FIÈVRE SCARLATINE
La fièvre scarlatine s'est montrée aussi cette année
dans un accoutrement peu observé jusqu'alors. Non contente de son éclatant manteau écarlate , elle a désiré partager le sceptre de Neptune^ et faire de SCS victimes autant d*tlots vers lesquels la science médicale n'abordait pas facilement. Il a été délivré bon nombre de feuilles de route au nom de cette tyrannique déesse.
La science, habituée jusqu'alors à ses visites presque anodines , ne se doutait pas de ce (our de sa façon ; aussi , au moment où le vigilant médecin criait victoire , la mort en criait autant : un gonflement subit de Tépiderme venait donner asile à toutes les cataractes des émonctoirs humains y et d'un pauvre enfant assez chétif on possédait un être enflé outre mesure et méconnaissable. Tous les absorbants extérieurs, les astringents intérieurs sont restés sans eflet devant la péi^iode inattaquable de dix-huit jours, quand cette période n'était pas entravée par une inconséquence de la part du malade, soit en recevant un coup d'oir, ou obsorbant des boissons par trop rafraîchissantes : c'est là où alors la désolation régnait au logis matériel , et où l'hymne de la liberté se chantait au logis spirituel.
Je m'informai auprès d'Adèle , en sommeil magnétique , quelle était la cause primordiale de ce gonflement peu observé jusqu'alors dans celte maladie? Elle me dit que cette cause était dans l'ab-
— absorption d'animalcules à Tétat de lumière 6nllanie , animalcules inOammables^ dirai-je^ dont Tatmosphère se trouvait surchargée.
D. Mais de tout temps cette fièvre a existé , et si elle est occasionnée par les animalcules dont lu parles, pourquoi n'ont-ils pas produit antérieurement le phénomène qu'ils produisent aujourd'hui?
R. Parce que leur nature était moins brûlante qu'aujourd'hui , qu'elle était moins excitée a l'inflammation que cette année.
D. Ces animalcules s'attaquent-ils à Tépiderme oa à l'intérieur du corps ?
R. C'est par l'intérieur qu'ils sont absorbés, et comme les enfants ont généralement les tubes musculaires plus souples que nous, ces animalcules ne tardent pas à les traverser, et fuir des lieux dans lesquels ils ne se plaisent pas autant qu'à l'air libre. Lorsqu'il arrive qu'ils ne peuvent sortir par le fait d'un refroidissement qui occasionne un resserrement de ces tubes, ils produisent des ravages mortels intérieurement ; mais lorsqu'ils peuvent reconquérir leur liberté , le malade en est quitte pour subir les mêmes ravages extérieurement. Logés que sont ces animalcules dans les petites cellules rouges qu'on remarque sur l'épiderme, ils brûlent les papilles les plus délicates de cet épiderme , ce que l'intérieur voudrait éviter, en envoyant à l'extérieur tous les liquides qu'il absorbe et toutes les
bQinidités qu'il possède. Il arrive alors que les fonctions intestinales ne se font plus avec ordre, que les voies urinaires sont taries ^ que la salivation est rare et la fièvre très-étendue. Il faut boire beaucoup et manger peu, afin d'humecter le foyer intérieur qui menace la vie du malade. La preuve que ce que je te dis est exact , c'est que généralement il y a un dépouillement complet de Tètre lors de sa guérison ; il fait peau neuve à fond. Ce que tu peux remarquer par ces espèces d'écaillés farineuses qui s'enlèvent très-facilement et laissent apercevoir une peau plus fratche^ plus rose et plus vivante par conséquent.
D. Tout cela est très-exact ; mais pourquoi cet air que tout le monde respire ne prodnit-il pas les mômes effets sur tous ?
R. Il en est à l'égard de cette maladie comme à l'égard de toutes celles épidémiques et contagieuses : il y a des dispositions^ des âges et des résistences dont la connaissance nous échappe, ou an moins exigerait une étude plus sérieuse que ee§ quelques questions que tu me poses à l'improviste.
Obs. Il ressort de l'étude très-sommaire de ces deux espèces de complications de maladies qui ont fait verser plus d'une larme et jeter plus d'un cri de douleur cette année, qu'elles sont dues à l'absorption d'animalcules qui ont pris naissance et
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