HYPNOTISME CHEZ LES ANIMAUX
talions de nature hypnotique. Quelques animaux sont bien manifestement susceptibles d'être influencés de diverses manières.
Tout le monde connaît la fascination qu'exercent les reptiles sur les crapauds, les grenouilles et quelques oiseaux; celle des grands oiseaux sur leur proie; celle du chien de chasse sur le gibier qu'il tient en arrêt. On raconte des charmeurs de serpents d'Orient, des choses étonnantes (1).
M. Azam (2) a vu, dans les foires du Midi, des bateleurs charmer des coqs en leur plaçant le bec sur une planche, et en traçant une ligne noire sur le prolongement de la crête. Au bout de quelques instants, le coq tombe en catalepsie et reste dans l'attitude où on l'a mis.
En 1646, le père Kircher faisait connaître un moyen analogue de rendre Les poules cataleptiques. On leur lie les pattes, on les pose sur le sol^ et quand après s'être débattues en vain, elles entrent de guerre lasse dans une immobilité complète, il suffit de tirer sur le sol avec de la craie une ligne droite qui parte de l'œil de l'oiseau. On peut ensuite le délier, il sera incapable de sortir de son immobilité.
Czermak a obtenu les mêmes résultats sur d'autres petits animaux, notamment sur des écrevisses.
D'après Preyer (3), des écrevisses, des grenouilles, des cochons d'Inde peuvent être hypnotisés de difl*érentes façons. D'après de nombreuses hypnotisations d'animaux, il est arrivé à cette conclusion que, par des excitations
(1) Voyez Brehm, Merveilles de la nature^ les Reptiles, édition Sauvage, Paris, 1886.
(2) Azam, Hypnotisme^ double conscience des altérations de la personnalité, Paris, 1887.
(3) Preyer, La Cataplexie et l'hypnotisme des animaux (en allemand), léna, 1878.
périphériques, on peut mçttre en action le pouvoir d'inhibition des centres nerveux supérieurs; Tétat produit est tantôt une sorte de paralysie due à la frayeur, à répouvante; tantôt une sorte de stupeur. Le premier état succède à remploi de moyens brusques et violents, le second à des excitations périphériques, faibles mais prolongées et uniformes.
Si Ton saisit un cochon d'Inde en le maintenant de force immobile, le ventre en Tair, au bout, d'une ou deux minutes, il restera inerte et stupide; on peut faire la même expérience avec un coq ou un lapin. Les excitar tiens sensorielles restent sans effet pour tirer Fanimal de son engourdissement. Les très jeunes sujets et les vieux sont complètement réfractaires à Thypnotisme. ; On peut hypnotiser des grenouilles de la manière suivante, d'après M. Ch. Richet et M. Heubel.
On prend une grenouille vigoureuse et agile, on la tient pendant deux minutes entre le pouce placé sur le ventre et les quatre autres doigts appliqués sur le dos. La grenouille s'agite, puis finit par rester immobile : si alors on la place sur une table le ventre en l'air, elle reste un quart d*beure, une heure et plus dans cette position inusitée.
. Il est probable, dit M. Charles Richet, que, sous Tinfluence des excitations périphériques, les parties du cerveau qui président i l'arrêt des actions réflexes et volontaires entrent en jeu et paraly-' sent les parties sous-jacentes de la moelle épinière (1).
On attribue à des effets hypnotiques la facilité qu'ont certains dompteurs à dresser les chevaux. M. Alix (2) explique en quoi consiste la méthode du célèbre Rarey, qui après être resté quelque temps en tête à tête avec
.,(1) C. Richet, V Homme et r intelligence ^ Paris, 1884, p. 210. (2) Alix, L'Espèce dé nos bêtes, Paris, 1890, p. 571.