CORRESPONDANCE SPIRITUALISTE
A M. CAHAGNET.
Bezons, le 45 avril 4858.
Monsieur ,
Dans un temps , j'ai douté du spiritualisme ; cependant je ne me serais jamais refusé à me rendre a toute épreuve qui aurait pu m'en convaincre.
Ce fut dans le courant du printemps de 185i aue je reçus, ou tout au moins que J'eus la conviction d'avoir reçu une de ces manifestations spirituelles; il était vers neuf heures du soir, douze à quinze petits coups insonores (ne produisant point précisément un bruit métallique, quoique venant <le la direction d'objets en métal) furent frappés à environ un mètre et demi de moi. Sur-le-cnamp, j'eus ridée que ces coups provenaient de quelque Esprit ; j'acquis même à peu près la certitude que c'était un avertissement d'être sur m^ gardes à cause d'une personne qui arrivait dans ce moment, personne que j'aurais été fâché Qu'elle ne m'eût pas trouvé à mon devoir, car je faisais un service duquel je ne craignais rien.
Après le départ de cette personne, j'essayai de plusieurs manières à reproduire ce bruit sans pouvoir y parvenir ; enfin je priai, si c'était un Esprit qui avait voulu me protéger, de bien vouloir me rendre le même service, si besoin était, le lendemain matin, a une heure indiquée. Le fait se renouvela positivement et exactement à Theure que j*a vais désirée, mais sous une autre manifestation :
ce fui une espèce de coup prolongé frappé sur uim^ table où j'avais la tête appuyée. Ceci me produisit un gfand effet ; je commençai à ne plus douter de la cause du phénomène.
Ces manifestations se renouvelaient souvent toutes les nuits, quelquefois même à plusieurs reprises et de différentes manières, quand je faisais un service de nuit.
Malgré que je n'avais plus à douter que ces faits n'étaient pas des faits matériels, je formai un soir le ^ésir d'entendre, à onze heures de la nuit , un bruit quelconque, afin que je pus être sAr qu'il n'y avait aucun effet de hasard (je n*avais pas désigné ni pensé comment je désirerais entendre). A Theure indiquée, à onze heures précises, à la minute et même à la seconde, trois coups assez forts furent frappés dans l'intervalle d'environ une seconde et demie. Ces trois coups furent frappés très-régulièrement, bien égaux , tant pour la force que pour riatervalle de temps ; ils me semblèrent venant de l'autre côté de la muraille, au sommet de ma tête
3ui en était tout près. Dès le premier coup, je reressai la tête comme par l'effet d'une surprise. J'entendis très-distinctement, car j'étais bien éveillé.
Malgré' que personne ne fût dans le secret de ma pensée, je n'en visitai pas moins les lieux trèsminutieusement , car ce fait pouvait n'être accompli que par une volonté ; mais j'étais bien seul et mênîe isolé de tout être vivant ; il eût été impossible même de penser que j'eusse été l'objet d'aucune mystification ni même d'illusion.
Je continuai, comme auparavant, à entendre quelque bruit de différents genres ; une fois, no-
tarament , j'en reçus une impression asseï Ti?e : c'était environ vers une heure du matin. J'atteodais quelque chose ^ je n'avais aucune idée de sommeil ; j'entendis, à environ deux mètres de distance, un bruit semblable à quelque chose qui se serait déchirée (comme du papier) ; je fus sur le moment obligé de sortir pour cause, et j'éprouvai une certaine émotion pour rentrer. Une autre fois, dans les bruits les plus remarquables, j'entendis comme une espèce d'explosion produisant un bruit très-fin semblable à du verre qui se fendrait ; cela fit comme l'eflet d'un éclair en traversant la pièce où j'étais, et passa sur le verre de ma montre que je crus brisé en mille morceaux ; j'y portai de suite la vue, mais il était bien intact.
Une autre fois, je renouvelai le désir d'une nouvelle épreuve. Cette fois je demandai trois coups à une heure indiquée ; je les reçus, mais cinq minutes plus tôt que je les avais désirés. Ils furent frappés très-vivement comme étant une marque d'une impatience ou d'un mécontentement ; ils furent même frappés assez fort. Quant à Tbeure , je m'informai si ma montre était bien exacte ; je sus qu'elle retardait d'environ cinq minutes. J*avais bien fixé rheure, mais je n'avais eu*ni la pensée de l'heure légale, ni de celle de ma montre.
Par la suite , je continuai toujours d'entendre quelque chose et pendant fort longtemps : le plus permanent a été durant les premiers six moi$.
Je tentai depuis une troisième fois d'obtenir trois coups, mais ce fut en vain. C'est là que je compris que si un Esprit vient se manifester à vous pour vous rendre quelque service, qu'on ne peut
pas et à plus forte raison qu'on ne doit pas en abuser.
Je ne sais par quel Esprit j'ai reçu cette faveur; l'idée ne m'est jamais venue d'employer aucun moyen pour pouvoir le connaître.
Gomme il y avait environ deux mois qu'un en* faut de sept mois, apparteiiant à un voism (enfant que ma femme élevait), était mort chez moi, j'aurais pu supposer que ce fût son Esprit, car, comme il était très-bel enfant et très-intelligent pour son Age, j'y étais attaché comme s'il eût été à moi ; il m'aimait aussi beaucoup, je le regrettai vivement.
L'année dernière, c'est-à-dire vers la fin de février 1857, un soir vers les neuf heures, j'entendis un bruit vibratoire comme étant produit par le couvercle d'un meuble (ce couvercle était en métal ayant environ 27 centimètres de diamètre) ; il semblait par le bruit que ce couvercle tournait vivement et vacillait; j*y mis la main et le bruit cessa.
Le lendemain ou le surlendemain , à peu près à la même heure, ce bruit recommença ; cette fois j'évitai bien d'y toucher, je m'approchai tout près avec une lumière , je fixai de petites parcelles qui étaient sur cet objet ; malgré leur légèreté et leur
Eetitesse , elles ne faisaient aucun mouvement. Ce mit vibratoire eût pu être entendu de dehors ; ce qui me donna à penser qu'il y avait dans ce fait quelque chose qui n'était pas dans l'ordre ordinaire de la nature : ce bruit a pu durer près d'une minute ; je l'entendis même cesser à regret , tant ma curiosité était excitée (1).
(1) Tout ému de co fait, j'allai de suite en faire part à un
Était-ce un avertissement qui m'était donné ? Hélas ! je pourrais le croire, car moins de quatre mois après , je fus frappé cruellement dans mes plus chères affections, et peut-être au moment où je recevais ce que j*ai pris pour un avertissement, les premiers symptômes du mal qui devait être si fatal commençaient-ils à se déclarer ; c'est assez probable. Pensant que ces faits, tout simples qu'ils sont, sont dignes de votre attention , monsieur, et de celle de vos lecteurs, je vous les communique pour que vous en disposiez selon leur valeur. Recevez, monsieur, mes salutations distinguées ,
DUPRBT,
À BezoDS, rue Ombeuzc.
Argenteuil, \^' mai 1858.
Mon frère Gahagnet ,
Permettez-moi de vous adresser un fait de prévision ; je le tiens d'un ami qui m'a autorisé à le publier, en l'appuyant de son nom.
Un jour, mon ami, en plaisantant, s'engageait envers une personne, pour quand elle mourrait, de lui mettre une pièce de 10 centimes dans la main, afin, disait-il, qu'elle ne s'en aille pas saas le sou. Je dis à mon ami , à cet effet, qu'il ne fallait jamais s'engager légèrement dans une chose semblable, car les morts tiennent à ce qu'on s'acquitte envers eux de ce qu'on leur a proniis ; alors il me conta, ainsi qu'il suit, un fait qui lui était arrivé :
voisin qui était tout proche de moi. Ceci lui parut trêsextraordinaire.
<( Daiis une maison où je demeurais, sur le même carré, restait une dame avec laquelle ma femme et moi nous fîmes connaissance. Nous étions sur le point de nous établir, mais nos faibles ressources nous faisaient réfléchir : cette dame nous offrit de nous aider, ce que nous acceptâmes. De là y notre amitié fut plus resserrée. Cette dame était dans sa soixantaine. Un jour elle nous invita à dîner ensemble pour le jour de sa fête. Ce jourlà , elle était très-gaie , et me dit ces mots : « Emile y c'est après-demain que je mourrai ; je tiens à ce que ce soit vous qui m'ensevelissiez ; vous me mettrez dans la main droite le bouquet que vous m'avez apporté pour ma fête. » Je lui dis ce qu'on doit dire en pareil cas à un vieillard qui aborde cette question ; mais la c^uestion de l'ensevelissement était ce qui me souriait le moins, vu que je ne peux pas toucher un mort. Enfin, par la reconnaissance que je lui devais , je le lui promis.
» Eh bien ! mon ami, la prévision s'est accomplie comme elle nous l'avait annoncée, et je t'assure qu'elle ne s'est pas suicidée ! non , elle s'est éteinte très-naturellement. Je tins ma parole; mais l'effet que j'en éprouvai me rendit malade, et mon corps fut couvert de boutons pendant plusieurs
jours. »
Emile Delatrb,
Marchand de vin, rue de la Nation, à Montmartre.
Voilà, frère, tel qu'il m'a été conté, ce fait qui prouve que Tàme peut parfois savoir le jour où elle quittera son enveloppe matérielle.
H. Ravet.
Roaen, 1e8inal4858.
Mon cher Gahagnet^
Malgré les railleries d*hommes fort légers, qui jugent de tout sans s'être même donné la peme . de rien étudier, malgré, dis-je, leurs dénégations obstinées, leur incroyance aveugle sur la multiplicité des faits ^ue produit chaaue jour la science nouvelle, le spiritualisme, les tables et les crayons n'en font pas moins des prosélytes chez les sceptiques de bonne foi. Si les médiums inspirés par les Esprits n'ont pas toujours convaincu, du moins ont-ils ébranlé bon nombre d'incrédules. Malheureusement il existe beaucoup de personnes qui, se défiant de leur jugement, n'osent admettre, même avec le témoignage de leurs yeut, les faits métaphysiques, et cela dans la crainte de passer pour des gens crédules, préférant paraître ridicules en imitant certains savants physiciens qui ne veulent admettre que les faits qti'ils peuvent expliquer. Où en serions-nous, s'il en était ainsi? l'aveuglement scientifique irait d'un pas qui aurait beaucoup d'analogie avec celui de I ecrevisse.
Mais l'antipathie que m'inspire la plupart de nos adversaires m'entraîne. Je viens donc au sujet qui me procure le plaisir de vous écrire.
Dans une séance donnée chez une personne de notre connaissance, le 21 avril, à dix heures du soir, non pas de tables tournantes, mais bien du crayon tenu par une personne qui depuis longtemps est devenue un très-bon médium, entre autres questions adressées à l'Esprit que cette dame invoque, celles-ci furent faites :
D. Quelle est votre pensée sur M. Cahagnet?
B. La vérité par sa bouche; son âme a de la foi.
D. Il n'aime pas la cour de Rome^ n'est-ce pas?
R« Il aime son Créateur, il se rit du reste; le monde lui fait mal à voir; il n'est pas satisfait de Tespèce humaine.
Je pense, mon cher Cahagnet, qu'il est difficile de ne pas se rendre à l'évidence, et de ne pas reconnaître qu'en effet l'Esprit invoqué a parfaitement lu dans votre pensée. Je comprends que de [)areils faits ne sont pas de nature à faire admettre a réalité des crayons, il est tant de gens qui ont intérêt à ce qu'on ne puisse connaître que l'extérieur de leur personne, et non ce que renferme souvent l'enveloppe humaine.
J'oubliais de vous dire que je n'assistais pas à cette séance, ce qui prouve que l'Esprit ne pouvait être influencé «par moi, si toutefois Ion pouvait admettre cette supposition.
Premier fait. — Je magnétisais en d848 deux jeunes personnes. Eugénie et Juliette étaient toutes deux somnambules; j'avais même obtena de ces deux lucides des faits assez concluants. Voici le résultat d'une séance qui vient augmenter le nombre de preuves rapportées dans votre journal magnétique :
Le père de M"® Juliette venait de recevoir une somme de 150 fr. de la part d'un prêtre qui avait positivement refusé de lui nommer la personne qui lui faisait, cette restitution ; car le père de Juliette ne connaissait personne qui lui dû cette
somme. Désirant éclaircir ce mystère, M. D. vint donc un jonr avec sa demoiselle, a6n d'assister à la séance, où sa fille et Eugénie, son amie, étaient mises toutes les deux en sommeil magnétique.
Je dois vous dire que j'avais l'habitude de me servir souvent, avec mes somnambules, du miroir composé d'après la description que vous en avez donnée dans un numéro de votre journal.
L'excellencade ce procédé me fut confirmée par une lucide, qui déclara que ce miroir avait l'avantage de ne point fatiguer le sujet magnétisé; qu'au contraire, il produisait Teflet d'un panorama vivant dans lequel se présentait tout ce que pouvait désirer le somnambule.
Voici donc les réponses obtenues par M. D., réponses faites par Eugénie :
D. J'ai reçu une somme de 150 fr. ; je désirerais savoir quelle est la personne qui m'a fait remettre cet argent, le lieu qu'elle habite, si cela vous est possible?
R. Je suis dans une campagne, mais je ne puis vous dire le nom de l'endroit. En ce moment, je vois un homme couché dans une chambre ; cet homme parait bien malade, il est déjà avancé en ftge^ ses cheveux sont presque blancs, il est seul pour l'instant. On ouvre la porte de la chambre, un homme entre, c'est un prêtre, il s'approche du lit, il prend la main du malade.
D. Pourriez-vous me donner le signalement de cette personne?
R. C'est un homme d'une taille moyenne, plutôt petit que grand, il est gros, il a une forte figure, il a surtout le nez très-fort et rouge ; c'est
un brave homme^ il porte beaucoup d'intérêt à la personne malade ; ils parlent ensemble, mais je ne puis rien entendre de leur conversation. Le ma* iade remet au prêtre de l'argent qu'il vient de retirer de dessous son oreiller. Le prêtre lui serre la main; le malade lui sourit, il parait satisfait.
D. Ne pourriez vous savoir le nom du malade en le lui demandant?
R. Je le veux bien. Il me répond qu'il ne doit ni ne peut me le dire ; cela parait le contrarier. Il remet un papier au prêtre, papier qui n'est pas plus large que deux doigts, mais c'est votre adresse.
M. D. Cela est très-vrai, même pour l'adresse.
M. D. n'en demande pas davantage, et déclare que ce que vient de dire Eugénie est exact ; que le prêtre qui s'est présenté chez lui et qui lui a remis l'argent est, comme physionomie, d'une parfaite ressemblance.
Je ne vous ai cité ce fait somnambulique que pour vous donner un aperçu de la lucidité d'Eugénie, et vous faire le récit d'une séance qui peut donner quelques éclaircissements sur des faits cou* signés dans 1 histoire.
Dans le nombre des questions adressées aux somnambules par les magnétistes, je n'ai point rencontré celle que m'avait suggéré la lecture des possédées de Louviers, ainsi que des religieuses de Loudun, oiise trouve l'histoire d'Urbain Grandier. Je résolus donc de pénétrer autant que possible dans ces mystérieuses révélations qui ont fait tant de victimes, plus encore par l'hypocrisie que par rignorance.
Deuxième fait. — Tout le monde connaît la ré-
putation de Madeleine Bavant, si célèbre comme sorcière : ce fat cette dernière que je choisis et que je fis demander par Eugénie.
D. Veuillez demander Madeleine Bavant.
Eugénie me répond qu'elle est près d'elle.
D. Oùest^lle?
R. Je la vois dans une chambre ; elle est assise, elle a les yeui fermés^ un homme est debout devant elle; cette femme est somnambule. Je ne voudrais pas être endormie par cet homme-là.
D. Pourquoi?
R. Cet homme est méchant, il a de mauvaises pensées.
D. Mettez-vous en rapport avec Madeleine, prenez-lui la main, et pnez-là de vous conduire où elle se rend parfois.
R. Elle me repousse la main, elle ne le veut pas.
D. Insistez un peu, je le désire.
Eugénie me dit qu'on vient de l'éveiller. Je ne sais pourquoi, me dit ma lucide, cette femme me produit un effet singulier. Après quelques instants de silence, Eugénie me dit que Madeleine vient d'être endormie de nouveau.
D. Profitez de ce moment pour renouveler votre demande.
R. C'est pour vous faire plaisir, car je n'ai aucune envie de connaître les secrets de cette femme.
D. Consent-elle enfin à vous guider?
R. Oui; nous partons.
D. Où êles-vous maintenant ?
R« Nous sommes dans une plaine sans fin, si toutefois on peut appeler ainsi cet endroit.
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mimS
qae chose, Eugénie reprend sa première position. ^ D. Paraissent-ils satisraits de lear repas?
R. Je le crois bien. Ces horreurs aaïqoelles ils sont accoutumés font lears délices. Un homme, en ce moment, tient Madeleine dans ses bras. Mais c'est bien vilain ce qu'ils font ensemble; je ne voudrais pas me ressouvenir, éveillée, de ce que je vois.
D. Ne pourriez-vous me dire quelques particn-» larités des scènes qui se passent sous vos yeux ?
R. Non, je ne roserats même dans l'état où je suis; mais comment des femmes peuvent-elles rester en pareille compagnie? Madeleine m'engage à faire comme nos compagnes; elle voudrait bien me perdre comme toutes celles qui sont au banquet, mais je ne le veux pas. On ! réveillez-moi, je vous prie, je ne veux pas rester plus longtemps dans un pareil lieu.
Je m'empressai de souscrire à sa demande.
Rendue à I état normal, elle avait tout oublié. Quelques jours après cette séance, j'endormis Juliette et Eugénie. Je priai cette dernière de conduire son amie où l'avait conduite Madeleine à la séance précédente. Je vous guiderai, lui disje, en vous tenant la main. Le voulez-vous?
R. Je le veux bien.
Je voulais, par ce moyen, obtenir quelques renseignements ; mais Je n obtins rien, ou du moins peu de chose ; car Juliette n'eut pas plutôt porté son regard sur le miroir, qu'elle détourna la tète.
D. Pourquoi ne regardez-vous pas? dit Eugénie à son amie.
R. Parce que je ne vois rien aujourd'hui.
^ -iTi.
éprouvait et auxquelles il n'y avait point d'allégement possible, devaient faire désirer sa fin, comme il la souhaitait lui-même. J*ai eu la consolation de pouvoir lui prodiguer jour et nuit , trois mois durant, tous les soins que réclamait sa cruelle situation, et la consolation plus grande encore de les voir apprécier par lui, qui ne cessait de dire, à qui voulait Tentendre, qu'il remerciait Dieu de ses souffrances , puisqu'elles étaient causes d'une réconciliation qu'il n'avait plus osé espérer, et en mon particulier il me témoignait tant d'affection et tant de regrets du passé que, si j'en étais heureuse d'un côté, de l'autre j'en avais l'âme navrée ! Son repentir m'a fait oublier toutes mes souffrances passées, et je lui ai pardonné du plus profond de mon cœur , sachant combien notre pauvre humanité est sujette à s'égarer.
C'est au cimetière du Père-Lachaise qu'il a été enterré. Nous avons été visiter sa tombe dimanche dernier ; là, j'ai pensé à vous, cher frère. An milieu de toutes ces tombes , je me suis rappelée vos écrits ; j'ai vu en imagination cette société nombreuse de ressuscites souriant à nos douleurs, en disant : « Pouvez-vous avoir l'intelligence assez bornée pour pleurer ceux qui ne sont plus assujettis aux souffrances de la terre? ceux qu'une pure lumière éclaire? qui jugent et apprécient bien autrement les choses que vous ne pouvez le faire, aveugles que vous êtes ?... » J'étais devenue calme et presque souriante , impatientée seulement de la douleur bruyante de personnes qui croient qu'on ne marque bien son affection qu'en l'épenchant avec éclat. Moi, quand je souffre, je ne sais rien
dire, je ne sais même plus pleurer. J*ai trop versé de larmes en ma vie, la soarce en est tarie.
Pendant ces trois mois , malgré mon désir, je n'ai pu vous écrire ; pendant tout ce temps, il ne m*a pas été possible de m'occuper de quoi que ce soit autre que de mon mari, qui , croyant toujours sa dernière heure arrivée, me faisait vingt fois par jour ses adieux. Je ne l'ai quitté qu'une seule fois, pendant quelques heures, pour le mariage de ma seconde fille, et Dieu sait dans quelle peine il était ! Le jour de Pâques, le dernier de sa vie, dès qu'il a été levé, il a pris mes mains dans les siennes ; je n'ai plus pu faire un pas dans la chambre : Ah ! reste prés de moi, me disait-il, tu sais bien que je désire en finir avec la vie ; mais je veux mourir dans tes bras! » Effectivement, vers huit heures du soir, il me renouvelait toutes ses recommandations pour lorsqu'il ne serait plus. Je venais de le recoucher pour la seconde fois de la journée ; nos enfants causaient dans la pièce voisine ; ses souffrances augmentaient au lieu de diminuer, comme cela arrive ordinairement dans les derniers moments ; il eut un mouvement convulsif qui me fit appeler nos enfants. Pendant qu'ils arrivaient, il me dit : « Dieu me tient rigueur ; il n'a pas encore voulu de moi , cela tenait à si peu ; cependant j'aurais tant voulu mourir aujourd'hui : ah ! quel beau jour cela eût été pour moi ! Mais je n'irai plus loin , deux flammes me dévorent le cœur ; elles se combattent , je ne vois plus d'aliment pour elles ; comprends-tu ? » En apercevant nos enfants : ce Ah ! vous voilà tous ! venez recevoir mes adieux ; je vous bénis tous ! Mon Dieu ,
A-ilfaK fOTK farte et lituate . ans D« pniCésez-le ; mtm Dîem , hâÛ9§€z4a cwe je !a
posr toa» les soœ ^*elle m'a pn.Hit£!Bê« !
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deraîcr soafle «rira a mies lènes Il a'éix:
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X'aîéCadiéla mort sur toates ses faces, pcuiin^ ces trois mois d*me cmelle agooîe qui a a été paor hn qa'oii long gémissemeot «pti a retenti wnl ec jonr âmes oreilles, aio^({iie la prière sans fin fn^L faisait a Dîen , et je ne sais paù^ si j'y compnenis qnelqae diose. Cette rie qui s'en Ta, ce cmr qnî cesse de battre quand il parait encore si plein die rie et d'amonr ! cette belle tète dêfigorêe fnr b senfirance qni, qnand la ^ie n*a pins laissé de traces, a repris ses formes et un air de calme kenreox ! Un doux sommeil semblait aToir clos sa paupière, loi qn'one insomnie affreuse arait tant t«nrmente ! et il n'y arait plus rien, là pins d*4me« plos de pensée ! Où toot cela était-il ? où tont ceb est-il maintenant? Brisée par tant d'émoiion^^ brisée par tant de longnes reilles « personne ne comprendra, pas plos qne je ne le comprendsmui* même, comment j'ai pn résister.
J'ar ais besoin de voqs parler de lout cela, cker
oe vaut pas un chien en vie, comme le dit le vulgaire..
» Pour ce qui concerne Dieu, je dis que les cieux ont toujours été les cieui , que les globes ont toujours été de leur domaine et que la terre a toujours existé. Dieu est je ne sais où ; je crois en lui et je ne le cherche pas; mais pour l'âme humaine, elle est ce que je vous l'ai fait voir dans ma comparaison de rhomme et du chien. Une fois le dernier soufQe rendu , ma foi il ne reste plus que des cadavres ! »
Seriez-vous satisfaite, chère madame, si je vous laissais devant une telle définition de laboratoire qui admet le caput-mortuamy en dépit de réactifs, pour en tirer si faible signe d'existence que se soit? Non, il est à présumer que notre ami venait de rechercher la puissance immortelle de la pierre philosophale, la quadrature du cercle ou le mouvement perpétuel ; et n'ayant trouvé que déception , il en était réduit à une telle négligée négation pour un homme instruit. Une telle assertion devant votre serviteur était une tartine de miel à laquelle l'enfant comme le vieillard goûtent, sinon en gourmands du moins en amateurs. Je répondis à M. D... : C'est tout ce que vous faites de nous? c'est tout ce que vous attendez de cette noble et intelligente organisation?.... autant nous amuser à tirer l'huile essentielle de la camomille, peutêtre que cette huile , si nous en trouvions suffisamment, serait moins amère pour nos vœux futurs que votre proposition. — Je vous le répète, me dit M. D...., ce sont deux cadavres et rien de plus.
D. Le calorique, selon voas , ne doit pas être aatre chose que le ferment , et l'humidité que les
f>remières condensations de la distillation de ce érmenty de ce grand travail de désagrégation et d'agrégation des particules terrestres ?
K. Oui, aidés du calorique, de Télectricité et de rhumidité atmosphérique.
D. Le calorique, l'électricité et l'humidité atmosphérique ne sont que le même produit, planant dans l'atmosphère terrestre, semblable en tout à la vapeur qui se condense aux obstacles qu'elle ^encontre.
R. C'est entendu.
D. Nous commençons à nous entendre. Dans ce grand travail d'agrégats et de désagrégats des parties terrestres, il y a bien, comme en toute distillation , des parties qui montent au chapiteau et des parties qui restent au fond de la cucurbite. Ces dernières sont ce qu'on nomme les fèces (m capaimortuum ; mais cependant n'étant pas assez capatmortaum pour n'être pas le menstrue actif, le coordonnateur des unions qui se font dans son sein. Les premières sont ce qu'on nomme eau, esprit , éther , parties semblaoles aux dernières , mais ayant acquis un état de légèreté, de vie, d'électricité, dirai-je, qui en font des existences , qui plaisent mieux à nos sens que celles de leurs sœurs terrestres.... Si tout ce travail est bien tel que je vous le présente et tel vous l'admettez ,
3ue viens-je vous proposer de plus qu'une telle istillation de nos deux cadavres chien et homme, que vous déposez dans la grande cucurbite matérielle , afin que les parties légères , spirituelles ,
nous le moi moteur qui met en mouvement^ en scène les êtres qui l'entourent sous la forme de graine^ d'ovaire, etc. Le moi de l'homme, cette voix de la raison, de la coordonnalion, du commandement des parties de Tètre qui le forme, a autant droit à cette existence spéciale, personnelle et permanente , que celle que vous accordez à toute graine : existence comme nous l'avons définie, renfermant la force propulsive et celle de la conservation de son espèce ; existence qui est le point attractif des parties ^ui font par leur agrégat, leur soudure et leur savoir se placer, la forme sous laquelle nous nous la voyons, comme la graine du végétal est le point attractif des parties qui constituent la forme sous laquelle elle se représente sans cesse à nos yeux. Chaque graine ou germe des trois règnes possède les mêmes puissances de manifestation et de conservation de formes spéciales : celle végétale est enveloppée d'une pulpe plus ou moins tenue ; celle animale est enveloppée d'une pulpe laiteuse; celle minérale est enveloppée du voile de la nature. Tant que les unes et les autres ne sont pas en contact avec leurs menstrues réciproques, elles ne présentent aucune marque apparente d'existence ; mais viennent -elles à rencontrer leurs moyens d'extension, qu'elles travaillent à représenter à nos yeux les formes que nous leur connaissons. Tous ces germes ont deux manières de se 1 produire : la première, par la manifestation de la orme sensible à tous nos sens , et la deuxième , par des émanations d'images ou de décalques de leur être, images ou décalques qui contiennent les mêmes puissances d'exister et de se manifester
tîtQants sans existence, puisque toute cette dernière serait du domaine de leur propre savoir-faire. Ce serait transposer la question, mais non l'annuler, comme vous le voyez.
R. Pour cela faire, il faudrait revenir sur la terre , pour réfonctionner à nouveau de par la grande loi dont nous parlons.
D. A cela près , sachons seulement qu'une en de liberté plus vraie , plus douce et plus enviée de tous, attend toutes les productions terrestres, par le même fait de cette distillation dont nous parlons. Sachons également qu'en tout travail de ce genre il y a des parties plus ou moins légères et éthérées qui s'élèvent jusqu'aux parois les pios hauts de l'instrument de distillation, et espérons que l'atmosphère terrestre qui , d'après l'opiaion des plus savants, ne doit laisser sortir ni pénétrer aucun corps de son domaine, n'est peut-être pas assez tenue ni imposée par celui qui a si bieo su se rire de cette loi en y plaçant tous les corps qu'elle contient; n'est pas assez tenue, dis-je, pour ne pas laisser errer en liberté vers d'autres gloiMXS, si besoin est , ces parties éthérées dont nous parlons , ce qui nous rassurerait un peu sur les dépendances du sein de nos nourrices, que nous ne aésirons revoir que pour leur donner un baiser d'amour et de reconnaissance.
R. Vous me parlez de souvenir pour savoir opérer ; il va sans dire que je ne peux opérer que par le savoir-faire, et que le savoir-faire prouve le smvenir, à défaut de modèle pour imiter... La graine de réséda, par exemple y n'a pas de modèle aai»le mois de mai pour opérer ; elle ne peut done le
ami y et je vous offre pour consolation le résumé de cet entretien.
Recevez, madame et sœur en Dieu ^ mes salutations fraternelles.
Alp. Gâhâgnbt.
REVUE MAGNÉTIQUE
Dans le numéro du l*' avril dernier^ nous n*avons pu rendre compte d'un article de M. Du Potet, paru dsfns le Journal du Magnétisme du 25 novembre.
Cet article nous initie aux faits qui se sont passés devant M. DuPotet, en présence du médium Home. C'est donc non-seulement un rendu compte, mais aussi une opinion formulée sur ces manifestations, opinion qu'il ne nous semble pas superflu d'être connue des magnétistes. Il nous faut tous prendre note et étudier les hommes qui ont acquis une réputation dans le monde magnétique. Toutes ces appréciations doivent former et composer un jour la seule vraie couronne immortelle qui sera transmise aux générations qui nous suivront dans notre voyage terrestre .
Voici donc l'extrait, aussi laconique que possible, de l'article intitulé Un Médium. — M. Home.
D'abord, M. Du Potet fait remarquer à ses lecteurs combien il apporte de discernement dans ses examens, et que ce n'est point à la légère qu'il constate un fait.... « Il serait d'ailleurs difficile de
nous abuser y dit-il. Nos sens ne sont-ils pas toujours ouverts et notre attention en éveil ? Nous laisser tromper j halluciner^ mais nous ne sommes point un enfant. Notre imagination n'est point vagabonde, et plus les phénomènes sont inaccoutumés, inconcevables, étranges, surnaturels, et plus nous sommes frais et impassibles. Ces conditions, pour bien voir et bien observer^ ont été, dans les circonstances dont nous voulons parler, parfaite^ ment remplies , et voici sans autre préambule le résultat de notre examen. »
M. Du Potet entre ensuite dans les détails qui ont précédé les faits, ceux minutieux du salon, etc.; puis, sur l'invitation de M. Home, il se met, avec quatre autres personnes très-recommandables, autour d'une table d'érable de cinq pieds de long sur trois de large, et couverte de livres de toutes sortes ; cette table ne~ possédant pas de tapis et pouvant peser cent cinquante livres ; dessus était une lampe avec son pied. <c Deux minutes ne s'étaient pas écoulées depuis que nous nous en étions approchés et que nous y avions mis le bout des doigts, que la présence d'une force étrange s'y fit remarquer par uii bruit de coups frappés çà et là , coups bien oistincts et dont le son ne peut être confondu avec celui produit par un autre choc quelconque... La table se mut a'elle-méme.... un de ses Douts quitta le sol. La déviation de la lampe de la perpendiculaire nous marquait parfaitement les mouvements de la table.... Après ces laits, voici ce qu'il y eut d'étrange. Cette table, toute chargée de livresy quitta le^ol entièrement, se balança do/is V espace, y resta suspendue, obéissant ainsi à d'au*^
très lois que celles de la pesanteur.... Elle re« tomba doucement sur le sol, sans bruit, sans
choc » Puis 9 a les fauteuils sur lesquels on
était assis furent secoués et remués » Tous
ces faits durèrent assez longtemps pour être bien saisis, bien observés. Aussi ne laissent-ils sur leur certitude aacun doute dans mon esprit, et je \es affirme sans aucune crainte de m'ètre trompé. »
a Je ne veux point dans cet instant entrer en discussion sur l'agent qui détermine la production de ces phénomènes , mais je dois avouer qu'il me parait tout psychique et venant de forces m(e/Iigentes existant dans Vespace. Aucun homme ne
(courrait produire quelque chose de semblable par ui-méme ; il y a indubitablement un concours inconnu : le temps révélera sans doute bientôt sa véritable essence. )>
Il y a dix ans, un homme sans renommée , un ouvrier, un coupeur de cols, ramassait, compulsait dans son grenier les notes éparses de plusieurs années d'études. Des faits produits chez lui par l'intermédiaire de sa lucide avaient été traces sur le papier pendant des veilles pénibles, au détriment de sa santé. Un jour, ces papiers qui contenaient des révélations aussi grandes qu'elles étaient consolantes, qui devaient calmer bientôt tant de cœurs en deuil , furent plies et retenus ensemble comme des frères jumeaux éclos sous le même toit ; puis un matin, dont la date devrait être connue et jamais oubliée de tous spiritualistes , le plébéien partit chez l'imprimeur y déposer ce germe qui devait , à une époque peu éloignée, répandre ses bienfaits sous toutes les latitudes du
; ■sa. s^.
nombre considérable d'intelligences de tous pays, à ane caase bafouée à son origine dans une personnalité qui nous est chère , mais qui n'est pour rien ici dans ces lignes , tracées seules par un sentiment de justice et de reconnaissance pour tout individu qui a souffert pour la vérité, surtout quand cette vérité vient répandre sur Tesprit de Thomme le bonheur et le calme, deux choses qui ne nous sont envoyées ici-bas quà travers un prisme qui n'en laisse échapper que peu de rayons j souvent de si courte durée.
— Nous annonçons aux lecteurs de V Encyclopédie un nouvel organe de la cause du spiritualisme, dans la Revue spiritualiste (1), journal bi-mensuel consacré à la démonstration du dogme de l'immortalité de r&me , sous la direction de M. Piérart , ex-rédacteur en chef du Journal du Magnétisme.
Le premier numéro contient un manifeste spiritualiste du directeur, dans lequel il fait un appel à tous les spiritualistes, pour se grouper et taire un faisceau qui résiste victorieusement au matérialisme.
2° Une reproduction d'une lettre de M. Tiédeman , extraite du Journal du Magnétisme j dans laquelle cette honorable et studieuse personne relate des faits opérés chez lui , par l'intermédiaire de M. Home : des tables soulevées se promenant dans l'espace , des attouchements non douteux , etc., etc.
5® Le récit dun nouveau médium dans la per-
(I) 10 fr. pour Paris, et 12 fr. pour les départements, au bureau provisoire, 5, passage des Petits-Pères.
sonne d'une jeane fille da département d'Indreet-Loire. Le sous-préfet', le juge de paix, le receveur et tant d'autres personnes ont constaté les faits merveilleux : les meubles remuent, se transportent à distance sur son invitation ; elle chante, et les chaises battent la mesure sans aucun contact ; sa robe prend une raideur telle^ que Ton peut frapper dessus et que cette jupe présente la consistance du bois, etc. Il paraît qu'un médecin devait à ce sujet adresser un rapport à l'Académie de Médecine.
Le deuxième numéro contient une réponse à quelques objections^ réponse dans laquelle les idées émises par l'auteur des Arcanes de la ne future sont partagées et soutenues avec beaucoup de fermeté.
2° Des chansons dictées par des guéridons au moyen de l'alphabet.
3^ Un extrait du journal Y Union du 15 mars, annonçant un pouveau médium, un nouvel inspiré qui nous arrive du Nord. Ce prodige s'appelle Friedrich Wolkstager ; il vient du fond de de la Suède, et, d'après M. Paul d'Ivoi, il expliqua au prince GortschachofT un rêve que ce dernier fit, et dans cette réponse il prédisait la guerre, la défaite des Russes, la mort de Nicolas et la chute de M. Nesseirode, remplacé par le prince Gortschachoff. Cette prédiction, qui s'était répandue en Russie avant sa réalisation, a, comme on le pense bien, dit la chronique , illustré encore plus le nom de Wolkstager.
4"^ Un extrait de la Patrie, que nous donnons plus loin.
Le troisième oaméro contient un article philo^ sophiqne de M. Piérart. Le rendu compte d'un banquet offert au médium Home, et un nouveau trait de voyance de ce médium j extrait du Courrier de Paris , raconté par M. Paul d'Ivoi. Nous regrettons que cet article soit trop long pour le reproduire ; mais il est d'un très-grand intérêt.
— Le Spiritualiste de la Nouvelle-Orléans collationne toujours des faits nouveaux d'une très-
{;rande importance. Nous en extrayons entre autres e passage qui suit (1 ) :
C'est l'honorable C.W. Catheart quia envoyé au Times de la Parte qui se publie aux Etats-Unis , cet article dont nous prenons ce passage :
a J'ai été témoin dernièrement de quelques phénomènes étranges, et j'ai résolu de vous en adresser un petit rapport que vous publierez avec ma signature, si bon vous semble.
y> Entendant parler d'un M. Gollins, de South Bend, qui devait montrer à Westville ses facultés de médmm , je me rendis au lieu indiqué , et je vis M. Coltins qu'un jeune D. M. venait d'attacher, aussi bien que pouvait le permettre une bonne corde d'environ quarante pieds de long. Laissé alors dans une chambre, avec une garde de sceptiques, ses liens se trouvèrent défaits, et, comme saint Pierre d'autrefois , le prisonnier était libre. Ensuite l'agent invisible qui l'avait délié, l'attacha comme il l'était auparavant.
(4) Numéro de février. On s'abonne bureau du Journal du Magnétisme y 5, rue 6eau]olais, Paris. Prix : 42 francs par année.
» M. CoUÎDS et M. Patnam, qni racoompgneot et font des lectares, conseottrent à Tenir passer quelques jours chez moi. Un soir, M. Colliosfnt attaché, aussi bien que le génie et nne bonne corde à linge le permirent ; mais il fut bientôt détaché par des mains non de chair , et ensuite attaché par le même pouvoir mystérieux, et si solidement que, désespérant de le délier dans un temps raisonnable, par l'ennuyeux procédé de défaire les nœuds, je coupai la corde a?ec mon couteau »
— Nous lisons dans la Patrie du 9 mars :
H. X...., tous les matins, depuis un mois, à sept heures et demie, était réTeiué par de grands coups frappés contre la muraille, contre le bois de son lit, contre tous ses' meubles. M. X.... croit aux Esprits, et s'occupe avec passion de ce qu'on appelle les phénomènes surnaturels. Il emploie le procédé habituel des gens qui veulent consulter les Esprits frappeurs, et demande :
— De quoi s'agit-il ?
— Annonce de mort, répondirent les coups mystérieux.
— Qui es-tu?
— Albert D...
Albert D... est un ami intime de M. X...., qui habite à vingt lieues de Paris.
Aussitôt M. X.... prend le chemin de fer et arrive chez Albert. Il le trouve au lit, gravement malade.
— Que je suis heureux de te voir ! dit le moribond. Tous les matins, vers sept heures et demie, on me fait prendre de l'opium, et il me semble
alors qu'une force ùrésistîble iii*eolntiie vers toi, et que mon âme entre en commaniciition avec h tienne.
— Je le savais, mon ami, et c'est parce que tn m'as averti de ta maladie qae je suis accoora vers toi.
M. X.... passa alors dans la chambre voisine ou se trouvait le médecin :
— Qoe pensei-voos de Tétatd* Albert?
— M. D..., répondit le médecin, ne s'en relèvera pas.
Le soir même, M. D. . . rendait le dernier soupir.
Nous ignorons jusqu'à quel point on peut ^rantir ce lait publié par ce journal ; mais combien d'antres semblables existent! faits constatés et garantis par des personnes dignes de foi. Nous ne croyons pas que l'on puisse prouver la relation des Ames d'une manière plus brutale et plus ooocluante, et donner en même temps mieux raison à l'auteur des Arcanes et de la Lumière de^ Morts.