V. 22. « Ils le feront mourir, il ressucitera le troi
sième jour, ce quiles affligera extrêmement. Chap. 20, v. 28. De môme que le ûls de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie pour la rédemption de plusieurs. »
Chap. 26, v. 53. • Pensez-vous que je ne puisse pas prier mon père, et qu'il ne m'enverrait pas tout présentement plus de douze légions d'anges? »
V. 54. « Mais comment s'accompliraient les Ecritures, qui ont marqué que les choses doivent arriver ainsi?»
Chap. 27, v. 9. • Alors ces paroles du prophète Jérémie furent accomplies ; ils ont reçu les trente pièces d'argent, qui étaient le prix de celui qui a été mis à prix, et dont ils avaient fait le marché avec les enfants d'Israël. »
Y. 20. « Et ils les ont données pour acheter le champ d'un potier, comme le Seigneur m'avait appris qu'ils devaient le faire. »
Obs. Il est donc incontestable, d'après Matthieu, que Jésus devait venir sur la terre, instruire et mourir, pour et par les hommes. S'il n'est pas un fait de son existence, si simple qu'il soit, qui ne soit point écrit à l'avance par la main de celui ou de ceux qui connaissent ou dirigent nos actions, on ne peut récuser que ceux qui ont servi d'instruments à l'accomplissement de ces choses devaient en servir, par conséquent, qu'ils sont déjà assez à plaindre d'être nés en vue de l'accomplissement de ces choses, sans subir une punition quelconque, pour avoir agi tel qu'ils devaient agir!
Si Pierre devait tirer l'épée du fourreau, comme nous l'avons vu, il devait donc couper une oreille à un malheureux qui devait à sou tour avoir une oreille coupée ?
Si la prophétie de Jérémie devait être accomplie à l'égard de Jésus, Jérémie n'était donc pas un larron ni un menteur, comme Jésus traite tous ceux qui sont venus avant lui? Si jusqu'au nombre des pièces d'argent de sa vente, étaient comptées à l'avance, il fallait donc que Judas les reçût?... Afin de nous éclairer sur cette question plus complètement , consultons l'historien Marc; nous lisons chap. 8, v. 34 : « Alors il commença à leur apprendre qu'il fallait que le fils de l'homme souffrît, beaucoup de choses, qu'il fût rejeté par les anciens, par les princes des prêtres et parles scribes, qu'il fût mis à mort et qu'il ressuscitât trois jours après. »
Chap. 44, v. 30. « jfèsus dit à Pierre : Je vous dis en vérité que vous même aujourd'hui, dans cette nuit, avant que le coq ait chanté deux fois, vous me renierez trois fois. »
V. 34. « Mais Pierre ajoutait à ce qui avait été dit: Quand il me faudrait mourir avec vous, je ne vous renierais point, et tous les autres en disaient autant. »
Obs. L'on sait que Pierre a accompli fidèlement la parole prophétique de Jésus, ce qui nous prouve qu'il fallait que Pierre prononçât ces paroles, et cela à une heure fixée à l'avance! ce qui, par la répugnance qu'elles lui causaient et par la connaissance qu'il avait
de cette mauvaise action, devait être pour lui une force supérieure contre son accomplissement. Eh bien nonl Pierre a fait ce qu'il devait faire I Est-il plus coupable dans cette circonstance que Judas, qui devait vendre Jésus une somme arrêtée à Pavance? que les juges qui devaient le condamner? que le peuple qui devait le flageller? que les bourreaux qui devaient enfin le crucifier ?.. Nous répondrons : tâchez de mieux apprécier ce que vous dites et de vous entendre avec vous* même. Et nous ajouterons : si les Juifs n'avaient pas voulu, ou avaient pu ne pas crucifier Jésus, les vues de Dieu étaient entravées, les hommes non rachetés, et les prêtres de Jésus seraient de bons soldats ou de bons laboureurs en ce jour, ce qui ne serait pas moins honorable pour eux, et non moins rassurant pour la liberté de leurs frères. Nous devons donc à l'obéissance des Juifs des actions de grâces pour la part active qu'ils ont prise dans notrè rachat, ainsi que beaucoup de réparations dans Je séjour éternel pour toutes les cruautés que nous avons exercées et que nous exerçons encore en nos jours envers eux.
Passons à Jean et voyons s'il est d'accord avec ses collègues sur cette question ; nous lisons chap. 42, v. \ 6 : « Les disciples ne firent point d'abord attention à cela, mais quand Jésus fut entré dans sa gloire, ils se souvinrent alors que ces choses avaient été écrites de lui et qu'il les avait accomplies à son égard. »
Chap. 8, v. 34. f Pilate leur dit : Prenez-le vousmême et le jugez selon votre loi. •
Les Juifs lui répondirent : Il ne nous est pas permis de faire mourir personne.
Y. 32. t Afin que ce que Jésus avait dit, lorsqu'il avait marqué de quelle mort il devait mourir, fût accompli. »
Cbap. 49, v. 40. fPflate lui dit: Vous ne me parlez point, ne savez vous pas que j'ai le pouvoir de vous faire attacher à une croix, et que j'ai le pouvoir de vous délivrer ? t
V. 44. t Jésus lui répondit: Vous n'auriez aucun pouvoir sur moi s'il ne vous avait été donné d'en haut, c'est pourquoi celui qui m'a livré à vous a commis un plus grand péché, t
V. 28. t Et après cela, Jésus voyant que tout était accompli, afin qu'une parole de l'Écriture ne fût pas encore accomplie, il dit : J'ai soif, t
V. 29. t Et comme il y avait là un vase plein de vinaigre, les soldats en remplirent une éponge et, la mettant au bout d'un bâton avec de l'hyssope autour, ils la lui présentèrent à la bouche, t
Y. 30. « Jésus ayant pris le vinaigre, dit : Tout est accompli, et baissant la tête, rendit l'esprit. •
Jean termine son récit par les deux versets suivants :
Cbap. 49, v. 3 5. « Celui qui l'a vu en rend témoignage, et son témoignage est véritable, et il sait qu'il dit vrai, afin que vous le croyiez aussi. »
Y. 36. t Car ces choses ont été faites «fin que cette parole de l'Écriture fût accomplie : vous ne briserez aucun de ses os. »
Obs. Nous voyons, par ce qui précède, que cette condamnation répugnait k Pilate et non moins aux Juifs qui lui répondent : « Il ne nous est pas permis de faire mourir personne. • Mais comme Jésus devait mourir d'une mort marquée à l'avance, Pilate la lui fit connaître, ainsi que le pouvoir qu'il avait de le gracier. Jésus ne voulant ou ne pouvant pas profiter de cette généreuse intention, lui répond avec assurance : t Vous n'auriez pas ce pouvoir s'il ne vous avait pas été donné d'en haut, c'est pourquoi celui qui m'a livré a commis un plus grand péché. * Jésus manque de respect envers son père danB cette réponse; car le premier qui l'a livré aux hommes est Dieu lui-même, comme il le reconnaît à chaque instant. Il n'est pas probable que Dieu puisse pécher, et il est non moins probable que celui qui accomplit la volonté de Dieu pèche plus que Dieu même. Judas n'est qu'un Pierre, qu'un Pilate, qu'un agent, enfin, de ce qui doit arriver. S'il y a péché, il est naturel d'admettre que c'est celui qui l'a commis le premier qui en est responsable. Jésus devait le reconnaître.
Nous voyons également qu'il n'y a pas de liberté pour Jésus, jusque dans la soif qu'il éprouve, soif qui doit le prendre en temps et heure, par conséquent sur qui ou sur quoi ferons-nous retomber la responsabilité de ces choses? Sur la raison de Dieu ou sur l'irraison des hommes»
Mous voyons que l'historien Jean, dans ses deux derniers versets, tient à être véridique et faire croire
qu'ayant vu de ses yeux et entendu de ses oreilles, il ce peut se tromper ni nous tromper. Nous allons alors le confronter avec ses collègues, afln de voir s'il y a accord et exactitude entre eux, et si les Évangiles sont la vérité même. Commençons par voir ce que Matthieu dit de la p&que.
Chap. 26. v. 26. § Pendant qu'ils soupaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit, et le donna à ses disciples, en leur disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps et mon sang. »
V. 27. « Ensuite, prenant le calice, il rendit grâce et le leur donna en disant : Buvez-en tous.t
V. 28. § Car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés, t
Obs. Jean, beaucoup plus explicite que Matthieu, fait précéder cette agape fraternelle d'un lavage de pieds, action que ne devaient pas passer sous silence des historiens consciencieux en vue du mérite même de l'action. Mais poursuivons de voir l'accord qu'il y a entre ces deux historiens.
Jean dit, chap. 43, v. 18. « Je ne dis pas ceci de vous tous, je sais qui sont ceux que j'ai choisis ; mais il faut que cette parole de l'Ecriture soit accomplie : celui qui mange du pain avec moi lèvera le pied contre
▼. 49. t Je voua dis ceci maintenant avant que cela arrive, afin que letequ'il arrivera, vouais poor ce que je sofa. »
V. 20. « En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque reçoit celui que j'ai envoyé, me reçoit moi-même, et qui me reçoit, reçoit celui que j'ai envoyé. »
V. 21 . « Jésus ayant dit ces choses, se troubla en son esprit, et leur déclara ce qui devait lui arriver, en gisant : En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me trahira. »
V. 22. • Les disciples donc se regardaient l'un l'autre, étant en doute de qui il parlait. •
V. 25. « Mais l'un deux que Jésus aimait étant couché sur le sein de Jésus. •
V. 24. Simon Pierre lui fit signe de demandera Jésus qui était celui dont il parlait ?»
y. 25. a Ce disciple donc qui se reposait sur le sein de Jésus lui dit : Seigneur, qui est-ce ? »
y. 26. « Jésus lui répondit : C'est celui à qui j'aurai donné un morceau que j'aurai trempé, et ayant trempé un morceau, il le donna à Judas Iscariote, fils de Simon. »
y. 27. « Et quand il eut pris ce morceau , Satan entra dans lui, Jésus lui dit : Faites au plus tôt ce que vous faites. »
y. 28. « Nul de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il avait dit cela. »
y. 29. « Car quelques-uns pensaient qu'à cause que Judas avait la bource, Jésus lui avait voulu dire : achetez-nous ce qui nous est nécessaire pour la fête, ou donnez quelque chose aux pauvres. »
.Y- 30. c Judas donc ayant reçu ce morceau, sortit aussitôt, et il était nuit. »
Obs. Trouvons-nous dans les deux historiens précités quoi que ce soit d'accord sur une action aussi importante que celle de la p&qoes au point de vue de renseignement des prêtres de Jésus en nos jours? action dont est découlé avec modification le sacrement de l'Eucharistie? Non, l'un dit que le pain fraternel a été rompu en signe d'alliance, l'autre n'en parle pas. L'un ne fait point précéder cette Cène du lavage des pieds, action pleine d'humilité; l'autre la cite. Est-ce pour ne pas se répéter que ces historiens agissent ainsi ? Non, nous l'avons déjàdit, puisqu'ils rapportent les mômes scènes, mais avec des modifications qui en dénaturent totalement la véracité. C'est ainsi que Luc dit, chap. 42, v. 3, 4, 5, 6, « que Satan entra dans Judas avant la pàque, vu qu'il promit aux officiers du temple de leur' livrer Jésus à la première occasion favorable, et pendant la Cène il fait dire à Jésus ces seuls mots à cette occasion : «Aureste, la main de celui qui doit me trahir est à table avec moi. » Marc cite également cette scène comme Matthieu; mais il ne parle nullement des paroles adressées à Judas par Jésus. Lequel croire, où est la vérité? Jean fait entrer Satan dans le corps de Judas lorsque ce dernier mange le pain trempé que lui a donné Jésus, et fait même dire par ce dernier Faites au plus tôt ce que vous faites. Est-ce à Satan que Jésus parle, ou est-ce à Judas? Que ce soit à l'un ou à l'autre, c'est toujours approuver ce
qui se fait, puisque Jésus dit: Faites le au plus tôt, quoique Jésus sache fort bien que cela nç peut être fait qu'à l'heure prescrite par les Ecritures, comme- celle du reniement de Pierre !... » "
Nous voilà dans les ténèbres les plus épaisses, au milieu des treize flambeaux de la prétendue rédemption du monde I... I verrons-nous plus clair dans l'arrestation de Jésus ? Je ne sais ; mais Matthieu la rapporte ainsi :
Ghap. 26, v. 47. « II parlait encore lorsque Judas, l'un des douze, arriva, et avec lui une grande troupe de gens armés d'épées et de bâtons, et envoyés par les princes des prêtres et par les anciens du peuple. »
V. 48. « Or, celui qui le livra leur avait donné ce signal, celui que Je baiserai, leur avait-il dit, c'est luimême, arrêtez-le. •
V. 49. a Et aussitôt, il s'approcha de Jésus et lui dit : Je vous salue, mon maître, et le baisa. »
V. 50. « Jésus lui dit : Mon ami, qu'étes-vous venu faire ici? Et en même temps ils s'avancèrent et mirent les mains sur Jésus et se saisirent de lui. »
Voyons ce que dit Jean de cette arrestation :
Jean, chap. 48, v. 4. c Jésus ayant dit ces choses, s'en alla avec ses disciples au delà du torrent du Gédron, où il y avait un jardin dans lequel il entra avec eux. »
Y. 2. « Judas, qui le trahissait, connaissait aussi ce lieu-là parce que Jésus s'y était trouvé souvent avec ses disciples. »
V. S. « Ayant donc pris une compagnie de soldats et des gens que lui envoyèrent les princes des prêtres et les pharisiens, il vint en ce lieu avec des lanternes et des flambeaux et des armes. »
V. 4. a Mais Jésus qui savait tout ce qui devait lui arriver, vint au-devant d'eux et leur dit : Que cherchez-vous ?
V. 5. a Ils lui répondirent : Jésus dé Nazareth. Je sus leur dit : C'est moi. Et Juda qui le trahissait était présent avec eux. »
V. 6. « Lors donc que Jésus leur eut dit : C'est moi ils furent tous renversés et tombèrent par terre. »
V. 7. « Il leur demanda encore une fois, qui cherchez vous ? Ite lui répondirent : Jésus de Nazareth, a
V. 8. « Jésus leur répondit : Je vous ai déjà dît que c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. »
V. 9. « Afin que cette parole qu'il avait dite fût accomplie, je n'ai pas perdu un seul de ceux que vous m'avez donnés. »
Obs. Si nous consultons Luc, chap. 22, nous voyons qu'il fait donner, comme le dit Matthieu, un baiser par Judas à Jésus; mais il fait dire les paroles suivantes à Jésus, paroles que les deux autres historiens citent autrement, v. 50. a En môme temps, l'un d'entre eux (disciple de Jésus) frappa un des gens du grand prêtre et lui coupa l'oreille droite. »
V. 5-1. « Mais Jésus prenant la parole, lui dit : Demeurez-en là; et ayant touché l'oreille de cet homme, il la guérit. »
Y. 52. « Puis s'adressant aux princes des prêtres, aux officiers du temple et aux anciens qui étaient venus le reprendre, il leur dit : Vous êtes venus ici avec des épées et des bâtons comme si j'étais un voleur. »
V. 53. « Quoique je fusse avec vous tous les jours dans le temple, vous n'avez pas mis la main sur moi; mais c'est ici votre heure, et la puissance des ténèbres, »
Obs. Marc dit à peu de choses près comme Luc, hors l'oreille coupée dont il ne parle pas. Que devons-nous conclure de ces quatre narrations contradictoires? Jésus a-t-il été baisé par Judas, ou s'est-il livré luimême à la troupe qui venait l'arrêter?
Cette troupe était-elle composée cfe soldats et de gens du peuple, ou des princes des prêtres et des anciens du peuple ?
Ces hommes ont-ils tombé à terre» ou sont-ils restés debout?
Un disciple de Jésus a-t-il coupé une oreille, et Jésus l'a-t-il guérie instantanément, ou n 'a-t-il pas élé coupé d'oreille, puisque tous n'en parlent pas ? »
Si cette oreille a été coupée, l'a-t-elle été par Pierre, disciple de Jésus , ou par tout autre, vu que Luc seul dit : « L'un d'entre eux frappa un des gens du grand prêtre et lui coupa l'oreille droite ?»
Jésus a-t-il dit : demeurez-en là, lorsque l'oreille a été coupée, ou a-t-il dit : remettez cette épée dans le fourreau, car quiconque se servira del'épée périra par
l'épée, comme des Evangiles plus modernes le lui font dire ?
Quelles sont enfin les paroles prononcées par Jésus, puisque chacun le fait parler d'une manière différente? Ces simples questions sont de la plus haute importance dans une narration de faits qui doivent, par leur cachet de vérité, établir la foi de l'étudiant qui ne cherche que la lumière ? Mais nous voyons au contraire que c'est directement cette lumière qui manque à ceux qui disent la posséder seuls.
Passons au jugement de Jésus. Sans doute que l'impression faite sur ses historiens par la vue d'un acte aussi douloureux, leur commandera d'être plus d'accord entre eux. •
Nous lisons sur ce sujet :
Version de Matthieu.
Chap. 26, v. 62. « Jésus étant devant Calphe, ce dernier lui 'dit : Vous ne répondez rien à ce que ces gens déposent contre vous ? »
V. 63. « Mais Jésus ne disant mot, le grand prêtre lui dit : Je vous conjure par le Dieu vivant de nous dire si vous êtes le Christ, le fils du Dieu vivant ? »
V. 64. « Jésus lui répondit: Vous l'avez dit; mais je vous déclare qu'un jour vous verrez le fils de l'homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et qu'il viendra sur les nuées du ciel. »