‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 4)Chapitre 20 sur 37 · CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE

Lyon, le 28 octobre 4858*

Monsieur et frère en Dieu,

Je viens de lire, en tète de la S8* livraison de votre EfieyclopédU magnétiquey votre correspondance sur les réincarnations ; j'ai été étonné de la manière peu fraternelle avec laquelle vous traitez cette question; cela m'a d'autant plus étonné de votre part de faire une critique si acerbe, que vous ne cessez de dire dans vos écrits que vous ne présentez vos révélations spirituelles qu'à titre d'étude. Eh bien ! puisque vous ne les présentez qu'à ce titre, pourquoi vous posez-vous en juge souverain envers les croyances de réincarnation, en les traitant d'erronées, de contresens des croyances hindoues, de fantasques con-

ceptions, de fables égyptiennes, de fiintaisie» été Mille et une NnitSy d'inacceptables propositions bibliques des paroles du Christ, de philosophiques démonstrations cabalistiques, des amusants contes de fées? Et plus loin, vous dites encore : « Les révélateurs ou professeurs de telles doctrines ne sont que de tristes équilibristes dés choses humaines. Vous êtes bien audacieux ; là, permettezmoi de vous dire qu'un amour-propre mal placé s'en est mêlé, l'esprit d'orgueil s'est emparé de votre cœur, et vo«8 avez cherché à défigurer des révélations opposées aux vôtres pour vous élever sur leurs débris... Dites-moi, frère en Dieu, auriez-vous par hasard la prétention de vous croire sans erreur et de posséder seul la vérité absolue; allons, soyez un peu plut modeste et plus conséquent avec vous même, car voici ce que vous dites un peu plus bas. Si j'ai traité de cette dernière question, j'ai au moins eu l'humilité de n'en présenter les révélations qu'à titre d'étude et non à titre de loi. Vraiment, il faut en convenir, vous vous embrouillez, vous êtes dans un cahos difficile à comprendre. Puisque vous ne les présentez pas à titre de loi, pourquoi vous posez-vous en juge si sévère et surtout si satyrique; croyez-moi, frère en Dieu, soyez un peu plus humble ; ne jugez pas si vous ne voiilex pas être jugé à votre tour ; car il est dit : « De la

même mesure dont ta te seras servi pour aatrai, on s'en servira pour toi* » AlionSt centrez un peu en yous*mème, et suivez la maiime du sage qui dit: «c Dans le doute^ si tu es dans le vrai ou dans le faux, abstiens-toi. »

Maintenant, vous devez comprendre, à ce que j'ai dit ci-dessus, quelle est ma croyance. Je crois à la préexistence, parce que rien ne se forme de rien ; nous existions en Esprit, avant d*étre revêtus de notre corps matériel ; je crois aux réincarnations, soit sur notre globe, soit dans d'autres, jusqu'à ce que nous soyons assez purs pour nous élever dans une autre région plus pure que la n6tre ; je crois qu'il y a des Esprits missionnaires qui viennent par ordre de Dieu se réincarner icibas, pour révéler les lois divines, à seule fin de faire marcher les habitants vers le bien, le beau et le vrai. Voici quelques vers à ce sujet :

De la Création nous parcourons l'espace, Du Monde des Esprits dans le monde des Corps, Tour à tour en son temps créé, chacun de nous passe. Passage progressif des faibles et des forts, Qui du grand tout concourt aux merveilleux accords.

A réternel clavier de l'immense harmonie L'homme devient Esprit, Ange, puis Séraphin, Pour cheminer vers Dieu la marche est infinie ! De progrés en progrès, de confm en confin, Vers Lui de plus en plus nous gravitons sans fin...

Tel est, Je crois, le bat de notre destinée.

Noos monroDs ponr renaître en cette immensité. Où, selon notre amour, notre âme est entraînée Vers les mondes diters de la grande Cité...

Ainsi nous gravitons vers la félicité!...

Mais n'allez pas croire poartant qae je veuille Toas imposer ma croyance, Diea m'en garde! Je respecte la y6tre, comme je voudrais que vous respectassiez la mienne. Ne jugeons rien, et surtout, gardons*nous de condamner des choses que l'esprit humain ne peut pas encore bien définir ; attendons, l'avenir est un grand maître, il nous apprendra un jour oii est le vrai et oii est le faux. Quant aux croyances, bien fou serait celui qui oserait dire : La mienne seule est vraie. La vérité absolue est encore et sera bien longtemps cachée aux humains. Ainsi, inclinons-nous devant l'arbitre de tout, et prionsMe de nous éclairer sar les mystères impénétrables de ses lois, jusqu'à ce que cette belle vierge inconnue se présente devant nous dans tonte sa nudité, si toutefois il est permis à l'homme de supporter son aspect.

Frère, point de haine entre^ nous, malgré la divergeance de nos idées; travaillons à la recherche de cette belle fille du Ciel ; marchons en paix dans nos pérégrinations, car souvent, par

des routes opposées, on arrive au même but.

Recevez Tassarance de mon estime ; je Toat serre fraternellemeot la main.

B. JOLT.

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