RÉSUMÉ
Ce que nous résumons en notre nom sur la personne de Jésus, est que le Christ a existé de toute éternité, et non pas depuis dix-huit cents ou dix mille ans... Le Christ n'est que la personnification allégorique de la pensée de Dieu, enfantant la parole, parole projetant, par un souffle de vie éternel, dans l'infini rayonnement divin, les reflets des pensées de ce grand Être passant à l'état matériel.
L'état matériel n'est également, aux yeux du libre penseur, qu'une cohésion des constituants du grand souffle divin qui anime les créations... Une distantion d'optique a été imposée à ces créations, afin qu'il y ait contraste dans leur appréciation , tant dans leur vraie forme, leur étendue, que les apparences des distances qui les séparent. :
Cette distanlion d'optique était nécessaire pour déterminer l'étude, le jugement, les affections et les sa* tisfactions des êtres... elle devenait -ce balancier éternel qui alimenté le mouvement incessant de recherche du désiré dans le délaissé... du non possédé dans la satiété de la possession... de la connaissance dans l'ignorajice... de la lumière dans les ténèbres... point et cercle... pensée et parole.... prototype insubstantiel par la liberté des parties dont il est formé, et type substantiel par la cohésion et l'esclavage des parties qui le composent... Voilà Dieu et son vis-à-vis qui est son œuvre... Sa pensée, se rendant sensible à ses sens par la parole, et se rendant objective à ses yeux par la forme... Voilà son amour pour sa vibration animant les espaces et les mondes... L'ange et l'homme... dessinant l'interne et l'externe... formant la lumière et l'obscurité... tendant sans cesse au repos par la cohésion ... aux ténèbres par l'éloignement, et se ranimant sans cesse par la liberté du point moteur, ainsi que par celte des parties de ce point.
Le Christ sur la croix n'est pour les enfants d'Hermès qu'une fiction hermético-spiritualiste sortant des écoles de l'antiquité, personnifiée à dessein pour les intelligences les plus lentes et peu préparées à comprendre les hautes pensées métaphysiques de l'espèce humaine.
L'allégorie de la crucifixion aux quatre membres d'an être représenté et honoré en nos jours comme étant Dieu, est le plus puissant et déguisé tableau
qu'aient pu présenter les soi-disant libres penseurs passés aux soi-disant libres penseurs présents sur la liberté humaine.
Cet exemple de l'esclavage d'un Dieu ayant pris forme matérielle, mourant dans les angoisses les plus cruelles et les plus inhumaines de cette existence, est présenté par ees professeurs à la multitude obéissante et facile à impressionner, afin de mieux l'habituer au joug et la dominer.
Cette crucifixion d'un Dieu, ou d'un fils unique de Dieu, représentant ainsi sa dépendance, sa ligature, son attachement à la chose de son œuvre, ne peut être qu'une allégorie, fruit de quelques méditations profondes, présentées aux hommes sur cette tension de l'esprit divin à l'égard de ses grands enfantements, enfantements incessants qui naturellement représentent à l'esprit méditatif une esclave dépendance de surveillance sur l'harmonie, l'entretien et la juste répartition des fractions de cette immense œuvre.
La propulsion première des choses de l'exister du tout fractionné ainsi en infini, dominé qu'il est parla nécessité de sa propre et éternelle conservation, ne nous représente-t-elle pas une vraie crucifixion générale des parties comme du tout , une tension d'entretien, d'amour, de soudure des plus éloignées aux plus rapprochées parties de sori être ?
Philosophiquement pensant, cet esclavage du divin, même dans la matière, est la preuve évidente dé la dualité" qui régit toutes choses, dualité qui enseigne à
l'homme qu'il est libre de vivre de telle manière, s'il n'est pas esclave de mourir de telle autre.
Instruction logique pour qui ne veut rien nier ni rien affirmer.
Cette histoire, jugée au point de vue christicole, nous fait voir que le Créateur, après avoir créé des anges, qui ne pouvaient être que ce qu'il les avait faits, anges se révoltant contre son pouvoir, par le pouvoir de le foire, qui sans doute leur avait été donné, en a fait des diables en les précipitant nous ne savons où pour ne plus être dans le domaine de son rayonnement, et afin de tenter Adam, autre ange déchu, d'une autre manière : Adam, Eden, ou Microcosme, ce qui est tout un avec la légende du paradis terrestre. Ilâ engagèrent cet ange isolé de se livrer à la connaissance du bien et du mal, mal qui n'existait que depuis leur chute, ou lui conseillèrent de suivre le commandement divin, qui est de croître et de multipliée. Les plus savants christicoles ne se sont pas encore prononcés sur cette cause du péché originel, quoique cette cause ne soit que le résultat du péché de la révolte, péché naturellement plus originel qu'elle; ce qui nous fait dire alors si c'est un péché que de chercher à connaître l'œuvre de Dieu, pourquoi y a-t-il des théologiens? Si c'est un péché que de croître et de multiplier, pourquoi le prêtre bénit-il l'union nécessaire à cet acte? Bref, il y a péché de desobéissance ou d'obéissance selon la logique du commandement , ou il y a péché d'envie et de reconnaissance en
désirant connaître l'œuvre du Créateur, pour en remercier sans doute plus librement son auteur.
Le tout forme deux peccadilles, qui enfantent dans le cœur du Créateur la pensée, après quatre mille ans de réflexion, et un déluge excessivement purgatif de la race humaine, de venir lui-même se faire crucifier afin de faire rentrer ses enfants parla porte d'où il les a chassés... Dites que le Dieu de ces hommes ne corrige pas ses pensées. . .
Que de générations d'hommes ont cru de semblables histoires, fruit de fantasias, d'auteurs qui par elles veulent . dominer à perpétuité la crédulité humaine... Hélas! cette crédulité humaine ose à peine en ce jour mettre le nez à la fenêtre de la raison pour se demander, le plus bas possible, si tout cela est bien vrai.
Combien y en a-t-il qui s'adressent cette question ? Est-ce manque de bon sens ou est-ce par la crainte de payer double dtme à ces professeurs qui n'ont pas eu le talent de plus riche composition, c'est-à-dire celui d'enfanter histoire plus spirituelle, par conséquent carte plus coulante à payer? Nous l'ignorons.
Oui, belle race civilisée, ton progrès est immense; si par la vapeur tu cours à toute vitesse vers les horizons de ton globe, tu cours par les professeurs religieux à toute vitesse vers l'irraison dans tes croyances divines.
Tu es digne de l'amour de les Dieux !... La cloche sonne, continue de plier le genou devant ces sépul-
cres blanchis au dehors, mais toujours noirs au dedans!... Tu es trop Aère lorsque tu tends la joue aux soufflets de tes prélats, et ta bourse à leur demande pour n'être pas digne de mon admiration... Jouis de l'esclavage de tous, puisque tu ne sais pas jouir de la liberté de tous.
La mosaïque chrétienne, disons-nous, découle des écoles philosophico-religieuses de Wisnou, si elle ne découle d'Hermès Trismégiste, avec mise en scène païenne, ce qui pour nous n'est qu'A. Nous croyons pouvoir affirmer que toutes les cérémonies christicoles ne sont que la mise en pratique, allégoriquement de la plus haute et puissante cabale de l'antiquité... Plusieurs chefs d'école ayant étudié avec plus ou moins de succès cette science, fie sont présentés à des époques différentes sous les noms de christs ou rédempteurs du genre humain; c'est-à-dire hommes possédant un spécifique immortalisant celui qui l'absorbe, et le faisant prendre aux plus intimes de leur cercle... De là sont nées ces écoles des prétendus sages de l'antiquité, depuis Salomon à Gagliostro, de la franc-maçonnerie à la société de Jésus, des chevaliers de l'ordre de Malte aux sociétés de souffleurs qui pullulaient au dixseptième siècle et qui pullulent encore aujourd'hui. Nous traiterons à fond de cette question un jour. Nous nous contenterons pour le moment de faire entrevoir aux petits acteurs de ces théâtres cabalistico-religieux qu'ils savent moins ce qu'ils font que ceux qui les ont placés sur ces théâtres, et que, loin d'applaudir la pièce
qu'ils jouent, nom leur envoyons tes sifflets de l'homme honteux qu'une telle pantomime puisse amuser encore au dix-neuvième siècle des hommes Lien pensants.
Revenons au Christ jugé au point de vue divin et moral par ceux qui le présentent comme Dieu incarné ou envoyé de Dieu, à l'intention d'éclairer et d'instruire les hommes. Nous dirons qu'il est très-mal introduit sur la scène du monde, par les historiens que nous avons lus. Il n'|p pouvait être autrement de pauvres illettrés qui ont voulu traiter de la grandeur divine, ne connaissant pas toute la petitesse de l'intelligence hu-* m aine, historiens qui à cette occasion ne pouvaient que se fourvoyer.,. Il n'a pu découler également de cet enseignement que ce que nous voyons en nos jours, qui est cette noble propagande de cerveaux fiévreux, qui ne veulent en quoi que ce soit allier l'élargissement de tout dogme religieux à l'élargissement de l'intelligence humaine. Nous demandons quelle logique peut découler d'un tel système d'éducation religieuse basé sur un être vrai ou allégorique, qui apparaît sur la scène du monde pour enseigner à ce monde qu'il est Dieu et envoyé de Dieu à la fois... Dieu qui vient racheter l'espèce humaine de ses fautes au prix de sa vie après l'avoir condamnée lui-même... Dieu pouvant lui remettre ses fautes sans la forcer de commettre un tel crime qui dépasse de beaucoup le premier assurément... Dieu devant au moins lui expliquer la théorie de ce rachat, ce qu'il ne fait pas. . ,
Théorie appropriée à la simple intelligence de ceux qu'il vient instruire..
Théorie qu'auraient dû au moins nous développer en son nom ceux qu'il chargeait de nous instruire.
Théorie renfermant l'historique du passé, du présent et de l'avenir, des globes et des hommes.
Théorie traitant des besoins, des appétits, des affections de l'esprit et de la chair*
Théorie traitant des points de départ, de la liberté et de l'esclavage humain, •
Théorie traitant du pourquoi, de la succession, des actes, du progrès et de la décadence des nations.
Du mat et du bien... De la lumière et des ténèbres, enfin de l'utilité pour eux de prêcher Faniour et la charité les plus purs, tout en donnant l'exemple de. la plus sauvage indifférence et de l'égoïsme le plus criminel.
Devant un tel enseignement et un tel sommeil de l'espèce dite être la plus intelligente de la création, nous n'avons qu'à fuir le narcotisme de sa sphère. À de tels dieux et de tels* disciples, nous n'avons qu'à tourner le dos. €'est ce que nous faisons en terminant cette étude qui nous fera couvrir de l'anathème de notre ignorante espèce, si elle ne nous fait pas payer de notre vie ces paroles de fraternelle liberté.
poesie philosoph1co-religiiusi.
Le prêtre-
Est-il vrai qu'en nos jours, un tonsuré câlin, A la panse arrondie, à l'œil faux et bénin, Se dise du Très-Haut la seule créature ; ' Qui puisse en son saint nom parler dans la nature;
Qui puisse prononcer, du confessional, L'arrêt qui doit sortir du divin tribunal ; Absoudre pour un franc, prix dune basse messe, Le crime, et vendre ainsi, Dieu puissant, ta sagesse?
Quoi I je vois protéger cet homme par les grands, Rabaissant à ses pieds de. l'esclave aux tyrans, Être, hélas! encensé du chaume jusqu'au trône, Et sa mitre effacer l'éclat de la couronne !
Qui peut donc lui donner un si vaste pouvoir, Et le placer si haut? Est-ce un plus grand savoir? Est-ce un cœur vertueux ou bien quelque puissance Dont on verrait privés ses égaux en naissance?
Non, un simple in-quarto, sans auteur et sans nom, Put par des imposteurs obtenir un renom, En le disant dicté par Dieu, pour sauver l'homme, Et placer l'univers sous la garde de Home.
Ce recueil si complet de flagrantes erreurs, De fraudes, de combats, de crimes et d'horreurs, Fut enrichi par eux des décrets de l'Eglise, Maison où Ton absout toute âme compromise, Moyennant quelques francs qui font nombre au trésor, Et font rire celui qui dit : apporte encor.
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(1) Par rachat des ndsJfeatts qui* Au» 1 dm les feniles ffanaoïKes a? ce celles cwwamwfc»
Allons donc, sotte engeance» erre moins dans leur temple, Où la cupidité t'attend et te contemple ; Élève tes regards vers ce ciel azaré, Seal temple du Seigneur, seul maître-autel sacré,
Seulconfessional habité par les anges, Où ta dois adresser tes soupirs, tes louanges. Laisse donc l'idiotisme à l'exploiteur unir Ses vœux si bien payés, sans le plaindre ou punir.'
Puisses-tu lire enfin les très-saints É
Et connaître l'amour qu'ont pour toi les habiles Qui t'ont tant exploité par an mensonge affreux, En te prêchant on Dieu non moins imparfait qu'eux !
Lis ce qu'ils ont écrit, et non ma poésie ; C'est pièce en main qu'il fcwt juger cette hérésie. Et se dire à part soi :quoit pendant si longtemps J'ai cru, j'ai respecté de si grands contre-sens t
Que la bonté sur toi, brocanteur en prière, . Ministre du veau d'or, à l'ame fausse, altière, Retombe dans ce jour de raison, d'équité, Et laisse notre cœur prier en liberté.
ÉVAIGILES ou nr seèqj
INTRODUCTION
Trouver incomplètes, illogiques et iasoriables de» révélations ou des propositions de quelque nature qu'elles soient, n'est pas, par cette fin de non«recevotr, en proposer de plus complètes, de plus logiques, de plus sociables... Il est plus telle & l'homme de foire remarquer un début quelconque chez autrui , que d'éviter lui-môme d'en être dépendant. Il serait donc peu juste à nous d'agir de la sorte, ni nous ne pouvions produire, non mieux, en vue de la perfection parfhite, mais en vue de la perfection en voie de perfectibilité. . , En vue des temps, des mœurs, des aspirations et des besoins de l'esprit humain.
Si les penséos des êtres sont perfectibles dans leurs cohésions et leurs groupages, ces cohésions et ces groupages sont dépendants de la succession des Age*, des courants civilisateurs, des harmonies et des amours humains. Us sont dépendants de cette infinie manière d'être, de penser et d'agir, dont le Créateur semble avoir doté ses propres pensées. Puissance limitée assurément en vue de ses écarts; mais puissance non stagnante tur le Urépied d'une slbyle , la
grotte d'un ermite, le cabanon de l'ascétique, ou l'autel du spéculateur de l'ignorance humaine.
Newton, Descartes, Galilée, Cuvier, Charles Dupuis, Buflfon , Champollion , valent bien Moïse , Christ , Ignace, saint Bernard, Montalembert, Antonelli et Pic IX... Les premiers nous conduisent par la main aux démonstrations de leur savoir; les deuxièmes nous posent un triple bandeau sur les yeux pour nous conduire à la foi payante et jamais payée.
Les vieilleries du soleil, de la lune et des étoiles, créées spécialement pour éclairer la terre, doivent être déposées en ce jour au grand entrepôt des rebuts.
Le Créateur, voyageant du bosquet d'Adam au mont Sinaï, de la chaumière d'Abraham à la crèche de Bethléem, doit être placé en lieu de plus doux repos et de meilleur respect.
L'ûge catholico de la terre s'élevant à six mille ans, quoique portant des monuments datant de dix mille ans, doit être placé dans le forum du doute, et l'infaillibilité d'un représentant divin soumise aux erreurs les plus grossières et aux dépendances les plus pénibles, doit être placée aux invalides des folies humaines... Nous ne pouvons, pour plaire aux siècles passés, vivre dans le siècle présent, et mériter l'estime des siècles futurs, vouloir quand même, ce que le plus simple bon sens récuse, et ce que l'amour du vrai et de l'honnête défend!
Les révélations, lesdoctrines, les débats, les croyances religieuses, en général, passés et présents, ne doivent
plus être pour nous que des matériaux à trier pour être proposés aux assises d'un monument de saine ordonnance ou aux gravois.
Nous avons besoin d'être plus vis-à-vis nous-mêmes que vis-à-vis des dieux de ridicule existence.
Laissons aux encéphales engourdis le plaisir de dormir sur les marches de leurs autels, et parlons aux cerveaux en bonnes fonctions le langage de l'étude.
Voici les Evangiles auxquels nous souscrivons pour l'état présent de notre intelligence !