MAGIE
L'envoûtement existe-t-il? Nous avons assez traité de cette question, Magie magnétique^ pour nous dispenser d'y revenir; mais ces jours passés H. Lejeune de Méru, notre frère étudiant swedenborgien nous adressa un envoûté dans la personne de M. de Saint-P... afin que, par le secours de la lucidité d'Adèle, nous nous occupassions de cette question, et que nous apportassions quelque remède au mal de ce monsieur, si cela nous était possible.
M. de Saint-P... vint nous voir en compagnie de
sa dame : c'est un cultivateur de bonne présentation, de sain jugement et de position aisée. La dame de ce monsieur est spirituelle, d'une nature nerveuse et très-impressionnable. Le mari, d'une nature forte, mais religieux à l'excès, pèche de compte à demi avec sa femme dans les relations philosophiques des sans-soucis.
Ce n'est pas une petite affaire dont il s'agit 1^. Des discussions de famille, ou pour dire plus vrai, des égoïsmes de famille ont amené une désunion entre frères et sœurs, pères et gendres, cousins et cousines, domestiques mêmes et gens de journées; de là est né un aréopage digne au moins du grand Corneille Agrippa, sinon de l'illustre Albert. Bref, M. de Saint-P..., malgré les trois messes qu'il dit i lui seul par jour, en labourant ses champs, n'y voit pousser ni blé ni avoine. Les 175 pommiers de son jardin de plus de deux arpents, ne rapportent que des feuilles sans fruits. J'ignore si Eve même aurait pu y trouver, depuis quatre années, une seule pomme digne de l'amour de son chaste époux.
Madame de Saint*?..., malgré son amour de la famille, ses résistances à accepter des croyances qui ne sont pas de son go&t, ne peut comprendre comment tout ce qui se passe autour d'elle peut se faire avec autant de persévérance.
Le gendre de M. de Saint-P..., jeune et vigoureux cultivateur, encore sous l'empire de la lune
miel) ne peut comprendre comment les bestiaux qui, antérieurement, étaient comme lai de forts travailleurs et de bonne production, sont aussi malingres qu'il est névralgique, sans aucune cause, et encore moins sans aucun besoin bien entendu.
Mademoiselle de SaintP..., aujourd'hui madame ***, ne sait plus rire ni penser comme autrefois, malgré ses beaux yeux pleins d'enjouée malignité, et ses belles dents, qui s'ennuient de vivre ainsi dans l'obscurité de la bouderie la plus détestable. Le petit de Saint-P... gamine par caprice, pleure par plaisir, se bat par délices, est fiévreux par mélancolie, et inquiète ses bons parents par passe-temps.
Madame de Saint-P..., la grand'maman, nesait quoi penser de ses 77 ans ; elle suppose que ses deux béquilles de la vieillesse ne sont juste assez solides que pour supporter son enveloppe matérielle, mais qu'elles sont contraires à Tordre de ses idées, qui sont dans le plus grand désordre possible.
M. de Saint-P. i<, le grand-papa, ancien soldat de l'Empire, préférerait assister a la bataille de Marengo que d'entendre sa femme trouver sans cesse la chandelle sans mèche, ou V Angélus en retard de sonner I
Qui pourra remédier à tant de désordres, et tant d'autres qui exigeraient un format d'in «folio pour être rack>nlés? C'est Adèle qui jusqu'alors a parlé
groêso mundoj cet noàs ne savofis pM le premier mot de ces troabied dont le récit reçoit l'approbation pleine et entière des consultants ; il ne nous a pas falla moins de deux séances de deux heures chacune pour rouiller dans les replis les plus cachés de cette sombre histoire. Qdeva-t-il en ré^ sttlter? que nous allons rendre le calme à tous ces ceeors en peine. Mais que ferons-nous pour cela? nous diviserons cette besogne en deux parties^ celle de l'esprit et celle de la chair. A celle de l'esprit, nous remettrons notre petite brochure traitant de la Justice divine et de la justice humaine, avec manière de s'en servir.
En plus, deux personnages que nous n'attendions pas sont venus de leur sphère spirituelle nous faire des offres de service à cet effet ; mais que sont ces bienveillants amis ?Âdèle^ va nous en donner un signalement tellement détaillé et précis^ que M. et madame deSaint-P... y ont les reconnaître à l'instant pour être leur cousin et le fils de ce dernier, hommes de très-bonne amitié terrestre^ et par conséquent de non-moins bonne amitié spirituelle.
Cette arrivée inattendue vient donner du re* lief à notre rôle d'anti-satans^ par conséquent d'intermédiaires (ou gendarmes pour parler plus dans le sens des appréciations de ces braves gens), gendarmes qui possèdent le droit de réduire à
néant, ou emprisonner tout perturbateur de l'ordre intellectuel, qui étendrait sa puissance désorganisatrice jusqu'à paralyser les productions terrestres, comme il paralyse celles spirituelles.
Joignez à cela qu'Adèle , servie par une de ces lucidités qu'on ne remarque qu'en une année de comète, yoit et décrit jusqu'au moindre objet des lieux dont elle est distancée de sept lieues, elle qui n'a pas cette spécialité : c'est à faire croire à ces gens qu'ils sont encore dans leur maison, et qu'ils n'ont changé que de manière d'apprécier les choses du jour. Nous disons donc que toutes ces révélations jointes ensemble sont plus que suffisantes pour servir de topique des plus calmants aux cerveaux des plus agités.
Pour ce qui concerne la matière, il faut conseiller à M. de Saint-P... quelques cordiaux, à son épouse quelques calmants, au gendre quelques rafraîchissants, à la jeune épouse quelques tonifiants^ à l'enfant quelques dépuratifs^ à la petite quelques bonbons entre ses blanches croquettes, à la bonne vieille maman de moins mettre son bonnet sur le coin de l'oreille, au bon vieux papa de fumer deux pipes de tabac ou lieu d'une ; le tout bien entendu, et surtout bien expliqué par le prétendu mage qui a l'honneur d'écrire ces quelques lignes (mage qui, ces jours-là, par exception habilaelle^ était dans un désordre de toilette, dans une col-
tare de barbe, dans un état nerveux à rendre inquiets les moins inquiets du monde). L'espoir rentre dans les cœurs, les nerfs se tendent, Tintelligence est honteuse de n'accepter ce combat que dos à dos, si bien que tout Je monde croit ce que promet Adèle, qui est que l'année prochaine les pommiers seront étayés tant ils seront chargés de pommes, les blés seront les plus beaux de la prairie, les bestiaux les plus gras des étabies, les grands papa et maman les plus tranquilles de la terre, vu que l'un des deui aura emménagé au monde spirituel. Les petits papa et maman seront les mieux portant du village et dispensés de dire leurs trois messes, qui sont remplacées pour toujours par une prière du cœur ; les gendre et fille seront vigoureux et heureux comme on doit l'être à vingt-deux ans; les tout petits enfants sauteront comme des chevraux,et auront toutes leurs dents pour manger, le cas échéant , les pommes de leurs persécuteurs qui, tout honteux et confus, diront alors, comme mattre renard : On ne nous y reprendra plus.
Nous venons de traiter de cette question avec le sans gène qui est notre état habituel, et qui, dans de telles circonstances, nous fait opérer des guérisons mentales incroyables. C'est ainsi qu'il y a à peine deux mois un sergent-de-ville de Paris, ramassé comme fou sur la voie publique, nous fut
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adrané par an de nos amii, M« Lemaire, mécanicieii» &7; rae Ménilmontant, à Paris.
Nous entrâmes dans le plus obscnr daa pensées de cet homme, et nons n'eûmes que l'avantage de ne pas conclare; comme loi, ce qui loi valut une pleine délivrance, et en même temps nne assurée gnérison, vu que cet homme avait le système ner*^ veux très-agité. Mêmes doutes sur un voisin, même obsession, avec surcroît de mânirestations incroyables, telles, par exemple, que celle de de-^ venir teilonent pesant dans certains moments, qnc deux farts hommes ne pouvaient le lever de manière à lui faire quitter le sol. En quinze jours, nous rendîmes ce brave homme à la vie ordinaire et au public parisien, un surveillant incapable de mériter en quoi qne ce soit leur réprobation.
En ce moment même, nous sommés en rapport avec une jeune dame de bonne position sociale et de très«-bonne instruction. Cette dame, yeuTOF depuis à peine une année, se trouve soit par cause de chagrins, ou le système nerveux influencé, dann un état qui fait craindre à ses amis quelque surcroît de trouble qui la conduise jnste à €har^itoB. Le curé de son endroit est, selon elle, son envoûteur; il Taime, et veut la posséder; par conséqueat il agit occultement sur elle, en liff faisant prendre des breuvages par mains etren-^i gères, et la magnétisant oceultemedt, de maîrfèi^
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i read^mir^ gigiier m» daneitiqiiei et covehti avec elle. Il lai crée des compagnies de sotiris, de rats, et de chauve-touris à Tocoasim, qui se ea-* çbQDt le jour dans les plia des tentures de sa niaison, puis, la nuit, viennent voltiger sur son Ut et celui de son fils, qui , impressionné par ce brpitt se réveille et ne peut plus dormir. Ces animaux ne sont pas toujours d'un si bon voisi*» nage ; les souris ayant vidé le sucrier, s'amusent à croquer jusqu'aux couvertures du lit; et cela le chat dessous, qui, honteux des moustaches qu'il porte si lâchement en ce moment, les cache entre sea pattes, plutôt que d'en mesurer la longueur avec celles de ses ennemis. Nous ne sommes pap ici dens des granges* lieux publics de ces quadru^ pièdes souterrains ; nous sommes, au contraire, dans dessalons; nous voyageons même et habitons des hdt^ls dans lesquels ces compagnons de route pre»» nent place sans faire visiter leur passeport* Notre curé est parfois moins hallucinant, eo envoyant vera son obsédée de jolies petites sourn blanches* L'habit ne fait pas le moine, dit-on, mais il le pare bieo ; c'est ce qui arrive en cette occasion ; nos petites souris blanches trouvent autant de sucro dans le sucrier qu'elles en peuvent manger.
L(H-sque te curé quitte Agrippa poqr Apollon, il fi»it des chansons, des po&ies, des articles de joiirfiattx> dans lesquels i) éteint son ansour, son
martyr, ses projets, ses paissaiices, ses combits el ses YÎctoires. Notre jeune dame lit toutes ces choses, qui natarellement se trouvent sous ses yeux ; enfin, c'est un désordre de toute heure et de toute pensée. Y a^t-il hallucination dans cette question, ou est-ce vraiment une obsession étran* gère? A entendre raisonner la victime, il y a cent à parier contre un que c'est une obsession étrangère ; mais à entendre parler le sentiment de la vraie raison, il y a à parier que l'obsession est personnelle. Travaillée par nos démonstrations, remise entre les mains d*un magnétiste de notre connaissance, nous espérons calmer cet Esprit inquiet, et rendre également à M. le curé la justice qui, nous supposons, doit lui appartenir; car la choee est rendue publique, il ne l'ignore pas, et s'il n'est pas coupable, nous désirons contribuer à lui rendre l'honneur, ainsi que le repos à sa présumée victime.
Nous posons donc à nouveau cette question :
L'envoûtement existe-t-il ? Il n'est pas à douter qu'il existe ; mais comment préciser juste par qui existe*t-il ? car, pour nous, il existe autant, sinon plasy par soi que par autrui. Cette question est donc trop complexe pour être traitée dans un article de quelques pages. Que nos lecteurs se reportent sur ce sujet à notre Magie magnétique^ et qu'ils croient, pins que jamais, que le bon sans--
seàeiê est le meilleiir état qae noui eonMttdoMi
comme anti- magique; par conséqaent rire aa
Bez d'un sorcier est le plus grand dissoWant de sa
pnissaDce qa'on paisse employer.
Qae ce conseil soit entendu iel queU sans pré-
jadice de ce qoi reste à faire en circonstance plas
compliquée.
ÂLP. Gahaonkt*
GUÊRISON D'UNE 8GIATIQUE AIGUË.
Le 20 septembre i 858 , M. Sinet y cultivateur à Sanhoisy fut pris, étant aux champs, par une douleur aiguë (mais supportable) dans la région du rein droit. Le 21 , cette douleur passa dans le rein gauche. Le 22, elle descendit dans la cuisse de ce cété y et força cet homme de quitter ses traYaui et d*étre ramené en voiture chez lui, vu qu'il ne pouvait mouvoir, ni faire supporter la moindre position à sa jambe. Le soir, les douleurs devinrent si aiguës, qu'elles occasionnèrent le délire. La nuit fut des plus mauvaises, malgré les secours de lart médical employé à cet effet. Le lendemain , au matin, Sinet n'était pas reconnaissable ; il avait vieilli de plusieurs mois en quelques heures. Voyant qu'il n'éprouvait aucun soulagement, il pensa i moi. Je dis, il pensa à moi ; je devrais dire, il pensa
ifmjêfmmk prabi^rti b prfrâi car 9in^ 4»^' pois iihniéwft uoées ^ i|e Isîife p« {Mmtta wm snl de 0M Mfragw fias 1^ Urè; ikiia le oontente même pas de me Uie^ i| aima m'eatèn^re fsrtea. IVaiie natum trè^tînnde, pnt cxparoiTe ^ laais Ma^rtodiéwa^ ce jeaae komna é*î(die a¥ce noai rare ténacité etanerare appréciation. Je dirai îeî^ avec francllisé y (pe Je me suis très-souyent plos mal trouvé dans le silunaa absola de sa compagnie, qaa lui ne paraissait se trouver dans l'anita^^ioii de la mienne. Sinet m'atme, et place une confiance absolue dans ma manipulation magnétique. Je le paie de vatour d'amitié et je dérira de tout eiBur hii ètf e de quelque Meoara. G'e«t dam cette inteo* lioD qae je monte , aojoprd'hoi âS septembre, dans la voiture opi'îl m'a envoyée sous la oendaite de son beaa-frèrô, etq«e j'atteins Sannais.
Je ne peux en croire ce que je vois en entrait dana cette maison, dont les murailles sont encore agitéea des cris et des plaintes de celai qs'ellea ont entendu et vu tant souffrir la nuit préeédeafte^ 9a jeune femme, et trois miniatures d'angea «pi'eii ttamma improprement enftuts iei*-bas , entourent te lit du malade. Je l'accoste avec cet entrain et dette foi qui, quand elie me posséda, ou quaad je bi possède , ne me, latase voir aucune souflraace, aueon ^mpèdMMot de guérison, aoea» obstaolf «èffit d'opéaatim^ .
h9ê bmeè Mmt pta0 supportables que le soir, mftis le «ont encore assez pea pour ne ponvoir faire éviter an front du erisiaqne d'être coavert de snear^ et même de ne pouvoir changer de côté duns son lit, tellement tout mouvement, si faible soitHJy est pour lai une engoisse insupportable. Il faut pourtant que j'atteigne à cette cuisse rebelle à tout remède, que je là palpe, que je la manipule en tous les sens; cardes passes à grands courante seraient d'un bien &ible secours en une telle occurrence. Je donne l'exemple à mon ami des ap* prêts du combat; car je sens qu'il va y avoir une lutte, que certes je ne fuirai qu'épuisé et vaincu. Je pose mon chapeau sur un siège ainsi que mon paletot ; je retrousse mes manches , comme un boieur ; j'enlève de même la couverture du lit, et me mets en train doucement, l'encouragement dans la parole et la foi au cœur. Je ne tenterai pas de décrire ici ce qui s'est passé entre les fibrilles nerveuses de mes doigts et ce maître scia tique, qui tenait dans le plus grand trouble possible et dans la |>ius grande dépendance, cette partie de l'homme qu'il habite et meut à la fois. On ne peut s'accroeber avec plus de ténacité à la personne d'un en<« nemi, que moi à cette pauvre cuisse de mon ami. Je ne dirai pas que je l'ai vue couverte par le rouge de la (mdeur; mais, je dirai que je l'ai faite se oa«vrir du rouge de la défaite^ sou» tei^ (Ketiens et
les pressions du plus acharné massage qui se soit YQ. Tontes les cinq minutes, j'étais obligé de rafraîchir mes mains dans ane cnvette d'ean, sans quoi je n'aurais pu magnétiser ce foyer douloureux un quart-d'heure, sans avoir les bras paralysés. Je dirai donc, pour fin de compte, que^ une heure et demie après mon entrée dans cette maison , Sinet était sorti de son lit^ avait passé son pantalon , descendu son escalier, et me reconduisait dans la cour jusque dans la rue. Il était totalement guéri, et moi, deux jours après, je souffrais encore beaucoup de douleurs lancinantes dans la même cuisse, et j'avais le pouce de la main droite incapable de tenir la plume pour écrire cette curé. Aujourd'hui totalement dégagé de cette mauvaise absorption, je me réjouis d'avoir rendu ce bon jeune homme à SCS travaux et à sa santé habituelle.
Je dois ajouter que, peut-être quinze jours avant cet accident, Sinet m'avait appelé à son secours pour magnétiser un de ses petits enfants qui, à la suite d'une fièvre intestinale, vaincue par les bons soins du médecin de l'endroit, était retombé, pris d'une espèce d'étouflement qui laissait présumer une fluxion de poitrine. Adèle , consultée à cet effet, n'était pas rassurée sur l'avenir de cet enfant. Quelques jours s'étaient ainsi écoulés; le père l'avait fortement magnétisé; mais Tétouffemeat redoublait d'intensité. Sinet, qui avait été témoin
de plosieùrs cares en ce genre qiie j'arais opérées sar les enfants de nos amis , vint me chercher et me pria de sauver son petit Philibert. Lorsque je vis cet enfant dans l'état d'oppressement où il était, ne buvant plus même à l'aide d'un petit cuiller, la tète chargée de sang , à faire croire à une con* jestion , le ventre tendu comme un outre et les pieds aussi froids que de la glace , je crus que ce petit èlre n'avait plus que quelques heures à vivre parmi nous. Mais, lorsque je vis les larmes qui inondaient le visage des père et mère, et que mes yeux s'arrêtèrent à mieux fixer cette petite tète dorée par la main de quelque ange sans doute, je fus saisi par cette émotion d'amour qui toujours est le prélude de mes succès en magnétisme. J'enlevai cet enfant de son berceau , je le plaçai dans un linge bien blanc sur mes genoux , l'entortillant dans ce linge comme un enfant fait de sa poupée ; je l'approchai doucênient de ma poitrine, en po-* sant ma main sur son ventre à nu , avec tout le bonlieùr et le calme d'une tendre caresse ; je m'endormis en liii , ou il s'endormit en moi , pendant a ne bonne heure, déchargeant ma inain de temps à autre dans un vase d'eau, du feu qu'elle absorbait snr ce petit abdomen chauffé à dix atmosphères. Enfin, après une heure de ce doux approchemènt, de cette béatifique union de nos âmes, je replaçai cet mfant dans le lit du père, en décoavraat son
^wtreet n en ftiiinl priper la flovpbwe à ta Min, La eaniation s'était plus qu'us aftemblage de lys et da roiei , les yeui le livraieut au sommeil le plus deux ; au réfeil, il bavait à plein verre. Le mal était vaincu par cette seule magnétisation. Quelques jours après, à Taide d*eau magnétisëe et de quelques magnétisations par notre bon f,w«. Le^ cocq, l'enfant courait par la cour.
Magnétiser mécaniquement et magnétiser amoa-' reqsenmot sont deux genres bien différents. Je suis y eoBome tous les magnétistes , un homme de méthode, plasqu'un homme d'amour, et jene peux en tous les temps être émotienué an point dont je parle. Il me faut une tète d^eofant, une larme de mère, uil calme parfait, pas de brouhaha ^ pas de vases de tisane, d'atmosphère chargée de miasmes putrides, de litterîes en désordre et sales, de linge de corps imprégné de fièvre. J'ouvre les fenêtres peur sespiver plus à mon aise; je demande un vase d'eau pour m'en servir au besoin, et laver quelques macules sur une figure que j'ai besoin de voir propre^ sinon belle; je demande du linge blanc^ pour un couvrir celui que je ne peux voir sana dé^ gaét« H m'apprpohe, je manipule^ et me sonde no besoin au corps que j'aime en ce moment coname lefAuapeoche inembre de ma famille ; il dévient moo enfant, mqu frère, ma soeur» ma propre mère. Je ne saiapn que j'ai la main pesée sur son vantunnm stxr
ion iettt, je ne sati ei elle est tiéilte •« jeuiie^ Je It suppose bonne et utile à ses enrants, e'est une statué que je tivifie de l'existence spiritnelle et non decelle de la terre. Je l'aime une heure d'un amour qae je Tondrais toujours connaître. Je ne sais plus que vaincre lentement , avec déYOuement et ténacité^ le tnal dn patient. Je conrersé avec laî mentale*^ ment; étant & l'occasion^ par la pensée ^ dans son corps, pressant, détiraot légèrement les tubes sa»» gains ou nerveux que je croîs engorgés, tonifiant les organes que je crois affaiblis , raffratchissant ceux que je suppose être enflatntqés, et réchauffant ceuxc(ue je suppose être glacés. J'encourage l'àme, en société d'Esprits bi^Miimtlants que j'appelle à cette intention et desqiiels j'implore le soutien. Enfin , ' c'est tout un délire interne d'amour fraternel, et toute une béatitude de confiance et d'êsffoif • Je ne peux supposer un instant de l*insuccès ; il n'existe pas pour moi dans cet état, et réellement il n'existe pas ^ Je ne sors pas toujenri de ees alliances dés sens et de Tàme sans qudquëi troubles et douleurs à Toceasion , comme je t'ai resfiedtt très^vivement à la magnétisation précitée» J'ai conservé ainsi quelques souvenirs de<5eséclifln* ges d'amour qui, logés dans quelques parties dé mon corps, me rappellent k l'occasion cet heureui et coûteux combat j^ur wS!A; ànssi ne magnifiÉai'' je de!S dôttleûn rhumatftaiales on goutteuses qu'tf'
îee la plot grande iodécision : ma Batore sèche et électrique est trop sensible à ce genre de contagion, et paraît se rire des anti-pestilentiels que je peux opposer a ces absorptions de corpuscules malfaisants. J'avais négligé envers Sinet ces précautions qui, si elles ne sont pas toujours puissantes» annulent cependant très -souvent ces échanges non enviées. Je n'ajoute ces quelques réflexions à cet article qu'afin de mieux dépeindre, s'il m'est pos* sible, l'état d'esprit nécessaire à ce genre de guérisons instantanées, et par ce fait encourager mes frères à le provoquer le plus souvent possible.
ÂtP. Cahagnbt.
Le 13 janvier 1859, MM. Delaporte, propriétaire rédacteur de V Orphéon de Paris » Vaudin, rédacteur dudit journal , et M. *''*, accompagnés de M. Lambert, instituteur à Argenteoil, sollici* tent une séance d'apparition, tant pour asseoir leur opinion sur cette importante question, que pour, dans le cas échéant, obtenir des renseignements de l'Esprit évoqué. C'est le grand compositeur de musique, Adolphe Adam qui est demandé, et qui veut bien, au gté des évocateurs, converser avec eux , pendant une heure et demie , par le
lecoan de notre lucide Adèle. Noos ne saurions, ni ne devons répéter cette intéressante évocation et conversation ; nous laissons le soin» en temps opportun, à ces honorables publicistes de dire ce qu'ils en pensent. Nous nous contentons, pour aujourd'hui, de répéter ces paroles de M. Delaporte lorsque la séance a été terminée : « C'est admirable ! c'est inouï! c'est au^-dessos de tout ce qu'on peut imaginer I... Non, ma pensée n'est pour rien dans ces choses, l'ensemble de ce que j'ai entendu est inexplicable. Je connaissais intimement l'Esprit évoqué ; la lucide Ta détaillé et rendu tellement saisissableà mesyeux, que je ne peux douter qu'elle l'a bien vu. Ce qu'elle m'a dit, les termes techniques dont elle s'est servi pour traiter d'une science qu'elle ne connaît pas» les gestes mêmes dont elle les a accompagnés, me forcent d'admettre qu'il y avait une fusion des deux êtres en un seul, et que tout cela est une vérité sans autre démonstration scientifique que sa propre étude , par le somnambulisme. » Tous ces messieurs qui, dans cette intéressante séance , se sont montrés pleins de bienveillance et de bonne envie de la voir réus* sir, s'empressent au réveil d'Adèle de la remercier de la meilleure grâce du monde, et nous quittent en nous serrant la main avec la plus fraternelle satisfaction.
Aup. Gahagnbt.
CORRESnilOANCE.