INTRODUCTION
PRCHIÈRB ÉTUDE.
Nos lecteurs ont la les intéressantes descriptions sur la planète la lune, mentionnées tome III* des Arcanes de la vie future dévoilés j descriptions recueillies dans les voyages Taits par la lucide Adèle Maginot sur ce elobe, sous la conduite de l'Esprit Emmanuel Swedenberg. Cet Esprit avait déjà publié les terres planétaires et astrales^ etc.^ oui font suite au Traité du Ciel et de VEnfer , traduction Pernetty, ouvrage qui a produit et produit toujours une agréable impression. Nous avons obtenu le même résultat par la publication des voyages précités. Ne voulant pas en rester là, nous demandâmes, dans cette intention, à l'Esprit Galilée ^ s'il voudrait conduire notre lucide Ravct sur une planète quelconque du choix de cet Esprit? Sa réponse fut afBrmative ; mais des circonstances imprévues de travaux manuels avaient empêché Ravet a étudier à nouveau depuis la publication des Rédélations d'outre-tombe (1)dont il est le héros. Se
(I) Ouvrage qui contient également de curieux renseignements sur la topographie de la luno.
sentant plus libre et mieux disposé en ce joar^ il se propose de lui-même de recommencer ces études ; je lui rappelle à cet effet l'engagement pris antérieurement avec TEsprit Galilée de faire un ou plusieurs voyages planétaires ; ce à quoi il souscrit avec plaisir. Lorsque ce lucide est en sommeil magnétique, je lui propose d'appeler l'Esprit Galilée, ce qu'il s'empresse de faire, et me dit quand cet Esprit est présent. Je fais alors un petit résumé de nos nouvelles études ^ résumé que Galilée accepte avec plaisir. Je remets donc sous la garde et la conduite de ce bon Esprit le lucide'Ravet , auquel je recommande de rompre 1 ui -même le silence que son voyage allait causer entre nous deux ; le tout bien entendu et bien souscrit^ je reçois les adieux du lucide , et je reste en l'attendant au moins trente minutes^ pendant lesquelles il ne donne aucun signe extérieur d'existence. Lorsqu'il revient auprès de moi, je le prie de me raconter ce qu'il a observé dans son voyage. Ravet s'excuse sur l'imperfection et la pauvreté de son langage pour rendre les impressions qu*il a senties et les connaissances qu'il a acquises instinctivement des choses dont nous allons traiter. Non, dit-il , on n'écrit pas ces choses dans la pauvre langue que je parle. Je dis à Ravet que j'ajouterai la pauvreté de la mienne à la sienne, et que le lecteur, habitué aux grossières expositions des choses dont nous traitons, y ajoutera ce qu'il trouvera bon d'y ajouter.
Je supprime ici une grande partie des questions que j'ai adressées à ce lucide, atin de rendre cette narration plus coulante, dirai-je, et plus intéres-
santé en même temps. Je copie textuellement i mais je relie les phrases.
Premier rojage, le 17 noTembre 1857.
Bavet parle ainsi. Étant hors de mon corps matériel , je me suis trouvé attiré par une force ascensionnelle que je ne saurais décrire. Je sentais que cette force venait de l'Esprit Galilée que, cependant, je savais être auprès de moi. Je ne pourrais pas dire que je marchais ni que je volais^ pour franchir les espaces ; mais je dirai que j'éprouvais une sensation semblable à celle qu'on éprouve en glissant avec une grande rapidité. Peu à peu je suis entré dans une espèce d'obscurité qui m'a facilita à apercevoir dans une immense horizon un globe lumineux, de forme petite. Plus j'ai approché de ce globe^ plus il est devenu gros , et sa lumière brillante. Lorsque j'en ai été tout prêt , il s'est opéré un eiïet de ténèbre dont je ne me rends pas compte. J'ai cru un moment qu'il faisait nuit ; mais, lorsque j'ai mis pied à terre, la lumière est revenue et m'a facilité d'apprécier ce que l'Esprit Galilée désirait tne faire voir. Nous nous sommes trouvés dans une ville d*une assez grande étendue, les rues semblables a peu près aux nôtres ; les maisons peu hautes. J'en ai reçu l'impression que produisent les villes manufacturières , aussi me suis-je trouvé de suite dans un atelier de construction assez vaste pour être habité par près de deux cents ouvriers. Les murailles m'ont frappé par leur construction; elles étaient posées sur des assises et formées d'une espèce oe granit; je veux dire
qu'elles étaient beaucoup plus épaisses à leur base qu'à leur faite : elles étaient soutenues au dehors par des arcs- boutants en fer qui atteignaient bien la moitié de leur hauteur. Cet atelier pouvait avoir six à sept mètres de hauteur^ éclairé sur les côtés et au centre : je n'ai pas remarqué si c'était par du verre.
L'intérieur m'a paru assez drôle ; le plancher était en dôme y mal entretenu, et cependant dallé et cimenté ; les côtés seuls étaient occupés par les ouvriers. Je n'ai aperçu y pour établi, qu'une espèce de madrier en bois dans toute la longueur , formantpour lors établi. J'entendais frapper dans le fond ; je désirais aller pour voir qui faisait ce bruit, puis, au même instant , mon conducteur m'a dit : vois-tu que ces hommes sont avancés? Je me sentais peu hardi y et je n'osais regarder travailler ces ouvriers ; mais ce que j'ai cru apercevoir, c'est qu'ils ignorent l'usage de la vis pour pression ; que les leviers et les coins ont atteint chez eux des proportions plus grandes que chez nous : on peut dire que nous sommes à leur égard dans l'enfance du levier. Au moyen de ces coins , ils serraient très-adroitement leur ouvrage dans des m&choires ménagées dans leurs madriers, et semblaient s'en servir très-adroitement. Je n'y ai pas aperçu d'enclume ; cependant on y forgeait dans le fond, tel je Tai entendu.
Ces hommes sont généralement dans nos proportions de grandeur, peut-être un peu plus petits; mais leur corpulence est de premier ordre , et leur force doit être très-grande, si je juge d'après celle d'un homme que j'ai remarqué sortant d'un chantier
do bois. Il portait sur son dos une charge de bois, qae je n'exagère pas en la portant à quatre des uth Ires. Cette charse était autrement disposée que les nôtres y c'est-à-dire qu'elle était plus espacée sur ses crochets, je le crois , mais paraissant telle sur son dos qu'elle couvrait entièrement de la chute des reins aux épaules. Ces hommes ont les cheveux noirs et un peu crépus, la barbe a très-forts brins, rapprochant du crin; leur peau est bronzée, leur démarche aisée et même très-martiale. Ils n'ont qu'une espèce de pantalon que je nommerai caleçon, en ce qu'il est large vers les flancs, et vient s'attacher au-dessous du genou par des rubans couleur orange et noire. Je ne sais si ce genre de jarretière est de la coquetterie, mais il ne fait pas un roauvais'eO*et à l'œil : on m'a dit que cette ligature leur tendait le jarret et augmentait sa force. Ils avaient sur leur tète des coiiïures plates, forme carrée , mais sans visière. Ces hommes grimacent un peu en parlant, en ce que leur boacne se porte a droite et à gauche a volonté, ce qui n'est pas agréable à voir. Leur parole a quelque chose du souffle ; sifflant, elle produit un drôle d'cfl'et sur l'ouïe. L'ensemble de leur physionomie est plus long que chez nous : elle est également plus large.
Nous sommes sortis de cet atelier, et nous sommes allés dans la campagne. Je n'j ai pas vu d'arbres ; c'était une terre labourée, mais ces sillons-là étaient très-profonds et relevés en dôme sur les côtés , comme nous le remarquons à Argenteuil, dans les jeunes plans de vignes. Dans le fond de ces sillons, j'y ai vu une espèce de pois verts comme les nôtres, mais à rameaux b'.*aucoup moins étendus que chex
nous. La yégétation m'y a semblé être très-riche^ mais très-raDougrie. Sur le fatte de ces sillons pousse un autre arbuste dont les feuilles sont triangulaires^ et armées de petites pointes pour attirer réiectricté, et la conduire par leurs rameaux jusqu'au fond du sillon oii elle atteint Tautre plante qui en a moins besoin , mais assez pour en exiger ce qu'elle en reçoit ; voilà comme en tout heu rhomme étudie et perfectionne la culture, me fait observer Ravet. Pas très-loin delà, j'ai vu une grande plaine, espèce de parc , dans laquelle une femme gardait des chevaux ; je dis des chevaux , ne sachant comment nommer ces bètes-là. Imaginez-vous les voir gros comme nos ânes , mais au dos anguleux, formant une bosse de 15 centimètres environ , bosse qui s'étend et disparait dans leur marche qui n'est pas comme celle de nos quadrupèdes, en ce qu'ils marchent les deux pieds de devant à la fois et les deux pieds de derrière également. Les pieds de devant sont très-rentrés sous le poitrail ; leur marche ressemble plutôt à des sauts
3u'à une marche posée ; c'est en se pelotonnant , irai-je , pour s'élancer , que leur dos prend la forme bossue dont je vous parle, forme qui disparait au tirage des jambes de derrière. Leur cou est muni d'une espèce de poche en peau pendante, et leur tôle rapproche de celle de l'âne, quoique le cou rapproche de celui du chameau.
La femme qui les gardait était à une distance de vingt pas de moi environ , ce qui ne m'a pas permis de saisir tous les détails de ses traits. Sa tailleest peut-être plus petite que celle des hommes, mais elle est très-développée , le port et la marche
méthodique : chovem noirs nssez coquettement relevés sur les oreilles par deux épingles, pour lais* ser voir ses orcllV") qui , sans doute chez ces peuples, sont dès marques de beauté , mais qui chez nous feraient peu d effet en ce qu'elles sont passablement longues. Un fichu , ou foulard y couleur orange, mis négligemment, mais assez coquettement sur le derrière de la tète, ne fait pas un mauvais effet sur ceâ cheveux d'ébène. Une espèce de corsage juste au corps, qui dessine une gorge bien proportionnée, est mal joint par un jupon court qui est ajusté sur lui. Deux jambes nues assez G* nés et un pied plus fin encore , est enfermé dans une espèce de sandale, à large bride noire, brillante et garnie sur les bords dune bande de laine blanche ; cette sandale, ou ce sabot, n'a pas de bout recouvrant les doigts des pieds qui sont à nu et laissent voir des ongles passablement noirs, le tout annonçant que la propreté est moins connue chez ces femmes que la coquetterie. La femme de tous les globes doit être née coquette , sécrie Ravet. J*ai aperçu également, continue le lucide, des chariots à roues comme les nôtres , traînés par ces chevaux à forme bizarre dont je vous ai parlé. J'ai fait peu d'attention aux maisons que je ne peux vous décrire, encore tout émotionné que j'étais de mon voyage.
Je croyais arriver sur la lune, comme la sœur Adèle ; pensez quelle a été ma surprise de savoir que j'étais sur Mercure. Ce globe est plus prêt du soleil que nous, et porte bien deux fois le diamètre de notre globe.
D. Y a-t*il dQS saisons 7
R. Tout globe qui tourne a ses saisons, me répond TEsprit Galilée.
D. Quelle en est la température à peu près?
R. Semblable à la v6tre dans Tété.
D. Le froid y est-il aussi intense?
R. Non, il y a seulement des baisses de chaleur, mais elles sont peu sensibles. On peut dire que ce globe n'a que deux saisons.
D. Qu'y est le règne végétal ?
R. Très-riche en espèce , mais Irès-rabougri , c'est-à-dire peu élevé du sol.
D. Qu'y est le règne minéral?
R. Très-riche, principalement en fers, dont l'extraction de la terre est beaucoup plus facile que chez nous.
D. Vous m'avez dit qu'en vous éle\ant dans les espaces la lumière s'était affaiblie à fur et mesure que vous avanciez vers Mercure, ce qui, par conséquent , vous avait facilité à voir cette planète lamineuse, car vous n'eussiez pu la voir ainsi par le jour ordinaire. Est-ce que les espaces ne seraient pas aussi éclairés que les globes?
R. Les espaces sont plus ténébreux en ce que la lumière solaire y est beaucoup plus divisée , qu'aux approches et dans la direction des globes la lumière solaire ne rencontre pas en eux la même résistance, ni la même attraction qu'elle rencontre sur les globes. Elle se brise, dirai-je, au contact de ces derniers, «et forme des étincelles lumineu* ses ; ce qu'elle ne peut faire dans les espaces : voilà pourquoi ils sont plus ténébreux que les globeSt
D. Cette liinière est donc par ce bit semblable à celle contenue dans le silex qui, au contact de Pader, jaillit en étincelles ?
R, Ne présentez pas une telle comparaison, roo dit Galilée; il n'y a^quoi que ce soit de semblable ilans ce choc brutal, et celui de la lumière solaire avec les globes ; là c'est une absorption, une fusion, nne noyade d'amour ; c'est un besoin de contact» un plaisir , un bonheur de rencontre entre les molécules lumineuses du soleil, et celles des globes qui ne peuvent être décrits dans votre langue.
D. Le soleil semble rayonner , il est vrai , plus spécialement sur les globes que dans les ^paces; mais je croyais que les rayons divergeaient également lumineux danslesdits espaces?
R. Ils divergent bien lumineux dans les espaces $ mais cette lumière n'est pas comparable à celle qui Tusionne avec les globes , en ce cju'elle n*est pas animée, diraije, des mêmes sensations étincelairtes d'amour qu'elle ressent au contact desdits globes. Ce n'est pas également un rayonnement que vous devez nommer cette rencontre , mais une oodulatibn continue et contiguë d'étincelle» lumineuses , quoique projetées par jets.
D. Penséz-vous que le foleil soit une plimèie , ou un rayon simplement du soleil spirituel» comme jme l'a dit l'Esprit Emmanuel Swedenborg ?
R. Je n'ai pu apjiroeher assez prêt de cet inap* prochable foyer, pour me prononcer à son sujet ; je n'en suis qu'à l'étude de ses manifestations.
D. Pour ne pas abuser de votre obligeance an-
joard'htii y voulez-vous nous permettre des étades ultérieures en. ce genre ?
R. Je suis prêt à vous instruire selon mes connaissances. Ne suis-je pas une étincelle divmâ qai fut enveloppée de chair^ et qu'il plut aux hommes de nommer Galilée. Je suis fetourné à ma source,
tour continuer mes étttdes et les partager avec les ommes à Toccasion.
D. Quand serez-vous disponible pour une autre séance ? '
R. Mardi prochain, ce jour me convient assez.
D. Avant de vous quitter , permettez-moi de vous dire que nous avons remarqué plusieurs co« roètes cette année ; comme vous nous l'aviez annoncé ; je crois devoir vous dire que vos appréciations en ce genre ont été exactes ; je pense même que rinflùence de ces comètes a été salutaire à notre glohe , en ce que, au 15 novembre , nous n'avions pas ^ comme les années précédentes , éprouvé aucun froid ; au contraire ^ nous avions jusqu'à quinze degrés dé chaleur.
R. Ne vous ai-je pas dit(l) que ces planètes, en régularisant leur marcle, absorbaient le trop de chaleur ou en communiquaient aux globes, qui n'étaient' plus servis par elfes régulièrement; c'est ce qui a eu lieu pour le vôtre? Sachez qu'il y a des comètes qui n'ont été observées que drfns l'enfance de l'astronomie, et qui apparaissent à votre globe tous les mille ans. Devant la course immense, de* vaut les cercles décrits sans entraves aucunes par ces planètes, comment l'homme ne tombe- t-iV pd^
(4) Voir Révélations d'Outre-Tomb^, .
à genoQf , pleîii d'admiration et de recpnnaissancp poor son créateur?, r . • Gomment peut-il doujtef de rinfini des espaces? s'écrie Galilée, au moment de quitter Bavet. Nous remercions cebonEspn^ de son obligeante complaisance ; puis je rends Ravet à son état normal .
DEUXIÈME ÉrUDS^ LE 24 NOVEMBRE 18S7.
D. L'Esprit Galilée voudrait-il vous conduire à nouTeaa sur la planète Mercure , dans une ville capitale, par exemple, pour y prendre connaissance des monuments, des sciences, des arts, des mœurs et des gooyernements de ce glode ?
R. Cette étude vous platt donc bien , aue vou3 désirez la faire aussi détaillée ? Qui vérifaera ces détails et en reconnaîtra l'eiacte vérité , fait observer l'Esprit Galilée?
D. Nous désirons faire cette étude aussi complète que nous vous la proposons, parce que nous ne connaissons aucun ouvrage qui en traite à ce point de vue, et que par la vérification que pourront en faire ultérieurement d'autres lucides, on sera h môme de prononcer.
B. Je peux vous dispenser de faire c^ voyage pu moyen de cette lunette qui vous facilitera de voir les choses de votre goût ; je me charge du reste, L'Esprit Galilée remet entre l.es mains du lucide cette lunette qui , tout en Ij^i facilitant de yoir à distance comme tous les n^oyens d'optiques en içe genre, lui permet cependant parfois a être dan$ les lieux qu'il voit , et de côtoyer les choses de spq admiration. Les magnétistes avancés, qui auront
pris note de nos propositions sur l'homme microcosme, comprendront aisément cette faculté. L'Esprit Galilée ne fait en cette occasion qae détrm're les apparences de distance qui nous séparent des choses de notre observation ; par conséquent, gai nous empêchent de les admettre dans le point de Leibnitz , point métaphysique indescriptible, pour l'état de notre raison présentement. Je dis a Ravet : Veuillez, en premier lieu, prendre des notions sur 1^ constructions , les habitants et leurs mœurs ; tâichez d'assister de leur lever, à leur coucher, en en exceptant le travail , et ne vous renfermez que dans l'oDservation des usages. Après le temps nécessaire pour un lucide en une telle circonstance y Ravet commence ainsi son récit :
. D. Après avoir aperçu quelques rues tortueuses, dallées, mais sans trottoirs, une porte d'un maison m'a été ouverte ; là, j'ai vu l'intérieure d'une cuisine d'une bizarre disposition : elle était éclairée par des fenêtres de quatre carreaux chacune, carreaux en porcelaine bleue qui donnaient un jour très-doux et très-agréable. Au milieu de cette pièce, qui était assez grande et qui respirait Pattrait d'une grande propreté, il y avait un fourneau en porcelaine d'une forme toute particulière; il était de la hauteur d'une table percée d'une grande quantité de trous carrés, dans lesquels étaient enchAssés très-justes des ustensiles en cuivre qui m'ont fait l'efret d'être des vases de cuisson, et vases de table ; car il y avait devant chacun d'eux une chaise à bras , en bois , à fond également en bois découpé très-adroitement, ce qui m'a fait supposer que ce fourneau était la table en même
temps des habitants du lîea. Je n'y ai vu personne; tout était préparé sans douté pour le repas* ... Je suis entré dans une pièce voisine d'une grandeur spacieuse ; elle était vide de tons meubles , maïs elle était garnie de tapis d'une grande beauté; parquet et murailles en étaient couverts. Un jonr toolà-fait extraordinaire Téclairait et venait d'une pièce voisine qui n'était séparée d'elle que par un léger rideau, tissu de paille, mais d'une paille aussi fine que de la soie.
Ce genre de tissage laissait pénétrer la lumière par de grandes raies vides qui étaient ménagées à dessein dedans, et qui modifiaient encore la lumière déjà modifiée aans l'autre pièce par les conduits oii elle passait. Il n'y avait dans cette pièce à lumière, dirai-je , ni croisées, ni châssis » ni aucun des genres d'ouvertures que nous connaissons , mais des espèces de gros bouquets de fleurs bleues et jaunes, encastrées dans les murailles fleurs, dont le calice ressemblait assez è celui de nos violettes marines, mais d'un diamètre de dix centimètres au moins. Le ^our filtrait à travers le fond de ces fleurs faites en verre d'une grande transparence, et se répandait à profusion , je dirai même par jets dans la pièce, en y rayonnant par colonne du diamètre des calices des fleurs qui la projetaient ainsi. J*ai admiré ce genre lumineux dont vous ne pouvez vous faire qu'une idée trèsoimparfaite.
Une femme m'est apparue dans la pièce à tapis , que je prends pour être une pièce d'attente, une pièce de promenade. Cette femme s'y promenait; sa mise était des plus belles et -des plus riches
qa'ott paisse imaginer. Un corsage juste an corps, je ne mis en quelle étoffe , ainsi que son jupon , fa qu'ils étaient littéraleinen^ couverts de fleurs » MÎ de fleurs des plus fratcbes et des plus délicates petites comine des mignardises j portant presque toutes au centre des petites aigrettes à facettes , aigrettes faites comme des aiguilles et aussi resplendissantes de lumière que celle réfléchie parles paiU letLes des habillements de nos théAtres. Cependant ces fleurs me semblaient être naturelles. Je ne pourrais en décrire la forme ni les couleurs, tellement elles sont variées. Je suis entré dans une troisième pièce, non moins belle, c'est* à dire non moins bien décorée de tapis : des coussins étaient sur le parquet au milieu de cettei pièce ; ils étaient posés les uns sur les autres, pour servir de sièges et de lit de repos. Trois femmes très -jeunes et trèslielles étaient dans cette pièce ; une d'elles était npnchalamment étendue sur ces coussins et semjblait être assez indifférente à ce qui se passait autour d'elle ; les deux autres étaient auprès d'elle : leur mise était non moins élégante que celle que j'ai vue en premier lieu. Décidément, ces femmes sont passionnées pour les fleurs; ce sont de vrais parterres mouvants. J'ai remarqué, sur les tapis qui garm'ssaient cette pièce, des fleurs, des oiseaux et .des animaux de toutes espèces , très-bien représentés. Ce qui semblait aomiuer, comme dessin dans ce genre d'ornement, c'était une combinaison de carrés enlacés les uns dans les autres avec beaucoup de goût et produisant à l'œil un très-bon effet.
Le luxe m'y a paru être d'un très-bon goût.
Ces tapisseries^ aux couleurs les plus belles, semblent remplacer nos tablea.ux et nos -papiers de fantaisie et, certes, les remplacent avantageusement.
Sortant de cette pièce, je suis allé dans uij autre endroit qui m'a semblé être destiné à une exposition de travaux en verres. Oh! nousn^apr prochons pas de ce que j'ai vu , ou, pour parler plus vrai, je ne connais quoi que ce soit de seranlable chez nous. Imaginez-vous voir des bouguets de fleurs en cristal le plus beau, portant plus d'uQ mètre de hauteur et gj'os proporfionuellement ; ils sont d'une composition superbe. J'en ai remarqué quelques-uns dont les fleurs étaient coloriées ; de
f)etits filets de diflérentes couleurs qui encadraient eur calice; ce qui m'a paru être très-beau. Ce lieu ét^it très-grand, et ce genre de bouquets n'y manquait pas ; cela m'a paru être autant de chefsd'œuvre admirables. Des hommes allaient et venaient dans cette enceinte ; ils m'ort paru JÈtre des ouvriers, en ce qu'ils portaient comme chez nou^ un genre de blouse bleue, et des tabliers qui les serraient autour du corps. Ce qui m'a sembié assez drôle dans cette mise, ce sont des capuchons, même étofl*e, qui étaient pendants sur le dos , et attachés au collet de ces blouses : ces hommes pouvaient avoir cinq pieds de hauteur et d'unp corpulence bien proportionnée.
La coulear bleue me paraît être national^ cjie? ces peuples.
Plus loin, j'ai vu des petits enfantai yêtu3 également de olouses, mais de différentes pouleurs. Ils avaient des coiffures plates; les uns
sont mieux yètos que les autres : les haillons ainsi que la misère n'y sont pas plus inconnus que chez nous.
J'ai passé de là dans une fabrique de verrerie ., lieu immense bâti tout en briques; j*ai traversé , pour j arriver, une voûte très-longue et très-somore. Je suis sorti de là pour examiner les maisons extérieurement ; elles ont toutes environ trois étages, éclairées à profusion par des fenêtres très-petites qui ne sont pas percées symétriquement comme les nôtres» mais qui sont percées assez régulièrement par rapport à ce genre de construction. Le comble des maisons y a quelque chose d'oriental. Ce sont des terrasses étagees les unes sur les autres , semblant appartenir à chaque locataire ; il y a des escaliers particuliers qui conduisent à chacune. Quoique toutes ces maisons soient bâties en briques, elles sont blanches sur la façade.
D. Quel genre de religion existe chez ces peuples?
R. Il y en a plusieurs, me dit l'Esprit Galilée ; mais la dominante est une adoration ue la nature, et particulièrement du soleil.
D. Ont-ils des temples et des prêtres ?
R. Oui ; mais ils ont déjà eu des révolutions en ce genre.
D. Comment s'y forme la famille ? Quelles sont ses dépendances?
R. La famille s'y forme comme chez vous, à l'état d'union.
D. Qu'y sont la justice criminelle et la justice
correctionnelle?
R. La peine de mort pour la justice criminelle n'y est pas connae, elle y est remplacée par un genre de travaux forcés. Les condamnés sont obligés d'exécuter des travaux pnblics, pour lesquels cependant ils ont des dispositions. Les peines correctionnelles y sont de priver les êtres de ce qu'on sait qui leur est le plus agréable de posséder et de les contrarier dans leurs goûts.
D. Qu'y sont les relations entre les puissances? la guerre y est*elle connue ?
R« Comme farioni.
D. Qu'y est l'astronomie?
R. À l'état d'observation, mais avec des données exactes. J*ai été content de la justesse de leurs observations. Elles ne sont pas à l'état d*enfance^ croyez- le bien, afGrme Galilée.
D. Qu'y est la navigation?
R. Ils ont des bateaux oiïrant moins de surface que les vôtres ; ils sont plus longs et très-coniques; ils en sont encore aux rames. Ces bateaux sont construits d'arbres refendus en deux, dont le côté plat regarde le dedans et le côté rond le dehors ; ils sont reliés ensemble dans le genre de vos paniers, mais assez bien joints, vous devez le penser, pour ne pas prendre d'eau. Les mers y sont peu nombreuses, la navigation, par ce fait, est moins étendue que chez vous.
D. Qu'y est l'arnâurerie ?
R. Ils ont des sabres et des espèces de fusils à arcs, au moyen desquels ils lancent au loin des pierres. Ils ne connaissent pas la poudre.
D. Qu'y est la musique?
R. fe lear voia des instrumeats à corde dans le genre de nos harpes, mais noo de la mène forme. Ces cordes sont très-nombreuses et d'égales longueurs, elles sont tendues dans an carré sur des espèces de tubes qui en augmentent le son. Us ont également des espèces de chalumeaux.
D. Qu'y est la sculpture?
R. Ils sont sculpteurs et modeleurs. J'y ai ?u de très* beaux ornements et des tètes bien faites ; mais elles étaient dans des calices de fleurs, ce qui ne me paraissait pas très-beau. Tous les plafonds que j'ai vus sont des cintreSy des voi^s^res; leur menuiserie est belle.
D. Qu'y est la peinture ?
R. Ils excellent en peinture.
D. Qn'y sont les moyens de transport?
R. Très-lourds et peu actifs; ils ne connaissent pas la vapeur, ils connaissent l'électricité, mais ils ne savent pas l'appliquer.
p. L'imprimerie, l'écriture , l'arithmétique y sont*elIes connues?
R. Tout peuple industriel a une écriture â lui, ainsi qu'une arithmétique ; ils en sont aux manuscrits à caractère hyéroglyphique, dont les signes disent beaucoup plus de cnoses que les vôtres.
D. La danse et les jeux qu'y sont-ils?
R. La musique suggère toujours la danse. Ljeurs jieux sont calmes et de méditation, ils sont conventionnels et se sentent de la gravité de ce peuple.
ÂLP. Cahagnet.
{La suite au prochain numéro.)
LIQUEUR SOMNASBULIOUE.
Bon nombre de meâ ledtèurs m'ont téihoigûé le désfi' de connaître la composition de la liqtieur somnambulique dont j'ai parlé tome 111® des Arcanes de la vie future dévoilés; J'ai eru, pour satisfaire à eès vœux, devoir publier cette composition dans la 2* édition de la Magie magnétitftte qui vient de pai^aitre^ et je crois être agréable également aux lecteurs de V Encyclopédie en faisant passer sous leurs yeui êet article.
Page 513, Magie magnétique : « Sur la fin de juillet, lorsque le chanvre est en fleur, ce qu'on reconnaît aisément en frappant légèrement sur la tige, et (Ju'une * légère poudre jaune s'en échappe, poudfe ^ui est le pollen de cette plante, tu en émoudras les somniités 4e manière à recueillir le plus que tu pourras de ces fleurs et de cette poudre, sans y mêler aucune feuille de la.plaote*, tu les déposeras sécher quelque jours à l'ombre, bien dispersées sur une feuille de papier blanc; puis tu en mettras à moitié un bocal que tu rempliras de bonne eau-de-vie, et tu exposeras le bocal bien bouché, pendant quarante-cinq jours, à l'action du soleil-, tu tireras, après ce temps, le tout au clair, et exprimeras le liquide du marc par pression*, tu garderas cette liqueur pour t'en servir au besoin... Une à trois cuillerées à café dans un demi- verre de bon vin sont suffisantes pour étendre Tintuition, et dégager la vue spirituelle du somnambule magnétique du nuage matériel qui la retient dépendante.
» Si lu veux mettre la même quantité dans une infusion de tilleul, de thé ou de café, prends ce mélange bien chaud et sucré avant de te mettre au lit, tes rê.ves seront plus lucides, et de véritables visions te frapperont par leur ensemble. Tu peux faire usage de ce breuvage comme tu le fais à l'égard du café, ou de
tons les stimolants ou cahnants qu'il te plaît de
i prendre... Si ton tempérament redoate les éUiaufànts et les excitants, fais-en un usage très-modéré ; dans le cas contraire, ce breuvage étant un dissolvant des glairesi tu f en trouveras bien.
» N'attends pas de phénomènes marquants de son usage, mais espère avec succès un surcroît d'intuîtloD, de Justes combinaisons, de sain Jugement^ enfin, de compréhensions autrement étendues que celles que tu as présentement. »
Tu peux ajouter, comme renseignements ultérieurement certifiés, que cette liqueur est toniqoe, et trèsconvenable aux estomacs débilitants et agités par les vents. Elle est encore très-sudorifique , et de plus stimulante dans toutes aggloméraîions sanguines. Eu applications extérieures et en frictions, elle est d'un bon usage et peut remplacer les opiats.
AlP. €AnAGNET.
ATIS A NOS ABOMUTÊS»
Celle Livraison est la dernière de l'abonnement à Tannée 1858. Nous prions nos Abonnés de renouveler au plus tôt leur abonnement, s'ils ne veulent pas éprouver de relard dans l'envoi
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Alp. Gahagnet.
Paris. -* Imp. de L. Guésin et C% success. d*AD. Blondbau,
Rm 4ii PeUt-Csneau, 96.