ÉTAT DE LA SENSIBILITÉ
toutes ces expériences l'agitation signalée par Braid au début du sommeil nerveux.
Était-ce dû, dit-il, à Tinhabilelé de Topérateur ou à l'iraperfeclion de la méthode encore plus rudiraentaire que celle de Braid? La question pouvait aisément se résoudre en changeant Topérateur ou en suivant à la lettre les prescriptions de Braid. J'ai fait l'un et l'autre, et, malgré ma meilleure volonté, je n'ai pas réussi à déterminer une crise d'agitation, ni extrême, ni même moyenne.
M. Bernheim(l) soutient l'opinion que les modifications de Tinnervation chez les hypnotisés sont le résultat du mode d'hypnotisation et de Témotion plus ou moins vive qu'ils éprouvent. Chez ceux qu'il endort par suggestion, ou chez ceux qui, ayant été déjà plusieurs fois hypnotisés, s'endorment sans émotion, il n'a jamais constaté ni accélération, ni ralentissement du pouls et de la respiration. Aucune différence sensible ne lui a paru exister sous ce rapport entre l'état de veille et l'état hypnotique.
En somme, il semble résulter de ces opinions divergentes : d'abord, que dans le somnambulisme, les fonctions circulatoires et respiratoires ne s'éloignent pas sensiblement de la normale, mais que ces modifications sont plus accusées dans les autres états. En second lieu, que quand des perturbations graves sont observées, elles doivent vraisemblablement être mises sur le compte du procédé employé pour obtenir l'hypnotisation, et de l'émotion des sujets.
Dans le somnambulisme provoqué, Tinsensibilité à la
(1) Bemheim, De la suggestion dans tétat hypnotique et dans Véiat de veille^ Paris, 1884.
douleur, Tanalgésie, est la règle. Cependant il y a de fréquentes exceptions : quelquefois elle est seulement partielle, ou bien on la constate dans une expérience et elle manque dans une autre chez le même sujet. Dans quelques cas, la sensibilité à la douleur causée par une piqôre, un pincement, peut être considérablement exaltée comme les autres modes de sensibilité.
Braid ( I ) a constaté chez un grand nombre de ses sujets d'expérience une excitation extrême des sens, à l'exception de la vue. Les mensurations auxquelles il s'est livré lui ont permis de constater que l'ouïe est environ douze fois plus sensible qu'à l'état normal.
L'odorat, Hit-il, est également exalté à un point extraordinaire; t;ne dame put suivre une rose que i*on tenait tMoignée d'elle de quarante-six pieds. Ceci nVxpliquerail-il pas le fait que rapporte le D' Elliotsoii de son sujet Ok»^y, qui pouvait reconnaître l'odeur . particulière des malades in articulo morlis ?
L'hyperesthésie tactile est si considérable que le contact le plus léger est ressenti, et fait entrer aussitôt les muscles en action. Les sensations de chaleur, de froid et de résistance sont aussi exaltées à un degré suffisamment élevé pour permettre au sujet de sentir quoi que ce soit sans contact immédiat. Qu'on répande, par exemple, sur une table un parfum pénétrant, le patient s'approchera pour le respirer, mais il reculera avant d'arriver au contact du froid du meuble. Si l'on met sur la table un mouchoir imprégné du même parfum, il s'approchera le plus possible ; il s'éloignera de nouveau si l'on enlève le mouchoir, et ainsi de suite ; ce phénomène
(1) Braid, Tt*aité du sommeil net^veux ou hypnotisme^ Iraduclion . Jules Simon, Paris, 1883. ;
HYPERESTHÉSIES SENSORIELLES 149
d'attraction et de répulsion pouvant être renouvelé à volonté.
Pour M. Azam (I), Thyperesthésie sensorielle est extrême dans l'hypnotisme, sauf aussi pour la vue. L'ouïe devient tellement fine qu'une conversation peut être entendue à un étage inférieur; le bruit d'une montre est entendu à huit mètres de distance. L'odorat acquiert la puissance de celui des animaux. Des odeurs dont les vêlements ont été imprégnés plusieurs jours auparavant et qui ne sont plus appréciables pour personne donnent des nausées à un hypnotisé. Le goût est également hyperesthésié. Mais c'est surtout le sens de la température et le sens musculaire qui sont développés à un point extraordinaire : si derrière le patient, à une dislance de trente ou quarante centimètres, on présente un corps froid, ou simplement la main ouverte, il accuse immédiatement un sentiment de froid ou de chaud qui prend les proportions d'une véritable douleur. Le sens musculaire acquiert une telle finesse que les sujets exécutent des actes vraiment surprenants, comme d'écrire très correctement malgré Tinlerposition d'un gros livre entre le visage et le papier, ou d'enfiler une aiguille très fine dans la même position, marcher les yeux bandés dans un appartement sans autre guide que la résistance de l'air perçue par le sens musculaire hyperesthésié.
Il y a des hypnotisés, selon Braid, qui sentent un courant d'air provenant des lèvres ou d'un soulflet à la distance de cinquante h quatre-vingt dix pieds. Ils sont attirés ou repoussés par des impressions de même nature,
(1) Azam, Hypnothme^ double conscience et altérations de la personnalité^ Paris, lb87.
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l'iiisi'Mjrs tentatives faites sur divers somnambules avairrnt fuihoiu': compb>temenl. Elles réussirent cependant sur un M. l'élit, instituteur à Athis :
H fut t'AuUjrm'i tPfS promptement ; et c'est alors que la Commisf-.iofi, pour prévenir (out soupçon d'intelligence, remit à M. du i'olet un»; noie mJigée en silence à l'instant même, et danslai\\ifMfi ftlir; avait inrlif|fjé par écrit les parties qu'elle désirait qui 'TjinifKfrfjl au convulsion. Muni de cetle instruction, il dirigea d'abord la main vers le poignet droit, qui entra en convulsion; il
plaça ensuite derrière le magnétisé et dirigea son doigt en pre-