APPARITION
DE M. L'ABBÉ ALMIGNANÀ (4).
Le H octobre f8î58, lendemain d'une confidence qui m'avait été faite la veille par un ami intime du vénérable abbé Almignana, que nos lecteurs connaissent d'ancienne date^ comme ayant été sur la terre, et étant au monde spirituel, un fervent étudiant et défenseur de nos études; nous priâmes notre lucide Adèle de demander cet
(4 ) Voir tome m de cet ouvrage, page 260.
Esprit, afio de mieux nous renseigner tor la con* fidence précitée. Lorsqae ce bon ami fut près de nouS| je demandai à Adèle comment le yoyaik-* elle, et qaelle impression recevait-elle à sa vue ? Elle me répondit qu'elle le voyait dans nn état d'Esprit beaucoup plus calme qu'il n'était parfois sur la terre. Il est accompagné, dit^elle, de sa vieille gouvernante, la bonne Sylvie, qu'il a retrouvée au monde des Esprits; il lui a dit en me voyant : a Tiens, regarde sainte Pbilomène. » Ta sais que dans ses moments de gaité, me fait observer Adèle, M. Almignana me donnait ce nom.
D. Êtes-vous heureux ?
R. Assez heureux, me dit-il, pour ne pas désirer revenir sur votre terre, ni la regretter en quoi que ce soit.
D. Avez-voos vu votre frère (ancien chanoine, mentionné, tome 5* des Arcanes de la Vie falure dévoilés) ?
R. Oui.
D. Êtes-vous d'accords sur vos différends théo«logiques?
R. Assez pour nous voir avec plaisir.
D. Votre Bpiritualisation a-t-elle été nata* relie?
R. Elle a été ce que vous la savez.
D. Je sais qu'il y a eu une enquête judiciaire à cet effet, qui, je crois, a été abandonnée.
R. Je ne râbandonne pas^ moi •
D« PouTez-Tous me donner quelques renseigne^ ments sur cette spirituaiisation précitée ?
R. Ces détails me sont donnés ; mais le silence le pla» absoia m'est commandé, cette affaire devient une question de justice divine et non de justice humaine.
D. Vous aviez des papiers très-importants comme correspondance philosophico-religieuse , dont Vous m'aviez jparlé quelquefois^ correspondance qui est perdue en ce jour pour nous?
R. Elle n'est pas perdue pour ceux qui s'en sont emparés. Le but qu'on a cru atteindre ne l'a été qu'à moitié; la fourberie joue au plus 6n avec la fourberie. Le meilleur de cette corresponddance n'est pas passé dans les mains qui l'attendaient ; plus tard, cela se retrouvera, au détriment de ceux qui croyaient la posséder à leur proBt. Ne vous occupez pas de cette affaire. Je vous sais gré de l'intérêt que vous me portez, je me charge du reste*
D. Âvez-vous vu de nos amis spiritualisés, Svredenborg, par exemple ?
R. J'ai eu la visite de Blesson seulement. Mais, me fit observer Adèle, tu sais que M. Âlmignana n'était pas très^initié aux œuvres de Swedenborg.
D. Avez- vous vu Mesmer , de Puységur , Deieuze, Chardel?
R. H. ÂlmignaDa y . me répond Adèle, était plus partisan dn somnambaUsme qne magnétiste ; c'est pourquoi il n'a pas cherché ni appelé ces Esprits.
D. Avez-Yous vu des somnambules^ ou voas occupez-vous toujours des tables tournantes ?
R. Je n'ai pas encore eu ce temps. Oh! ma chère, on ne s'oriente pas aussi vite que je le pensais et que tu pourrais le croire. C'est un véritable déménagement; il faut le temps de tout mettre en place et de s'installer, je vais m'occuper de tout cela. Adèle ajoute que Sylvie s'oppose à ce que son maître s'occupe, comme sur la terre, de ces choses qui, pense-t-elle^ l'ont troublé et ont aggravé son état maladif. Comme par sod grand attachement et son sincère dévouement, cette femme avait acquit un certain empire sur l'esprit de son maître, ce dernier l'écoute assez et l'écoute d'autant plus qu'il avait la tète très-fatiguée par ces études, qu'il poussait avec vigueur : études . qui avaient vraiment altéré jusqu'à sa saoté, par conséquent qui commandaient le repos dont il jouit du' moment. Cependant, ce bon Esprit m'affirme qu'il pense souvent à nous, et qu'il viendra un jour me donner des signes matériels de sa présence auprès de moi : que je prenne patience et que j'espère.
Je donne connaissance à mes lecteurs de cette
courte et instructive séance, $W9 plus d'an rap^ porty tant poar m'acquitter de la promesse qae je lear ai faite, tome III de cet ouvrage, qae pour les entretenir un moment du souvenir d'un homme aussi pur que publiciste magnétique estimable,
Alph. Gahagnbt.