ACTION DES MÉDICAMENTS Â DISTANCE
cousses couvulsives dans tout le corps et des hallueinalions.
Les anesthésiques amenèrent une excitation analogue à celle de la première période de Tanesthésie chirurgicale. Le phosphore provoqua des tremblements, la cantharide unç excitation instantanément arrêtée par le camphre.
En un moty par cela seul qu'elles furent maintenues quelque temps à une certaine distance des téguments, les diverses substances de la matière médicale manifestèrent leur action physiologique propre comme si elles avaient été introduites dans Torganisme par les procédés habituels. Quelques faits du même genre auraient été constatés chez des malades de MM. Charcot, DumontpaU lier et Brouardel; et MM. Bourru et Burot auraient euxmêmes fait quelques expériences concluantes sur quelques hystériques moins sensibles que les deux sujets qui leur ont donné des résultats si surprenants.
Depuis ces premières expériences, de nouveaux témoignages se sont produits en faveur de Taction des médicaments à distance (1). Néanmoins ces expériences tentées à diverses reprises dans les hôpitaux de Paris pour confirmerla découverte de MM. Bourru et Burot ont été assez peu démonstratives pour que de nombreux médecins aient cru devoir aitribuer à la suggestion inconsciente ou mentale, les phénomènes obtenus par les premiers expérimentateurs. Pour nous qui avons assisté à des expériences faites sur un des sujets de MM. Bourru et Burot et qui avons pu constater quelques faits analogues chez une de nos hystériques, nous ne mettons pas en doute Pimpressionnabili té excessive de certains hys-
(l) Voyez: Dufour, Revue de r%^no/wme,1886. — Ch. Richet, Bulletin de la Société de psychologie physiologique^ 1886.
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tériques vis-à-vis de l'action à distance, de substances médicRmenteuses.
Parmi les recherches suscitées par Le travail desmédecins deRocherort, il convient de citer celles de M.Luys, dont les expérieaces teadent & démontrer qu'il y a toulp une sériede substaoces ayaat uile action spéciale sur le.< régions émotives de l'être humain, u C'est ainsi, dît l'auteur, que les émotions successives de la terreurprofonSe, de l'aversion, de la menace, peuvent être successivemenl sollicitées;c'estaia9ique les émotions inverses deiglieté, de langueur douce, d'abandon voluptueux, peureot à U volonté de l'expérimentateur être mises isolément eo activité; c'est ainsi quel'on peut m âme provoquer da étais émotifs insolites qui ne correspoadent &aacoD santâmenl humain habituel et qui représentent un caraetèni d'é' trangeté tout à. fait inconnu (1). »
Les substances qu'il a successivement mises en exp^ rience sont des gaz, des liquides et des solides, co■t^ nus soit dans de petits ballons, soit dans des tékw i éprouvette fermes à la lampe. Nous repréwatoair d'après M. Luys, les expériences faitesavec le thym (8g. 18), l'ipéca {fig. 20) et ia morphine (fig. 21).
D'aprËs l'auteur, les réactions produites sur l'orguMB™' par l'action à distance des substances médicamealMBH se présentent sous deux modalités bien tranchdes : tuit^l l'action slimulatrice n'est pas suffisante ponr faite wârta le sujet de l'étal léthargique où il a été préalatdamMl plongé, tantôt elle le conduite la phase du somnambalisme lucide, où il entre en communication avec lemondt extérieur et peut faire connaître les impressions qui H passent en lui.
(1) i. Lujfl, Hypnotame txpérimtntal. Lt» Émolimu itaKl f*W
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PIIÉXOMÈMES CÉ^t^AUX DE L*HTPNanSHS
En 1881^, rAcadtmie de médecine nomma une commission pour vérifier les expériences de H. Luya. Les
ACTIOM DES MÉIWCAMENTS A DISTANCE
nclusions de cette commission ne furent pas favora- 3S : elle émit l'avis qu'aucun des effets constatés par
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elle n'avait été en rapport avec la nature des substances mises en expérience. Cette sentence, espérons-le, n'est pas irrévocable et ne doit pas décourager les clferchdan de l'avenir.
DansTétat de somnambulisme parfait, le sujet n'a aucune conscience des lieux où il est, ni des personnes et des objets qui l'entourent^ et il ne conserve au réveil aucun souvenir des expériences auxquelles il a été soumis. Comme nous le verrons dans un chapitre ultérieur, cet étatde somnambulisme parfait est loin d'être toujours atteint, chez les hypnotisés, ce qui explique les divergences des auteurs sur ce point. Admettons que des deux parts on puisse avoir raison, les uns basant leur opinion sur l'observation qu'ils ont faite de ces types, dans lesquels tout souvenir de la période somnambulique est absent, les autres se fondantsur ce que, danscertains états mixtes, ils ont constaté qu'au réveil les sujets avaient afQrmé s'être rendu compte d'une façon plus ou moins confuse de ce qu'ils avaient éprouvé.
Bien que sa conscience soit plus ou moins obscurcie, et qu'il ait perdu la notion de son propre état, au point de refuser énergiquement de se soumettre aux pratiques hypnotiques alors qu'il est plongé dans une somniation profonde, l'individu en état de somnambulisme provoqué a conservé le souvenir de sa vie normale, et même de ses accès de somnambulisme antérieur. La mémoire est parfois surexcitée d'une façon extraordinaire ; et comme dans le rêve, les impressions, les images, les idées, enfouies depuis un temps indéfini dans les profondeurs du souvenir, émergent en foule et se pressent, confusément par*
ÉTAT DES FACULTÉS 17i
fois, dans la pensée du malade. Il suffit de lire une fois devant certaines somnambules hystériques de longs passages d*un livre pour qu'elles les répètent ensuite avec une sûreté de mémoire parfaite.
Un jeune homme en état de somnambulisme provoqué, à qui on avait dicté une page d'écriture en ayant soin de lui soustraire» au fur et à mesure qu'il écrivait, les feuilles de papier placées devant luiy ponctuait et relisait imperturbablement le texte entier, n'ayant à la main qu'une feuille blanche, qu'il croyait couverte de son écriture (1).
Une malade de M. Ch. Richet, qui chantait Tair du deuxième acte de l'Africaine pendant son sommeil, fut incapable d'en re* trouver une seule note une fois réveillée.
* Les autres facultés peuvent être excitées également ou même perverties. On a observé chez les hypnotisés somnambules, non seulement des rêves analogues au rêve physiologique, mais de véritables accès de délire.
M. Bernheim rapporte l'observation d'uoe jeune fille hystérique qu*il hypnotisa pendant longtemps, avec laquelle il ne put jamais se maintenir en rapport et qui se montrait indififérente aux suggestions qu'il voulait lui donner en dehors d'un certain ordre d'idées. A peine en* dormie, elle se mettait à rêver. Ainsi, par exemple, elle se croyait chez sa mère, et dès ce moment s'organisait dans son esprit un rêve tout entier dérivé de cette idée principale. L'opérateur pouvait intervenir par suggestions dan^ cette direction, mais dans toute autre, ses tentatives restaient infructueuses. Si on l'abandonnait à elle-même son rêve continuait à dérouler ses péripéties, et la malade à son réveil le racontait non seulement avec les particularités suggérées, mais avec celles qui s^étaient spontané* ment développées dans son esprit.
(1) Bottey, Magnétisme ammaL
* MM. Charcot et Richer citent Tobservatioa d'une hysté* riquechez quilespratiquesd'hypnotisatîoQ déterminaient des accès de délire. Ce délire était parfois incohérent, d'aulres fois roulaîtsur des sujets variés se rapportant aux incidents qui ont marqué la vie de la malade ; mais il pouvait en outre être provoqué et conduit dans la direction qu'il plaisait à l'observateur de lui donner. Nous avons nous-méme publié un cas de ce genre parmi plusieurs que nous avons observés (1).
Une de nos malades, épileptique non habituellement aliénée, mais présentant à des intervalles très éloignés des accès de délire consécutif à des séries d'accès convulsifs, hypnotisée un jour par nous, ne tarda pas à tomber dans un état de somnambulismeiéger. Pendant quelques instants nous essayâmes sans trop de succès de lui imposer diverses suggestions. Peu à peu, on vit se manifester chez elle une certaine excitation; un rire spasmodique la secoua, des paroles incohérentes sortirent de ses lèvres; elle se mit à nous tutoyer, à nous apostropher de la façon la plus inconvenante ; enfin un véritable accès maniaque se déclara. C'était un spectacle singulier que cette fille qui délirait, étendue suruue chaise, les membres flasques, les paupières closes et frappées d'un spasme tel que, lorsque après une heure environ d'hypnotisation nous la réveillâmes, il fallut pour les empêcher de se contracter de nouveau les maintenir ouvertes quelques instants avec les doigts. Cependant, malgré le réveil, le délire persista spontanément jusqu'au soir.
Le lendemain, la malade revenue à elle-même, sVxcusant de ses incivilités de la veille, nous raconta qu'elle avait eu une interminable altercation avec une personne
(1) A. Cullerre, Un cas de somnambulisme hystérique spontané et provogué (Ann.méd.j psych,^ 7e série, t. VIII).