LECTURE DES PENSÉES
vait s'ajouter au hasard, il y avait toujours un léger surplus de réussites (J).
D'autres expérimentateurs, entre autres M. Ochorowies reprirent ces expériences et arrivèrent aux mêmes résultats (2).
Déjà la société des recherches psychiques de Londres \ avait, en 1883, publié les résultats obtenus par elle dans
Fig. 26 et 27. — A et B, dessins pensés par M. Blackburu. A' et B\ dessins exécutés par M. Smith.
des expériences portant sur des cartes à jouer, des noms, des numéros et des dessins. Ces dernières expériences ont été particulièrement intéressantes. Voici quelle était la manière d'opérer :
(1) Ch. Richet, Revue philosophique ^ 1885.
(2) J. Ochorowies, De la suggestion mentale^ 2® éd. 1889..
Le sujet estassi»» les yeux, bandés, dans un des salons de la Société devant une table où se trouvent un crayon et quelqoea feuilles de papier à sa portée. A côté de lui est posté un membre de la Société qui Tobserve altentivement afîn de découvrir le moindre « truc » sMIen existe dans Texpérience. Un autre membre du comité quitte alors le salon et, dans une chambre fermée, dessine une figure quelconque. (Fig. 26 à 30, A, B, C, D, E.)
I! appelle ensuite l'opérateur dans celte chambre, et après avoir eu soin de bien refermer la porte, lui montre le dessin. Ceci fait, l'opérateur est conduit les yeux bandés dans le salon, et placé (assis ou debout) derrière le sujet, à une distance de soixante centinoètres environ.
Après une courte période de concentration mentale intense de la part de l'opérateur, le sujet prend le crayon et, au milieu du silence général, reproduit, sur le papier qui est devant lui aussi exactement que possible, «Tim pression » du dessin qu'il vient de recevoir (1): (Fig. 26, 27, 28, 29, 30, \\ K, C\ D\ E\)
La société a constaté que, dans ses expériences, elle obtenait en moyenne un succès sur cinq et i/4avec suggestion mentale, tandis que sans suggestion mentale, elle n'obtenait que un succès sur quarante- trois.
Enfin vinrent, en 4885, les expériences désormais célèbres de MM. Gibert et Janet, du Havre. Ces expériences tendaient à prouver, non seulement la suggestion mentale en général, mais encore la transmission des pensées et de la volonté à des distances plus ou moins grandes. Cesexpériences, contrôlées par M. Myers, MarilIieretOchorowics furent reconnues exactes. Les précautions lesplus minutieuses étaient prises pour éviter les causes d'erreur: Vheure exacte de Taction à distance était tirée au scurt; Topérateur n'en avait connaissance quequelques minutes avant le terme; pour éviter la suggestion involontaire, au-
(1) J. Deniker, La lecture de ta Pensée et la Soeiéié desredurckes ychologi^ts (Sctence et nature, iSS5, tome IV, ]^ 2tô).
LICTURB DES
in 'des membres de la commission ne pénétrait dans le omicfle dusi^îet.DanscescondilionSyM. Gibert, influen-
Fig. 28 à 30. — C, D, E^ dessins pensas par 11. Blackborn. C, ly, E*. ëMSÎBs exêcolès pu M. Smith.
ç«it le sujetà plus d'an kilomètre de distance, rendormait et Tobligeaii à se rendre auprès de lui.
En 1888, M. Richet fil, à Paris, sur le même sujet des expériences de même ordre et qui paraissent absolument; concluantes.
La suggestion mentale peut aussi opérer à longue échéance, comme la suggestion verbale elle-même. M. Janet a observé que sur son sujet on réussissait peu si on lui commandait mentalement d'exécuter l'ordre donné immédiatement, pendant son sommeil; on réussissait, au contraire, quand Tordre mental ne devait s'exécuter que plus tard.
La suggestion mentale semble requérir, pour agir pen- , dant le sommeil magnétique, certaines conditions qui sont une passivité relative du sujet, l'absence de toute activité intellectuelle, une sorte d'équilibre dynamique entre le système nerveux du magnétiseur et du magnétisé. Néanmoins les dispositions particulières du sujet sont encore ' la condition principale.
La suggestion mentale n'a rien de commun avec les expériences de divination qu'exécutent certaines personnes sous prétexte de lectures de pensées. Tel est le cas de Stuart Cumberland, qui, il y a quelques années, a donné quelques séances à Paris. 11 vQiroxxyBXi assez souvent une. épingle cachée, à la condition d'être, au moyen de la main, en contact avec la personne qui avait caché l'épingle. Dans certaines séances, il a découvert dans l'assistance lapersonne à laquelle pensait le sujet dont il tenait la main. Cumberland croit à une puissance exceptionnelle de perception dont il est doué; en réalité il ne s'agit que de mouvements inconscients de la part du sujet.
Ces faits sont connus depuis longtemps. Chevreul, Babinet, Faraday ont démontré la production inconsciente de mouvements d'une très faible intensité. U y a plus de cinquante ans que iM. Chevreul a fait remarquer que Ti-