‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 5)Chapitre 6 sur 47 · LES TABLES SE MEUVENT · texte numérisé non relu

LES TABLES SE MEUVENT

Les tables répondent, non pas en frappant du pied, mais par des coups électriques invisibles et sans les toucher. J'ai pris part à cette expérience avec le comte d'Ourches, la semaine dernière, dans une maison de Paris. Où allons-nous ? Voilà les esprits agissant sur la matière inerte sans l'intermédiaire de l'homme.

Vos foliés deviennent des vérités mathématiques. .

. QofUe boute pour vts«dvfiiwmt 1 Tout à vous,

AUflôltAlU*

BttignoUe*,lt9jiiU)eU8gS.

APPARITION BT VISIONS*

Mon cher monsieur Cahagnet,

Peut-être avez- vous le droit de me taxer d'an peu de paresse, d'avoir tardé jusqu'à ce jour pour vous écrire, mais soyez bien persuadé que dans ma pensée je n'ai jamais hésité à vous rendre, satisfaction de la séance magnétique dont vous avez bien voulu m'honorer. À peine étais-je de retour de mon voyage, que les travaux de la moisson ont commencé, et quelles que soient les préoccupa* fions de l'esprit, vous saves que, pour le cultivateur comme pour le prolétaire, la vie terrestre a des exigences impérieuses auxquelles on ne peut manquer impunément. Je puis même vous avouer que je serais peiné de ne pas continuer mes relations avec vous, si toutefois elle, ne vous sont pas trop désagréables ; tout en évitant de vous être importun. Oui, cher monsieur, je reconnais que madame Adèle m'a donné des détails très-exacts et très-circonstanciés, sur la personne décidée, qu'à mon désir vous avez bien voulu évoquer.

Comme je crois avoir remarqué en vous, ainsi que

dins tons vos ouvrages» m ardent et sincère amour de la vérité (et il n'en saurait être antre 1 * meqt dans le genre d'études auxquels vous vous livrez, sans être, comme vous le dites fort bien, un charlatan de la pire espèce et le dernier des hommes)» Je dois donc dire, pour rendre hommage è cette môme vérité, qu'il y a eu erreur sur la corpulence dans les détails donnés, erreur que je regrette et qui cependant me prouve è priori que la lucide ne lisait point dans ma pensée, quand d'un autre côté elle me rappela telle et telle circonstances de la plus minutieuse exactitude et -auxquelles j'étais loin de penser.

Vous ne trouverez pas mauvais, monsieur, que je ne relate point ces différents détails, qui étaient presque tons d'intimité, comme vous pouvez en avoir souvenir.

L'enfant sur laquelle Mme Adèle m'a donné des détails très-vrais, a passé ses vacances è la maison. Ainsi que nous en étions convenus; je l'ai magnétisée, j'en ai remarqué des effets trèa~sensiblea, mais soit inexactitude (forcée), soit inexpérience de ma part en toute autre circonstance, je n'ai point produit le sommeil ; c'est une partie remise mais non abandonnée.

Cher monsieur, veuillez me permettre quelques observations auxquelles il vous sera loisible de répondre si bon vous semble. Il est dit dans vos Ar-

cane» que l'âme au sortir du corps, comparaît devant Dieu pour subir ud jugement, ete. ; il y est dit aussi que des esprits s'emparent de l'âme pour l'introduire dans des groupes de société, etc. ; il est dit encore que MM. Pirlotet Cahaguet, votre père, avaient peine à croire que leurs conditions fussent changées, etc. Ces différents rapports semblent des anomalies difficiles à concilier.

J'aurai bien aussi quelque chose à formuler touchant le libre et non libre arbitre ; mais cette question est si vaste, si profonde, si grandiose, renferme tant de pensées qui semblent contradictoires, que mon pauvre esprit s'arrête stupéfait devant tant de grandeurs ! ! 1

Semblable au voyageur voulant continuer sa route au milieu d'une nuit sombre, qui bientôt s'égare, sa marche incertaine est forcément arrêtée par une barrière infranchissable, c'est une montagne à pic, inaccessible en cet endroit, même aux plus expérimentés ; cherchant de tous côtés, et ne voyant que d'épaisses ténèbres, il se résigne dans le silence à attendre que la lumière se fasse pour guider ses pas.

Cher monsieur, voici une petite anecdote dans toute sa simplicité, et dont je puis vous garantir l'authenticité la plus exacte. C'est une vision qu'eut ma sœur aînée à son lit de mort et qu'elle m'a racontée elle-même dans un moment où la

— Jft —

lièvre lui avait donné un peu de répit; je croit encore entendre sa voix dont le timbre me frappait si sensiblement, il y a de cela 32 à 35 ans. Je voyais mon père dans l'eau, me disait-elle, et un taureau furieux cherchait à le saisir de ses cornes; je suis accourue à son secours, je l'ai pris. dans mes bras et l'ai enlevé auxcieux. » Deux ou trois jours après ce récit, ma sœur n'était plus de ce monde. Une année n'était pas écoulée, et mon père avait rejoint ma sœur. Je dois vous dire que peu de temps avant cette époque, mon père avait conclu un marché ruineux, à l'instigation et par l'astuce d'un propriétaire avare. Cette même sœur me disait encore à son lit de mort. « Comme c'est singulier, c'est comme si ce n'était pas moi qui fût malade, il me semble en voir un autre à ma place. » J'ai éprouvé par moi-même dans une maladie sérieuse, le même effet ; je n'y attachais aucune observation, et cependant je m'en rappelle comme si c'eût été aujourd'hui même.

Je yous accuse réception delà dernière livrai* son de Y Encyclopédie magnétique , je désire continuer de recevoir cet ouvrage ; mais ne me rappelant plus les conditions de la souscription, vous voudrez bien avoir l'obligeance de m'en dire un mot. Je vous prie d'être indulgent sur ma manière d'écrire; si je pouvais apporter ma pierre à l'œuvre, je le ferais avec plaisir; mais chacun son

rtte, tous cenx qni entrent dans la lice ne peuvent pas remporter le prix, et il n'est même pas donné à tous d'y entrer.

Cher monsieur, veuillez recevoir mes salutations fraternelles, ainsi que madame Adèle et M. Lejeane.

Votre frère en Dieu,

DBNIZET,

Cultivateur, h Perrollet, commune de Villeoeuve-sur-Conie , Loiret

P. S. Je ne vous parle point du miroir galvanique, parce que jusqu'à ce jour je ne suis encore parvenu qu'à me procurer le mal de tète.

J'ai vu que vous aviez changé de domicile; mais ayant oublié d'en prendre note, et ayant porté Y Encyclopédie chez le relieur, je suis forcé de vous faire passer cette lettre à votre adresse antérieure.

BÉPONSE A H. DBNIZET.

Je voudrais, cher monsieur, pouvoir satisfaire à votre demande, en vous affirmant , qu'à la spiritualisation, l'âme humaine parait devant Dieu, pour rendre compte de ses fautes, tel me l'a fait entrevoir Binet, mon premier extatique ; mais pour affirmer il faut être convaincu, et je ne le sais nullement sur cette question. Les éludes que

j'ai faites depuis ce temps, par le mtae teceui

d'extatiques, m'ont enseigné quelque chose de semblable à peu près, nais non d'identique. Ce qui me paratt ressortir de plus exact et de plu* admissible de ces révélations, est -que l'âme de l'homme a son entrée dans, l'état spirituel, est réellement mise en mesure de connaître sa nouvelle position, tant par des visions qu'elle a d'esprits supérieurs, que de parents ou amis spiritualités avant elle, qui viennent lui conter son départ de la terre, ainsi que lui rappeler sa dépendance de la justice divine; mais que selon ses dispositions tant au repentir qu'à la jouissance de cette nouvelle existence, elle prenait ces apparitions pour des écarts de son imagination, pour des démonstrations trompeuses, ou qu'elle les acceptait comme vraies. Selon sa décision se dessine son sort futur; elle court droit à ses affections, si elle préfère les bonnes plaines labourées de son cher département terrestre , elle reprend ses lourds sabots et les parcourt à son aise. Si au contraire elle préfère les plaines éthérées du inonde spirituel, elle se laisse guider dans ces immensités parles cicérones commis à cet effet. Ce qui m'est assuré, et ce que je crois pouvoir affirmer, est que beaucoup d'entre nous ne croient pas avoir quitté la terre, très-longtemps après leur spirituatisation. }'ai expliqué le pourquoi de

cette erreur, et je le maintiens jusqu'à pi os ample démonstration du contraire. Vous connaîtrez de nouveaux détails (tome IV e des Arcanes , que je me propose de publier sous peu), concernant l'entrée de l'âme au monde spirituel, ses premières sensations et ses occupations.

C'est parce que les révélations contenues dans les Arcanes, contiennent des anomalies, que je continue avec persévérance l'étude de l'importante question de la vie future, a6n d'offrir à mes frères, non des vérités* mathématiques sur cette existence mystérieuse, mais des probalités dignes de leur méditation. Un seul livre ne contient que des vérités exemptes de tout contrôle, c'est celui que renferme le sanctuaire divin ; les hommes n'ont et n'auront sans doute jamais la clef de ce riche sanctuaire.

Pour ce qui concerne la question du libre et non libre arbitre, je vous prie de relire ce que j'en ai dit dans X Abrégé des Merveilles du ciel et de l'enfer, d'Emmanuel Swedenborg: c'est tout ce que j'ai cru pouvoir mieux dire, sauf si c'est ce qui est le mieux dit sur cet écueil de l'observation humaine.

Recevez, cher monsieur, mes salutations fraternelles,

ALP. ÇÀHAGNET.

PH0CE9-VEBBAUX DE SOMtfAMMlISIIE

d'apparitions, ETC.

Séance de mai 1854»

Un de nos cousins de Seuil était de passage chez nous pour la première fois; il partait pour l'Afrique ; nous étions réunis une petite société à la maison; on parlait voyages, on parla de tout; il se trouva que les deux bagues magnétisées que je portais s'échappèrent de mes doigts ; Zénaïde en ramassa une et Mlle B... qui était présente se baissa pour prendre l'autre. — Ne les mettez pas, leur dis-je; elles vous feraient dormir. (Mlle B... est somnambule comme ma sœur et se trouvait à la maison). Mon cousin se mit à rire; il ne savait pas que nous nous occupions de magnétisme, étant éloigné de Layannes et n'ayant pas de rapports avec nous depuis longtemps. Il était très-incrédule sur ces choses ; je lui proposai quelques expériences, lui disant qu'il adressera les questions lui-même sur ses parents morts ou vivants, sur ses amis et connaissances; il accepta, tout en refusant de croire.

Pendant ces débats, Zénaïde était entrée en sommeil, ce qui lui arrivait quand elle se servait de la bague magnétisée à cet effet pour nos expériences. Le cousin loi adresse^quelques paroles ;

elle motte au Spiritualisme, et le portrait qu'elle fait, les détails qu'elle donne ée plusieurs personnes mortes sont reconnus très-exacts. En présence de ces vérités, le cousin ne sait plus que dire, ni où il est. Parler aux morts est une chose si étonnante pour cefcx qui n'ont rien le du magnétisme npiritualiate 1 Et pour les matérialistes donc, d'est Ken autre chose ! . 4 .

*— Di tés-moi si je crois au magnétisme maintenant? demanda le cousin. —Pas précisément; tous avez encore des doutes, mais vous finirez par

Le èOusin n'avait pas parlé de son père à Èénaldo* (ieùsant qu'elle le connaissait. 11 désira consulter MUe B-. . . que je tais de suite en sommeil ; alors le cousin lai adressa les questions suivantes :

—* Pouvez'Vous aller chez nous voir ce que fait mon père? — Vôtre père n'est point chez vous ; il efctmert. Tenèi, le voici à ma droite ; il n'est p*s très-eontent de vous ; il vous fait des reproches. — Quels sont ces reproches? — Vous devez le savoir; c'est sur votre conduite qu'il vous fait ces réprimandes* — Efcbten 1 ne craignez rien ; ditesmoi ce que vous voyez. — Non, je ne veux pas vous Mire rougir. — Est-ce que j'ai fait tort, à quelqu'un ? — Non, vous n'en avez fait qu'à vousmême. -^ Parlez ; lie craignez pas de me faire rougir ; il n'y a pèrsorae dé trop ici ; dite* ce qfcè t«us

voyez. —Vous ave* fait le libertin ; vous vota ètet ipis eo concubinage avec une particulière on peu plus Agée que vous. — Oui, vous dites juste.— Vous vous y prenez bien jeune. — Quel Age me donnez- vous ? Vous avez dix-sept ans» — C'est vrai* — Pourriez-vous me dire si je fais an long voyage? — Vous allez en Afrique ; mais prenez garde de n'en pas revenir, voqs attraperez les fié* vres, — Mon père sait-il que je fais ce voyage? demandez-le lui ? Oui» il le sait ; il voit toutes vos actions bonnes ou mauvaises. — Faitçs~jnei son signalement. (Elle le fait et le portrait est reponnu très-exact.)

. Quelles étaient ses occupations sur la terrç? — Je loi vois plusieurs petits outils ; il travaillait dans le fer, mais pas toujours; il avait plusieurs états ; il s'occupait de beaucoup de choses, car il était très-industrieux. — Quelle fut sa maladie? — 11 est mort enflé, — A quel Age ?— A quarantequatre ans. —Y a-t-il longtemps? — Non. — Ma mère est-elle remariée? allez la voir I — Non, elle n'est pas remariée ; il vaudrait mieqx qu'elle le fût, ce serait plus honorant pour elle, car elle est avec un homme ; c'est un grand brun» beau de figure, — A-t-il des enfants, cet homme? — Je vois deux petits garçons, mais il n'y en a qu'un A lui. — Cet homme a-t-il sa femme?— Oui, ils sont ensemble avec votre mère. — Quelle est la pro-

— sa —

fession de ma mère ? — Elle va souvent devant le monde; mais je ne sais pas quoi précisément ; on dirait aussi qu'elle vend quelque chose ; elle ne parait pas regretter votre père ; ce n'est point une femme vertueuse; elle n'avait pas d'amitié pour votre père. — Le traitait-elle bien pendant sa maladie ? — Très-médiocrement ; elle n'était point sensible à ses souffrances; elle désirait plutôt sa mort que sa guérison. — Voyez-vous encore autre chose? — Votre mère vous a fait tort à la mort de votre père.

Le cousin se dit convaincu ; il nous assura de la vérité de toutes ces choses, et nous demanda une séance pour le lendemain avant son départ ; plusieurs personnes, des voisins, des voisines étaient là et peuvent attester ces faits.

clbonie bernier, de Lava unes.

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