LA SUGGESTION
Braid a observé la puissance delà suggestion chez certains individus. On se rappelle que Faria n'employait pas d'autre moyen même pour endormir ses sujets d'expériences. Durand, de Gros, qui admettait deux périodes dans le sommeil hypnotique, la première, kypotaxique ou de préparation; la seconde, idéoplast'ique , pendant laquelle le sujet est en état de subir Tinfluence de Tendormeur, a parfaitement mis en lumière l'omnipotence de cet agent. Nous Tavons déjà étudié rapiSement dans la partie du chapitre précédent consacré à la phase cataleptique chez les hystériques. Nous Tétudierons maintenant avec les développements nécessaires dans les états encore moins avancés de Thypnotisme.
Les suggestions motrices sont des plus faciles à provoquer et n'exigent qu'un degré peu prononcé d'hypnotisation. Si Ton soulève le bras d'un hypnotisé et qu'on lui suggère l'idée qu'il ne peut plus le baisser, le bras se maintient un temps plus ou moins long dans la position donnée. Tantôt, d'après M. Bernheim, le membre reste flexible, facile à déprimer et retombe à la moindre pression qu'on exerce sur lui; tantôt il est contracture et il ne cède qu'à une pression beaucoup plus forte. De ces deux cas le premier est autre chose qu'un état de passivité déterminé par l'injonction de l'endormeur; dans le second il nous semble voir quelque chose de plus, lacontracture cataleptiforme de la période somnambulique. Cependant, la contracture peut être déterminée aussi par suggestion. On peut produire le trismus des mâchoires, la contracture des muscles du cou^ de ceux de la main, soit en flexion, soit en extension. La répétition
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fréquente des mêmes expérleaces amène une précision telle dans Tobéissance du sujet, qu*un mouvement, qb geste de Topérateur sufût à lui faire connaître sa pensée avant même qu*il Tait formulée.
Diverses paralysies peuvent être également suggérées. Qu*on dise à un sujet: « votre bras est paralysé, > etsi on le soulève il retombe inerte : l'autre au contraire reste cataleptisé. Cette suggestion pourra durer plus ou moins longtemps. M. Bernheim, ayant produit, chez un de ses malades, une paralysie d'un bras et un état cataleptiforme de Tautre, les remit dans le lit et s* éloigna. Âa bout de quarante minutes, le sujet dormant toujours, l'opérateur revint et souleva vivement les deux bras; l'un resta en l'air et l'autre retomba.
Aux degrés avancés de l'hypnotisme le sujet exécutera tous les actes commandés. 11 dansera, montrera le poing à quelqu'un, se jettera sur lui, le frappera, mettra sa main dans sa poche pour le voler, si on le lui ordonne. Parfois lautomatisme est tellement parfait qu'il imitera tous les gestes que fera l'endormeur, sautera, dansera, tournera les bras, prendra les attitudes les plus bizarres. Les mots prononcés devant lui, il les répétera incontinent à la façon d'une machine. Ce phénomène désigné sous le nom à'écholalie^ a été observé pour la première fois, paraît-il, par Berger, de Breslau.
Il suffit de placer une main sur le front du sujet et Tautre sur la nuque pour le transformer, suivant l'expression de l'auteur allemand, en vérilable phonographe d'Edison. Toutes les paroles prononcées devant lui sont alors reproduites avec une scrupuleuse exactitude, le grec, le latin, Thébreu, etc. (1).
La production des mouvements automatiques s'obtient
M) p. Richer, loc, cit., p. 690.