‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 13 sur 114 · LE FLUIDE UNIVERSEL · texte numérisé non relu

LE FLUIDE UNIVERSEL

par 1 action du magnétisme animal : il a beau faire de ces agents les très humbles serviteurs de son fameux fluide, on devine quecette distinction n'est pas très nette dans son esprit, et qu'il y a autant d'embarras dans sa pensée que dans sa façon de l'exprimer. La raison en est simple. Avant de jouer du fluide universel, Mesmer avait commencé, comme la plupart des praticiens de son temps, par faire usage pour la cure des maladies de Taimant et des plaques aimantées. Quelques succès obtenus en collaboration avec le Père jésuite Hell, physicien distingué, l'avaient encouragé. On trouve à ce sujet, dans son premier Mémoire, l'observation suivante dans laquelle il s'agit d'une affection convulsive de nature hystérique :

La malade ayant éprouvé un renouvellement de ses accès ordinaires, je lui fis l'application sur Teslomac et aux deux jambes de trois pièces aimantées. Il en résultait, peu de temps après, des sensations extraordinaires ; elle éprouvait intérieurement des courants douloureux d'une manière subtile, qui, après différents efforts pour prendre leur direction, se déterminèrent vers la partie inférieure, et firent cesser pendant six heures tous les symptômes de Taccès. L'état de la malade m'ayant mis le lendemain dans le cas de renouveler la même épreuve, j'en obtins le môme succès.

Mais soit par jalousie contre le Père Hell, qui se permit de guérir sans lui des malades par l'aimant, et qu'il accusa de vouloir lui voler sa découverte; soit qu'il crût réellement, à la suite des physiciens d'une autre époque, que l'action des aimants n'était qu'une manifestation du fluide universel, il ne tarda pas à abandonner complètement l'usage des armatures magnétiques, et d'une électrothérapie positive passa peu à peu à une magnétothérapie de charlatan et de jongleur. Ce ne furent pas seulement les tendances mystiques de sa nature^ mais surtout ses appétits extraordinaires de bruit, de renommée et de ric^>'

qoî le poossèreat à ressusciter les idées scieatifiqaes d siècles passés, abandonnées par tous les savants de S4 époque.

Le principe, en effet, sur lequel Mesmer a échafau

son s^'stéme n'est qu*une relique surannée des cosmoft

Y nies antiques. L'influence des corps célestes sur les cr^

il tures humaines servait déjà de base à l'astrologie invc

tée par lesChaldéenSy et cette vieille conception mystiqi

après s'être perpétuée à travers des milliers de généi

^ tions, avait au seuil même du monde moderne jeté l'éc

suprême d*un flambeau près de s'éteindre à jamais.

Au XV* siècle, Paracelse, qui révolutionna la médeci de son temps, professait que la force vitale dérivait c astres, ce qui le conduisit à afûrmer l'existence d' fluide sympathique entre les mondes célestes et les cr tures vivantes. 11 prétendait que l'homme est doué d^ double magnétisme, Tun pour ses facultés intellectuel et morales, Tautre pour ses fonctions organiques : premier venait des astres, l'autre des éléments matérie Il avait soutenu la théorie des pôles, qu*on retrouve cl .Mesmer. H croyait à la vertu des substances magnétisa et conseillait l'emploi de talismans et d'onguents magi tiques.

Un peu avant lui, Ficinet Pomponace admettaient q certains hommes sont doués de propriétés puissan ij dont le pouvoir peut s'exercer non seulement sur U

1 propre corps, mais sur celui de leurs semblables.

Agrippa de Nettesheim prétendait que tous les coi de l'univers sont liés par des sympathies ou des anti{ thies naturelles.

Jérôme Cardan soutenait que le soleil est en harmo

avec le cœur et l'air, la lune avec les humeurs et Ye;

étude du magnétisme minéral donna une grande i

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