent une demi-heure; elle dépeignit avec minutie les lieux, meubles, personnages, paroles dites alors, jusqu’aux fleurs et légumes du jardin, qui certes n’existent plus, ainsi que la multitude d’objets qu’elle vit; elle raconta à Adèle jusqu’à ses moindres habitudes du jeune âge, choses futiles, qu’aucun être humain ne se donnerait la peine d’écrire pour s’en ressouvenir. Nous restâmes des plus surpris par la netteté de ces détails (1 ). Adèle, qui n’a cette

(■1 ) Je vous vois couchée, dit-elle, dans un lit à rideaux bleus qui est dans une chambre où il y a deux portes. Une grande armoire est au pied de votre lit. \oilà une grande cheminée djns laquelle il y a de forts chenets. Il y a une es-

spécialité ({ue par révélation, dans une consultation que lui demanda à son tour M'"*' Gouget,

])èce de petit pot blanc devant le feu dans lequel chauffe votre tisane; c’est votre mère que je vois qui veut seule vous la donner et vous soigner. Je l’entends qui vous donne des consolations ; elle vous défend aussi de ne pas vous gratter à la figure, qui est le principal siège où s’est porté votre mal ; vos yeux en sont couverts, vous êtes aveugle quelque temps ' Que de soins cette bonne mère vous donne ! elle passe des nuits près de vous et veut que personne ne la remplace. Je vois sous le lit une paire de sabots fins. Voilà sur la cheminée une glace antique dont l’encadrement est tout dédoré. 11 y a aussi une espèce de petit bureau près d’une porte ; on sort par là pour entrer dans une autre pièce ; on descend par là dans un jardin. Tiens, je vous vois y cueillir des roses et les cacher dans votre estomac, puis grapiller quelques fruits en regardant si l’on ne vous aperçoit pas. C’est surtout quand vous alliez cueillir du beau cerfeuil, que je vois là près du mur, sous un abricotier. Tiens, voilà une cabane à lapins dans le bout qui n’est pas mal garnie; il y en a des gros, des petits; elle a une petite porte grillée en fil de fer, une grosse pierre la tient fermée. Je vois votre mère qui arrache de belles carottes avec un piquet en bois; elle paraît contente, elle aime bien les belles carottes. Voilà des fleurs, de la salade dans cette allée; 1 y a des fleurs jaunes. Tiens, par où va-t-on par là? c’est une écurie. Voilà une belle vigne le long du mur! etc., etc. Adèle se rappelle, au fur et mesure que M'"® Gouget les lui décrit, ces détails très-exacts ; lorsque cette dame est dans le jardin, Adèle croit à chaque instant qu’elle va lui dire qu’elle y voit un puits; mais tout en passant auprès elle ne l’aperçoit pas, ce qui fait dire à Adèle ; « Si elle voit tout cela dans ma pensée, puisque je pense, et veux lui faire voir ce puits, ])ourquoi ne le voit-elle pas? •

prit sa revanche, en disant à cette dernière des particularités très-cachées de sa vie, que celle-

Cette communication n’est plus une simple vision de choses et objets existants, puisque tout cela a disparu depuis bien des années. M'"® Gouget entend les paroles, voit les gestes comme si cette scène était pleine de vie. Quand on voudrait admettre à tout prix que ces choses étaient gravées dans la mémoire d’Adèle, ce qui est très-vrai, il n’en resterait pas moins à expliquer comment une telle gravure est pleine d’activité en tout temps ! Qui la fait agir ? et quel emplacement tientelle ? On croit par ce mot : elle voit dans la pensée ! avoir tout dit. .le trouve au contraire qu’on agrandit la difficulté de répondre. S’il est possible au lucide de voir dans la mémoire des faits tels que je viens d’en décrire un, et l’histoire du magnétisme en fournit de non moins incroyables, il lui est donc possible d’y retrouver tout ce que l’homme a pu voir, entendre, dire ou faire toute sa vie. Des faits partiels peuvent être gravés dans cette mémoire non pas une fois, mais des milliers de fois; et cette impression de la plus petite scène de notre vie offre au lucide assez d’espace pour y découvrir un ciel, une terre, des lieux dans lesquels il se promène à son aise. Quel est donc l’espace que peut remplir une âme? en comparaison de celui que doivent tenir ces images dans notre mémoire ! Répondez, princes de la science? c’est un spiritualiste qui vous adresse cette question et vous condamne au ridicule dont vous le couvrez si vous ne pouvez la résoudre. Je vous le répète, sachez que le lucide voit dans votre pensée ce que vous ne pensez plus, mais ce que vous avez pensé ; ce que vous ne voyez plus, mais ce que vous avez vu ; ce que vous n’ entendez plus , mais ce que vous avez entendu. Ainsi les secrets serments que vous avez faits à la jeune fille que vous avez trompée ! déshonorée ! abandonnée ! il les voit, et vous les dira ; il voit aussi les larmes que vous avez fait répandre, il vous entend chanter la romance qui captivait son coeur et

oient beaucoup de peine à se rappeler. Jamais . je n’avais obtenu une séance plus curieuse;

que vous avez oubliée, ainsi que la victime dont l’image ne vous a pas quitté ; vous la posséderez encore dans l’éternité ! Elle fait partie de vous, vous ne pouvez l’en détacher ; tout est présent et plein de vie aux yeux du lucide. Quand les corps qui ont exécuté ces actions sont rongés par les vers , il les voit agir, les entend parler, parle avec eux, se promène dans les lieux qui ne sont plus ; il trouve de ces tableaux, de ces scènes dans le domaine de votre mémoire autant qu’il s’en peut passer dans l’univers ! Entendez-vous, l’univers ! vous êtes donc un univers, répondez? Non, puisque l’univers est un composé d’une multitude d’unités, et qu’au contraire ces unités, ces lieux, ces scènes peuvent exister chez vous des milliers de fois ! Vous ôtes donc un millier d’univers? vous êtes plus encore ! Eh bien ! si vous ne pouvez répondre à celte question, éludiez celte âme, chef-d’œuvre de la création ! vous lui accorderez bien un peu d’immortalité, puisque les plus infâmes actions en ont! Dites qu’à défaut de mieux, vous étudierez les révélations que M. Swedenborg m’a faites au sujet de la nature des pensées, qui sont des êtres vivants, engendrant, s’immortalisant comme nous. Systèmes des corpuscules, des émanations, des image*, pressentis, démontrés sous une multitude de faces depuis Pythagore à saint Martin, depuis M. Delachambre, dans son traité du système de l’âme (1), aux savantes propositions du docteur Gall, par ses protubérances, progressant, débordant et troublant les autres localités ; cet assemblage d’atomes ne peut agir sans vie ! le mot atome emporte avec lui une forme quelconque! le mot vie emporte aussi un moi. Ainsi quelles formes donnerez-vous aux pensées du docteur Gall ? Quelle vie donnerez-vous à cet atome, si ce n’est la forme de la

rie'- M Mognèlime, Ur paff. i60,art, Thé.,-

ries, pai M. .1. P, Moade , un io, rue d’Autiti.

1 amour-propre s en mêlait, sans tourner à la jalousie, et j obtins la certitude, comme je l’ai dit avec intention, cjue si les moindres pensées et actions sont réservées avec un tel soin dans le domaine de la mémoire, et survivent à l’anéantissement du corps, pourquoi lame qui a élaboré ces pensées serait-elle seule détruite, ou n’aurait-elle pas souvenance de son moi, de

chose même ? si ce n’est un moi qui s’unit à un autre moi. Cet atome, tout minime qu’il est, se meut, dans un but qui sort d’une volonté ; voyez où nous arrivons , car il n’y a rien de mort dans la nature ; tout y est donc vivant d’une vie divisée à l’infini. Partant des formes à l’infini, nous voyons que les pensées et les actions humaines ne sont pas perdues pour le lucide, qu’elles sont bien agissantes ; en un mot, des images vivantes ; les sons, le chant vibrent à son oreille ! Pensezvous un son? qui nous paraît avoir entré en vibration matériellement voilà vingt ans et plus, touche avec la même force et harmonie l’ouïe du lucide ; il résonnera ainsi toute l’éternité, et cette impression d’actions, d’images ne s’effacera jamais! elle agira toujours ; car il n’y a pas une particule de la création matérielle et spirituelle en repos, nous ne pouvons donc pas priver ces actions, ces sons, ces pensées, ces images enfin, d’une vie non généralisée, confondue dans le torrent de l’existence universelle, mais individualisée, ayant une forme qui leur est propre, puisque le lucide les retrouve en tout temps ; elles sont donc spirituellement, comme nous 1 ont dit le guide de Binet, MM. Mallet, Swedenborg, indeslructibles, inaltérables, éternelles ! Tout étrange que paraisse cette révélation, il ne faut qu y réfléchir pour ! admettre, il en est de même pour l’expliquer; je tâcherai de le faiie dans un cuivrage qui fera suite à celui-ci.

son individualilé, puisque tout ce qui a constitué cette individualité n’est nullement dispersé dans le domaine de l’imivers ! bien au contraire semble y faire un faisceau plus compacte et bien mieux appréciable que dans la vie matérielle.

Je dois une dernière observation sur la manière dont on a vu dans le commencement de la séance de M*"® Gouget que je voulais éloigner ce saint Paul, dans lequel j’avais peu de confiance; je désirais apprécier une dernière fois le pouvoir de la volonté du magnétiseur sur le magnétisé, et reconnaître jusqu’où l’influence du premier pouvait s’étendre. J’acquis la certitude , comme tout le monde l’aura dans ce genre de recherches, que ce prétendu pouvoir de la volonté perdait tout son empire dans les expériences spirituelles, car j’ai soutenu maintes fois à mes lucides des croyances qu’ils n’ont pu anéantir chez moi; je les ai horriblement contrariés, fatigués par des raisonnements captieux, et je n ai jamais pu obtenir leur assentiment sur des idées qui n’étaient pas les leurs. Aucun n a voulu admettre le non libre arbitre; aucun n a représenté Dieu autrement que par un soleil brillant; aucun n’a voulu de l’enfer des catholiques; aucun n’a voulu du Christ (1)

(1 ) Il me fut dit : Qu’on ne confonde pas le Père avec le Fils, comuK' font les chréliens. Le seul créateur de l’univers n’est

poLii le vrai et seul Dieu du ciel , les esprits chietieus et autres ont ete tous d accord sur ce sujet^ aucun na voulu du ciel des chrétiens , ou la complété béatitude d une ame sans forme, ce souffle qu on ne peut comprendre sans une figure quelconque; tous, au contraire, ont reconnu à lame la forme humaine, et le ciel un lieu ou il y a des usages comme sur terre, où tous les hommes sont appelés à jouir d’un bonheur que leurs maux leur ont mérité sur ce globe; ils ont tous été d'accord pour soutenir leur thèse du libre arbitre , en reconnaissant des

jamais descendu sur terre, se faire crucifier par les hommes ; le Christ était fils de Dieu comme nous tous ; il a rempli une mission spéciale et est rentré dans le sein de l’Eternel comme nous y rentrerons tous un jour! Quand j’ai fait observer que les chréiiens assurent qu’il n’y a pas de salut hors la croyance à la divinité du Christ, il m’a été répondu : Le ciel est ouvert, sans aucune distinction de sectes, à tous ceux qui croient en l’existence de Dieu, le servent avec amour et respect; le ciel n’est qu’un assemblage d’une infinité de sociétés qui chacune représentent des croyances et des usages qui leur sont propres, chaque société ne peut admettre dans son sein que des êtres de leur croyance, et c’est ainsi que le ciel ou le sein de ces sociétés sont fermés aux croyances qui leur sont contraires, et toutes ont le droit de dire, hors Moïse, le Christ, Mahomet, Luther, Calvin, etc., etc., il n’y a pas de salut; c’est-à-dire vous ne serez pas admis dans notre ciel, dans notre société, la société qu’a fondée tel ou tel homme, parce que vos croyances ne s’accorderaient pas avec elle; vous y seriez malheureux et troubleriez les autres.

lieux d’épuration , où l’on soulfre de la privation de la vue de Dieu un temps plus ou moins long ; mais aucun n’a reconnu un Dieu vengeur, courroucé et vindicatif; tous ont fait Dieu digne d’être aimé, adoré, respecté, admiré. Et c’est parce que je dois, non pour relever la bonté de Dieu, qui ne peut être relevée par la bouche d’un faible mortel, et qui n’a besoin pour avocat que ses actes bienfaisants, c’est pour combattre, dis-je, les erreurs qui ont été débitées par toutes les sectes jusqu’à ce jour, dans le but de moraliser les hommes, et dont les maximes offensent Dieu, que j’ai écrit avec franchise tout ce qui m’a été dit par mes lucides, et pour rendre en même temps hommage à la justice divine, de laquelle on ne peut plus douter, maintenant que nous connaissons le but de notre existence matérielle. Par les révélations qui nous ont été faites à ce sujet. Dieu n’est pour rien dans nos maux, il est pour tout dans notre bonheur.

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