ABOLITION DE LA SENSIBILITÉ GÉNÉRALE
Dans Tétat cataleptique, la sensibilité générale est icore complètement abolie ; quant à la sensibilité spéale, elle est très variable, suivant les sujets. Ceux chez li elle est supprimée ne peuvent être influencés; un Ttain nombre de ceux don^ les sens restent au moins irtiellement ouverts aux impressions extérieures, peu- !nt recevoir des suggestions par leur entremise. Le sens musculaire étant conservé, c'est par son in-^ rmédiaire qu'il est généralement le plus facile de prolire des phénomènes suggestifs chez les cataleptiques. , par exemple, on donne aux membres une attitude en pport avec une passion vive, telle que la colère, la enace, la prière, ces mouvements sont suivis d'autres ouvements principalement dans les'mui^cles delà face,, istinés à compléter l'expression du sentiment dont il agit.
On pout ainsi varier les attitudes à i*infini. L'extase, la prière,, lumililé, la tristesse, le défi, la colère, reff''oi, peuvent être rerèsentés. Il est véritablement surprenant de voir avec quelle )Qstance un simple changement dans Tattitude des mains réagit irles traits du visage (i).
L'effet inverse peut se produire : en développant sur i face par des excitations électriques le masque de la Treur, par exemple, on voit bientôt les membres rendre l'attitude qui convient à ce sentiment. C'est à M. Charcot et Richer que l'on doit les plus remarlables expériences de ce genre. La contraction muscu« ire développée par le courant faradique persiste après
(1) P. Richefi loc, cit. y p. 669.
142 PHÉNOMÈNES GÉNÉtlAUX DE L'HTPNOnSXE
qu'il a cessé d'agir; les positions des membres complémentaires de l'expression persistent également, de telle sorte que le sujet toujours cataleptisé conserve sa nouvelle attitude à la façon d'une statue immobile et muette. Une expression différente peut être provoquée dans chaque moitié delà face; des gestes différents en rapport avec chacune d'elles se développent dans chaque moitié du corps correspondante. C'est ainsi que le visage sourit à droite, et que la main droite envoie un baiser, tandis que le bras gauche montre le poing et que la face dfl même côté exprime la colère. Le développement de ces curieuses manifestations ne suit pas immédiatement l'excitation faradique; cet'e dernière a besoin d'être prolongée, et l'expérience doit être répétée un plus ou moins grand nombre de fois pour arriver à la perfection.
Par des excitations sensorielles appropriées il est possible, comme nous l'avons dit, de suggérer au cataleptique des hallucinations, ou l'accomplissement de certains actes. Ces phénomènes ne diffèrent pas notablement de ceux que nous étudierons dans l'état somnambulique; ils sont seulement plus automatiques, il y a quelque chose de fatal dans leur mode de développement auquel le sujet ne concourt guère qu'à titre desimpie machine. Le somnambulique, lui, est moins passif, et en général son imagination prend une certaine part à la réussite de Texpérience. Ces différences, on le voit, ne sont pas fondamentales ; un fait qui en atténue encore la portée c'est que pendant que la suggestion opère, Tétat cataleptique disparait, pour ne reparaître qu'après la cessation de tout phénomène suggéré.
En éveillant Touïe par des paroles prononcées d'un ton brusque, on peut suggérer à une cataleptique qu'elle ontond la voix d'une personne amie ou ennemie; et les