‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 2)Chapitre 31 sur 42 · DEUXIÈME FAIT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME FAIT

Nffaistre Jaeques Pelisaier, le cba««eur de# gorge** rouges, moineaux, etc., etc.

Il y a dix mois, je fus appelé â Camps, petit vil-

lage près Brigholes (Var), pour donner mes soins à un pauvre jeune homme atteint de phthisie tuberculeuse au deuxième degré et parfaitement bien caractérisée (malade qui aujourd'hui se porte trèsbien, au grand désespoir de la médecine scolastique). Deux heures s'étaient à peine écoulas depuis mon arrivée, lorsqu'un jeune paysan de 13 à 14 ans vint dire au maître de la maison que maistre Jacques Pelissier était à la cuisine avec une dizaine de gorges-rouges qu'il venait de prendre pour le malade.

— Eh bien! fais-le monter, répondit M. V..., et se tournant vers moi : Vous allez voir, docteur, le chasseur le plus singulier, le plus extraordinaire dirai-je du pays, et peut-être de la France; mais ce que vous ne pourriez jamais supposer, c'est le moyen qu'il emploie pour prendre les oiseaux.

— Il se sert sans doute de pièges? répondis-je.

— Nullement... il les prend tout bonnement avec les mains.

J'allais répliquer, quand maistre Jacques Pelissier entra.

— Pelissier, lui dit M. Y..., expliquez à M. le médecin la manière dont vous prenez les gorgesrouges, etc.

— Ma foi, monsieur, c'est très-facile. Dès que je vois un oiseau, j'étends ma main sur lui, et, fût-il

a cinquante pas, il bat des ailes, ferme les yeux et se laisse empoigner très-tranquillement.

Jugez de mon étonnement !

— C'est donc en les magnétisant que vous les prenez? lui répondis-je.

— Je ne comprends pas ce que vous dites; qu'est que c'est que le margnalisme? je ne connais pas cette chose- ià.

Je souris.

— Enfin, maistre Jacques, vous chargez-vous de prendre les oiseaux que je vous indiquerai.

— Certainement! mais je dois vous dire que je ne peux prendre que les moineaux, les gorgesrouges, les chardonnerets, etc. ; il m'arrive pourtant de prendre quelques alouettes, mais souvent elles m'échappent... Quant aux autres, j'en réponds.

Je me hâtai de prescrire à la garde- malade ce qui était nécessaire, et nous sortîmes accompagnés de M. Y... A environ cinquante pas de la maison et à quinze ou vingt devant nous, j'aperçus une charmante bergerette que je montrai à maistre Jacques, qui me dit:

— Regardez-bien, monsieur, elle est à moi.

Aussitôt, étendant la main droite sur l'oiseau,

il s'en approche lentement ; la bergerette s'arrête, lève et baisse sa jolie tète, étend les ailes, mais ne peut s'envoler, finit enfin par ne plus pouvoir faire

nii pil et s* laisse prendre lotit en remuant ses aile* d'une manière convulsive,

Jogez de ma surprise! J'examine l'oiseau; ses yen* sont hermétiquement fermés et son corps. a la raideur cadavérique, quoique les pulsations du cœur soient bien distinctes; c'est un vrai sommeil cataleptique. Tous ces phénomènes prouvent incontestablement une action magnétique. Quatorze petits oiseaux sont pris dans l'espace d'une heure ; aucun d'eui n'a pu se soustraire à l'action de maistre Jacques, et tous ont présenté le même sommeil cataleptique, sommeil qui, du reste, cesse à la yolonté du chasseur, dont ces jolis petits oiseaux semblent être devenus les humbles esclaves. Cent fois peutêtre je demandai à maistre Jacques de rendre la vie, le mouvement à ses prisonniers, de ne les charmer qu'à demi, aGn qu'ils pussent sautiller sur le gazon, de les replonger complètement sous le c/mrm*, etc., toutes mesdemandes furent exactement remplies (I), et jamais une non réussite ne vint obscurcir le triomphe de ce singulier Nemrod, qui finit enfin par me dire .*

(4) Une fois même il laissa un chardonneret s'envoler k environ cent-vingt pas et l'arrêta à mon signal, au moment où, par l'allure tout à fait libre de son vol, j'étais à même de le supposer hors de l'influence magnétique.

Nota. Maistre Pelissier ne sait ni lire ni écrire ; c'est le vrai type de nos anciens paysans .

— Si vous le désires, je vais tuer ceux que \ me désignerez, et je ne les toucherai pas*

Je lui en montrai deux, et, à vingt-cinq ou trente pas de distance, il exécuta en moins de cinq minutes ce qu'il venait de promettre*

Que les amateurs de polémique s'exercent sur les deux faitsque je viens de décrire.; pour nous, en fidèle témoin de ces deux scènes et de bien d'autres que nous pourrons plus turd retracer, noui finissons en répétant ces paroles de saint Mathieu : « Ceux qui croiront saisiront les serpents avec la main, et, quand ils auront bu quelque chose mortelle, elle ne leur nuira point; ils imposeront leurs mains aux malades et ceux-ci seront guéris. » (Ch. 16, v, 18*)

Ces deux faits, écrits au galop, laissent sans doute beaucoup à désirer, et comme écrit et comme diction. À vous donc, cher monsieur, de prendre ce que vous trouverez bien, de laisser ce qui vous paraîtra superflu et de faire du tout quelque chose de passable, me considérant très-heureux si ces deux faits, joints à d'autres que je pourrais vous en* voyer (si vous lejugej convenable) pouvaient entrât* ner quelques magnétistes dans une voie où la voix de Y incrédulité ne pourrait les accuser d'avoir des compères, etc., etc. H. D. d' Alger.

Villecroze, ce 19 mars 1861 .

P. S. Si quelques magnétistes voulaient

faire part du résultat de leurs expériences, nous leur serions infiniment obligé) convaincu que l'alliance dans l'étude de la science, dont nous ne connaissons pas Us deux premières lettres de V alphabet (quoi qu'on en dise), peut seule nous conduire à en connaître quelques arcanes.

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