‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 5)Chapitre 37 sur 47 · AVIS A NOS ABONNÉS · texte numérisé non relu

AVIS A NOS ABONNÉS

Cette livraison est la dernière de l'abonnement 4 l'année 1856; la prochaine contiendra la fin, la table des matières et la couverture du tome II e de Y Encyclopédie magnétique spiritualiste. Nous prions nos lecteurs de renouveler au plus tôt leur abonnement pour l'année 1857, s'ils ne veulent pas éprouver de retard dans l'envoi des prochaines livraisons.

Nous avons fait quelques efforts pour rendre aussi intéressante que possible cette faible publication. Nous pensons que nos amis nous tiendront compte de ce besoin permanent que nous ressentons de correspondre ainsi trimestriellement avec eux pour leur conter ce que nous découvrons de nouveau , et les progrès que fait la science qui nous occupe.

Nos lecteurs connaissent notre horreur pour la réclame et tout ce qui sent l'agio littéraire; mais nous ne pouvons résister au besoin de les prier de propager nos publications, s'ils veulent être pour quelque chose dans l'œuvre que nous avons entreprise. Ceux qui ont le moyen pourraient, à l'occasion, prendre deux abonnements pour un et donner le deuxième, ce qui, pour nous, remplirait le vide que laissent dans notre caisse les frais d'impression. Qu'on

sache que nous sommes en retour, tous les ans, de 200 francs, pour soutenir un drapeau dans lequel nous voulons nous ensevelir.

Noos recommandons également à nos lecteurs l'ouvrage que pous venons de publier, ayant pour titre : Révélations d* outre-tombe > ouvrage duquel nous avons donné m aperçu dans la dernière livraison, par l'abrégé 4a Ja table des matières qu'elle contient. Cet ouvrage, nous qsqp# le dire, est uo des plus instructifs de ceux que nous avons publiés jusqu'à ce jour. Le même bon sur la poste pourrait contenir la souscription à cet ouvrage et l'abonnement à V Encyclopédie magnétique.

Nous avons réduit, le plus que nous l'avons pu le prix des ouvrages que gous avons encore en notre possession, aûa d\ep faciliter l'acquisition aux bourses les plus pauvres, et porter dos consolations dans If plus de familles possible. (Voir <t la couverture de cette livraison.)

Alp. Caj^gnet,

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i»AlU3. — IMP. .BLOXDEMJ, JRiip ffl ^IfsUB^JJJ , 20.

IMMORTALITÉ (Suite).

A MONSIEUR CLEVER DE MALDIGNY, EXCH1RUR* GIEN-MAJOR DE LA GENDARMERIE DÉLITE DR PARIS.

Cher monsieur,

J'ai traité très-superficiellement, dan» ta lettre que je voua ai adressée précédemment, de la question de l'immortalité individualisée de l'Ame humaine; je n'ai pu m'étendre sur cette question aussi démotistrativemént que je l'aurais désiré par deux fortes raisons qui sont que le lecteur n'aime pas les longues démonstrations et que l'impfiitieuf les fait payer à tant la ligne. Je vais continuer aujourd'hui cette question sous les mêmes dépendances, en recherchant l'immortalité individualisée de l'âme humaine, dans celle du règne minéral.

Si, pour cela faire, j'ouvre la Bible, livre d'autorité religieuse duquel doit découler l'autorité scientifique, selon les partisans de ce livre, je lis que Dieu et le chaos existaient au commencement. Dieu est une figure indéfinie par ce livre et le chaos est une figure bon moins indéfinie , vu sa non-forme. Cependant il est dit que l'esprit de Dieu planait sur les eaux, ce qui prouvait qu'il y avait des eaux dans ce chaos,.. Dieu dit que la

lumière soit, et la lumière fut... Si Dieu est la lumière même , il aurait pu dire que je sois et je sais.... Dieu mit six jours à retirer du chaos tout ce que voient nos yeux , c'est-à-dire commandant que chaque chose fût pour que chaque chose soit; puis il donna son approbation à chaque ordre de sa création... Je n'ai jamais pu comprendre que Dieu ait pu dire que cela soit, pour que cela fût, devant ce chaos qui semble être le magasin universel des êtres et des choses , que Dieu en retire à l'état créé et non à l'état incréé , vu que chaque chose était dans ce chaos avant cet appel. Mais, me diton, ces êtres et ces choses y étaient non distancés et non éclairés. Je n'ose demander à la Bible qui avait créé ce chaos, cette cohésion informe, non distancée et non éclairée des êtres et des choses , car ce serait prouver que ce n'est pas Dieu qui est l'essence même de la lumière et de la perfection des formes. Je laisse le soin de cette réponse aux inspirés de l'Immaculée-Conception.

J'ai désiré ouvrir simplement ce livre, pour y reconnaître la préexistence des êtres ; ce qui est une immortalité antérieure qui prouve en son genre celle ultérieure.

Je comprends la création d'une autre manière. Je ne la vois, au commencement comme à la (in (si commencement et (in existent), que sous l'aspect d'une étendue de lumière infiniment divisée. Dieu

est le foyer central de ce rayonnement sans bornes (si le non borné peut avoir un centre, qu'on me passe à mon tour ce contre-sens). II n'y a donc pas pour moi de commencement , de chaos ni de matière; car commencement , c'est n'être qu'après, qu'après qui ou quoi?... Chaos, c'est contenir quoi ou qui? provenant de qui ou de quoi?...

Matière y c'est être autre que ce qui ne lest pas.

Qui a vu le commencement de quoi que ce soit?

Qui a vu le chaos de quoi que ce soit ?

Qui a vu que chaque chose est autrement qu'elle est ?

Si nous admettons un commencement, par l'effet de la comparaison que nous déduisons, de l'éclosion matérielle des germes, nous ne sommes toujours en droit que de dire commencement d'éclosion, mais non commencement d'être ; puisque le germe, qui est sans contradiction l'être des êtres de son espèce, existe avant ce prétendu commencement.

Si nous nommons chaos la non-extension présente du germe, nous ne sommes qu'en droit de dire, non-exiension du germe, ce qui n'est pas dire chaos, mot synonyme de confusion et des mélanges des constituants de ce germe ; car aucun microscope, jusqu'à ce jour, nous a démontré que les constituants de ce germe étaient placés eonfusé-

ment on mélangés de manière à mériter le nota de chaos.

Nous dirons encore, si c'est Dieu qui a créé <*e chaos ; Dieu n'a donc eu l'intelligence au prétendu commencement , que de dire chaos soit, saris savoir ce que serait ce chaos? car si Dieu avait mis chaque chose en état de chaos , ces choses n'auraient pu former le chaos que par le défaut d'ordre et de classification de l'Éternel. Peut-on réellement présenter de telles propositions au nom d'un Dieu?... Voyei-vous cet être parfait par excellence, comme le premier boutiquier de notre terre, tirer les objets de sa création un à un du sombre magasin dans lequel il les aurait déposés, puis en faire tin étalage classé et digne de l'admiration d'êtres auxquels il aurait refusé la faculté de connaître ce qu'ils admirent?... N'est-ce pas, livre trois fois saint, que tu te fais vieux? Crois-moi, prend place parmi les bouquins et laisse l'homme raisonner, si tu veux le rendre passible de son raisonnement.

Il en est de même de la matière. Lorsque l'esprit du lucide, du songeur, du rêveur, du voyant, du fou, de l'halluciné est en tout ce qui fait résistance à notre état présent; nous ne sommes qu'en droit de dire : une résistance s'oppose à notre appréciation, et cette résistance est le secret le plus caché de la puissance intelligente, de celui qui ne

fut ni ne sera, mais qui est pour nous tant que nàtti sommes. Je dis donc qu'il n'y a pas pourttidide commencement ni de fin de tout ce tJUi est, et qu'il etiste en guise de chaos un classement hâr* monique pourvu des choses nécessaires, tant à la conservation de chaque individualité qu'aux jottis* sances de cette individualité.

Dieu, foyer central de son œuvre, désirant tin vis-à-vis, c'est-à-dire être distancé d'elle afin de n'être pas un tout dune seule pièce, accorda flux parties lumineuses semées par lui dans l'immense rayonnement de cette tëtlvfe, une certaine dose de liberté ; c'est-à-dire leur permit de se groupe! et de se transporter où elles le voudraient, étant toujours limitées, cependant, à certaines sphères qu'elles ne pouvaient dépasser... Ces parties de l'Éternel en prirent à leur aise et ne tardèrent pas à troubler la classification qui existait alors en sd classant elles-mêmes, comme le pourrait faire urt troupeau de moutons au milieu d'un pré de leur goût.

Ces parties de Dieu ne tardèrent pas à trouver les espaces incommensurables, qu'elles franchissaient par un seul acte de leur volonté, beaucoup trop étroites, et désirèrent aller au-delà. Ce désir, connu de celui qui était tout puissant sur cet état, dut produire en son cœur un effet semblable à celui qu'éprouverait un tendre père de famille

qui, se dépouillant du fruit des économies qu'il a faites en vue du bonheur de ses enfants, les leur donne, pensant qu'ils lui en sauront au moins quelque reconnaissance, et qui se voit au contraire assailli par de nouvelles demandes. Dieu , disonsnous, dut restreindre ses largesses et même limiter les désirs de ses créatures , en leur enlevant la faculté d'extension qu'il leur avait accordée. Il réassembla alors le troupeau épars et l'enferma dans un cercle qu'il ne put franchir. Ce cercle est l'état matériel, état de cohésion des êtres et des choses, état d optique combiné, qui fait voir à chacun les choses de son passé, ou trop distancées de lui pour ses moyens présents de communication, ou trop soudées ensemble pour ses moyens d'extraction.

La loi de chaque être et de chaque chose fut renfermée bans chaque être et dans chaque chose , loi qui est la garantie de l'immortalité de toutes les fractions de la création ; loi qui fait rentrer dans le point l'élasticité du cercle, comme elle fait l'extension de ce point ; loi qui, limitant enfin chacun dans ses puissances, assure à tous la possession invariable de leur moi et les droits de ce moi.

Par cette simple proposition, nous voilà arrivés à la création de l'état matériel, à la cohésion des parcelles de lumière, comme nous les avons ad-

mises en premier lieu, mais dont l'assemblage, dont la soudure produit l'opacité des formes maté* rie lies.

Cette lumière passe en premier lieu par l'état de fluides, ainsi que par ceux d'éther, d'air, d'humide radical, d'eau, de chaux, de terre et de minéral, puis, repasse par la même filière, pour retomber, étincelle à étincelle, dans le grand récipient lumineux, dont elle a été distraite à l'intention précitée, mais se retrouvant bien étincelle à étincelle dans ce récipient universel c'est-à-dire moi à moi, ce qu'elle était et ce qu'elle doit toujours être... Cette conservation de toutes les parties individualisées de l'œuvre de Dieu, a le mérite au moins de prouver que le Créateur ne retouche pas à son œuvre, et ne peut la changer, comme l'homme change la sienne.

C'est donc ainsi que, sans le secours d'instruments de chimie, nous voyons ces pleurs lumineux tomber goutte a goutte sur cette grosse larme, nommé globe, larme qu'à dû verser le Créateur de tant de merveilles, lorsqu'il se vit forcé de séquestrer ses bien-aimées créatures dans cet état de détention momentané, pour leur prouver toute sa sollicitude à leur égard.

Oui, ces pleurs des espaces sont autant d'enveloppes et de germes de tout ce que le règne minéral offre à nos yeux... Ils contiennent les sels, les

soufres, les chétlï, les couleurs et les moyens de cohésion nécessaires è la manifestation des corps qu'ils doivent former.

Ces gouttes sont un assemblage d'individualités indivisibles chacune, mais pouvant être fondues el soudées à des individualités qui ne sont pas de leor espèce, sans perdre leur moi ni leurs facultés respectives*

Ces gouttes descendent des espaces parées de leur belle robe de diamant ou d'émeraude, d'or ou d'argent, de granit ou de marbre, de crayon ou de coke, et elles retournent dans l'espace entourées de la même robe, mais dépouillées des adhésions étrangères à leur être... Adhésions qu'elles ont dû subir dans leur changement d'état, adhésions qui sont le fait des combinaisons humaines, ou des dispositions des milieux qu'elles ont ou traversé ou côtoyé.

Oui, chacune de ces gouttes sait s'infiltref dans ee globe gigantesque, et aller trouver le point attractif auprès duquel son amour l'appelle, ce point attractif fût-il au centre de ce globe! Pourquoi refuserait-on à l'âme humaine le savoir-faire de ces êtres ? Chaque goutte est toute une société d'êtres, j> le répèle, qui s'unissent, se soudent et se présentent à nos yeux, sous les formes matérielles de cristaux sexagones, octogones, etc., brillant tous de lumière et d'amour. Je dis d'amour, cet

leurs moyens de cohésion ne résident pas dans les pointes acérées de ces cristaux, croyons le bien 9 mais dans cet attrait indéfini qu'on nomme amour. Cette force insubstantielle (du moins à nos yeux), qui soude plus parfaitement les corps entre eux que tous les ciments connus... Cette force est répartie également chez l'éphémère comme chez l'énorme éléphant ; chez le plus petit brin d'herbe comme chez le gigantesque baobab... Les savants ont pu connaître cet amour , mais aucun n'a pu le définir, et tous ont dû être jaloux de le voir animer le cœur de l'insouciant insecte comme celui du plus grand seigneur de leur espèce.

Si par nos moyens chimiques nous ne pouvons que transmuer ces créations en vapeurs, qui se réduisent en eaux, en essences, en acides, etc., ou chaux, sels, 6oufres, etc., nous ne faisons donc que vider le vase et le remplir, sans changer en quoi que ce soit la substance qui nous sert à cette manipulation... Mêler les substances à leur état naturel pu à leur état manipulé, et produire d'autres substances ayant d'autres puissances et d'autres affinités, n'est pas changer ni annuler les parties diverses qui ont concouru à produire ces substances bâtardes ; c'est simplement mêler et non annihiler les espèces.

Que j'assemble un corps d'armée formidable, formé d'êtres de plusieurs nations, sous le nom

d'armée fédérale, ce nom de convention donné à une collectivité d'êtres différents ne soutire à aucun la propriété de son moi, de ses souvenirs, de ses affections, ni de ses aspirations.

Si je veux admettre en métallurgie que les alchimistes aient raison en soutenant la transmutation des métaux ; je suis autorisé à dire qu'il n'y a que extraction des substances sulfureuses et colorantes desdits métaux , et non changement total des constituants primitifs de ces métaux... Enlever la crasse dont est couverte ma figure, n'est pas me faire une figure nouvelle, c'est simplement remettre chaque chose en son état et place... Il en est ainsi de la transmutation métallique, qui est la seule proposition que je connaisse qui pourrait faire prendre en considération l'altérabilité et l'anéantissement des choses : mais, comme je viens de le dire, l'extraction n'est pas la transmutation.

Si le plomb n'a pas le son de l'argent, cela est dû au corps gras sulfureux dont il est imprégné, qui en enlève sa sonorité et en falsifie la pesanteur.

Si le fer n'a pas le poids ni la couleur de l'or, je ne dois pas en inférer que devenant or par mes soins, il n'était pas la substance première de ce métal... Je reconnais en lui, il est vrai, une humidité qui l'invite à l'oxydation a laquelle l'or n'est pas soumis ; mais en même temps je retrouve dans cette humidité des matières colorantes, qui, pro-

portionnées dans leur manipulation, laissent sa sonorité libre, et peuvent me servir à sa coloration.

Je peux donc espérer prouver que la substance ferrugineuse est la même que celle de l'or, ou que l'imitation a atteint des degrés trompeurs.

Ce n'est pas parce qu'un objet a l'apparence d'un autre qu'il est cet autre, pas plus qu'un bois doré est d'or... L'or est ou et ce qu'il est, comme le bois est ou et ce qu'il est... Je ne peux en chimie que former des mélanges, comme par la parole je ne peux qu'assembler des pensées ; mais mélanger et assembler ne prouve pas l'anéantissement des constituants de ces mélanges et de ces assemblages; cela prouve tout au plus que je joins l'hétérogène à l'homogène, duquel résulte le besoin de désunion, le combat, les forces et la liberté primitive de chacun.

Il en est ainsi de l'espèce animale. Croiser les races ne donne comme résultat que des teintes ou des extensions différentes dans les formes, mais ne change pas ces formes, sauf les prétendues monstruosités dont nous avons donné la clef dans le tome IIP des Arcanes... Nous n'obtenons pas chez l'être, par le croisement des races, deux cœurs, deux estomacs, deux rates, ou tout autre viscère double, pas plus que doubles membres.

C'est dans le régne végétal où nos transfusions

sont les plan étendues, et encore qu'obtenons* nous?... ta forme et le nombre des feuilles ou des pétales sont-ils intervertis?... Nous avons teint, nous Avons transposé ; mais nous n'avons pas changé le type de l'être, par conséquent nous ne pouvons pas nous retrancher derrière ce barbouillage ou ce débarbouillage des choses ; car ne pouvoir anéantir ni changer radicalement l'essence de ces choses, ne donne pas le droit de soutenir la thèse du néant : et il n'y q que le néant qui puisse détruire l'individualité des êtres. Je répète que la loi qui conduit occultemeut la molécule agrégeante à la place où je laisse tomber machinalement un attrait pour elle, me permet de dire que l'âme, ou le moteur de l'individualité humaine, doit pouvoir se rendre également à l'attrait de sa nature, qui est Tappel de mon Ame.

Ce que chaque Ame a su faire une fois, lorsqu'elle était, dit-on, dans l'état d'inertie, ce qui est tout un avec n'être pas faute de savoir être, cette Ame peut mieux le faire, maintenant qu'elle est éveillée à l'appréciation de son passé.

Mon insouciant soupir d'amour conjugal ne doit pas être supérieur à mon intelligent soupir d'amour fraternel, et l'Ame qui est venue à moi sans que je connaisse son nom, peut revenir plus facilement, je le suppose, à Tappel de ce nom. Je ne sais, cher monsieur, si les savants qui

— fart —

vous présentent des objections admettront ces simples propositions ; mais, dans le cas contraire, je les renverrais à ma troisième lettre, puis à l'école universelle, dans laquelle la connaissance de ces choses ne s'obtient qu'après un entier dépouillement d'orgueil, et quelque temps de consciencieuse appréciation.

Je ne crois pas devoir m'inquiéter de ce que disent de plus ou de moins sensé ces prétendus savants qui savent à peine en chimie ce qu'est un chiendent... en physique, ce qu'est le frottement, en astronomie ce qu'est un globe, en religion ce qu'est Dieu, et de les voir venir se poser carrément devant moi, le cigare entre les lèvres, nier l'existence spirituelle de cette feuille de tabac qui s'évapore en fumée à leurs yeux, sous prétexte qu'ils ne peuvent en atteindre les rendez-vous avec leurs meilleurs télescopes.

Croyez-moi, mes chers professeurs, restez-en à vos sublimes conceptions mécaniques, copies des types occultes que cous niez, jusqu'à ce que vous ayez pu expliquer ce qu'est la vapeur, que vous n'avez pas créée, et que vous admirez sans la connaître... Allez plus doucement dans l'étude des lois de la création, si vous voulez être dignes de la maison que vous habitez. N'imitez pas le prêtre, qui, quand il ne sait démontrer, impose, et recevez en attendant, mes salutations fraternelles.

Pour vous, cher monsieur, je vous serre cordialement la main.

Alp. Càhagnet.

(La suite à la prochaine livraison.)

CORRESPONDANCE

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