‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 15 sur 114 · ARRIVÉE DE MESMER A PARIS · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE MESMER A PARIS

profanes leJameux fluide curatif. Lui-même raconte (1) que Ingenhousz, membre de l'Académie royale de Londres, vint assister à ses expériences.

Je le fis, dit-il, approcher de la malade, dont je m'éloignai, enlui disant de la toucher. Elle ne fit aucun mouvement. Je le rap» pelai près de moi et lui communiquai le magnétisme animal en leprennnt par les mains; je le fis ensuite approcher de la malade,, me tenant toujours éloigné, et lui dis de la toucher une seconde fois; il en résulta des mouvements convulsif»*.

Un magnétiseur de foires de nos jours ne ferait ni mieux ni autrement. Pontife ou bouteille de Leyde^ malgré les étonnantes cures dont il se vantait, Mesmer^ de son propre aveu, fut considéré à Vienne comme un charlatan et invité parle doyen de la Faculté à mettre fin à ses supercheries (2).

En l778, il vint à Paris. Il communiqua son systèmeaux savants et aux médecins de cette ville.

Surpris, dit-il, de sa nature et de ses effets, ils m'en demandèrent Texplicution. Je leur donnai mes assertions sommaires en dix-neuf articles. Elfes leur parurent sans aucune relation ave& les choses établies.

Là encore, Mesmer ne rencontra chez ses confrères qu'incrédulité et défiance. L'Académie des sciences, chargés en 1784 de faire l'examen du magnétisme animal, condamnait ce système comme inutile et vain, au point de vue de la guérison des maladies, et dangereux pour les personnes qui s'y soumettent.

Cependant, si de tout temps on voit les savants de

(1) Mesmer, Mémoire sur la découverte du magnétisme animaly Paris, 1779.

(2j Mesmer, Mémoires et aphorismeSf p. 36.

profession quelque peu réfractaires aux théories nouvelles, il n*en est pas de même des dilettantes de la science, ni surtout du gros public, instinctivement crédule, esclave des besoins de son imagination^ naturellement avide des choses merveilleuses. Bien que Mesmer eût débarqué à Paris dans Tannée et le mois mêmes où Voltaire, après vingt-deux ans d*exil, y revenait jouir de sa gloire, le scepticisme de la philosophie du siècle n'avait pas fait de tels ravages dans les esprits qu^iis ne fussent plus hantés par le souvenir de Tilluminisme de Swedenborg, des Rose-Croix, et des miracles accomplis sur le tombeau du diacre Paris. Il y avait là un héritage à prendre, un moment psychologique à saisir. Le noiagnétisme animal s*en empara. Peut-être aussi est- il permis, à cette explication quelque peu philosophique du succès de la nouvelle doctrine, d*en ajouter une plus terre & terre et peut-être plus humaine, la mode. Il ne faut pas oublier qu'à son début, le magnétisme animal s'adressait aux malades, et aux malades incurables. Le bruit s'étant répandu qu'on guérissait autour du baquet de Mesmer, on s*y précipita, comme on se précipite aujourd'hui chez le charlatan en vogue, ou à telle ou telle source en renom, qu'elle soit miraculeuse ou simplement chargée de principes salins. Gomme aujourd'hui, il se trouva quelques médecins ou savants de bonne foi pour attester au nom de la science la réalité des prodiges de la méthode nouvelle. 11 n'en fallut peut-être pas davantage.

Les procédés employés par Mesmer étaient, d'ailleurs, de nature à frapper Timagination de la foule. Qu'on en juge.

On se met en opposition avec la personne que l'on veut magnétiser, c'est-à-dire en face, de manière à opposer les pôles. On pose d'abord les mains sur ses épaules.

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