DEUXIÈME PROCES-VERBAL
Je ne sais, monsieur, comment vous arriverez à lire la première partie, écrite sur du papier si léger ; je vous en demande pardon. Voici une seconde séance copiée sur les cahiers que j'ai ici à M. Gléonie Bernier ; il m'a fait dire, monsieur, de vous envoyer quelques séances ; j'obéis :
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Lavaoues, 15 octobre 1834.
M. Grison, ouvrier couvreur, se trouvait à travailler ici lorsque, témoin de mes expériences somnambuliques, il me pria d'interroger Zénaïde au sujet d'un neveu que nous ne connaissions point à Lavannes. — : Je vois un militaire, dit Zénaïde; il pleure. — Pourquoi pleure-t-il? — C'estjparce qu'il regrette la terre. — Fais-moi son portrait. (Elle le fait, et ce signalement est reconnu exact par M. Grison). — Comment est-il mort? i — Il est mort dans Peau ; il s'est noyé in volontaii rement, en se . baignant avec deux de ses camai rades ; il a perdu pied et il ne put se sauver. — i Ses camarades se sont-ils aperçu qu'il se noyait? — Non, pas aussitôt, mais seulement en sortant de l'eau; l'un des deux se met aussitôt à sa recherche et retrouve son camarade, mais sans vie, au fond de l'eau qui était profonde et rapide. — Cet infortuné ne savait donc pas nager? — Pas f , aussi bien que ses camarades. — À-t-il beaucoup r souffert pour mourir? — Il me dit que je ne lui , t parle pas de sa mort parce qu'il éprouve de la cl peine. — Il n'est donc pas heureux au ciel pour j regretter la terre ? — Il est placé dans une belle lumière; il est heureux, mais il le serait plus encore s'il n'était pas attaché à quelqu'un de la terre qu'il affectionne beaucoup ? — Quel est ce quel-
qu'an? — Il ne veut pas me lé dire maintenant. — Pense-t-il souvent à ses, parents? — Oui, il se plaît à les visiter, pas tons cependant. — Etait-ce Une demoiselle qu'il aimait sur la terre ? — On ne répond pas à ta demande ; il se rempt à pleurer comme tout à l'heure... il me montre dans ce moment un billet sur lequel il y a écrit en gros caractères : H vais souvent la voir... je ne le vois pins. — Où va-t-il ? — Dans le ciel. — Qpelles sont ses occupations; pime-t-il la société ?i-~ Non, il cherche la solitude; il se trouve plus libre four penser aui personnes qu'il aimait; aucune distraction ne peut l'en détourner jusqu'à présent ; mais cet état n'aura qu'un temps; H jouira bientôt du bonhpur que procure le ciel et se familiarisera avec les bons esprits, ear s'il s'en éloigne aujourd'hui, c'est parce qu'il vient de quitter la terre et ne pense encore qu'aux choses terrestres. —Voistu combien de temps il a été au service ? — Il n'y a pas été vingt jours. — De quel «adroit est cette personne qui le tient encore attaché à la terre ? — C'est une demoiselle née dans les environs de Paris; elle reste en ce moment à Château- Percien.
Lç tout ayant été reconnu très-exact par M. Grison, il n'y avait aucun doute sur l'apparition de ce jeune militaire. Nous avons écrit ces notes en présence de témoins.
CLÉOMIB KUMIBR.
— ss —
TABLBS BT COMBIU» ANIMÉ». — BIHJM* APH1B AMÉRICAINE.
Notre vénérable et studieux correspondant, H. Saignes d'Angers, nous a honoré de la curieuse correspondance qui suit, correspondance dont nous donnons connaissance avec empressement à nos lecteurs. La première partie, concernant la réponse adressée à M. l'abbé Almignana sur certaines assertions contenues dans la dernière brochure de ce libre penseur, lui a été communiquée par nous. M. Almignana nous a autorisé à déclarer qu'il avait erré sur cette question et qu'il se rendait à l'opinion de M. Salgues. Combien d'autres n'ont pas cette franchise et cette humble justice que possède notre vénérable ami ! C'est un exemple à suivre , surtout en nos jours et dans ces questions si pleines d'obscurité, malgré la lumière qqi les écrire.
M. Salgues opère d'une manière toute neuve avec les corbeilles pour obtenir des esprits , les communications que l'on va lire, ce n'est pas par le secours d'un seul opérant que le crayon écrit mais bien lorsqu'il y a trois et quatre personnes posant leurs mains sur une vaste corbeille au centre de laquelle est attaché un crayon, que personne se voit fonctionner. Cette manière d'opérer enlève toute idée de conduire soi-même cette corbeille avec un peu d'adresse, comme on l'a prétendu
antérieurement : ce qu'une personne voudrait écrire ainsi, occultement, n'étant pas connu de ses aides, par conséquent trouvant de la résistance chez des personnes qui ne veulent pas être victimes de quelque fraude, elle ne pourrait, disons-nous, opérer sans leur secours.
M. Salgues, érudit littérateur, nous a également traduit, d'ouvrages américains, les passages les plus en rapport avec les Arcanes de la vie future dévoilés. A eux seuls, ils suffisent pour prouver que notre folie a été contagieuse, et que son meilleur, remède est d'en étudier les accès, avant de prononcer sur elle.
Au». Cahagnet.
A M. CAHAGNET.