‹ Magnétisme et hypnotisme: exposé des phénomènes observés pendant le sommeil nerveux provoqué auChapitre 61 sur 114 · TRANSFORMATIONS DE LA PERSONNALITÉ · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS DE LA PERSONNALITÉ

personnalité, le caractère propre du &ujet se révèle et chacun joue son rôle avec ses qualités personnelles eL les aptitudes dont il dispose.

Le même auteur ayant réussi à endormir un de ses amis, parvint au bout de quelques séances à lui faire subir quelques transformations de personnalité :

En prêtre : il se dispose à recevoir des confessions, écoute avec la plus scrupuleuse attention les billevesées qu'on s'amuse à lui dire; s'indigne quand on ne lui parle pas sérieusement. Pendant une demi-heure, il joue ce rôle avec une dignité triste qui ne se démentit pas. Un de mes amis, présent à cette séance curieuse, s'amuse à dire : « A bas la calotte! » G... joint les mains, et avec une onction ineffable dit : « Pardonnez-leur, mon Dieu! ils ne savent pas ce qu'ils font... »

En femme : son premier mot est : « Ne me chiffonnez pas. » Il prend le rôle d'une femme légère.

En vieillard : il s'assied dans un fauteuil en geignant, en se t&tant les genoux, demande une canne pour marcher, tousse en parlant, respire difficilement. Au lieu de s'imaginer qu'il est de* venu un vieillard de l'époque actuelle, il croît èlre un vieillard de 1933, par exemple. Il parle alors de ses souvenirs de jeunesse, qui sont confus et nageant dans le brouillard, et qui se rapportent à l'époque actuelle. « De mon temps, diisait-il, on allait aux pièces de Victor Hugo; j'ai môme assisté du vivant de Victor Hugo à la reprise de Le roi s'amuse.., » (1).

Le même somnambulique peut être transformé en divers autres types; en cabotin, par exemple^ ou en personnage de comédie. S*il fait Harpagon, il s'incarne tellement dans son rôle, il est tellement dix-septième siècle, que si on lui dit qu'il a des rentes sur l'Etat et des obligations de chemins de fer, il se passe la main sur le front, se demande ce que cela signifie, n'y comprend

(I) Ch. Richet, L'Homme et rinlelligence, Paris, 488$.

Cl'LLER|;e. ^>^

i94 LA SUGGESTION HTPNOTIQUB

rieo, a presqoe une crise nenreiise et éprouTe un désordre intellectuel qui persiste pendant quelque tempi. Un sujet du D' Bernheim, ancien sergent, blessé à Patay, ouvrier de hauls fourneaux, est mis en état de somnambulisme.

Je lui dis : — Vous êtes en 1870, sergent à la tête de voln compagnie; tous êtes à la bataille de Grarelolte. Il réflédiit qb instant, comme pour revivifier ses souveairs ; ils renaissent, deviennent image, et s'imposent avec une saisissante réalité. Il m lève, appelle Les hommes de sa compagnie, commande» mardMi les dispose pour l'action : Tennemi est là, il se coucbe, épaob son fusil, tire plusieurs fois de suite; quelques-uns de ses sâldali tombent; il ranime le courage des autres : « Allons, couragel abritez-vous derrière ce buisson!... » Ou bien je le. remets enimar gination au combat de Patay, où un éclat d'obus Tatteint au crâse. il tombe, reste sans proférer un mot,, porte la main sur sa iftte, ne bouge pas... En revivant cette partie de son exisbenee, iidédouble pour ainsi dire sa personnalité. Il fait à la fois les question et les réponses, il parle pour lui et pour les autres, eomaie s^il faisait un récit. Je le transfère à Dijon, oCt il était en gamiiOD: (( — TiensI caporal Durand, comment vas-tu? — Pas mal^et toi? D'où viens-tu comme cela? Je viens de congé, j'étais i Sar veme. .. Allons au café prendre un bock. » Il cherche des ebsiaai, prie ses camarades de s'asseoir, appelle le garçon, commande àm bocks et continue à parler de toute espèce de choses a?ee sm compagnons, parlant à la fois pour lui et pour eux. Je lui dis: « — Où éles-vous? — Je suis à Dijon. — Que suisje, moi? — Vous êtes le docteur Bernheim. — Mais je ne suis pas à Dijon.— Vous êtes à l'hfNpital Saint- Charles, de Nancy. ^ Mais no«i puisque je suis à Dijoa. Voici mes camarades, je ne voua eonnil pas. V .\ svMi réveil, le souvenir de tout ce qui a*est pasié mi abs^^iuaient éteint (L)«

Tout lo momie r^connailra lesanalosies d*unétat sem-

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