DE PUYSÉGUR M
disciples ne cherchèrent à étudier en eux-mêmes les phénomènes singuliers que leurs pratiques parvenaient à déterminer chez certaines personnes. En dehors des symptômes bizarres que nous avons signalés et qui peuvent se rattacher à Thystérie, il s'en présentait d'autres qui furent reconnus plus tard et que Ton peut rapprocher de ceux que Ton détermine aujourd'hui par les procédés hypnotiques. Les commissaires de l'Académie des sciences signalaient dans leur rapport qu'au lieu d éprouver des convulsions, certains malades paraissaient, au contraire, plongés dans un repos profond; d'autres, par suite d'une sorte d'attraction sympathique, semblaient se chercher, se précipitaient l'un vers l'autre en se souriant, en s'adressant des paroles d'affection et d'encouragement.
Une jeune fille de treize ans que Mesmer avait à son service, tombait, sous TinQuence du magnétisme, dans un état qui n'était autre que le somnambulisme. Dans cet état, elle agissait
Comme pendant la veille ; elle pouvait s'habiller, marcher, faire toutes sortes d'exercices à la minière des somnambules naturels. Si on lui présentait la pointe d'une baguette magnétisée, elle s'élançait dessus pour la saisir; elle était attirée par Mesmer comme le fer par l'aimant (1).
Ce fut le marquis de Puységur, un des plus zélés partisans du mesmérisme, qui eut le mérite de découvrir le somnambulisme magnétique. Ne pouvant suffire à magnétiser personnellement tous les malades qu'attirait à sa terre de Buzancy, le grand renom qu'il s'était acquis, il magnétisa, à l'exemple du maître, un arbre séculaire sous
(i) Figuier, loc. cit., p. 177.
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les rameaux bienfaisants duquel tous ses patients p vaient à la fois trouver place.
Un jour^ il magnétisa un paysan alité pour une mais
aiguë. A son grand étonnement^ il le vit tomber dans
yï-]/ sommeil paisible, puis se mettre à parler, à s'occupe:
m|| ^^^ affaires. Puységur s'aperçut qu'il pouvait à volo
!-^ diriger ses pensées, lui faire croire qu'il assistait à i
: fête, qu'il dansait, ou se livrait à des exercices d'adrei
Bientôt ces cas se multiplièrent entre les mains de To
rateur, et au bout de quelques mois, il en comp
dix.
On venait de très loin pour assister à ces scènes
] somnambulisme et on s'en retournait émerveillé.
curieux raconte que les malades en crise avaient un p
voir surnaturel par lequel en touchant un malade
leur était présenté, en portant la main même par-des
ses vêtements, ils sentaient quel était le viscère affe<
la partie souffrante; ils le déclaraient et indiquaiei
peu près les remèdes convenables. Ainsi prit naissa
cette opinion que les personnes plongées dans le s<
nambulisme ont le don de voir à l'intérieur du corps,
découvrir et de guérir les maladies.
Dès ce moment, le magnétisme animal se transfon Le ridicule appareil des mesméristes, le baquet, les cl nés, les baguettes magnétiques disparaissent com un bric-à-brac encombrant et démodé. De Puyséj crut avoir découvert le mécanisme des procédés Mesmer, en attribuant les effets produits à, la puissa de sa volonté. « Croyez et veuillez. » Telle fut la de^ îtj de ses premiers écrits. Cependant la théorie du fluide
fut pas abandonnée pour cela; surtout lorsque les suj d'expérience, plongés dans le somnambulisme mag tique, eurent affirmé que non seulement ils sentais