‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualisteChapitre 26 sur 28 · L'œuvre de l'Éternel ne peut être admirée avec · texte numérisé non relu

L'œuvre de l'Éternel ne peut être admirée avec

des réticences, par conséquent ne peut être corrigée par l'intelligence inférieure de l'Être.

9. C'est corriger l'œuvre du Créateur, que de demander la moindre modification de cette œuvre. De la marche des globeâ à celle des éléments ; de la parution à la disparition des êtres et des choses de l'univers à l'optique présent des êtres, sont des lois divines que l'homme doit respecter et non forcer. L'ouragan, la foudre, l'inondation, la disette, la peste, sont des manifestations compensées par le zéphyr, la douce électricité, la tiède rosée, l'épi doré et l'air épuré.

4 0. Le premier ouvrier de l'univers ne peut souffrir d'expertise de son œuvre par cette œuvre même. Le prêtre, conjurant l'orage et bénissant les moissons, s'érige en juge sacrilège d'une œuvre plus digne de son respect.

■H. Le Créateur, plaçant chaque rouage de cette immense mécanique en son droit et place, ne .peut oublier quoi que ce soit au but proposé de ce rouage; m changer une dent d'engrenage ou une extension de circonférence, c'est remettre l'œuvre entière au caprice de chacun.

42. La prière ou, ce qui devrait être tout un, l'admiration de l'œuvre divine ne doit comporter aucune autre demande que celle d'envier, toucher plus juste soi-même les cases de composition renfermant les moyens de vibration intelligentielle de l'optique,

moyens déQnts dans nos propositions sous le nom de pensées.

45. Depuis que le monde est monde, on possède des révélations, on possède des croyances, des temples, des liturgies, des agents spéciaux de la divinité, agents commis à l'éducation religieuse et morale des hommes, dira-t-on; ne faut-il pas admettre la religion sous cet aspect et dans cette convention collective?

44. Nous ne pouvons admettre aucune des religions ainsi nommées, parvenues à notre connaissance, en ce que 4 - nous nions la révélation; 2* noqs nions l'autorité de la demande; 3* nous nions plus particulièrement les agents intermédiaires entre la partie et le tout.

45. Nous nions : 4° la révélation, en ce que, supposant l'Être privé de moyens de disposer du savoir utile à son exister et faire découler ce savoir d'une puissance muette par caprices, assez injuste pour n'en coordonner les moyens que successivement au profit des uns et non des autres, c'est enchaîner par un doigt tout un corps qui ne peut agir complètement que complètement libre.

46. Chaque être, chaque graine, chaque germe, chaque ovaire, chaque pensée, sont complets en euxmêmes. C'est leur manière propre de se manifester qui, matériellement surtout, est entravée par une première et fausse combinaison de la première manifestation de leurs menstrues antérieurs.

47. Dire que chaque être est complet, c'est dire qu'il possède dans sa sphère d'action tout ce dont il loi est utile et possible de disposer.

4 8. La révélation, entendue comme elle l'est dans nos jours, admettant qu'elle provient accidentellement par ordre supérieur, d'êtres supérieurs, est une erreur.

49. La révélation n'est pour nous qu'une permanente succession de choses différentes pour chacun, choses vues et sues sous l'apparence de nouveautés, ondulant ainsi de l'un à l'autre, jusqu'aux siècles les plus reculé^.

20. La révélation n'est autre pour chacun que la connaissance de rapports arec des groupes d'esprits ou de pensées dont on ne pouvait supposer l'exister* et qui par leur étrangeté — au point de vue de l'inobservation présente — semblent être miraculeux. La révélation, telle qu'elle est/tdmise en nos jours, ne peut rendre l'homme d'hier responsable de ce que l'homme x de demain seul sait.

L'ignorance d'hier aurait droit, dans ce cas, d'accuser le savoir de demain. Cela ne peut exister dans une parfaite impartialité des lois de la nature.

. La révélation locale et individuelle ne peut commander la croyance générale, elle ne peut davantage être généralisée, puisque, localisée qu'elle est, elle re- . lève des siècles pour être connue. A quoi est-elle utile présentement à ceux dont elle n'atteindra les contrées que dans des siècles? Quand sauvera-t-elle ou rendra-

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ksj«pks àew*rf rk^hequi Ici «ml îDcrc^iii*? CeT* ca Chrisa ce**nt échiner *t sauver le iwoSe, îf opère qt miiviiae^ejnen:; elfe ■eréTèlf qu'a ceci qzî xl sont à cue-iaéf&e wveies; par ce fait el? n'est pas chose oùlc fer exorilenc* H ne peut pas plos sortir dans ce bat des ^r»ci\iï^ que celle de Wtsaoa, qui n'ictenesse nullement le* quakers.

2f - La révélation, de laquelle nous traitons nouamême dans nos ouvrages, n'est qu'une faculté de cognitioa pîus étendue, de ce qui est éternellement en nous à l'état de décalque du tout, tout divisé en micro* cosme. La révélation n'est simplement qu'une audition de sons non perçus, que la rue de tableaux inconnus, et non quoi que ce soit de plus ou de moins.

22. UEtre-homme étant par la sphère étendue des pensées qui l'entoure ou un représentatif en petit do l'univers, ou en communication directe avec cet univers, la révélation se trouve par ce fait pour lui tMro tout entière dans une autre faculté d'optique ou d'au* dition de l'Être; c'est une chose do plus pincée au foyer de son optique présent ou des sens complets,

25. Nous nions : 2° l'autorité do la demande, parce que la demande ne peut être acceptable avec droit et succès, telle l'entendement humain, la formule pur la prière, chacun demandant plus pour soi quo pour au* trui, et chaque obtention ne pouvant exister mina déperdition pour le lieu ou pour l'ôtre où elle so trouva;

on ne petit donc la légitimer que sous certaines conditions.

24. Placé au centre de pensées conduisant à des besoins, à des aspirations et à des satisfactions divers, on ne peut demander au grand coordonhaleur de toutes choses, que la lumière nécessaire à se grouper à celles qui conduisent plus assurément à l'harmonie générale. Voici des modèles de prières qui sont en rapport parfait avec l'idée que nous nous faisons delà •grandeur et de la sagesse du Créateur.

Prière du matin.

25. Agenouillé ou debout, tourné vers l'Orient, point d'où sort — pour notre optique matériel — tous les jours la lumière; agent dessinateur de tout ce qui nous entoure, nous disons :

Je vous remercie, 6 mon Créateur,- des biens que vous avez répandus cette nuit sur notre terre et sur notre maison en particulier.

Je me présente devant vous, Seigneur, pour recevoir ma part de ceux que vous daignerez accorder à vos enfants aujourd'hui.

Puissé-je, mon Dieu, pouvoir me présenter ce soir devant vous, digne de les avoir reçus.

Je vous prie à cette intention de me faciliter de lucides rapports avec de bons esprits, dégagés de l'état matériel qui, par leur état présent de sagesse, peuvent

m'aider dans l'obscure manifestation — pour moi — de mes propres pensées !

Prière du soir.

26. Je vous remercie, mon Dieu, des biens que vous avez daigné répandre sur notre terre aujourd'hui ainsi que sur notre maison en particulier.

Je vous demande pardon pour toutes les foutes que j'ai commises dans ce jour, soit en pensées, en paroles ou en actions.

Voyez. Seigneur, que je désire sans cesse me présenter plus digne devant vous.

Je vous prie à cette intention de fortifier les bons esprits auxquels je demande de sages conseils, afin qu'ils puissent réussir dans cette fraternelle instruction et moi, mon Créateur, je vous demande de m'accorder l'humilité et la sagesse nécessaires à leur accomplissement. Je voiisprie également, mon bon Père, d'éloigner de mes pensées, de ma sphère et de ma demeure les pensées et les influences qui me feraient dévier du chemin d'amour, de justice et de sagesse que je désire toujours parcourir pour mériter vos grâces infinies!

27. Dans ces deux expansions du cœur est le seul droit logique de prier ; cette forme de prière est toute une religion digne du respect dû au Créateur.

2%. Si nous n'admettons pas la demande de l'être à

son profit, nous ne rejetons pas celle au profit du prochain. Cette dernière n'est pas plus logique que la première, mais elle est une marque d'alliance à toutes douleurs, un gage d'amour de tout bon, et un doux échange d'affections fraternelles, affections qui ne sont pa* perdues dans les grands échos de la nature... Si cette prière ne peut influencer celui qui n'attend jamais la demande«pour donner, et qui ne peut donner sur les conseils d'un tiers quand l'intéressé ne demande pas lui-même, elle est une pensée fraternelle qui vient se réfléchir au grand foyer de l'optique divin, et se trouve non moins heureusement réfléchie dans l'optique pour lequel elle intercède. Elle y. dépose une image qui, loin d'en appauvrir l'album, l'enrichit.

29. Il existe encore un genre de prières dont nous aimons la composition, c'est l'étude des beautés de la nature, une conversation permanente avec chaque souffle du zéphyr, ehaque brin d'herbe, chaque pétale de fleur, chaque insecte, chaque corpuscule de tout lieu et de toute forme; oui, chacun de ces points attractifs de l'optique humain est un vaste feuillet renfermant la plus belle prière qu'on puisse . adresser au Créateur : 1' admiration.

30. Nous nions 5 # la nécessité des agents intermédiaires entre le Créateur et la créature, en ce quo aucun intermédiaire ne peut avoir les qualités requises pour une expansion d'admiration qui n'est pas la sienne. On ne peut aussi bien dire que son frère les intimités du cœur de ce dernier. Ces intimités ne fussent-elles

— 1Î3 traduites que par le regret de ne pouvoir les exprimer par la parole, un être qui leur est étranger ne peut les reproduire, ce qui fait l'amour et le bonheur de chacun n'est que du domaine de celui qui en jouit, puis, faciliter à une voix, à un cœur, à une intelligence de manquer au grand concert de la nature, c'est faciliter l'exclusion d'un être de cette grande assemblée toute d'amour. C'est commettre la plus grande erreur, que de croire qu'un seul cœur peut se passer de connaître la grandeur et tes bontés du Créateur. Connaître cette grandeur ou ces bontés, dix ou une fois par jour, une fois Tan, ou une fois dans l'existence, c'est êtreplus ou. moins en harmonie avec le tout, mais ce n'est pas être irréligieux.

S4 . On ne peut pas plus foire connaître par la parole la sensation religieuse a l'homme qu'on ne peut connaître soi-même celle que chacun éprouve dans ses affections intimes.

32. Démontrer Dieu n'est pas créer le besoin d'amour pour ce grand Être. Ce que Dieu n'a pas voulu imposer lui-même à son égard, ne peut être imposé par l'homme.

55- Dieu aurait-il pu imposer de J'aijner ? créer la prière et se la faire adresser ? créer des louanges et se les faire répéter ? N'est-ce pas la plus grande aberration»ique de eroire ces choses ?

34. Pour exiger une chose quelconque, il faut naturellement formuler cette chose; l'être duquel on l'exige n'est plus par elle que l'écho de vous-même. •

C'est joindre le ridicule à l'impossible.

35. Le Créateur peut connaître en ce genre les sensations des parties de son œuvre, mais il ne peut les commander.

56. Dieu a tout prévu, tout enchaîné, en vue de la conservation éternelle de chacun ; mais il a laissé la gratitude à la libre appréciation de tous. C'est à l'être de l'aspirer sans cesse et de ne pas s'éloigner d'elle. Dans cette expansion toute d'amour est la vraie religion.

Nous entendons de loin des arguments nous arriver sortant des temples chrétiens, qui nous .disent : si le Créateur n'avait pas imposé de culte, il ne serait pas venu lui-môme sur la terre, comme l'enseignent les Évangiles, pour commander ce culte.

Nous répondrons aux auteurs de ces arguments *de laisser aux commerçants des dieux de connaître leur histoire, de ne pas unir des pensées toutes de gratitude à des pensées toutes d'intérêt, ni les compositions spéculatives des parties à la grande composition généreuse du tout.

L'être humain, dans les infinies compositions divines qu'il tente sans cesse de faire, n'a produit jusqu'à ce jour que des hors-d'œuvre. Tout point de départ indique forcément tout but à atteindre; un Dieu qui demande des prières indique naturellement des prieurs payés qui demandent en échange une satisfaction de même nature. De ces dieux prétendus célestes sortent les dieux terrestres.

Des esclaves chanteurs d'hymnes sortent les idiots

récitateurs de chapelet. Le doigt de Dieu n'a pas enseigné cette voie à ses enfants, il ne leur a montré que celle de l'amour libre.

Les sociétés en général, dit-on, ne peuvent se passer de représentatifs conventionnels, de temples, d'images, de liturgies et de prêtres, il leur semble que *i l'on touchait à ces choses, toute religion serait anéantie et toute société en dissolution.

Nous répondrons que c'est le contraire qui existerait si chacun faisait son autel de son foyer domestique, et son professeur religieux de tout père de famille. La société, par ce fait, se créerait, se consoliderait, se moraliserait et cesserait d'être dans l'état de dissolu* tion dans lequel la plonge sans cesse le prêtre turbulent et spéculateur de son aveuglement.

Quels modèles d'amour et d'honnêteté voulez vous copier dans les dieux des temples des hommes? dieux absolvant toute mauvaise action par toute génuflexion; étouffant toute justice sous le poids d'un sac d'écus, vivant toujours entre l'envie, la colère et la haine, autorisant Je crime à soumettre l'amour, trônant couverts d'or, de larmes et de sang ! n'enseignant la vertu qu'à travers les voiles du vice, ne connaissant que les plus honteuses passions et ne demandant que le plus vil esclavage, tenant d'une main la mèche allumée du canon rayé, et de l'autre main l'éteignoir du canon tbéologique.

Montrez-nous un de ces dieux non suant le sang du fratricide par tous les pores de ses temples, nous le

saluerons avec respect ; mais tous ceux dépeints par vous à notre cœur ne sont dignes que de son mépris. On pourra nous objecter en plus qu'ep Europe, par exemple, où la religion catholique est presque généralement admise, on est habitué à certaines cérémonies, points de repère de cette religion, cérémonies qui, si elleâ n'existaient plus, inquiéteraient considérablement les âmes faibles, les cérémonies surtout du baptême, de la communion, du mariage et de I'inhumatIon ?

Nous répondrons qu'en Europe, lorsque les Druides la conduisaient, les usages religieux n'étaient pas moins enracinés. Les païens sont venus lui en substituer d'autres, la famille les admit. Avec le temps les chrétiens succédèrent aux païens, et des bacchanales romaines on passa facilement aux fêtes à l'âne parisiennes (4). Le peuple des autels a salué l 'âne christicole comme il avait salué les foudres jupitériennes. Mettez le peuple à même de saluer la raison, par elle il connaîtra le Dieu vrai, le Dieu qu'il cherche en vain depuis des siècles dans les fatras de ses églises, et de prétendus grands théologiens vous ferez de non moins grands hommes des champs I

Le fer de la charrue vaut bien l'encensoir de l'autel t

Un Antonelli faisant alliance avec -les dignes crochets du portefaix ferait plus noble chose que de construire ses tabourets inqutsitortaux!

Pie IX, un chapeau citadin sur le front, serait moins

. (1) V* Mtyftfr* * Pot*», Bar Polaijre.

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ridicule que portas! «a !rç> t>arome «for. d*rrDe£lense poissas** !

Dupan xwp coascrârf arec deax c«o«f <Tî:^f * S* ridn, serait fis» secsîiif à Vz^yy^r fraterreî ç-"a l'amour d'roêrcs'f :c!asnt: ' as ccD*re >* îrr Ils àe • ^ ^$.

Tant que rc-3* arr** d-*s D>*ji secs la d*f c#* hommes, toc» L'azrez "pas le Keu de Viss les -f^, > Dieu de Pas!.

Tant qoe toes serez de* Diem esc2a*« païr*- ofs jar les rois, tocs n'aérer p*s le D>i de îsl^rjt des jesples.

Tant que t*:» mtçi des D'eux aract de? t«r.E*sionnés hiérarthr^es. on -î^s fo^-és de pc*s*::rs absolus sur les nasses. *<k& s'asrez qne des chliisarj-^s sans sagesse ef saa? 'Jzz^J-,

Vous n'acrez q-e des ci'/.e^rs p'is ou nxms occultes, ^cgrcx-a -î:5T-:reL!j •Ttcanes :s;iriL!â st-glenir q-jï iis s^p;oser-t fcs s^ 4 .>*:r.*r.t: tc-rcmes parqués en serves, ea «omer-ts. en f/.<;^trs p!us on roolos ridicules ; moyens d'e*ï*.r>*es ou progrès et de h liberté humaine.

Germes arlazfen des p!us dangereuses maladies mentales de notre e-pê*e.

Germes eo&tsr'em de trcuMes et de â'n&AAMXt* sociales.

Germes coctfe?:* -i d'outwes à la mufcïA de Dien*

Tant que ioa* terrez de* h' ojrriHi **<^ar.Utre religieux, qui daas leur* iiommaîref au Cr*a*eur soigneront de w», &* crojex pas à kar reffelon; car

lorsque le cœur s'élève véritablement vers l'Éternel, il ne s'éloigne que des autels... Votre Christ vous l'a prouvé en vous recommandant de prier dans votre cabinet, et saint Paul, son meilleur disciple, en vous disant que Dieu n'habite pas dans les temples faits de la main des hommes.

On parle de baptême. Que fait chacun lorsqu'il reçoit un cadeau quelconque? Il en marque sa reconnaissance à l'auteur de ce cadeau... Qu'est l'arrivée d'un frère sous le toit conjugal, si ce n'est un cadeau du Créateur; que les bénéficiaires de cette générosité fassent envers Dieu ce" qu'ils feraient envers le premier venu d'entre eux, qu'ils remercient et demandent en commun à Dieu les connaissances nécessaires à éclairer et produire à la société cet arrivant au monde matériel.

Qu'a à faire le prêtre (étrangère cette arrivée) dans cette noble expansion de gratitude de l'alcôve? La société possède des matricules sur lesquels le nom de ce voyageur est plus en sécurité que dans toutes sacristies... Son passe-port, timbré de l'aigle ou du coq, vaut bien son extrait de baptême timbré de la croix catholique.

On parle également de communion ; si l'on tient à cet acte d'entrée dans l'homme pensant et travaillant, qu'on fasse une petite fête en famille, patronée par le doyen de cette famille en attendant que les gouvernants politiques s'emparent et dirigent ces besoins des masses, comme ils le font pour la distribution des prix

de leurs écoles; là alors ils pourront appeler à la grande table fraternelle de la nation ces espoirs de la société future, et faire faire au riche comme au pauvre celte première agape de l'égalité sous leurs yeux. Cette table déplaira d'autant moins au Créateur, qu'elle est la sienne par excellence.

Pourquoi pour le mariage irait-on demander l'appui et la bénédiction d'un prêtre? Est-on allé lui demander la permission de s'aimer? Qu'a à voir ce glacier d'autels dans cette noble union de deux cœurs dont il ne veut pas suivre l'exemple. Qu'approuve ce prêtre dans celte cérémonie qui, à ses yeux est la perpétuation de la cause du péché originel ; la cause de la damnation de l'homme, la cause de laquelle il ne veut pas dépendre pour mieux entrer dans les cieux, dît-il, et nous laisser à leur porte? 11 approuve les quelques pièces de monnaie qui forment pour lui toute la combinaison de cette union. Que les deux cœurs qui s'unissent fissent œuvre plus méritoire en implorant ensemble au pied de leur couche nuptiale — * qu'assurément Dieu ne maudit pas — ce bon père, afin d'obtenir sa bénédiction sur cet acte tout d'amour et de fraternité.

Qu'a-t-on plus besoin du prêtre pour conduire aux portes de l'autre monde celui qui a bien su les ouvrir seul sans son secours, pour venir dans celui-ci? Que chacun conduise et enterre les siens sous la puissance des regrets fraternels. Ces expansions du cœur valent bien le De profundis froid de ces prieurs gagés.

il*

Toutcela est acceptable, objectera-ton, pourrhomme instruit aux pensées dégagées de tout besoin d'excitant aux émotions religieuses. Mais pour la masse ignorante, habituée aux temples, à la représentation théâtrale religieuse , vous ne pouvez espérer la gagner à vos propositions; il vous faudra des milliers d'années, et encore y réussirez-vous? Retranchez le prêtre du temple, je vous lé permets, mais laissez-le temple au cœur de Fhomme.

Nous répondrons à cette observation, que nous en admettons le juste sens, connaissant comme nous le connaissons le cœur humain. Aussi ne pouvons-nous proposer de retrancher d'un seul coup acteurs et théâtre ; mais alors nous penchons très-peu pour ces sortes de repaices, froids, humides et sombres, qu'on nomme églises, et qu'où devrait nommer maisons de Dieu, puisque l'homme veut à toutes fins que Dieu ait un logement terrestre. Nous pourrions alors proposer momentanément un modèle de raaisofi de Dieu, de construction grandiose et légère, saine et bien éclairée de forme elliptique, ne renfermant quoi que ce soit qui ressemblât à tous ces fatras d'autels, de tableaux et d'images de toutes sortes. Mais simplement 'des sièges à demeure confortablement établis; de larges et spacieuses allées pour y atteindre, éclairées sur les côtés comme par la voûte entière, par de grands vitraux de couleurs disposés dans l'ordre du prisme, afin de projeter un jour allégoriquement modifié, comme l'est celui spirituel par les couleurs typiques

qui en sont la substance, en dessinent les formes et les choses.

Au fond de cette maison de Dieu, du lever du soleil à son coucher brillerait une lumière électrique concentrée, masquée par un verre prismatique aux sept couleurs, qui projetterait par un mouvement rotatoire dans l'enceinte des flots d'une lumière, qui donnerait un faible aperçu de celle de l'univers et qui inviterait à l'admiration divine.

Un jeu d'orgues sans cesse en action mécaniquement, sous la surveillance d'un organiste, inviterait par des morceaux d'une musique aussi mélodieuse que religieuse, a la méditationet à l'expansion du cœur. Des gardes veilleraient au placement et au maintien du silence et du respect absolu de ce lieu.

Ceux qui voudraient y venir implorer l'Éternel à la naissance de leurs enfants, au mariage ou è l'inhumation des leurs, le pourraient en s'approchant le plus près possible de la lumière précitée, afin d'être enveloppés de ses rayons ; et là humblement en famille et en société des leurs, prieraient selon leurs vœux le dispensateur de tous les biens terrestres et spirituels.

Le père de l'enfant pour le baptême, l'époux pour le mariage* ou le chef du convoi funéraire pour l'inhumation suspendraient cette invocation, la leur terminée, en se levant, et donnant le signe de se retirer.

11 suffirait d'avertir les gardes du Jieu pour obtenir

— 13* — d'eux les renseignements nécessaires à ce genre de cérémonie; comme se soumettre à tour de rôle au lieu assigné pour la faire, afin qu'aucun trouble ne soit apporté, ni qu'aucune contestation n'ait lieu sur la priorité de l'heure ou de l'endroit.

Un gouvernement juste et digne protégeant et subvenant aux frais de construction comme d'entretien de telles maisons de Dieu , ferait marcher le progrès religieux à pas de géant, et d'ici quelques siècles, les prêtres seraient disparus du globe; puis avec eux, tous les troubles qui paralysent la civilisation philosophique et sociale.

Il se trouve en nos jours, en 4864, 69 millions 493,000 âmes, se disant être des penseurs libres, raisonnant et épurant les choses, ne voulant être en rapport qu'avec la vérité et la logique; âmes qui à cet effet ont fait scission avec les catholiques romains pour conserver pure et digne — mieux que ces derniers — la triste histoire du Christ, afin de dépouiller le dogme chrétien des absurdes cérémonies et dépendances dont des spéculateurs avides d'honneurs et de fortune l'ont entouré... Ces âmes, disons-nous, possèdent dans leurs rangs des Guizot, des Gasparin, des Delessert, esprits de premier ordre. Hommes de tout honneur, guides et défenseurs au besoin des droits de tous.

Ces millions d'êtres ont pu créer une société biblique, qui en cinquante-six années a — pour la grande gloire du Christ et pour le salut du genre humain,

croient-ils — distribué 57 millions 500,000 bibles (4) traduites en cent soixante langues ou dialectes.

Le budget des cultes protestants s'élève en France pour Tannée 4860 à la somme de 4 million 464,456 francs.

406 consistoires de ces cultes existent en France, et sont desservis par 948 pasteurs français.

Ces religieux plus vrais dans leur charité que dans leur prétendu droit à sauver les âmes, au moyen de l'acceptation de la triste histoire que nous avons lue, disposent de 4 million 500,000 francs pour œuvre de charité matérielle et spirituelle, sans compter les fonds distribués aux pauvres. Ne serait-il pas à désirer que ces hommes restassent ce qu'ils sont dans leur libre manière d'adorer Dieu , dans leur amour de la liberté de conscience, dans leur fraternelle attention envers les pauvres, et rayassent ce qui est à rayer, augmentassent ce qui estit augmenter dans leurs croyances religieuses, afin de suivre le progrès qu'ils aiment , de rendre hommage aux études et aux découvertes en tous les genres des hommes de nos jours, et d'allier le raisonnable, l'admissible, le prouvable à la religion.

PniEB et he pis définir Dieu. La religion vraiment universelle est là.

(1) Voir le Manuel des protestants, par M. le pasteur Emile Frossard, 1858, dans lequel nous avons puisé ces renseignements. (Note de V auteur).

Laissons les géologues et les physiciens écrire l'histoire des cieux, des terres et des êtres terrestres; et nous écrivons à nouveau par de semblables études et expériences spirituelles, l'histoire des deux, des terres et des êtres spirituels.

Les instruments ne manquent pas dans nos temps; que la moralité, la science humble et l'amour du vrai s'en servent.

Le protestantisme est le premier banc placé dans cette école universelle et éternelle de liberté religieuse ; qu'il n'en uétourne pas les méditations au profit de sujets d'études innadmissibles. Il aura le premier donné l'exemple d'une vraie et libre religion.

Hélas l que désirons -nous là de quelques millions d'hommes dans la grande famille de 977 millions 550,000 âmes dont elle est formée ?

Les 449 millions 559,000 catholiques qui en font partie, le bout du nez appuyé sur les saûdales de leur pape, voudraient-ils plus digne posture ?

Les 70 millions 544,080 descendants de Socrate, rejetons de l'antique Grèce, pourraient-ils, sans rougir de honte, remonter l'échelle de la grandeur humaine qu'ils ont descendue à la suite d'une rêvasserie ?

Les 2 millions 767 mille Arméniens plus ou moins mahométans auraient-ils le courage de regarder un peu plus les cieux el d'arracher l'erreur de leur cœur? Les \ 20 millions de disciples de Mahomet pourraientils rabaisser leur sublime orgueil jusqu'à plus prou-

vées révélations, qui sans être celles du prophète, n'en sont pas moins dignes de ces enfants d'Eve?

Les 4 millions de juifs, non moins adorateurs du veau d'or que du grand Jéhova, ne voudraient pour quoi que ce soit quitter le vieux Moïse pour l'éternelle jeune raison? Les 56J millions d'idolâtres qu'on suppose exister seraient peut-être plus susceptibles de changer leurs dieux animaux, de pierre, de métaux ou de bote, pour un Dieu unique, aussi éloigné des passions humaines que des erreurs des hommes. Mais une telle religioji ne ferait pas l'affaire de tant de moitiés et de quarts de dieux, qui encaissent avec tant de bonheur les deniers de la douleur de leurs créatures. .

Il y aurait quelque chose sur la terre comme de l'honnête religion, ce qui ne peut convenir aux âmes corrompues et corruptrices.

Cp gui fut n'a pas changé, et ce qui est sera I concurrence d'autels comme concurrence de boutiques.». Chacun pour soi et Dieu pour tous!,.. Pour sortir de cette ignare et pénible position, loin d'abattre des autels, élevpns-en . de nouveaux : Que chaque foyer domestique en soit un, et que chaque père de famille — nous le répétons — en soit le pasteur. La sécurité de tous est là. De la dignité; de la dignité du commencement à la fin de ce séjour terrestre, voilà ce que nous désirons; et nous terminons ces Évangiles en répétant ces nobles paroles de Paul. Actes des Apôtres chapitre 47.

V. 24. • Dieu qui a fait le monde et tout ce qui est dans le monde, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habitepasdans des temples faits de mains d'homme.»

V. 25. c II n'est point bonoré par des ouvrages de la main des hommes, comme s'il avait besoin de ses créatures, lui qui a donné à tous la vie, la respiration et toutes choses.t

Y. 26. « Et c'est lui qui a fait naître d'un seul toute la race des hommes, et il leur a donné pour demeure toute l'étendue de la terre, ayant déterminé le temps ' précis et les bernes de leur habitation**

y. 27. • Àûn qu'ils cherchent Dieu et tâchent de le trouver comme avec la main, quoiqu'il ne soit pas loin de chacun de nous. •

y. 28. « Car c'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être, et comme quelques-uns de vos poètes ont dit, nous sommes les enfants et la race de Dieu même. •

Si Paul parlait par la bouche comme on le dit vulgairement, il pensait au moins par l'esprit. Puissent tous les hommes en faire autant. C'est le vœu de celui qui n'en peut faire un meilleur pour l'autel comme pour le foyer domestique.

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