‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 18 sur 114 · RAPPORT DE BAILLY · texte numérisé non relu

RAPPORT DE BAILLY

que lorsqu'une femme tombe en crise^ les autres ne tardent pas à en faire autant. Beaucoup de femmes qui allaient au magnétisme n'étaient pas malades, elles s'y rendaient par oisivité et par amusement : pouvait- on considérer comme innocentes des pratiques qui consistent à tenir le corps d'une femme entre ses genoux et à lui comprimer les ovaires en la regardant dans les yeux?

Le visage, dit le rapport, s'enQamme par degré; l'œil devient ardent, et c'est le signe par lequel la nature annonce le désir. On voit la femme baisser la tête, porter la main aux yeux et au front pour les couvrir ; sa pudeur habituelle veille à son insu et lui inspire le soin de se cacher...

Il ajoutait encore quelques réflexions très énergiques sur la valeur curative du magnétisme :

Il n'y a point de guérison réelle, les traitements sont fort longs et infructueux. Il y a tel ma'ade qui va au traitement depuis dixhuit mois ou deux ans sans aucun soulagement.

Telle était l'opinion de l'Académie des sciences sur le magnétisme. Il faut dire que les expériences tentées devant elles par Deslon avait échoué misérablement. Nous n'en rappelons qu'une, suffisamment caractéristique.

Elle eut lieu dans un jardin de Passy, en présence de Franklin. Deslon avait magnétisé un arbre de ce verger: un jeune homme, sensible au fluide, ne devait éprouver les phénomènes magnétiques qu'en l'embrassant. On le présenta successivement à quatre arbres non magnétisés : au premier, il suait à grosses gouttes; au troisième, il eut un fort mal de tète et des étourdissements; au quatrième, il tomba en convulsions. Il était à vingt-sept pieds de distance de Tabricotier magnétique.

Cinq jours après le rapport de Bailly, parut celi?

CULLBKHE.

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la Société royale. Quoique d*uDe forme moins brillante^ il était tout aussi catégorique.

Nous pensons, disaient les commissaires, que le prétendu ma-> gnétisme animal est un système ancien, vanté dans le siôcleprécédent et tombé dans l'oubli; que ce système est absolument dénué de preuves, que les effets produits par ce prétendu moyei> de guérir sont to is dus à Timitation et à Timagination, qu'il» sont plutôt nuisibles qu'utiles, et qu'ils sont dangereux en ce qu'ils peuvent faire contracter à des personnes bien constituée» une habitude spasmodique des plus fâcheuses pour la santé (i).

Malgré l'autorité de ces documents qui furent répandus dans le public à quatre- vingt mille exemplaires, Mesmer n*en continua pas moins à faire d'excellentes affaires, et lorsqu'en 1784, au moment où son crédit personnel commençait à déchoir, il quitta Paris pour vivre dans la retraite, il était possesseur d'une opulente fortune.

En province, le magnétisme s^était répandu avec ra» pidité. A Strasbourg, Bordeaux et Lyon^ se fondèrent des sociétés sur le plan de Y Harmonie de Paris. Un grand nombre d'autres villes instituèrent des traitements magnétiques, et beaucoup de médecins se déclarèrent partisans de la nouvelle doctrine.

Cependant, ni Mesmer ni Deslon, ni leurs premiers

(1) Laurent de Jussieu refusa de signer le rapport adopté par ses confrères par la raison que pour lui, les causes auxquelles il» attribuaient le magnétisme n'étaient pas suffisantes pour expliquer tous les phénomènes observés. II lui paraissait nécessaire, pour le» comprendre, d'invoquer l'intervention d*un fluide se portant de l'homme à son semblable; ce fluide n'était peut-être rieu autre chose que la chaleur. Les mesméristes réclament de Jussieu comme l'un des leurs, mais il est permis de leur demander ce qu'a de commun la chaleur avec le fluide magnétique, universel ou non.

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