L. LflCOCQ
REVUE MAGNÉTIQUE
Les journaux qui s'occupent du magnétisme rendent compte du banquet annuel du 23 mai dernier et citent les toasts et discours prononcés à cet anniversaire.
Le docteur Léger, un des présidents de la Société de magnétisme de Paris, a prononcé un discours dans lequel il a fait sa profession de foi au sujet du magnétisme et du spiritualisme. Il a expliqué l'utilité de paraître devant le public avec la cravate blanche de docteur et son air froid, c'est-àdire de rester matérialiste. Mais une fois dans son cabinet, décolleté et en robe de chambre, redevenu enfin homme libre, ne cherchant pas à en imposer, il nous pose cette question :
« Interrogez-moi maintenant comme particulier, comme homme libre de penser et de croire à notre . guise, sans que les croyances de personne puissent être influencées.
» Nous vous répondrons tous :
» Non, nous ne sommes pas matérialistes! car nous aspirons avec vous et autant que vous à de meilleures destinées.
» Non, nous ne sommes pas matérialistes ! car nous sentons que la pensée de l'homme n'a rien de
la terre, et nous répugnons à l'idée que la mort puisse l'atteindre, etc., etc. »
- Et ici le docteur Léger, qui représente ses confrères assis à ses côtés, devient spiritualistfe devant le somnambulisme, qui lui défend d'être matérialiste.
Ce discours, que nous ne pouvons reproduire en entier, est empreint de franchise et invite à la paix tous les disciples de Mesmer, et s'il témoigne des précautions à prendre pour faire arriver la lumière aux yeux de certains hommes, ainsi que du rôle apparent qu'il faut souvent remplir pour faire voir blanc ce qui est blanc, et noir ce qui est noir, ce qui ne prouve pas que l'intelligence humaine soit encore émancipée de bien des entraves ; — mal* gré donc ce triste rôle qu'il faut parfois que nous sachions jouer près de nos frères et dont parle le docteur Léger, ce discours n'en contient pas moins un aveu à la foi spiritualiste, conséquence de toute étude magnétique.
Le docteur élever de Maldigny a, lui aussi, renouvelé sa profession de foi ; — il l'a fait sans restriction et avec la plus grande liberté.
« .... Je suis spiritualiste, dit-il, ai-je besoin d'en recommencer l'aveu ?••• »
« . . . Maintenant, les preuves ostensibles de ces forces agissantes, intelligentes et formelles des milieux éthéréens se retrourent en telle abondance,'
le$ récits wr l'indpbitabilité de leurs phénoméqisation prennent un dévolu, si constant les observateurs rigourem et non susceptibles 4'être abusés déclarent fermement l'existence des actes réels 4e cette physiologie transcendante ; leur constatation se propagesi bien vérifiée, que sous délai très -bref le rationalisme ne s'appellera plus rationalisme, s'il s'obstine davantage à forfaire à la notoriété. »
l+e docteur continue sur le même ton affirqiatif, et termine en renouvelant son toast :
* A tous les dignes magnétistes sans distinction , à tops les honnêtes ouvriers de l'affranchissement de rhumqnitg : Bonne chance, bon courage et bonpe issue h tous leurs bons vouloirs ! »
]H. Pierprt continue, dans sa Revue spiritwliste, de consigner tons les faits spiritualistes qui lui ont été personnels, et à enregistrer les manifestations qui lui sont indiquées ou relatées dans les journaux et ouvrages étrangers.
M* Pierart, dans sa huitième livraîspn, nous annonce que M. Squire, le médium, consent à expérimenter avec dix mètres de cordes autour de son corps et de ses jambes, et aussi que le poids de sa table soit notablement augmenté ; seulement il désire que Ton tienne un compte sincère de tout ce qui s'est passé et se passera, d'après |e témoignage de téiqpips honorables, et il trouve avec M. Pierajt, que les convepauce^les plus rigoureuses veu-
lent qû\*h ttfe conclue h'c'ri d'eipérieriéeS faitefc en dehors de lui. tl est tout naturel qu'elles soietit faiteti en sa présence et contradictoiremeht aux siennes.
Une prifaô de !,000 frâhcs vient d'être mise à là disposition de quiconque pottrra répéter identiquemerit les expériences du médium.
Nous conseillçns au docteur Léger, qui trouve très-naturel qu'une table de 80 livres soit enlevée par-dessus ta tètô d'une manière aussi expéditive, et il en donne la preuve par la manière d'en prendre Une qu'il se fait apporter et avec laquelle il produit l'ascension sans difficultés, d'après ce que nous apprend le procès-verbal de la séance de la Société, du 18 juillet. Bien plus, M. Léger ajoute qu'il croit (que la table dont se sert le médium doit, eh raison dé 6a hauteur et de la solidité de ses piedd, présertter moins de difficultés pour être soulevée malgré son poidâ dé 35 kilog., et il défie tout médium de faire l'expérience avec des tables garnies de roulettes.
Neus considérerions donc la prime de 1 ,000 fr. gagnée d'avance par le docteur Léger, s'il suffisait d'tiné démonstration théorique pour démontrer. *u une possibilité. Mais entre le fait positif et une hypothèse, que de temps peut s'écouler èû efforts infructueux, et le tout se terminer par un insuccès I — Ce serait vraiment dommage, après avoir été si bien disposé.
M. Pierart annonce aussi un ouvrage qui vient de paraître, et intitulé les Dogmes nouveaux, par M. Eugène Nus, auteur dramatique, ayant été depuis longtemps témoinde communications obtenues par un procédé alphabétique spécial, communications d'un caractère très-élevé, dit M. Pierart. M. E. Nus a jugé à propos d'en tirer des conséquences philosophiques traduites en vêts. — La Revue spiritualiste en donne plusieurs passages extraits du volume.
Le docteur Trélat, médecin de la Salpètrière, vient de faire paraître un ouvrage intitulé : la Folie lucide, dans lequel il fait voir la quantité prodigieuse de manies et autres qui existent au milieu de la société, et peut-être fait-il voir que chacun doit avoir sa petite part de folie; car quel est celai qui ne possède pas une manie, si petite qu'elle puisse être? L. Lecocq.
ÉTUDIANTS SWEDENBORGIENS
Discours prononcé par le Frère Cahagnet» a l'occasion de l'admission des Frères Lecomtk et Bernard, conducteurs de travaux, comme membres de l'Ecole des Étudiants Swedenborgiens, le 30 septembre 1860.
Mes frères eifDieu, Il y a bien longtemps, sans y avoir trop long-
temps, que notre petit groupe d'étudiants swedenborgiens existe, limité au même nombre d'adeptes, sans que nous voyions entrer dans son sein quelques nouveaux frères. Il n'en est pas de même aujourd'hui, où nous sommes appelés à ouvrir nos rangs à deux jeunes hommes pleins d'amour pour nos études et pleins de dévouement pour leurs frères ; deux jeunes cœurs qui, continuellement, ont sous leur direction chacun une cinquantaine de prolétaires attachés aux pénibles travaux de l'œuvre terrestre, sans pouvoir, sans savoir, sans être guidés vers des -travaux non moins nobles et grands, les travaux éternels de la pensée, de la comparaison, de l'affirmation et de la valeur des choses dé la vie.
C'est après des dispositions d'esprit, des besoins de connaître, des douleurs pénibles à calmer, que ces frères nous ont été adressés par les puissances occultes, les puissances inconnues, les puissances agrégatrices de tout ce qui se sonde ici-bas en vue du soutien, de l'échange d'inspirations homogènes et du besoin du nombre, qui seul peut soutenir la vérité.
C'est en vue de ces besoins, dis-je, que nous avons fait la connaissance de ces deux frères en l'Éternel, et que nous nous sommes trouvé heureux de pouvoir de plus près (sur ce globe d'éloignements de toutes sortes) espérer mieux étudier,
côte & Côte, léi gfandes lois de lé nattlrë, lois hëftl* méed tnystètes par les intéressés dans cette ques-* tionj
Notre taânièrë et nos adpifratioM de groupage fl'ônt cfudi qiie ce soit de supérieur à tout Ce qui s'est fait en ce gente depuis que l'homme, {l'ayant pu trouver dans sa propre famille ces doux échangea d'amitié et dé dévoilement, fut obligé d'aller dé* mander & des groupes de familles distincts de \A sienne, de satisfaire â ces aspirations de sort cœilr; Non, nos aspirations ne sont pas plus piires ni FrdtêfiieNes, mais elles semblent converger vert titt fdtyer plcW lumineux, une lumière mieux démon-* tfée, ufi cadre plus instructif, et par conséquent faisant espérer des résultats en rapport avec léutt ittoyens d'instruction.
Nous avons l'espoir, en recevant ces deux frèred Wèmbres de. notre école, de led voit à leuf tôii? porter le flambeau, que nous remettons dans leufà mdirifc, au milieu des frètes qu'ils Conduisent et
Jtt'ils aiment Comme dé bons et généreux frèrei Dirent le faire, et par ée fait, espérer pouvoir se* cher quelques gouttes de sueur de ces fronts soiifcieUx de l'aU delà de létir ètfe, avec quelques tây 6ns dé cette lumière que des travaux et des études se* îlèuàes nous ont perfcis de posséder.
Nous ë^érons, pât létit secourt, pôtiVoir Fohdëf dans éètté eapitald, dite dU ti&Ondë civilisé, tè qtà
Ipi fflapque, pogs |e croyons, le goût de produira et de raisonner les choses des désirs de tous, Paris qe manque pas de savants de tputp espèce; Paris qe panque pas de chaires de tout ordre ; pais il manque d'une école qui sache partager son professorat en autant d'unités qu'il y a de membres quj la composent ; il manque d'une école octrqyapt la grande latitude, que nous croyons posséder à priori, qui est celle de l'argumentation de h chose enseignée, de la démonstration, autant mathématique que possible, de la chose étudiée. Voilà en quoi nous osons espérer quelque priorité d'enseignement, c'est en laissant l'élève entrer chez nous par la porte qui lui plaît, de visiter bancs et cahiers, d'en apprécier la solidité et la valeur, d'en démontrer les vices et d'en proposer l'amélioration. Voilà une école, disons-nous, digne de tous, en ce que continuellement le plus pauvre dans ses propositions peut être un pivot nouveau d'une série d'observations non encore étudiées.
Le savoir ni les forces ne sont pas mesurés chez nous; chacun fait ce qu'il sait faire et ce qu'il peut faire; il n'en est pas moins au premier comme au dernier rang. En proposant, ses frères l'écoutent et demandent, ses frères l'instruisent.
C'est lq liberté ta plus absolue dans ce que la li*
berté hmpoipë peut et doit être ; e'est k fraternité
la plus pore dans ce que les forces de l'être peuvent produire.
Espérons donc que nos deux nouveaux frères feront envers les leurs ce que nous avons fait envers eux, et que, remplissant exactement les vœux de nos statuts, notre union sera éternelle.
Les frères Belloni Lecomte et Eugène Bernard, conducteurs de travaux, sont reçus en ce jour, 50 septembre, à l'unanimité, membres des étudiants gwedenborgiens.
Àlp. Cahàgnet.
Certifié conforme,
Lbcocq, secrétaire.
Discours prononcé par le Frère Cahàgnet, fondadeur de l'École des Étudiants Swedenborgiens, à la réunion anniversaire de la spiritualisation d'Emmanuel Swedenborg, le 29 mars 1861.
Mes frères et sœurs en Dieu,
Pour la huitième fois nous nous réunissons, — selon les statuts de notre école, — en ce jour anniversaire de la spiritualisation du bon esprit dont nous étudions les propositions spirituelles. Je vois avec plaisir que notre nombre s'est accru de deux membres cette année et n'a perdu aucun des siens.
Si Tappel que nous ayons fait aux libres penseurs, dans notre encyclopédie magnétique, a été si peu entendu, c'est que nous sommes montrés du doigt, dirons-nous, par les hommes de toutes nuances d'études, comme étant des mystiques d'un nouveau genre , aussi stupides que beaucoup de ceux qui sont apparus sur la scène des étudiants métaphysiciens. C'est à nous de prouver le contraire, avec patience et avec persévérance... C'est que nous sommes montrés également du doigt par d'autres étudiants, comme étant quelque germe d'Église nouvelle dont le but et les résultats seront les mêmes pour l'instruction religieuse de l'espèce humaine, par conséquent qu'on doit se méfier de notre école et s'en tenir à l'écart. Nous devons répondre à cette accusation qar des faits dignes d'être étudiés, discutés et acceptés librement , et nous devons renvoyer nos accusateurs aux Méditations d'un Penseur que nous venons de publier, afin qu'ils connaissent nos aspirations à ce sujet. C'est que, montrés du doigt par toutes les Églises généralement, nous ne convenons à aucune, vu que nous n'en voulons aucune. Non, plus de tel parquage du troupeau humain; non, plus d'adroits professeurs et spoliateurs de la confiance publique ; non, plus de Dieu dont la justice se vend à tant l'indulgence et à tant l'œuf à la coque ; non, plus de ces anges de paix escortés de baïonnettes de zouaves, et trônant sur une pièce
depaQQnriiyé,,, ; non, plu» 4e partisan» fit d»fsi* dents de la plus sotte histoire divine qui Ait jamais été enseignée à l'homme,., no», plu* de satire à la Couche envers de sots usage* prétendu* religieux et degénnfle* 1909 ausii lâche* que bl&mable* devant le* auteurs de pe* usages ; lyp*, plu* de dieux terrestres Absorbant le? dieu* eélestes, Laissons cette fp|je millénaire dans pon/ar-wwft de béatification, çt ne nous mêlons pas à ces homme* ni à ces choses.
Ce n'est doqç pas dans un but de servilité religieuse que nous nous a*semblon* annuellement» mais dans un but de fraternité spirituelle, Noue savons que nous ne pouvons pal pins atteindre à Dieu par tel bouquin que par telle mqU ou telle idole d'un autre genre ; mais que le seul moyen de parvenir jusqu'à la sphère de ce grand Etre est, d'appeler et de nous unir à ceu* qui sont h sa re-< cherche depuis des éternités et dont les obligeants renseignements peuvent descendre jusqu'à nous par une filière infinie d'étudiants posés pur cette échelle de Jacob, dont la base repose sur la terre, et dont la cime touche au* portes du ciel, au* porte* de ee palais, de toutes grandeurs, de pe foyer <fô toutes lumière*, de ce grand entrepôt de tout noble amour-
Notre religion est pelle des premier* hommes, celle du foyer domestique qui pq relève que dq besoin de notre cœur, que de sa reconnaissance, me de *on admiration pour les qeuvre* divin©*-
Notre morale, est de ne point faire à autrui ce que noua ne voudrions pas qu'op noQp Ht,
Nos études, sont d'assembler, comparer, disjoindre, unir les choses de notre demain? intelligentieU dont U foi devient le prix, et non un impôt forcé,
Notre espoir, est de croire à la succession et non & l'anéantissement des choses, à uqe suite, pur conséquent de satisfactions d'optique et des autres sens, que ni la terre, pi Peau, qi le feu, ni l'air pç peuvent disjoindre ni empêcher d'être*
Pan? toutes nos relations sociale?, nou? nous trouvons mieux au laboratoire du chimiste qu'à l'autel du benêt béat ; nous nous trouvons mieux A l'atelier du prolétaire qu'au palais du seigneur,.. ; nous nous trouvons mieux au foyer domestique qu'au régiment ou au couvent, parce que ;
i° Au laboratoire du chimiste, nous apprenons à connaître, classer, étiqueter les choses de nos recherche? et de pos expériences ;
2° A l'atelier, nous apprenons à nous suffire & nom-même et à conserver notre liberté et notre dignité d'homme, que le palais écrase de ses livrées, de ?es dépendances ridicule? et anti-fraternelle? ;
3° Au foyer domestique, nous apprenons 4 aimer, produire et cgnperver l'affection ç| ea pôtre? > quand au régiment comme au couvert* on ne connaît que l'éloignement, la haine et l'qnéwtissement de ce? noble? aspiration* 4<$ êtres.
Noos cultivons encore an ordre de pensées dignes des fils de l'Éternel en ne voulant pas éblouir pour trôner, ramper pour dominer, aduler pour être encensé. Nous fuyons avec mépris ce qui est méprisable ; nous recherchons avec amour ce qui est honorable»
Puissions-nous, mes frères et sœurs, vivre toujours dans ces dispositions d'esprit et garnir notre album historique terrestre du plus d'images possible, de bien, de beau et de bon pour que, rentrés dans le cabinet des méditations éternelles, nous n'ayons pas à rougir d'en orner notre intérieur et que nous puissions en ouvrir sans crainte la porte à tout visiteur.
Sachons nous aimer les uns les autres et ne pas nous tromper ;
Nous soulager les uns les autres et ne pas nous écraser ;
Nous suivre les uns les autres et ne pas nous désunir.
Dans ces temps qui se préparent où tant de troubles divers vont éclater, où tant d'aspirations mauvaises vont se manifester, où tant de tombes vont s'ouvrir et de larmes être répandues, laissons ces comtesses toulouzaines sans entrailles, dont le sein n'a jamais versé une goutte de lait dans la bouche de leurs enfants , envoyer ces derniers verser leur sang pour la défense d'une cause que le ciel même
réprouve, et ne voyons ces choses que d'un œil de pitié.
Laissons ces reines et ces princesses étrangères applaudir et couronner une tête vénérée qui a su si bien faire revivre les criminelles et impudiques excommunications du moyen âge, ces cœurs sont dignes les uns des autres.
Laissons crouler ou se relever la chaire de Pierre, dont l'infaillibilité ballottée duGhristblanc auChrist noir, d'un Pater à un Ave, d'un centime, à un million, d'un général africaine un cardinal italien, d'un zouave à un gendarme, du ciel angélique au Tartare satanique, enfin de la jeunesse à la vieillesse des choses humaines, et détournons les yeux d'un si burlesque tableau.
Laissons tomber à nos pieds ces agitations humaines et ne faisons régner en notre cœur que l'amour de la paix; aimons pour être aimés,. . pardonnons pour être pardonnes, et n'aspirons qu'au bonheur général. C'est le vœu le plus sincère de celui qui, à cette intention, porte un toast de reconnaissance à notre bon frère Emmanuel Swedenborg ainsi qu'à notre éternelle et fraternelle union dans lés énoncés que nous acceptons de ce bon Esprit.
Alp. Cahaghet.
MÉDITATIONS D'UN PENSEUR
OU uAlANGE DH PHILOSOPHIB BT DE 8PIBITUALISME, D'APFREC|ATlQHa, D'AIPIHATIONS BT DE DECBPTIONÇ.