CURE MAGNÉTIQUE
A M, CahagneL
Frère en Dieu,
Je mets à votre connaissance les résultats obtenus par l'application de Teau magnétisée» pour remploi de laquelle je vous dois des remerciments, puisque c'est par vos conseils et votre encouragement que nous en avons fait usage.
Depuis janvier 1859^ ma petite fille (Alphonsine^ âgée de huit ans) avait à la tète une petite rougeur qui représentait à peu près le diamètre d'une pièce de 50 centimes, qui du premier abord ne nous inquiéta pas, et que nous négligeâmes de soigner. Cependant nous nous aperçûmes que de semaine en semaine le développement prenait un caractère plus sérieux. Nous nous préparâmes à soigner ce qui ne nous paraissait n'être que peh de chose ; mais comme presque toujours un accident vint mettre obstacle a notre décision ^ la rougeole s'empara de l'enfant et nous la retint au lit pendant plusieurs semaines, d'où nous l'avons retirée {avec Vaide de Dieu et du mc^jiédsme) assez heureusement. Mais pendant ce temps, cette rou-
genr est devenue une plaie d'une dimension énorme^ c'est-à-dire qu'elle avait sept à huit centimètres de diamètre; en un mot, nous étions effrayés d'une marche aussi rapide. Ma femme rencontra le médecin et lui fit voir ce mal : il dit que c'était une dartre. Fatigué de l'inefficacité de plusieurs remèdes, ce fut là où je vins vous consulter, et où vous me conseillâtes l'emploi de l'eau magnétisée. Alors commença le traitement suivant :
Je mis sur le mal des compresses d'eau magnétisée froide {réchauffée seulement par la pensée)^ jusqu'à environ dix à quinze /ois par jour, ne les laissant jamais sécher entièrement, et une fois par jour je magnétisais le mal pendant un quartd'heure, ayant toujour» le soin de renouveler le plus fréquemment possible le linge qui servait à cet effet (car je crois que c'est aussi une des conditions essentielles, vu que la fièvre du mal peut s'imprégner aussi vite dans ce linge que le magnétisme lui-même. Si alors l'on ne le changeait pas, ce serait sans cesse une lutte dans laquelle la pensée du bien succomberait sous la puissance du mal, puisque le magnétiseur ne serait pas aussi constamment attaché à ce linge que le mal luimême). Le matin, à jeun, la malade prenait un demi-verre d'une infusion de saponaire que je magnétisais aussi. Au bout de huit jours de ce trai-
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tement) je vis moins de fea« mais la plaie restait toajottra aussi grande. Je pris courage^ et continuai huit autres jours. Plus tardée fis quelques petites places où répiderme reprenait sa couleur normale, et je remarquai que les autres endroits se con- ?raient d'une couche épaisse que ^'enlevai avec un petit bout d'acier : cette couche était le pu qae la plaie sécrétait. £n6n, je travaillai toujours de la même manière pendant environ trois mois, voyant du mieux par période de huit en huit jours. Ce n'est qu*au bout de ce temps que toat est disparu ; à ma grande satisfaction et à h gloire du magnétisme^ dont les bienfaits sont si fré' quents.
Il y a déjà plusieurs mois que cette cure est menée à bonne fin^ et rien ne reparaît, si ce ne sont les cheveux qui veulent reprendre leur place dans la coiffure de l'enfant. Je ne vous ai pas donné ces détails plus tôt, parce que je voulais voir si quelquefois tout était bien éteint.
Je vous envoie cette correspondance pour qae vous en disposiez à votre gré. Si vous la publiez, je souhaite qu'elle soit un encouragement pour tout père de famille qui, comme moi, se trouverait dans le même cas, et qu'elle leur prouve,' comme à moi, que la foi et la persévérance conduisent toujours è de bons résultats.
Voilà, bon frère, la faible offrande qu'un de
VOS élèves offre à la cause du inag^étisrQje^ si ^icjn défeadue par vous.
Recevez mes fraternels remercimeots*
MAudis.
Ârgeiiteuil, ce 27 novembre 4859.
Un ^and-père qai Tent TOÈt men peilt^nm.
Un jour du mois de novembre, je vis entrer chez moi un zouave. Cette vue me produisit une certaine émotion; ayant un frère dans ce corp^ qui occupe l'Afrique du moment, je pensai immédiatement à lui ; la taille et la voix de son compagnon d'armes étaient en tout semblables à celles que possédaient mon frère; j|e fus un moment surpris. Il s'adressa à moi, en me demandant où restait M. Lecocq. Je me fis connaître, et les détails que j'avais hâte de connaître me furent donnés et reçus avec un même plaisir.
Ce jeune homme, après m'avoir mis au courant de l'amitié qui l'unissait si étroitement à celni dont il me donnait des nouvelles, m'initia à queU ques détails de sa famille, et me dit entre autres qu'il avait eu un grand-père qui était mort à quatre-vingt-douze ans.
« Mais^ me dit-il^ il faut que je vous conte quel-
^0 chose diir cet bomme*Iè, et qui me semble tout de même bien étonnant. Figure2-vons que dans les derniers mois, avant qu'il ne mourût, un jour il était tellement faible, à peine respirait-il, qu'il fit assembler toute la famille près de son lit. Il yit et passa la revue de tous ses petits-enfants qui sont assez nombreux, croyez-le; si bien que ttrflà inoo graild-père qui s'aperçoit que je n'étais pas là. C'était pas malin, puisque je grimpais sur les mamelons brûlants de l'Afrique, et je ne pensais pas trop à lui ; mais c'est pas («i, voilà qu'il dit à toute la famille : «c Mes enfants, je me sens bien près de tn'en aller, car je ne sais pas si je verrai le jour de demain, mais il manque Jules ici, mou petit soldat. Ah! il est loin; mais c'est égal, je veux Vattendrey pour le voir açant de tnourir. » Eh biefi, monsieur, il reprit un peu de forces, et moi j'arrivais en France, en convalescente, quatre mois après, et naturellement je dirigeai la colonne sur Noyon, chez mon père et ma mère, qui me dirent: «Ah! te voilà. Eh bien, ton grand-père qui n'a pas voulu mourir sans te voir ; il a dit qu'il t'attendait. Mais comment t'annoncer sans que cela lui fasse du mal ? — N'ayez pas peur, leur dis-je, voTls lui direz comme cela qu'il y a quelqu'un qui deiiiahdë à le voir, ça le préparera tout doucement, et puis voilà, j'entrerai tout comme ça. »
y> Qui fut dit fut fait. J'allai chez lui , et avant