‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 5)Chapitre 35 sur 47 · APPARITION QUADRUPLE · texte numérisé non relu

APPARITION QUADRUPLE

Le 1 er octobre, trois jours après l'apparition de H. de Gasparin, nous étions plus heureux envers une jeune dame du nom de Mendricky , 51 , rue aux Ours, à Paris, demandant l'apparition de madame sa mère. Cette dernière apparut dans toutes les conditions nécessaires à être bien reconnue, car la jeune dame était un tant soit peu sceptique ; un silence à déconcerter le meilleur narrateur, point ou peu de réponse aux questions nécessaires afin d'encourager la lucide dans ses recherches; rien m mnnquart, mais la bonne foi n'était pas absente;

aussi fimes-flous une séance de une heure cinquante minutes, qui ne se passa pas dans le silence, je l'assure. Cette jeune dame perdit peu à peu son calme présumé obstiné, pour se laisser gagner par les paroles sans répliques et affectueuses de la lu* cide, au point que deux ruisseaux de larmes sortirent de ses yeux jusqu'alors méditatifs et sombres. Hélas! que de larmes ai-je déjà vues inonder le parquet de ma pauvre demeure ; et que de fois, oserai-je le dire, ai-je été obligé de tourner la tète du côté opposé à la personne pour, à mon tour, essuyer une larme sympathique. S'il n'y avait de présent que cette description d'une physionomie plus ou moins saillante, de l'indifférent à Ter* gumentateur de bonne foi, entreraient-ils dans cet état de pénible émotion, qui prouve que quelque chose de plus fort que la parole a touché le cœur? C'est que nous sommes dans ces expériences devant des puissances occultes bien supérieures à celles que connaissent nos sens matériels; toute résistance est vaincue sans combat, et toute une transfusion de foi succède au doute.

Dans l'apparition précitée, Adèle dit voir la dame présente, accompagnée de sa sœur.

— Mais, madame, observe la questionnante, ma mère n'a pas de sœur de morte.

— Elle me dit pourtant que c'est sa sœur, reprend Adèle. Cette dame est de telle manière.

Suit un signalement très-détaillé, qui ne sert pas à faire reconnaître cette personne. Adèle continue :

— Madame votre mère tient son petit garçon par la main.

— Mais ma mère n'a eu que des Biles, fait observer a nouveau cette dame !

— Cependant, reprend Adèle, je lai en vois un à la main qui lui appartient bien ; il est âgé à peine de trois ans, blond, etc.

Suit le signalement.

— Je vois également auprès de votre mère une jeune fille âgée d'environ cinq à six ans, et une autre Agée d'environ vingt-deux ans. Votre mère me dit que ce sont ses filles.

— Oh ! mon Dieu ! reprend la dame, je ne m'y reconnais plus ; il est vrai que ma mère a perdu deux filles, Agées l'une et l'autre de cinq A six ans, mais elle n'en a pas perdu Agée de vingt-deux ans.

Adèle ajoute :

— C'est vrai, votre mère me le dit, mais c'est par une permission de Dieu que j'en vois une Agée de vingt-deux ans, Age qu'elle aurait aujourd'hui sur la terre. C'est une bien belle personne, je vous Tassure; elle est brune de cheveux quand sa sœur est blonde.

Adèle donne des détails assez précis sur la physionomie de ces jeunes filles pour que la consultante puisse bien les reconnaître, sauf les traits plus marqués de celle qui se présente Agée de vingtdeux ans. Cette dame recueille ses souvenirs et reconnaît que sa sœur aurait juste vingt-deux ans. Elle se ressouvient également d'un petit garçon qu'a eu sa mère et qui est mort A peine né, ce qui répondrait bien A l'Age de celui qu a vu Adèle, vu que les enfants morts avant l'Age de trois ans, selon elle (comme on l'a lu dans les Arcanes), n'atteignent que cet Age. Les souvenirs de cette dame

se complètent également à l'égard de la sœur de sa mère, qu'Adèle dit être présente et reconnaît que le signalement donné par la lucide se rapporte exactement à celui d'une sœur de sa mère, mais une sœur d'un deuxième lit, qui est effectivement décédée à l'âge donné par Adèle.

La consultante fait demander à sa mère si elle s'occupe d'elle.

— Oui.

— Et de mon petit garçon ?

— Je m'en occupe aussi; il a bien grandi ces temps derniers.

— Ah ! monsieur, s'écrie la consultante ; mais cela n'est pas croyable !

— Il faut pourtant le croire, répondis-je à cette dame.

— Et mon pauvre petit que j'ai perdu, voilà peu de temps, l'avez vous connu? Ai-je point eu tort de le faire sevrer ?

— Je l'ai connu ; ce n'est pas le sevrage qui a occasionné sa mort, mais le peu de développement de sa poitrine ; les poumons fonctionnaient mal ; tu as dû en juger par la difficulté qu'il avait à respirer et le râle presque continuel qu'il avait.

— Ah ! je n'en veux plus savoir davantage ; vous me faites peur ! C'est effrayant de vérité et, en même temps, effrayant de profondeur.

— Ces choses n'ont rien d'effrayant, madame; elles sont, au contraire, très-rassurantes.

— C'est cela que ie veux dire.

Puis, les larmes de cette jeune personne inondèrent à nouveau son visage ; nous en restâmes là. Nous le répétons; nous regrettons que des sa-

vanta de Tordre de M. Gasparin ne soient point témoins de faits semblables ; nous désirons que ce monsieur suive notre conseil ; en magnétisant luimême, il ne tardera pas à obtenir des résultats dignes de ses méditations.

àlp. Cahagnft.

APPARITION DU COMMANDANT LA FORGUE de PAU (13 février 1856).

Il m'est inutile de demander le signalement de cet Esprit, vu qu'Adèle l'ayant déjà visité plusieurs fois pendant sa maladie, ne pourrait rien ajouter à celui si exact qu'elle m'en a fait antérieurement. Je lui fais adresser les questions qui suivent :

— Comment vous trouvez-vous ?

— Très-bien.

— Avez-vous connaissance de votre spiritualisation?

— Certainement.

—Quelles sont vos occupations présentes ?

— Je continue mes soins à mes pauvres malades.

— Quels soins pouvez-vons leur apporter, puisque vous n'êtes plus auprès d'eux pour les magné-

iser?

— Je continue d'intercéder Dieu en leur faveur.

— Avez-vous étudié, depuis votre spiritual isation, quelque manière supérieure de magnétiser pour les maladies?

— Je n'en connais pas de meilleures que la prière , c'«st celle que j'employais de préférence,

et c'est celle que je conseille à tous mes frères comme étant la plus assurée.

— Vous employez cependant des huiles et des plantes à l'occasion.

— Oui, mais c'était sur le plus petit nombre, et encore ces remèdes étaient-ils influencés par la prière.

— Avez-vous vu l'Esprit Swedenborg ?

— Non; j'ai vu le Christ.

(Adèle me fait observer que ce bon Esprit paraît avoir le Christ en grande vénération).

— Comment avez-vous vu le Christ? Est-ce comme Dieu ou Fils de Dieu ?

— Comme il doit être vu par tous les hommes : en Esprit comme nous ; mais en Esprit supérieur par son amour et sa grande charité envers ses frères.

— Vous ne l'admettez donc pas comme étant Dieu?

— Non ; tous les Esprits de sa société de laquelle je fais partie ne le voient que comme un frère qui a beaucoup souffert pour l'espèce humaine.

— Pourquoi les prêtres chrétiens ne le voientils pas de la même manière ?

— Parce qu'ils s'obstinent à ne pas vouloir voir la lumière là où elle est.

— Vous habitez donc encore vos contrées terrestres ?

— Non ; je n'y suis que par la pensée.

— Avez-vous - quelque chose à révéler aux hommes?

— Je leur conseille d'avoir de l'amour les uns

Souries autres, de croire et d'espérer dans la bonté ivine.

— La personne qui m'a prié de tous faire apparaître se recommande à vous tant pour sa santé que pour des consolations spirituelles.

— Chaaue fois qu'elle m'appellera par la pensée auprès d'elle, j'y serai, et je ferai mon possible pour la calmer.

Adèle accuse se trouver très-heureuse dans la sphère de ce bon Esprit, et le dit être un des plus charitables de ceux qu'elle connaît.

Je n'ai fait cette apparition que pour instruire les magnétistes-spiritualisles de la position actuelle d'un homme, dont la perte terrestre est à jamais irréparable.

Alp. Cahagnet.

APPARITION DE BLESSON.

Nous avons déjà parlé une fois de notre ami et frère en Dieu Blesson, le premier martyr du magnétisme, spiritualisé sur la voie publique à la suite d'une magnétisation qu'il venait de faire. Nous pensons que nos lecteurs n'ont pas besoin de plus amples renseignements pour reconnaître de suite l'un des plus dévoués et courageux magnétistes qui ont existé. Nos lecteurs savent également que si nous ne les entretenons pas plus souvent de nos relations journalières avec les nôtres spi ritualisés, c'est que nous avons tant de choses à leur dire que nous manquons toujours de place pour le faire. Mais, puisque aujourd'hui nous nous met*

tons en frais de citations, d'apparitions, nous croyons devoir leur dire un mot de Blesson.

Nous venions de faire une apparition étrangère lorsque nous désirâmes terminer la séance par un échange de bons souvenirs avec notre ami. Adèle, en rapport avec lui, s'exprime ainsi : Il a toujours Pair gai qu'il avait sur la terre ; il est accompagné de son ami M. Meunier, (ex-marchand vinaigrier, rue Saint-Martin, spiritualisé quelques mois après

La lucide entre en conversation avec ce dernier et ne peut suffire à me répéter ce qu'il lui dit de particulier, ainsi qu'à son ami. La même vigueur qu'il possédait dans son langage se communique à la lucide; elle est animée, gesticule, et accentue ses paroles, dont le sens vulgaire, par instant» prête au charme du style de l'atelier. Je fais demander à Blesson s'il est heureux, s'il s'occupe encore de sa maison, s'il est orienté et ce qu'il fait, enfin si son ami sait qu'il est spiritualisé ?

Blesson se prend le front dans sa main, comme il en avait l'habitude parmi nous, et s'écrie : Ne me parlez pas de ma maison ni de mes affaires; hors cela je suis heureux. .. Les Esprits me donnent du fil à retordre à les magnétiser pour les mettre en communication avec les hommes de la terre, comme je vous l'ai déjà dit. C'est surtout ce grand vinaigrier-là (en parlant de son ami présent) qui m'absorbe... Blesson, magnétise-moi donc encore un peu pour que je voie Clarisse (épouse de ce dernier). — Que tu voies Clarisse, que tu voies Clarisse ; veux-le et tu la verras comme moi ; mais non, il me suit partout; nous sommes comme

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saint Roch et son chien ; il ne sait quoi faire, ni où aller sans moi. Regretterais-tu tes cornichons, gros plein de soupe? Ils ont le temps de confire d'ici que nous allions les visiter. Et les prunes !... ah ! marchand de prunes, je t'en ferai manger, moi, des prunes spirituelles, qui sont autrement parfumées que les tiennes. Voyons, es-tu mécontent que je t'aie attiré et d'être arrivé ? N'as- tu pas tout ce que tu veux ? Sommes-nous ou non débarrassés de nos entraves terrestres ?

Blesson s'adressant à nouveau à Adèle, il lui dit: — Oh ! j'ai des maisons à présent; cette poule mouillée-là (lui montrant son ami) s'imagine encore qu'il souffre!... Allons donc! réveilles-toi, l'endormi, et réjouis-toi d'être où tant d'autres voudraient être.

Adèle entre en conversation intime avec ces deux esprits. Je ne peux suffire à écrire ce qu'elle médit, et le pourrai -je que ces détails n'offriraient qu'un intérêt de peu de valeur à tout autre que ceux qui ont connu ce zélé magnétiste. La lucide assure qu'il magnétisera toute l'éternité. Il lui montre sa main et lui dit : Il y a du fluide là-dedans ! Mais Adèle est étonnée de le voir ganté, va qu'il ne portait pas de gants sur la terre. Cet Esprit se plaint d'un ami qui, dit-il, n'a pas tenu sa promesse envers ses enfants. Il nous parle d'une jeune personne qu'il sait être enceinte, et dit : ah! elle ne m'aura pas cette fois pour la soigner ; psit ! il ne lui en arrivera pas pire affaire. Blesson m'assure qu'il se rendra sensible à ma personne par des attouchements et qu'il me magnétise à chaque fois que je lui demande ce service. Je dois avouer cjuq

j'ai moins senti l'action magnétique de mes amis et même la sienne en particulier, pendant plus de six mois qu'il me magnétisa dans les commencements de ma maladie, que je la sens depuis qu'il est spiritualisé.

Il reprend ainsi :

— Voilà comme on file les uns après les autres ; on vous croit bien établi ici-bas pour des années, psitl vous passez l'arme à gauche, et vous quittez sans regret votre coquille. — Oh ! grosse sœur, dit-il à Adèle, quand vous allez filer votre nœud, c'est moi qui me charge d'être votre chef de file. — Et cette poule mouillée-Ià, en parlant de moi, nous l'introduirons aussi ; nous lui ouvrirons les yeux spirituels après qu'il a ouvert les nôtres ; ce sera notre écolier après avoir été notre maître. Oh ! mon vieux, je t attends, toi et les frères. En attendant, filons, vinaigrier ; voyons, psit ! filons ! Je dois voir aujourd'hui M. Swedenborg, adieu, sœur, à la prochaine occasion.

Je ne donne qu'un très-faible aperçu de cette séance aussi gaie qu'émouvante en sensations diverses. Je ne sais qui aurait désiré qu'elle se terminât, et qui aurait pu douter qu'Adèle n'était pas en parfait rapport avec notre ami. Ces scènes ne s'écrivent ni ne se peignent ; elles se voient une fois, heureux quand on en conserve le consolant souvenir.

Obs. — Blesson use d'une bien plus grande libertés notre égard que lorsqu'il était sur la terre. Les maisons qu'il dit posséder dans son état présent répondent à l'affection qu'il avait pour une jolie propriété qu'il possédaità Paris, propriété que des

entreprises généreuses le forcèrent de vendre. It en conserva toujours un grand regret. La jeune personne précitée était effectivement enceinte. Nous pensons qu'il ne se plaint pas à tort de l'ami également précité. Ils étaient trois qui avaient signé l'engagement que celui d'entre eui qui quitterait la terre le premier, les autres prendraient soin des enfants s'il en existait. Un seul des deux restant offrit de tenir sa promesse. L'épouse de notre ami put s'en passer. Beaucoup d'autres choses d'une égale exactitude nous furent dites, mais les convenances nous forcent à les taire.

Alp. Cahagnet.

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