APPARITION DE RADAME LECOMTE
« Paris, le 28 février 1860.
A Manêteur €ahagi%mi.
Monsieur,
Je vous envoie le détail de diverses impres-
tm*^ j a: éprouvées i la snitf» def «éanrp? ifwp vi»Uï^iïvc2 Lier voulu me lioiraer pon;, «ittsiairr à ]B0f «3 licence?: k vous \e< «omnetf ponr les ifvrw i ! aruTreciatior ûes inteliurences studieiwes: pnn»- «en— elies^ concourir (ne fùl-ce oue pour nm bien xiiu>ff pari s ib «rraiiût- œovrt^ de fraternité et lie <?fmsuiauor) que vouf ave? entrenrise. 0"and l'eos l»eraD ma femme, — étant mconsoianie, — je '/totsTCtiai autant qii'i' me fût nowiMe^ à nbtenir ù^ preuve A um: autre existenrîe da!K5 la philofiopiiie Qv jour: maiç pour mon incrédulité ei ni douleur^ céiarten quelque «»rte des preuves; pal* palilef qu'il me ialtait : eh bien, ce* prexivcK; je les ai obtenues, mieui que je ne l'espérais, che^ qui je ne lef supposa if pas.
liiiiié au mapiétisme par mon ami M. Bemard^ âont la connaissance n était pas aniérieure an maU heur qui me frappait, je me trou vais donc à Técard àt cette science muni d'une bonne dose d incréduUtë ; cependant voyant les effets surprenants qu'il pwK daisait^ je me laissai entraîner chei vous, gricê a«K nobles efforts et à la grande persévérance à% mon ami qui, par ce fait, est on de ceui qui m'oni rattaché à cette pénible existence et au berceau de mes jeunes enfants.
Vous dire les douleurs morales auiqnel les j^élais en proie, et qui m'avaient plongé dans un trouble inesprimable, m'est impossible^ car je ne pensais
à rien moins qu'à raiyre celle qni D'étaH plns^ pour partager sa vie on son néant 1
Arrivant donc ebea vous^ votre lucide endormie me demanda les nom et prénoms de ma femme; au bout d'un instant elle accusa lar voir^ m'en donna le sigalementy tant physique que moral; jus?
qu'aux paroles et gestes habituels furent d'une exactitude parfaite; les plus minutieux détails me furent donnés mieux que je ne l aurais fait moimême, car n'en ai-je pas nié quelques-uns, dont maintenant je me rappelle parfaitement ?
Eh! bien vous l'avouerai je? Toutes ces preuves bien établies il ne fallut rien moins pour me convaincre que la conversation qui s'en suivit ; vos dé^ monstrationssisimpleset si puissantes, baséessur dés faits purementmatérieis,les arguments sansréplique que vous apportâtes à toutes mes demandes, votre foi si grande et si bien établie par une multitude de Eàita semblables, contrôlés par l'expérience» lalee-' tore de vos ouvrages, répandus dans toute t'Burope où toute question d'incertitude est exposée et ré-^ solue sans mystères, achevèrent de me convaincre» et me permirent de supporter avec bien moins de douleur et plus de philosophie cette triste etîs-* tence.
Maintenant que revenu à la vie je compulse, j'analyse ces détails froidement et sans enthousiasme, Je )èê trouve pit>phétiquQS et frais jusque dans
leurs moindres particularités. Dafts les séaMei qui suivirent, et qui seront pour moi une conti*^ nuolle observation^ votre bonne et bienveillante lucide madame Adèle Magtnot, ne m*a-t-elle pa) donné des détails qui étaient entièrement perdus et oubliés pour moi; détails dont je retrouve les traces peu à peu.
Grand Dieu ! que votre sagesse est infinie, votis qui fttes l'homme si puissant ! Avec quelle aisance* quelle assurance, monsieur^ votre lucide me donnait ces détails, mieux, certes, que je ne l'aurais fait. Dans Kba mémoire le portrait de ma femme y était bien, mais à l'état d'ensemble ; par quelle puis« sance analyâait-elle ces détails, apparents et ea* ch^^?Garle portrait fut-il vivant, qui donc i la seule inspection des traits pourrait dire et juger les plus secrètes pensées de son coôur.
Aarais-je donc deux mémoires, dont une imagée, en dehors de ma mémoire habituelle, qui no se ressouvient pas aussi bien que celle inconnue?
Cela fut il vrai, ce ne serait qu'un argument de plus en faveur de vos ouvrages, où, tout est si clair et bien expliqué. Mais qui donnera la solution de cette puissance ? qui analysera et disceniera ces choses dans ce (o/iu&o/iu,oii tout doit être confus et pèle-méle? Je déduis donc que de deux principes, le plus simple est le plus certain ; ma femme existe ; la puîsèaftcc qui me fa démontré confond Torgneilleux
eotètémement de ceini qui croit pouvoir tout expliquer et comprendre par des moyens matériels.
Maintenant que pour moi l'eiistence future est passée à l'état de certitude malhéntaliqaej je supporte mon existence avec bien moins de peine qu'avant mon malheur.
Recevez donc. Monsieur, pour vous et votre bonne et bienveillante lucide madame Adèle Maginot, l'expression d*un cœur reconnaissant qui ne peut autrement exprimer tout le bien qu'il a reçu de vous qu'en vous adressant celte lettre qui, certes, ne serait pas sous vos yeux en ce jour, si je n'avais pas été rappelé à la vie par vos soins fraternels.
Recevez donc, monsieur et madame, tant pour
moi que pour ma famille etmes enfants, lesremer-
ciments les plus sincères et les plus reconnaissants.
Tout à vous de cœur.
Lecohte.
Conducteur de travaux, rue de THÔiel Goibert, 7.