‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 20 sur 114 · LES SCHISMES · texte numérisé non relu

LES SCHISMES

mais encore quMls voyaient le fluide environner comme une auréole la personne du magnétiseur.

On sait aujourd'hui pourquoi ils voyaient ainsi leur magnétiseur dans une gloire, comme une divinité. C'était une idée suggérée. Comme on leur suggéra aussi la prétention dont nous venons de parler, de voir dans Tintérieur des corps et de découvrir les maladies, et plus tard celle de lire dans le passé des gens, de pressentir les événements futurs, ils y crurent le plus docilement du monde, et voilà comment, sur le point d'échapper à l'empire du surnaturel, le magnétisme animal s'y plongea plus profondément que jamais pour le plus grand bonheur des mystiques et des imaginations exaltées.

Une fois iMesmer disparu dans sa retraite, des schismes nombreux se produisirent et plusieurs écoles magnétiques se formèrent.

A côté de la théorie orthodoxe du fluide, qui conserva toujours la prééminence, se dressa la théorie spiritualiste du chevalier de Barbarin, qui prétendait opérer des cures merveilleuses par les seules forces de l'âme, et par le moyen de la prière.

On vit aussi fleurir à Lyon la théorie de l'électricité animale, inventée par le D' Pétetin, à laquelle il attribuait la production des symptômes observés chez les personnes magnétisées. De Puységur avait découvert le somnambulisme, Pétetin découvrit la catalepsie ou plutôt les symptômes cataleptiformes. Il signala chez plusieurs de ses malades le phénomène connu sous le nom de transposition des senSy dont la réalité, problématique aux

yeux du plus grand nombre des hommes de science, est cependant acceptée par quelques-uns.

La Révolution vint arrêter l'essor du magnétisme animal, et disperser toutes les Harmonies et tous les fidèles du fluide.

Mais dès 1813 on le voit renaître; un savant consciencieux, partisan de la doctrine, Deleuze, publia un livre qui fit honneur à sa prudence et à sa réserve, mais que de plus fougueux adeptes regardèrent comme une faiblesse et une hérésie; il y avait condensé tout ce qui avait été écrit à la fin du siècle dernier sur le magnétisme animal (1).

En 1815, quelques adeptes échappés à la tourmente révolutionnaire se retrouvèrent, entre autres le marquis de Puységur qui fonda à Paris une nouvelle société.

Mais les dissidences doctrinales persistèrent. A Paris, Ton vit un prêtre étranger, TabbéFaria, produire le somnambulisme par suggestion, et déterminer à son gré chez les somnambuliques des illusions sensorielles analoguesà celles qui sont aujourd'hui de pratique courante en hypnotisme (2). Son procédé consistait à engager le sujet soumis à ses expériences, à se recueillir et à fermer les yeux. Puis, d'une voix de commandement, il s'écriait : « Dormez I » et l'état magnétique était produit. L'abbé Faria rejetait toutes les théories régnantes; il ne croyait ni au fluide, ni à la puissance de la volonté, ni à Tefficacité de la prière des spiritualistes. Tout comme un hypnotiste de 1885, il proclamait la nature subjective des phénomènes magnétiques, plaçant la cause du sommeil

(1) Deleuze, Histoire critique du magnétisme animal, Paris, 1813. 3 vol. iu-8.

(2) Voyez Beaunis, le Somnambulisme provoqué. Etudes physiolo^ giques et psychologiques, 2® édition, Paris, 1887.

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