DE LA POSSESSION DE SOI-MÊME ET DE LA SANTÉ
On a dit que la santé était le premier des biens après l’honneur. Sans doute, mais si la santé est le premier des biens;, elle n’est pas le bonheur ; elle donne seulement la permission d’être heureux. Si vous souffrez de l’estomac ou d’une dent gâtée, les plus douces joies de la terre peuvent passer à votre portée, vous n’en goûterez aucune.
r Le premier de? bonheurs, le bonheur essentiel que chacun peut et doit ambitionner, c’est la possession de soi-même — autrement dit l’épanouissement de sa personnalité.
Pour être maître de soi, il faut être équilibré physiquement et moralement.
Trouver son point équilibrant, le sentir en soi et en jouir, tout est là.
L’homme le plus intelligent à l’état normal, s’il a perdu son point d’équilibre physique ou mental, n’est plus qu’un malade, un sot ou un fâcheux.
L’homme, qui a perdu son équilibre, est le plus souvent irrité, inquiet, tourmenté. Sa mémoire est infidèle. S’U parle, . sa conversation n’est pas intéressante, et il sent qu’il a tort de parler. S’il se tait, il souffre de son silence parce qu’il se rend compte que, momentanément, il ne peut rien tirer de bon de son cerveau Cependant, il aurait mille choses à dire. Ses gestes sont maladroits ou inharmonieux. Il est angoissé. Le sentiment qu’il a de son infériorité le rend de mauvaise humeur et son exaspération s’accroît encore du malaise fiuil communique.
Parfois, au contraire, il est mou, inattentif et sa pensée flotte comme un bouchon au gré d’une rêverie incohérente et souvent absurde. On lui parle, il est distrait ; il est loin de lui-même ; les autres sont déjà loin de lui.
L’homme qui a perdu son point d’équilibre, est passif.
On sent qu’on a retrouvé son point d’équilibre comme on sent que l’on a recouvré la santé que l’on avait perdue.
Les nerfs sont d’aplomb. On n’éprouve aucune inquiétude vive, aucun désir excessif. On est plutôt gai, harmonieux et rayonnant. L’attention est concentrée, l’observation aiguë : toutes les facultés mentales fonctionnent sous une pression à peine sensible de la volonté, comme un cheval que l’on aurait bien en main. On ne s’efforce pas de plaire ; chacun vous écoute avec une attention extrême : vos moindres paroles sont importantes. Dans la rue, l’homme qui est bien maître de lui-même, s’intéresse à ce qu’il voit sans que sa pensée intérieure soit complètement distraite, et le sentiment, qu’il a de sa force, de son bel équilibre physique et moral lui procure une satisfaction intime, visible d’ailleurs sur sa physionomie.
L’homme, qui a trouvé ou retrouvé son point d’équilibre, est actif.
Mœterlinck fait justement observer que ce point d’équilibre, nous le perdons à tout moment dans la vie.
« Non seulement, dit-il, chaque nuit il s’anéantit dans notre sommeil, mais même à l’état de veille, il est à la merci d’une foule d’accidents. Une blessure, un malaise, un choc, une indisposition, quelques verres d’alcool, un peu d’opium, un peu de fumée, suffit à l’altérer. Même quand rien ne le trouble, il n’est pas constamment sensible. Il faut souvent un effort, un retour sur nous-mêmes pour nous ressaisir, pour prendre conscience que tel ou tel événement nous advient. A la moindre distraction, un bonheur passe sans nous toucher, sans nous livrer le plaisir qu’il renferme. On dirait que les fonctions de cet organe, par quoi nous goûtons la vie et la rapportons à nous-mêmes sont intermittentes. et que la présence de notre moi, (excepté dans la douleur) n’est, qu’une suite rapide et perpé tuelle de départs et de retours. Aussi, nous redoutons.
tant nous le sentons fragile, que ce moi peut à jamaisdisparaître dans l’effroyable secousse qui sépare la vie de la mort.
La santé et la culture physique.
On pourrait prolonger à l’infini des réflexions analogues. Mais puisqu’il s’agit de donner ici des conseils pratiques, disons tout de suite qu’il n’est pas de santé morale sans une bonne santé physique. Celle-ci est à la base de tout progrès en science magnétique.
Nous ne faisons pas de cours d’hygiène. Il existe dans cet ordre de connaissance, des quantités de traités ou de manuels, très bien faits, auxquels nous renvoyons nos lecteurs.
Ajoutons toutefois qu’il n’y a pour ainsi dire pas de santé parfaite sans culture physique. Là, encore, les ouvrages abondent.
La gymnastique rationnelle, nécessaire à tout le monde, est presque indispensable à ceux et à celles qui veulent progresser psychiquement. L’âge n’importe pas. Même, et surtout les personnes vieillissantes feront donc de la culture physique, mais bien entendu, sous réserve de ne s’y livrer qu’avec l’intelligente prudence qui convient.
' Ees méthodes sont nombreuses et toutes se valent ou a peV.PrèS- En effet> malgî’é les divergences d’opinions des différentes écoles (chacune prétendant avoir le monopole de la vérité), il- a bien fallu reconnaître que les résultats obtenus dépendaient beaucoup moins du svs-
'cilité d^'l’éîève^116 dG ^ valeur du maître et de la do-
h-^iUX , étudiants en sciences occultes, nous dirons «re l°Ut exercice’ même le pins simple, doit-
il faut npnlt e? y aPP°rtant ]a Plus grande attention. Joîî? mïïSu f qu,e ron fait’ car les cellules de notre
carde ? à n°tre mental ; 11 faut aussi prendre garde de se surmener : la modération étant la première condition de tout développement naturel
p.Sp'lS*t,l"dl*! dont « *«* m «
Autant que poseible, on « travaillera » le matin au
si l’ouest seiflnSlae fenï™' 16 PlUS léger P°ssiWe’ nu es; seul. la fenêtre ouverte, ou tout au moins
après avoir renouvelé l’air de la chambre dans laqueïS
on a dormi. Cette séance, dont la durée peut varier d’un quart d’heure à une demi-heure, s’achèvera par un lavage au tub tiède ou froid, suivant l’état d« ses nerfs, mais tiède - toujours - si l'on n'est pas en transpiration. L’eau froide n’est tonique et supportable qu’à ^a condition d'avoir très chaud. Il faut se mefler de l’eau froide si l’on n’a pas la certitude d’obtenir une réaction brusque et violente.
Durant la belle saison, si vous habitez la campagne — t’entends la vraie campagne ou régné la solitude n’hésitez pas à aller au bord de la rivière, d un clair ruisseau ou d’un torrent, et là, loin des regai ds des humains, faites vos exercices de culture physique que vous terminerez par des ablutions d’eau vive sur tout le corps à l’aide d’une grosse éponge. Ensuite, une Rigoureuse friction au gant de crin imbibee d eau de colonne ranimera la circulation. Le pas de course que vous" prendrez pour rentrer chez vous suffira pour vous réchauffer et vous procurer un bien-être extraordinaire qui rejaillira sur tous vos actes de la journée. L®. tat de cette demi-heure ainsi employée sera merveilleux. îEes^ personnes malingres, épuisées par le surmenage intellectuel, sont revenues à la belle santé en moins d un mois de cette cure de plein air et de gymnastiqu .
Héliothérapie.
j’ai visité autrefois un sanatorium fréquenté par des neurasthéniques et des affaiblis. Après av £ cuter aux pensionnaires quelques légers exe™lce culture physique, le médecin installait, par les jours des couvertures sur l’herbe, et les maiades pas- 1 nien’t leur matinée à lézarder. Au mois de juillet et
S°Sisïï. de
m ri i entières ■ ceux-ci excitants, ceux-là, cai Ee pensionnaires prenaient aussi det , bains de so,e,l sur a terrasse de l’établissement, dans des sortes a Sges de verre6 coloré. Ce mode de traitement s-appel • îSottiérapie. Il se rattache d'ailleurs ' culture physique qu'à l’hygiène et a la therapeut q On ne saurait donc trop recommander ces bains de
lumière aux étudiants en occultisme, mais l’avis préalable du médecin est nécessaire.
En Afrique, j’ai rencontré des hommes immobiles devant des panneaux ou des murs peints à l'ocre rouge et sur lesquels dardait le soleil. J’ai cru qu’ils chauffait leurs rhumatismes : erreur. Ils faisaient une cure de beauté. Les reflets de la couleur rouge sur l’épiderme du patient donne à la peau, un ton chaud, ambré, velouté, très agréable à l’œil.
« Cela me rend fort comme le lion du désert » me disait un grand diable d’arabe que je surprenais en train d’achever de se faire rôtir par le soleil de Mahomey, devant d^s planches couleur sang de bœuf. Le gaillard était taillé en hercule et il n’apparaissait pas qu’il -eût besoin de se fortifier beaucoup. La vérité est qu’il désirait embellir et rajeunir, peut-être développer certaines facultés psychiques.
Le sommeil et la nutrition.
S’il est d’un paresseux de flâner au lit une fois qu’on est réveillé, il est bon de donner au corps et à l’esprit tout le temps de sommeil nécessaire à une réparation totale des organes fatigués. Pour certains, un sommeil de sept heures suffit très largement, mais pour ceux dont la dépense nerveuse est toujours excessive, il faut dormir neuf heures, quelquefois plus longtemps.
Il est à remarquer que les personnes non alourdies, qui dorment profondément et longtemps, gardent jusqu’au soir de l’existence, un visage jeune, un corps souple et vivent jusqu’à un âge très avancé.
On dormira aussi la fenêtre ouverte, ou du moins, jamais la fenêtre complètement fermée.
Le psychiste s’abstiendra de toutes boissons qualifiées apéritives. Le vin qu’il boira sera toujours coupé de beaucoup d’eau et, s’il fume, il ne fumera que très modérément...
Enfin, disons en terminant ce chapitre, que le régime fruitarien détermine un rajeunissement général. Tous les fruits agissent comme agents purificateurs de l’organisme par une action alcanisante.
On ne mangera que des fruits très mûrs, et, si possible, cueillis à l’arbre même.
Bien entendu, il ne faut manger que lorsqu’on a faim» ne jamais boire que quand on a soif et rester toujours sur son appétit.
Nous parierons plus loin de la façon dont on doit respirer. La pratique de la respiration, envisagée au point de vue psychique, est si importante qu’elle fera l’objet d’une étude spéciale.
L’idéal des régimes alimentaires pour un occultiste est le régime végétarien, mais il est si difficile à suivre dans les conditions actuelles de l’existence que nous n’avons pas osé le recommander. Ceux, toutefois, qui auraient le courage de se priver de toute viande et de toute boisson autre que l’eau pure et le jus 'des fruits, s’adresseront à des ouvrages spéciaux qui donnent à cet effet, toutes les indications utiles.
En résumé, soyez sobres et faites de la culture physique en tenant compte, de votre âge, de votre tempérament et de votre vigueur.
Comme nous l’avons dit, la première condition pour réaliser la vraie possession de soi-mème, est une parfaite santé, et, sauf de rares exceptions, ne sont magnétiques que les gens qui se portent très bien.