‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 4)Chapitre 7 sur 37 · ANGINE COUENNEUSE · texte numérisé non relu

ANGINE COUENNEUSE

J'ai dit dans Tarticle précédent que la petite Maugis avait été atteinte de Vangine couenneuse^ espèce de croup , mais d'une nature plus compliquée de brutalité et non étudiée jusqu'alors. Cette maladie a sévi à Argenteuil avec une grande puissance. Un dixième des enfants en a été atteint ^ et un bon quart, pour ne pas dire plus« a succombé.

Voilà plus de six mois que cette aOection règne, et elle n'est pas encore disparue. Il n'y a pas que les enfants auxquels elle s'attaque, les grandes personnes n'en ont pas été exemptes. Cette maladie se manifeste par un mal à la gorge qui progresse avec une si grande rapidité, qu'en deux ou trois jours il s'est formé une telle condensation de mucus glaireux dans le larynx qu'elle intercepte tout passage d'aliments, de liquides et d'air en dernier lieu. L'étouffement en est la suite. La médecine s'est occupée avec beaucoup de soins à combattre cette

terrible affection, et n'a réussi que par les fondants-

soos forme de sels. Adèle n'a pas eu un seul insacces en ce genre par la simple insufflatioti d'alun en poudre, dans Tarrière-bouche , au moyen d'un tube de plume d'oie, ou tout autre objet pouvant remplacer à l'occasion ce tube. Le contact de ce sel CHt très-douloureux à supporter pour le patient; mais il le serait encore davantage, si ces parties si sensibles n'étaient pas couvertes littéralement du mucus précité. L'action de l'alun est de fondre et do disjoindre cette espèce de couenne, et faciliter de la rendre par les titillements causés par Tattoachement de ce sel. Ce qu'il est préférable de faire dans une telle occasion, c'est, dès le début de l'atteinte du mal, de provoquer les vomissements par le sirop d'ipécacuanha préparé à cet effet, ou tout autre excitant, afin de ne pas laisser s'attacher dans le larynx et l'œsophage les glaires qui forment Hmh\ spontanément cette couenne.

Cette affection, comme toutes ses compagnes, n'existe pas sans cause. Adèle la trouve dans les éléments de l'eau qui , par l'année de sécheresse que nous avons subie , a donné naissance à des myriades d'animalcules de très-mauvaise nature, que les vases et les h'mons des rivières, des étangs et des marres desséchées par la chaleur , ont mis à découvert et facilité l'éclosion. Ces animalcules recherchent , dit la lucide, des degrés de chaleur différents dans les corps pour ou y séjourner ou s'y

barrasser de ce corps? Il sait que les eofaoU en meurent, et n'est guère rassuré sur son sort; auMÎ dans un moment de cruelle souffrance et de bratalité fourre-t-il ses deux doigts dans sa bouche • atteint l'objet qui l'étrangle et Tarrache brusque • ment : une grande perte de sang s'ensuit. On appelle le médecin qui trouve la position du malade peu commune, et ordonne ce qu'il croit convenable. Deux heures sont à peine écoulées; le sang est arrêté, le malade se trouve mieux, et le lendemain il reprend ses travaux.

Une mère ayant perdu tous ses enfants et n'ayant plus qu'une petite fille âgée de dix années, la voit prise par cette cruelle maladie ; le médecin est appelé aussitôt; tous les remèdes restent sans effet. Le moment terrible arrive où la science déclare ne pouvoir répondre de l'enfant. Le trouble le plus grand règne dans la maison. Le père ne peut comprendre comment son enfant a une couenne dans la gorge, lui qui affirme, à qui veut l'entendre, qu'il n'est pas entré de couenne chez lui depuis plus de deux années, et que le médecin ne sait ce qu'il dit. La mère qui, sans être plus scientifique, sait qu'on nomme la maladie de son enfant angine couenneute^ et qui a entendu diic que c'est une espèce de couenne qui se forme dans la gorge du malade : en plus , que si cette couenne était enlevée, la malade serait guérie. Cette mère déses-

pérée réfléchit , ne consalte qae son amour et la sentence du médecin.... Elle se dit : si j'enlevais cettecouenne À mon enfant, elle serait guérie; mais si je la tnais!.... Elle soumet son projet à son mari. Ce dernier dit que le médecin n'est qu'un fou , que sa femme n'est qu'une sotte de croire de telles choses, et qu'il ne veut nullement voir tuer son enfant : pour cela faire , il se sauve et laisse cette pauvre femme en proie à sa douleur et à son incertitude d'agir pour le mieux.... Un rftie déchirant de Tenfant réveille cette torpeur de TAmc de la hière j qui d'un bond saute vers le lit de l'agonisante, appelant Dieu à son secours et lui demandant pardon . pour l'acte peut-être criminel qu'elle allait commettre; puis, ouvrant la bouche de son enfant, fourre ses deux doigts jusqu où ils peuvent atteindre, saisit cette lettre de cachet de la mort, cette peau strangulatrice, et l'arrache en détournant les yeux et fermant les oreilles*... Le même phénomène précité s'opère et les mêmes résultats en sont la suite : l'enfant est sauvée, et le père ne peut plus douter, à la vue de cette peau couenneuse, qu'il n'est pas besoin d'aller chez le charcutier l'acheter ; qu'il y a dans la nature des placiers en ce genre qui vous la livre gratis.

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