‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 16 sur 114 · LE BAQUET DE MESMER · texte numérisé non relu

LE BAQUET DE MESMER

puis on les fait descendre le long des brasjusqu*à l'extrémité des doigts. On tient un moment les pouces du patient dans ses mains, puis on recommence deux ou trois fois les mêmes passes en descendant le long des membres.

On s'efforcera de toucher surtout la partie malade et, comme c'est le ventre qui est le siège de presque toutes les maladies, on multipliera les attouchements de cette partie avec le pouce et l'indicateur, avec la paume de la main, ou avec un doigt seulement.

On peut toucher médiatement avec avantage à l'aide d'une petite baguette de forme conique. Après le verre qui est le meilleur conducteur, on emploie le fer, l'acier, l'or, l'argent. Si la baguette est aimantée, elle aura plus d'action. On magnétise encore avec une canne, en ayant soin de remarquer que quand on touche avec un corps étranger, le pôle est changé, et qu'il faut alors toucher de droite à droite et de gauche à gauche.

On renforce l'action du magnétisme en multipliant les courants sur le malade; pour ce faire, on se sert utilement des arbres, des cordes, des fers^ des chaînes, des fleurs préalablement magnétisés.

On magnétise un bain en plongeant sa canne dans l'eau et en l'agitant en ligne droite, pour y établir un Courant.

Mais voici le grand jeu. Il consiste dans un baquet de bois, dont la grandeur est proportionnée au nombre des malades que Ton veut traiter. Dans l'intérieur de ce baquet seront rangées en rayons convergents des bouteilles remplies d'eau, couchées et magnétisées. On en met plusieurs rangs superposés, puis on remplit la cuve avec de l'eau; on peut y ajouter de la limaille de fer, du verre pilé, du mâchefer et du sable. Des tringles partent du baquet ; une corde y est attachée, les malades fori

des chainès en tenant cette corde» en s'opposant 1 pouces, et en s'approcbant le plus qu*ils peuTcnt les a des autres, de manière à se toucher les cuisses, les genou: les pieds, et à ne former pour ainsi dire qu^ua eorpi contigu dans lequel le fluide magnétique circule continuellement.

Après le baquet banal, vient le baquet de famille^ qui «st bien le comble de la commodité.

Mais n'insistons pas sur ce tissu d'extravagances. Li méthode, grâce aux tringles conductrices du fluide, à II limaille de fer et au verre pilé, peut se résumer en deux mots : baguette magique et poudre aux yeux.

Et que résultait-il de ces pratiques cabalistiques qoa Topérateur présidait majestueusement au son d'un piaiuh forte, jouant des airs en ré mineur, quand il ne dédaignait pas de les accompagner lui-même en tirant de suaves accords de Tharmonica? Des bâillements» da pendiculations, des spasmes, des cris, des contonùooi •de tout genre, des attaques d*hystérie, chez les sojeli privilégiés que touchait la grâce curative; et chez lai autres, chez le plus grand nombre, rien, absolument rien*

Les femmes, comme toujours, comme encore aujoiu^ d'hui sous rinfluenee des procédés hypnotiques, se moih traient les plus sensibles aux pratiques mesmériqaeii La C7*ise arrivée, on les conduisait dans V enfer aux eosvuUionSy chambre dont les parois matelassées amortissaient le choc des corps secoués par les spasmes hystériques, et dont le mystère permettait aux patienta de réparer sans témoin le désordre de leur toilette. Non pal sans témoin, je me trompe : Mesmer y pénétrait, et seulf au milieu de ces véritables possédées, il leur prodiguait encore les secours du fluide déversé par sa baguette at ison regard fascinateur. On vit des femmes se passionner

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