SUGGESTION MENTALE
avions oublié cette plaisanterie. Le lendemain, nous apprenions qu*à trois heures la malade s*élait endormie»
Heîdenhaîn annonce à un étudiant que le soir du même jour, à quatre heures, il serait magnétisé à distance; à l'heure dite, il s'endormit.
Sans vouloir aborder ici la question de la suggestion mentale, il est bien évident que dans les exemples qui précèdent, il ne s'agit que de suggestion verbale pure et simple.
Il y a enfin toute une catégorie de sujets qui se rapprochent de ceux dont nous venons de parler et que Ton pourrait désigner sous le nom hypnotisés par persuasion. Ce sont ceux, et ils seraient nombreux, d'après le professeur Bernheim, chez qui, par simple suggestion, on pont produire le sommeil. Dans les premières épreuves, Topôrateur leur fait fixer nn objet, ses doigts ou ses yeux, pendant qu'il leur insinue, par des paroles convenables, ridée du sommeil : « Vous allez sentir une lourdeur dans les paupières, une fatigue dans vos yeux; vos yeux clignotent; ils vont se mouiller, la vue devient confuse; les yeux se ferment. » Quelques sujets ferment les yeux et dorment immédiatement. Chez d'autres il faut insister davantage, multiplier les suggestions : t Vos paupières sont collées, vous ne pouvez plus les ouvrir; le besoin de dormir devienne plus en plus profond; vous ne pouvez plus résister. » L'expérimentateur ajoute, sur un ton tantôt impérieux, tantôt doux, suivant les sujets : « dormez I » et le patient se met à dormir. Beaucoup de sujets se trouvent influencés dès la première séance^ d'autres au bout de quelques séances seulement. Puis l'entraînement marche rapidement, et bientôt il suffit en les regardant d'étendre les doigts devant leurs yeux et de prononcer l'injonction: « dormez I » pour que le
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sommeil vï prodaisi» iastantanêmeiit, aa boot de ques seconde i .
Ce procédé diffère pea de celai qn>mployait 1 ..y Faria. qui se coatentait de donner impêratiYement
dre de dormir aax sajetsqai se soumettaient à sesi rienees.
r]; Notons cependant qne rinterrention de rimagin
n*est pas nécessaire pour ami-ner le somnambul
^.. ^\ puisqu'on peut le produire pendant le sommeil ordii
^ Berger, que nous citons d'après M. P. Rîcher [2),
^ ployait pour déterminer ce résultat, rimpositioi
'f\ mains : il approchait ses mains chaudes de la têt
sujet endormi : au bout de quelques minutes, le son
naturel était changé en sommeil somnambuliqne. Câ
dant, il n'y avait là aucun agent particulier autre q I chaleur, puisque, à Taide de plaques couTenablei
! chauffées, Berger obtenait le même résultat.
j Après les hypnotisés par persuasion, nous poun
ranger, pour clore la série, les hypnotisés par erreu
par surprise. Nous faisons allusion à certains faits d\
hypnolisalion dans lesquels le sommeil nerveux :
4 pas recherché et provoqué par le sujet lui-même, coi
I chez les fakirs de Tlndeou les moines omphalopsycl
i (lu inonl Athos, mais est produit à son insu et conti
volonté. Braid raconte à ce sujet une anecdote amus^
l Un jour se présente chez lui une personne qui désirait étn
(i) DcrnlK^im, loc. cit.; voyez aussi Beaunis, Le somnambu '•^ovnffui*, l»nriH, 1886.
) P. Iliclior, loc, cit.
AGENTS HYPNOGÉNIQUES 99
<lormîe. Etant occupé en ce moment, il la confia à M. Walker, son ami, qui était présent et qui se chargea de l'hypnotiser. Peu de temps après, Braid, qui était entré dans la chambre, vit le gent* leman assis, fixant les yeux sur le doigt de M. Waiker qui, lui, se tenait debout et ne quittait pas du regard les yeux de son sujet. Quel fut son étonnement quand, s*étant approché, il constata que M. Waiker était profondément endormi, son bras et son doigt dans un état de rigidité cataleptiforme, tandis que le gentleman qu'il avait voulu endormir était complètement éveillé.
Voici un autre fait curieux emprunté à M Dumontpalier:
Une hystérique de son service, en se coiffant devant un miroir, tomba subitement en catalepsie. Elle était restée immobile, les yeux à demi-ouverts fixés sur le miroir, tandis que ses bras, conservant l'attitude qu'ils avaient au moment de Ticvasion du sommeil cataleptique, étaient élevés au-dessus <Ja la tête, dans l'attitude d'une femme qui accommode sa chevelure. L'observateur ajoute que, pour la réveiller, il lui sufât de fixer pendant quelques instants son regard sur le miroir dans l'image des yeux de la malade (!)•
De même, Bouehut (2) a observé dans son service, une petite fille de dix ans qui tombait en somnambulisme a^ec des symptômes cataleptiques chaque fois qu'elle travaillait à des boutonnières, ouvrage difficile qui exige une certaine attention et une grande fixité du regard.
En résumé, nous voyons qu*il existe des procédés
(1) Dumontpallier, Comptes rendus de la Société de biologie, 18 mars 1882.
(2) Bouehut, Traité pratique des maladies des nouveau-nés et delà seconde enfance, 8« édition, Paris, 1885, p. 273,
presque indéfiniment variés de produire le sommeil hypnotique, soit qu*on puise dans le domaine des agent», psychiques, soit dans celui des agents sensoriels ou physiques ou même mécaniques.
Parmi ces derniers nous devons citer outre la convergence forcée du regard et la compression légère de» globes oculaires, dont nous avons parlé, rabaissement progressif des paupières sur les yeux, suivant la pratique du professeur Bernheim; enfin l'ébranlement de la masse encéphalique par une secousse brusque imprimée à la tête, procédé employé parle magnétise ur danois Hansen, et qui ne semble pas avoir été toujours du goût de ses sujets d'expériences.
Chaque opérateur choisira dans cet arsenal les procédés qui lui sembleront les plus efficaces; il les associera, les variera, suivant les sujets; un peu aussi suivant la couleur de son esprit, et ne tardera pas à se rendre maître de quelques-uns.
Tous les hypnotisés sontloindese ressembler; il existe parmi eux de nombreuses catégories : le procédé qui endormira une hystérique échouera complètement sur un individu bien portant. Celui qui amènera rapidement le sommeil chez un sujet entraîné par des expériences précédentes, sera absolument sans effet sur la personne qui se soumettra pour la première fois à l'épreuve magnétique. La méthode que l'on recommande d'employer au début, celle qui occasionne le moins de déception, est encore la méthode de Braid. Malheureusement elle n'est pas toujours applicable. Chez les aliénés, par exemple, où il y aurait un* intérêt si puissant à produire le sommeil hypnotique, il est presque impossible d'obtenir la fixité ^'du regard. Il est bien plus impossible encore de fixer l'attention.