RÉPONSE A L'AUTEUR DE LA PROFES^ SION DE FOI PRÉCÉDENTE
Frère en Dieu, Je vous remercie d'avoir pensé à moi en, je ne dirai pas m'honorant d'un titre que je ne mérite en aucune façon , mais en me prouvant que les études auxquelles je me livre avec une certaine persévérance depuis dix années (plus spécialement) ont été appréciées par vous et ont déterminé votre foi à une croyance qu'il est si doux pour l'homme de posséder, et qu'il est si précieux pour l'étudiant d'épurer jusqu'au point mathématique. Depuis bien longtemps, je vous regardais de loin; mais la distance qui nous sépare scientifiquement
est si grande ; je suis si peu et vous êtes tant , que je n'osais espérer entrer en rapport an jour avec vous. Je m'accuse de manquer de ce qui produit l'homme dans ce monde de relations, basées sur l'insinuation et la petitesse des uns , et la fierté et la grandeur des autres ; ce n'est pas que j'en aurais retiré un profit que je n'envie nullement; mais nos études se seraient plus étendues , et la quantité des hommes heureux de les connaître eût été plus grande. Né dans une position obscure, sachant à peine écrire mes pensées, insouciant sur tout ce qui tente les hommes, je me suis trouvé malgré moi lancé dans une carrière qui m'a été très-pénible à parcourir. Entouré en premier lieu par des écrivains qui, loin de m'aider daqs ce rude labeur, m'ont fréquenté pour écrémer, dirai-je, mes propositions et en faire plus tard des sujets de publications dans lesquelles ils ont oublié jusqu'à mon nom ; je suis devenu méfiant et très-mécontent de cette manière d'agir. En correspondance avec des personnages de première élévation qui suçaient dans ma correspondance privée des franchises que je ne pouvais livrer à la publicité, où mille et un noms m'ont été donnés par un public mal pensant, j'ai vu avec regret que j'alimentais chez des égoïstes des pensées consolantes, qu'ils se seraient bien gardé de répandre dans leur cercle intime; j'ai cru reconnaître qu'il fallait
posséder un nom pour entrer en tons lieu. N'en possédant aucun, je snis resté à mon établi, ma plume d'un côté et mes outils de l'antre : ma sueur me sert d'encre et mes veilles paient l'imprimeur. Les hommes penseront et diront de moi ce qu'ils voudront ; si je les aimais moins, je ne leur aurais pas fait le sacrifice de ma santé, de ma réputation et de ma bourse. Je n'avais pas davantage à leur offrir, puisse Dieu bénir cette offrande et la faire peser de quelque poids dans ce que je lui dois pour mes égarements passés à son égard. Je vous remercie donc, mon bon f.... 9 d'avoir choisi mon petit périodique pour y insérer votre foi aux études spiritualisteset m'avoir relevé dans votre esprit, de votre premier jugement à mon égard. J'accepte de tout cœur le deuxième et je me plais à le mettre en avant dans toutes mes publications, où j'avertis sans cesse le lecteur qu'il ne lise tout ce que j'écris qu'à titre de propositions. Si vov m'avez lu jusqu'à ce jour, vous avez dû remarquer que je restreins à chaque fin d'ouvrage les révélations qui m'ont été faites et que j'en forme des groupes de propositions qui me paraissent être plus ou moins admissibles. Pensez combien il m'a été doux de lire dans votre lettre toutes celles que vous faites vous-même, vu qu'elles sont la confirmation des miennes. Ah ! vous êtes allé loin, bien loin dans cette profession de foi ; que ne rencon-
trat-je cette hauteur d'études chei tons ceux qui traitent de cet question! ! Mais non, j'oie le dire, puisque j'ose tout dire sans orgml, aucun ouvrage» depuis que j'ai publié les Arcants, n'est entré dans la voie que tous aval parcourue et ne contient une seule des observations que vous y nvei faites* Je n'ai donc rien à vous faire remar- -quer de» plus à une seule de vos propositions qu'à une antre, qu'on nous accorde la véracité de cette simple lettre, une ère nouvelle de dignes et respectables études s'ouvre devant l'homme et le replace sur le siège où Dieu l'avait posé, dont une êomnohnee de pensées l'a fait tomber.
Je possède dans mes manuscrits nn quatrième volume des Arcanes y qui, je le pense, est appelé à jeter sur moi une plus grande somme encore d'ironie, s'il ne me réhabilite pas dans l'esprit des hommes scientifiques. J'ai désiré y traiter suptrfimllemcnt d'astronomie an point de vue des questions restées pendantes dans cette école, soit sur la cause des différences des marées? d'où proviennent les vents ? qu'est le Nord? qui produit la chaleur? de l'électricité, de l'anatomie vivante du corps humain, de métaphysique, de spiritualisme, enfin, de centaines de questions plus ou moins intéressantes pour tout le monde. Ce sont des esprits ayant sur ta terre les affections de ces études qui ont révélé ces choses à un nouveau lucide que j ai
formé et qui est d'une rare logique* BaiJIière ne fait rien imprimer en ce moment, il oe peut par conséquent m acheter ce manuscrit. Habitué a faire imprimer moi-même, jeme trouvegêné depuis quelques dépenses que j'ai laites dans d'autres vues, le peu de confiance que j'ai dans les événements qui se préparent me force à retarder cette publication. Je le regrette, car j'aime mieux la fin que le commencement en ces choses, et je serais fâché de rejoindre mes f... du monde spirituel avant d'avant d'avoir donné aux hommes ce joyau de leur générosité.
Excusez, f..., tout ce long bavardage qu'a entraîné le besoin, je me sens de vous dire merci, et croyez que ma petite publication est ouverte pour tout ce qui sortira de votre plume, comme mon coeur est ouvert aux bonnes pensées que le vôtre lui adressera. Dans cet espoir, je vous serre cordialement la main et suis votre tout dévoué
Alp. Gahagnbt.
7 février 1856.