‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 5)Chapitre 8 sur 47 · RÉPONSE A LA BROCHURE DE M. L'ABBÉ ÀLMIGNÀNÀ · texte numérisé non relu

RÉPONSE A LA BROCHURE DE M. L'ABBÉ ÀLMIGNÀNÀ

Dans sa brochure intitulée : Du Somnambulisme, des Tables tournantes et des Médiums, considérés dans leurs rapports avec la théologie et la physique , le loyal abbé Almignana nous prouve qu'il ne veut ni nous tromper ni se tromper luimême, et manifeste le désir de s'éclairer sur les phénomènes spirituels, là où il peut y avoir encore de l'obscurité pour lui. Or, lorsque, page 20, il demande à l'esprit qui lui répond , quelles sont ,

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en définitive , les langues que les esprits nous parlent. — Cet esprit répond : « celles des consultants et pas d'autres. » Il en résulte que M. l'abbé Almignana est resté convaincu que les esprits ne savent que les langues que nous connaissons, qu'ils ne nous écrivent dans des langues étrangères qu'autant que nous sommes en état de les comprendre. On pourrait citer mille exemples pour prouver que le correspondant spirituel de M. Almignana a abusé de sa bonne foi ; mais, pour moi, je me bornerai à produire ceux qui suivent.

— On trouve dans l'ouvrage américain intitulé : « Spirit. manifestations, page 253, M. F..., instituteur, ne connaissant aucune langue étrangère, est tombé sous l'influence d'esprits appartenant à à 9 autres nations, et parle leur langue familièrement, sans avoir la moindre idée de ce qu'il dit. Deux personnes de la compagnie, présentes à la séance, et connaissant les idiomes indiens, donnèrent des éloges à son énonciation, et constatèrent l'éloquence de ses discours. Il chanta des chansons indiennes, et écrivit en chinois y en arabe et en hébreu, et Ton crût reconnaître un style de l'ordre le plus élevé.

» L'écrit hébreu retrace un grand caractère , dont Iç nom est mentionné dans les Écritures.

»Le manuscrit arabe a pour sujet un Jtojqme plein de l'amour de la nature.

» Enfin, ce qui fut écrit en chinois est le produit d'un brillant génie, d'une riche érudition, qui passe pour avoir marché au premier rang des poètes et dans la littérature, et que le médiupi dût annoncer pour le philosophe chinois Ilo-men-yong, qui vivait il y a mille ans. »

— pans le même ouvrage, page 252 : I*e docteur Buchanan, de Cincinnati, dit, dans son journal : « Déci4emment, le fait le plus étonnant de la puissance des esprits, qui soit à ma connaissance, est de faire parler aux médiums des langues étrangères, qui sont entièrement inconnues à ces derniers. y> Il cite une femme qu'un esprit fit parler en français, qu'elle ignorait complètement, et qu'elle prononçait mal.

— On trouve dans la Magie au !«• siècle, page 205 : « Un esprit dit à un jeune garçon, qui tenait un crayon dans ses doigts «c laisse-moi fpire tes devoirs, et je te réponds que tu seras toujours le premier de ta classe. » — Le père, très-spptique et présent, lui dit : Eh bien ! puisque tu es si savant, traduis -moi ce passage, et il ouvrit, au hasard, un livre grec, que le jeune homme n'avait pas encore expliqué. Le crayon écrivit la traduction iXQCti,m\$hé$i(atiQfi et rapidement, ce qu'un profepepr seul, peut-être» eût pu faire ; et le père,

il paraît, était militaire. Cet esprit connaissait trié-bien ce que le fils et peut-être le père , m connaissaient qu'imparfaitement. *

— On trouve dans une ht ochure de Mt . Gotigënot des Mousseàux , sut les tables parlante* , les détails (fui suiveàt. Parlant à on esprit, il dit : « Ce que tu fate, est-ce de la magie? — Betymho — Ce mot a-t-il un sens ? (pas de réponse.) A quelle puissance es-tu soumis? — Aiku. — Que signifie Betymno? — Lucifer. — Est-ce dans une langue des hommes ? — » Oui, hébraïque. — Que signifié Aftfc?" Bfùtnedeh.^Tn mens? — Oôf.— Àiku est-il le petit ou le grand Esprit ? — Le grand. — Quelle est l'heure où tu souffre* le plus? — Nemitoeif. — Sont-ce là plusieurs mots en ua et de l'hébreu?-^ Ont.»

Un traducteur appelé dit i a Éetyfnno, Èi (huma, traduction : C'est par l'immonde. Àikd : aiftoa j'obéis. — Efomedeh ; ef hoa rtiedeh : aussi lui gfaftd. — Ces mots, qui sent effectivement de la même léttgué qa'iifcu, ne peuvent en rendre fetenS. »

C'est donc en bon hébreu que cet esprit avait conversé avec des gens qui n'ont jamais su celle langue, remarque fort importante; car devant ce seul fait s'écroule une théorie tout entière. Comment mon esprit, me répondant par l'entremise (Tune tablé, pârterait-il une langue que ) ignore,

(dit M. des Mousseaux) aussi bien que tous les spectateurs, si elle ne devait dire que ce que nous pourrions dire nous-mêmes? »

L'abbé Lacordaire, qui s'est beaucoup occupé du phénoir ène des tables, dit qu'il a obtenu» avec un enfant, qui faisait mouvoir une table sans la toucher, des sentences écrites en hébreu, avec le crayon, que ni lui ni V enfant ne comprenaient, et qu'il a dû faire traduire par un Rabbin.

US ESPRITS PARLENT DBS LANGUES INCONNUES AUX HOMMES ET NE PEUVENT PAS TOUJOURS LEUR PARLER DANS DES LANGUES CONNUES DE CEUX A QUI ILS PARLENT.

Pour finir cette réponse à H. l'abbé Almignana, je ferai une dernière citation. Je rappellerai une séance que j'ai envoyée à M. Cahagnet, et qu'H a insérée dans son Encyclopédie magnétique. C'est un Esprit espagnol qui nous a répondu, et qui a signé hidalgo t albanil (noble et maçon). C'était à la chute du jour; il nous a donné six grandes pages, sans que nous eussions l'idée qu'il écrivait une langue étrangère, que quand il fut à la troisième page. Je reconnus qu'il écrivait en espagnol en m'approchant dqja fenêtre. Je lui proposai en vain, par rapport aux deux dames qui opéraient avec moi , d'écrire en

français ; il voulut cependant s'essayer, et ne fit rien de bon, écrivant : « Remembrez souvent vous. » Ce spécimen de son savoir en français me fit seulement connaître qu'il datait du xv* m xvi siècle. Je lui proposai aussi inutilement de nous écrire en anglais ou en italien. Enfin je doit confesser que l'espagnol m'est assez familier pour que j'aie pu lire ce qu'il nous a écrit, moins deux mots, que j'ai dû chercher dans le dictionnaire; mais, suivant l'esprit qui a trompé M. Almignaga, cet Espagnol n'aurait pas dû employer des termes dont il savait que j'ignorais la signification.

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