DE LA VOLONTÉ
Si la volonté est la faculté qui nous fait exécuter les décisions de notre jugement, il importe donc d’avoir . un jugement sain, autrement dit, du bon sens.
Le bon sens (qu’il ne faut pas confondre avec le sens commun) est loin de courir les rues : il est le frère aîné du génie. Notre maréchal Foch se flatte d’avoir du bon sens. Sous une élégante modestie, il ne pouvait s’adresser un plus beau compliment.
Erreur et vérité.
On dirait, en effet, que la nature à créé l’homme pour vivre dans l’erreur ; ses sens le trompent ; sa mémoire 1 le trahit, ajoutez l’imagination, qui se plaît dans l’exagération. Dans son enfance, on le berce avec des contes, son éducation est vicieuse, ses passions achèvent de le perdre. Plus tard, trop tard, vient l’expérience, mais : l’expérience est comme un médecin qui arrive après la , maladie ; on pourrait aussi la comparer à une étoile ; qui se lève quand on va se coucher... Hélas ! il est très ] difficile de vivre suivant la vérité, et cela, malgré j l’expérience et malgré la Raison, car, non seulement j sa lueur brille et s’éteint tour à tour, mais encore quand elle est seule, elle a quelquefois tort d'avoir trop rai- / son. Voir le monde avec les yeux de la raison, c’est-à- I dire tel qu’il est, n’est, certes pas, en effet, un beau spectacle. C’est pourquoi l’ignorance est la condition -. de l’existence même. Si nous savions tout, nous ne pour- { rions pas supporter la vie une heure. Les sentiments, qui nous la rendent douce, naissent presque toujours d’un mensonge ou d’une illusion. Assurément, nos
illusions sont le plus souvent des chemins qui conduisent aux déceptions. Qu’importe ! puisque se tromper, être trompé, se détacher après s’être attaché, aimer, souffrir, renoncer, c’est vivre...
Mais malheur à ceux qui ont un rêve plus vaste et plus fort qu’ils ne peuvent le supporter. Malheur à ceux qui pensent à ce qu’ils n’ont pas. Ils ont raison, et ils sont par là hors nature...
Coupons court à „e préliminaire philosophique pour revenir à l’objet de notre étude.
Les passions eî !a volonté.
aussi^î^l??., certain que l’on peut mettre sa volonté vaises, qu’au ses Passions, bonnes ou mau-
Certains grands crinîm^Lï’aison.
très volontaires : ils manqmÊ&iÆu être des hommes moral et, j’ose dire de bon sens. "fuient de sens Les Saints sont également de grands volontaires mais ils ont employé leur énergie à faire le bien, c’està-dire à servir Dieu.
En occultisme, les hommes passionnés qui ont vaincu leurs passions, sont des mages. En effet, un homme sans passions, n’est jamais magnétiseur parce qu’il n’est pas un foyer d’ivresse. Il peut calmer, il n’excite pas. Les apôtres de la raison n’ont jamais fait de prosélytes ; l’avantage qu’ils ont sur les autres, c’est que s’ils n’entraînent personne, personne aussi ne les entraîne.
Nous supposons que nous nous adressons à un étudiant (où à une étudiante) doué d’une bonne intelligence, d une haute moralité, d’un naturel passionné, mais d un caractère plutôt faible et se laissant entraîner parfois à des écarts regrettables. Personne n’est parfait.. Il s’agit de lutter contre ses penchants et de les vaincre. Comment faire ?
Confiance en soi.
La première condition à réaliser est la confiance en soi, confiance aussi dans son entreprise.
La confiance est la pierre angulaire de tout succès.
«mfflof !a conflance’ la volonté est non seulement insuffisante, mais inopérante.
vous avez beau avoir la ferme volonté de bien vous tenir en selle sur un cheval rétif, votre chute sera d autant plus certaine que vous douterez davantage de \ talents équestres. Vous vous êtes dit résolunient . « Je n’aurai pas peur » ou : « je m’efforcerai de n P avoir peur ». La crainte seule d avoir peur a fait que vous avez été vite désarçonné. Si, au contraire co vaincu d’être un cavalier émerite, vous vous étiez dit . « Ce cheval, monté par un cavalier comme moi sera
AutrTeTemple : La natation est natajrene à Vjiomin^ N’importe qui n’est pas bon nageur, m i , ,,vs-
monde, sans exception, peut maintenir jî aj^mer quelsus de l’eau puisqu’il suffit pour jiey^g de ne rien nues mouvements insignjfify^jfjg^n tombant à l’eau, faire du tout. Eh t^ger, quoiqu’il fasse, il se noiera croit ne fiDcht,'' à moins que l’on ne vienne à son selivé-Lë! '
On pourrait multiplier les exemples à l’infini. C’est, pourquoi les défiants, les trop modestes et las timides, ont toujours tort. Et dans le domaine sentimental, n’est-ce pas celui qui craint de ne pas être aimé comme il aime lui-même, c’est-à-dire le plus amoureux des deux partenaires, qui, finalement, est abandonné ? Le malheureux s’imagine que, pour plaire, il doit déployer des qualités supérieures. Naturellement, timide et méfiant, il s’exagère encore son insuffisance ; le sentiment qu’il' a de son infériorité le rend indécis, tourmenté... et l’on se moque de lui... on le méprise. L’amie a pour lui cette ironique pitié qu’ont toutes les femmes pour les adorateurs qui ne savent pas aussi être des maures.
Du rôle de l’imagination et de la volonté.
Emile Coné, dans un petit ouvrage intitulé la mai- I /me de soi-même, ouvrage qui a obtenu un succès • considérable et très mérité, déclare tout net : « I.ors-a qu’il y a conflit entre la volonté et l’imagination, c est foui ours l’imagination qui remporte. »
« On peut comparer l'imagination, dit-il, à un tor- g ront qui entraîne le malheureux qui s’v est laissé tom-f ber Ce torrent semble fatal, cependant lorsqu on sait '
s'v prendre, on le détourne de son cours, on le conduit à “l’usine et là, on transforme sa force en mouvements harmonieux, en chaleur, en électricité, en résultats bienfaisants. »
a L'imagination gouverne le monde », disait isapoléon. Elle est, après la mémoire, la première des facultés de l’homme ; aussi, avant de recommander aux . o-ens d’éduquer leur volonté, il faut leur bien faire connaître le rôle immense de l’imagination. Il faut apprendre, comme l’on dit vulgairement, a se monter le cou. Oui. il faut avoir foi en soi, une foi immense, car la foi soulève des montagnes. Or, la foi est Alle de l’imagination. Pour illustrer cette théorie, je ne puis résister au désir de reproduire encore quelques lignes de M. Goué.
« Non seulement, nous ne faisons pas ce que nous voulons, mais nous faisons souvent le contraire de ce que nous voulons. Plus nous voulons dormir, plus nous voulons trouver le nom d’une personne, plus nous voulons nous empêcher de rire, plus nous voulons éviter un obstacle en pensant que nous ne pourrons guère l’éviter, plus nous sommes surexcités, plus le nom cherché nous fuit, plus notre rire nerveux éclate, plus droit nous courons sur l’obstacle. »
Bref, c’est l’imagination qui détermine nos actes, car l’homme est suivant ce qu’il pense, ce qu’il désire ou ce qu’il rêve ; mais la volonté peut et doit gouverner l’imagination.
Donc, après avoir consulté sa raison, la volonté commandera l’imagination ; elle la réglera, lui assignera des limites, l’entraînera dans telle ou telle direction, la fera même sortir, au besoin, du champ de la Réalité, lorsque le domaine de la Réalité, assez mal défini, peut, se confondre avec celui des Possibilités.
Sommes-nous, en effet, toujours absolument certains que telle chose est ou n’est pas ? Dans le doute, les pessimistes, les craintifs disent non. Les optimistes ou les confiants diront oui. Or, le monde, comme la fortune, appartient aux audacieux. Audaces fortuna fuvat...
s. L'autosuggestion.
t Il faut donc se sentir fort. Le moyen à employer est l’autosuggestion. (L’autosuggestion est l’implantation d’une idée en soi par soi-même). Mais l’étudiant^.
avant de se livrer à cet exercice mental, que nous exposerons aux chapitres Concentration et Méditation, devra s’y préparer par un entrainement physique et moral afin d’obtenir le sang-froid qui doit marcher de compagnie avec la confiance donnée par la certitude absolue que l’on a dans le succès final.
Cure d’isolement.
Nous commencerons par la cure d’isolement, qui a pour objet de s’affranchir des émotions du monde extérieur, à rappeler à soi les forces que la pensée vagabonde et indisciplinée a envoyées inutilement de tous côtés.
Le premier exercice comporte la relaxation générale. La relaxation générale, appelée par les américains dévitalisation, est une détente physique et mentale aussi complète que possible.
Cet exercice comporte la suppression de tout mouvement physique volontaire et la suppression pendant quelques minutes du cours ordinaire de ses pensées. Arrêter complètement le fonctionnement de la pensée : imposible. Notre esprit étant dans un état d’activité perpétuelle (il n’y a même pas de sommeil sans rêves), il serait aussi faux de prétendre que l’on peut s’empêcher de penser que d’affirmer que t on peut arrêter les battements de son cœur.
Il s’agit seulement de fermer la porte aux sensations et aux sentiments qui viennent sans cesse nous assaillir pour se plonger dans un océan de calme.
La chose n’est pas si simple qu’elle le paraît.
Dévitalisation.
Le premier exercice à faire est celui-ci : Allonger le bras gauche, la main bien ouverte, la paume tournée du côté du sol. Placez votre main droite, les doigts réunis en faisceau au-dessous de la main gauche. Puis, retirez brusquement votre main droite.
Si votre main gauche, cessant d’être soutenue par la main droite, ne fléchit pas immédiatement pour venir s’abattre le long du corps, c’est que votre bras gauche a gardé une certaine rigidité ; l’expérience est à recommencer. U faut que la main gauche, dès qu'elle n'a
plus les doigts de la main droite comme support, retombe aussitôt de son propre .poids, comme une chose inerte.
Ce petit exercice, quoique très simple, est rarement réussi au premier essai. D’instinct, le bras tendu se raidit et garde une seconde ou deux, malgré le départ de la main droite, sa position primitive.
On renouvellera donc l’expérience jusqu’au complet succès. Celui-ci obtenu, l’étudiant comprendra alors très bien, sans qu’il soit besoin d’explications, ce que signifie l’état physique d’amollissement ou de dévitalisation. Cet exercice banal a son importance. En effet, seuls savent et peuvent bien reposer leurs nerfs, ceux qui sont capables de les mettre volontairement au cran de repos absolu.
Quand on est fatigué, soit à la suite d’un effort physique violent, soit après un grand travail intellectuel, une ou deux séances de dévitalisation produisent un effet thérapeutique indéniable. Les nerfs moteurs complètement détendus, les nerfs sensitifs tout à fait tranquilles, se délassent et récupèrent rapidement leurs forces dépensées.
Cet état de dévitalisation est d’autant plus précieux qu’il produit un calme qui n’est pas toujours atteint même pendant que l’on dort, puisque le sommeil peut être traversé par des rêves pénibles ou par des cauchemars, qui ne vont point sans dépression cérébrale.
Toutefois, il ne suffit pas de se mettre en état de dévitalisation pour pratiquer avec efficacité la cure d’isolement, il faut savoir respirer.
Comment respirer ?
Les exercices de respiration diminuent la nervosité, guérissent ou améliorent les affections organiques et développent la force psychique.
Il faut d’abord — et ceci a son importance — travailler debout. On lèvera la tête, le menton légèrement rentre ; les épaules seront effacées. Le ventre sera
* aZtlé * le pluts possible- O» Placera les mains aux anches en ayant soin de jeter les pointes des coudes le plus possible en arriéré, comme si l’on voulait qu’ils se rejoignent, de façon à faire bomber le thorax Cette station droite est à la base de tout développe-
ment magnétique. Un bossu ne sera jamais un grand magnétiseur. Les Yoguis recommandent de placer la colonne vertébrale verticalement pour des raisons qu’il serait trop long d'exposer ici.
Maintenant, il s’agit d’accomplir suivant certains rites, la plus importante des fonctions corporelles : respirer.
Au point de vue psychique, cette fonction n’est pas moins précieuse, car c’est en respirant bien que l'on accumule en soi de la vitalité qui se transformera en puissance morale.
Les mouvements respiratoires peuvent être ou non partiels, c’est-à-dire intéresser une partie des poumons ou la cage thoracique toute entière.
C’est ainsi qu’il y a une respiration claviculaire, un j respiration costale, une respiration abdominale, une respiration diaphragmatique.
Mais, au demeurant, il n’y a qu’une façon de respirer, qui est la bonne, celle réunissant tous ces modes de respiration.
1er temps : Inspiration. — La bouche étant close, on aspirera l’air par les narines qui se contractent et se dilatent avec la régularité d’une machine de précision.
L’inspiration doit s’effectuer très lentement. On dilatera d’abord la base du poumon en rentrant la ceinture c’est-à-dire en abaissant le diaphragme qui viendra peser sur les organes abdominaux. Ensuite, on remplira d’air le sommet des poumons en élevant progressivement le haut de la poitrine.
2e temps : On retiendra son haleine durant six à huit secondes, les poumons étant entièrement remplis.
3° temps : Expiration. — 1 II faut rejeter l’air lentement en tenant le haut de la poitrine légèrement élevé le plus longtemps possible. Puis, on chassera tout l’air resté dans les poumons.
Il faul pratiquer cet exercice deux à trois fois par jour, sans aller jamais jusqu’à la fatigue. Cette recommandation est essentielle. L’abus provoquerait des •’ vertiges.
On s’astreindra, par exemple, à respirer cinq fois de ^ suite en employant huit secondes pour l’inspiration, huit secondes pour Je temps d’arrêt et huit secondes I pour l’expiration, soit en tout vingt-quatre secondes.
Il est bon de s’astreindre à faire quelquefois les exer-
cioes de respiration aveo une seule narine (en bouchant l’autre) tantôt avec la droite, tantôt avec la gauche.
C’est le matin, au lever, tout nu dans un costume sommaire, avant le travail de gymnastique suédoise, qu on se livrera aux bienfaits de la respiration intégrale. Si, à cause de la température, les fenêtres ne sont point ouvertes, l’air de la chambre aura été préalablement renouvelé. Mais, quand on le peut,, le meilleur endroit pour ce genre d’exereice,est le bord de la mer ou, mieux encore, le sommet d’une montagne.
Maintenant, l’étudiant magnétiseur a une solide santé, grâce à un régime nutritif sévère et à une culture physique bien ordonnée ; il sait respirer avec méthode, il sait aussi se dévitaliser, c’est-à-dire discipliner ses muscles au point d’arriver à l’immobilité complète, et se dégager pour ainsi dire de son enveloppe charnelle.
Il est entraîné.
Retraite du silence.
L’heure est venue de commencer la cure d’isolement appelée par V. Turnbull, la retraite du silence.
Tous les jours, à la même heure, de préférence le soir, après quelques exercices de respiration intégrale, on s’enfermera dans sa chambre ou dans toute autre pièce, fermée à clef, au besoin ; puis, après avoir fait régner une demi-obscurité, - on s’étendra sur une chaise-longue.
Lors, ayant cessé tout mouvement, les muscles mis en état, de relâchement, les paupières mi-closes, on fermera la bouche sans serrer les lèvres et l’on respirera par le nez Seulement-
Ensuite, on fermera le champ de sa conscience en repoussant les idées qui ne manqueraient pas d’assaillir le mental.
On sera sinon passif, du moins dans un état de neutralité absolue. Bientôt — ce qui est très naturel — les membres s’engourdiront et l’on entrera dans un assoupissement léger qui, loin d’être pénible, est, au contraire, plein d’une agréable langueur.
Au bout d’une dizaine de minutes de cet isolement à peu près complet, on percevra les bruits du dehors comme s’ils se produisaient, à une distance beaucoup plus éloignée qu’ils ne le sont en réalité. On éprouvera
comme une tendance à. s’extoriser ; on sera tenté de croire que l’esprit plane au-dessus du corps.
C’est le moment de diriger son mental, soit vers l’affaire que l’on veut arranger, soit, vers la qualité que l’on veut acquérir, ou d’examiner bien en face la résolution que l’on veut prendre.
Il faut délimiter nettement le champ de sa pensée et ne le laisser envahir par aucune pensée vagabonde; Ce n’est plus le rêve éveillé et confus, c’est de la réflexion sérieuse. On se concentre et l’on médite.
Se concentrer.
Se concentrer, c’est braquer ses forces mentales sur une idée unique ou sur un ensemble d’idées se rapportant au même objet. Se concentrer, c’est en un mot, rassembler toute sa force mentale pour la lancer vers un but déterminé.
Méditer.
Méditer, c’est réfléchir avec calme. C’est soumettre à un examen critique intérieur le sujet que l’on veut connaître pour s’en faire une opinion exacte. C’est porter sur lui un regard aigu pour l’étudier sur toutes ses faces, dams ses détails et dans son ensemble. C’est ensuite se rendre un compte exact des ressources dont on dispose pour s’équiper contre les dangers auxquels on est exposé, afin de s’assurer une victoire dans la lutte que l’on va engager, de surmonter les difficultés que l’on va rencontrer.
Ayant fixé son attention sur le sujet déterminé, c’està-dire ayant fait un effort de mémoire pour le revoir, comme nous l’avons dit, dans ses détails, puis dans son ensemble, on aura le courage d’accepter le fait accompli sans indulgence mais sans mauvaise humeur ou acrimonie.
Même si l’on venait d’être l’objet d’un préjudice évident, d’une « rosserie » bien conditionnée, la colère, en apparence justifiée, serait non seulement inutile {car, Dieu mei’ci, nous n’avons pas la prétention de changer les hommes) mais une faiblesse et une faiblesse destructive. '
S’irriter de son impuissance quand on a été vaincu, est très humain, et... très nigaud.
Bref, après avoir examiné le fait en soi, on cherchera à en découvrir les causes, à discerner les causes réelles des causes apparentes.
Puis, sans passion, on portera un jugement net et décisif sur le fait qui s’est produit dans telles circonstances et pour tels motifs ; on en déduira les conséquences et l’on cherchera les moyens d’y remédier, dans la mesure du posible. Neuf fois sur dix, nous recevrons alors un avertissement sage de ce maître intérieur qui s’appelle l’intuition.
' Ss décider.
Quand le problème d’ordre psychologique à résoudre, comporte une donnée compliquée, il importe, afin de ne pas revenir inutilement plusieurs fois sur la même idée et pour clarifier son esprit, d’avoir à sa disposition un bloc- notes et un crayon.
Après avoir divisé en deux, par une ligne verticale, la page du dit bloc, on écrira à gauche les motifs favorables à la résolution apprendre, et, à droite, les motifs qui sont ou qui paraissent nettement défavorables à celles-ci.
On balancera les avantages et les inconvénients ; on réfléchira et l’on se décidera fermement.
Cette décision doit être le résultat de la pensée intelligente et libre, de la pensée influencée ni par la crainte ni par la paresse, ni par la superstition. Cette pensée ne l’oubliez pas — constitue déjà pour vous, une puissance parce que vous êtes sûr d’être dans le droit chemin.
La volonté faible est, en effet, le plus souvent, de la pensee imprécise, inintelligente ou erronée.
Dites : « je veux », dites-le tout bas ou tout haut, mais aites : « je veux ». Ces deux mots déclancheront automatiquement un apport de force qui se cristallisera ciem V°tre menta1’ aussi bien <ïue dans votre subcons-
TbL/cnoSiUbCOnTflent’ lui’ ne connaît Pas le doute ni riu -i 11 crmt touJ°urB aveuglément ce qu’on lui
sans ïes juge?6 docilement les ordres Qu’on lui donne raisonnables1 d°nC t0uj0urs des ordres équitables et
Raison n’est pas synonyme d’égoïsme.
En méditant, il faut, avons-nous dit, faire appel à sa raison, la consulter froidement, ensuite lui obéir. Sans doute. Toutefois, prenons bien garde de confondre la raison avec l’égoïsme. Si la raison a raison, l’égoïsme a tort. Et il est souvent sage de faire table-rase de ses intérêts immédiats pour accomplir des actes de générosité et de dévouement. Il faut savoir se sacrifier. Le sacrifice est la noblesse de la vie. Il est à la base de l’Amour (amour de la patrie, amour passionnel, amour paternel ou maternel, amour filial). Et ceux qui veulent. le méconnaître, sous le fallacieux prétexte que cette vertu est synonyme d’imbécillité, sont d’effroyables sots. Ils peuvent être certains qu’ils seront dupes, à leur tour. Ils le sont déjà. On est toujours « mangé ».
Il n’est, d’ailleurs pas d’autres vraies joies que celles que nous donnons. Parmi tous les avantages de la fortune, le plus grand, n’est-il pas celui de pouvoir faire des heureux ?
D’aucuns allégueront que la nature humaine n’est pas bonne, qu’il faut hurler avec les loups. « Faites la culbute sur le verglas, disent-ils, au risque de vous rompre le cou, les rieurs ne manqueront pas. Ramassez un porte-monnaie supposé bien garni, et voyez si l’on rit. La bonne aubaine, qui vous arrive, jette un froid glacial dans tous les cœurs qui s’épanouissaient à votre chute.
« L’homme est né bon ? » C’est celui qui l’a dit. qui était bon ! »
Peut-être ! Il n’en reste pas moins vrai que la bonté . est une force, la plus rayonnante de toutes. Et puis, soyez vous-même. Etre soi. c’est ne copier le bonheur de personne. Si vous êtes naturellement bon. soyez très { bon. Tant pis, si les événements vous donnent quelque- S fois tort. Vous auriez encore plus tort de vous efforcer à être dur ou méchant. Vous n’y réussiriez point. Peuton chanter en dehors du registre de sa voix ?
Le royaume de la terre, comme le royaume de Dieu, j. n’est pas aux plus éclairés mais aux meilleurs, et le ï meilleur est celui qui se dévoue le plus. Le sacrifie^ . constant, volontaire, fait donc la véritable dignité bumaine. La société repose sur la conscience et non pas ‘ sur la sc'eneç. T, a civilisation est avant tout une chos'1 •• morale. Sans l’honnêteté, sans le respect du droit, sans
le culte du devoir, sans l’amour du prochain, en un mot, sans la vertu, tout est. menacé ; et ce ne sont pas les lettres, tes sciences, le luxe, l’industrie, la rhétorique, le gendarme ni le douanier qui peu. eut soutenir oans les airs l’édliice qui pèche par la base.
Cette digression n’était peut-être pas inutile, mais si je me suis écarté de mon sujet, m’y voici de nouveau.
Projection rnentaie.
Puisque vous avez maintenant la certitude d’être dans le droit chemin en agissant comme vous l’allez faire, asseyez-vous, le soir, à votre table et écrivez en grosses lettres noires sur une grande feuille de papier blanc que la lampe éclairera, la phrase succinte exprimant votre résolution.
Epinglez cette' feuille de papier contre le mur, audessus de votre bureau et regardez avec fixité votre écriture, concentrant avec calme toute votre pensée sur le sens des lignes que vous avez sous les yeux.
Le moment est venu de donner volontairement libre cours à votre imagination dans le sens de votre décision. Persuadez-vous que vous avez raison.
Agir vivement.
Ne regardez plus en arrière. Vous ne pouvez plus briser dans son élan la volonté que vous avez prise. Elle vous domine et vous entraîne. Si vous hésitiez encore, vous seriez comme ces bateaux démâtés et prenant l’eau qui nç. peuvent rentrer au port, ni continuer la route.
D’ailleurs, vous avez eu tout le temps nécessaire pour réfléchir, pour mûrir votre projet. Vous avez raison. Vous avez mille fois raison d’aller à droite et non à gauche.
Vous conduire autrement que vous l’avez résolu, serait une folie, et ce qui est pire, une bêtise, peut-être une lâcheté. Représentez-vous les avantages qui résulteront pour vous de l’acte que vous allez accomplir : satisfaction, tranquillité, honneur, indépendance, argent, dignité. Considérez ensuite le préjudice moral ou matériel qui vous atteindrait, si vous vous montriez faible,
négligent -ou indolent. Laissez courir la « folle du logis ». Elle est dans le sentier du vrai.
Ainsi, toutes précautions prises, sans retard, exécutez l’ordre mental que votre discipline d’esprit vous a imposé. Que ce soit, une lettre pénible à écrire, une démarche délicate ou difficile à. faire, un congé à signifier, une rupture à opérer avec une personne qui ne mérite plus votre affection, n’hésitez pas.
Songez à tout ce que l’avenir vous réserve encore à accomplir de cent fois plus difficile, pénible ou même cruel.
La fortune vous comblerait-elle de ses bienfaits, vous vieillirez et vous mourrez. Il vous faudra renoncer aux autres et à vous-même. Si vous n’avez pas le courage de faire cette petite chose que la sagesse commande, quelle sera votre attitude en présence des événements graves qui se préparent dans l’ombre et qui, inéluctablement, vous saisiront, un jour, au collet ?
Ne vous préoccupez pas du résultat.
Quand vous aurez exécuté votre résolution, ne vous préoccupez pas trop du résultat ; que, du moins, il ne soit point, pour vous, objet d’inquiétude. Le résultat se produira de lui-même en vertu de la loi de cause à effet.
« Aucune étincelle du feu ne sera dévorée », en d’autres termes, tous nos actes, chacune de nos pensées, tous nos efforts, toute émission de forces, a une ou plusieurs conséquences. Et les conséquences se manifesteront tôt ou tard, sûrement, mathématiquement.
Si le succès ou le résultat se faisait attendre, ou n’était pas celui que vous aviez espéré, ne vous troublez pas. « Fais ce que dois, advienne que pourra », dit le proverbe. La force que vous avez lancée ne vous appartient plus ; ellè appartient au destin. Quoiqu’il advienne, restez calme. Vous avez fait votre devoir ; votre conduite a été intelligente et sage. Dormez tranquille, vous ne pouviez faire mieux.
Vous n’avez rien à craindre que la crainte et votre sérénité mentale est déjà un appel d’influences bienfaisantes. 11 est d’observation courante que « celui qui ne s’en fait pas » est beaucoup mieux servi par la chance que celui qui se tourmente sans cesse. Soyex patient.
La pensés se transforme en actes.
Ce petit paragraphe n’est qu’une parenthèse, mais une parenthèse indispensable. On ne saurait trop répéter et bien faire comprendre que l’homme est selon qu’il pense. Si vous pensez ' bien, vous agirez bien, et cela, sans efforts, et même à votre insu. Cette loi se manifeste aussi bien dans le domaine physique que dans le domaine moral.
Il n’y a pas de pensées sans expression. C’est notre habitude de penser d’une certaine façon qui modèle notre physionomie. Sietchenoff déclare et démontre qu’il n’y a pas de pensées sans contraction musculaire. On peut demeurer immobile et penser, mais si la réflexion est intense, il y a un commencement de parole, de petits mouvements du larynx et de la mâchoire. La respiration s’accélère ou se ralentit.... »
Une expérience typique à l’appui des impulsions instinctives — et que vous pouvez faire vous-même — est celle-ci : Prenez un fll à plomb, ou votre montre que vous tiendrez suspendue par l’extrémité de sa chaîne. Efforcez-vous de faire rester immobile cette montre au-dessus d’un point fixe ; puis, pensez énergiquement a la direction dans laquelle vous désirez la voir dévier, tout en ne faisant physiquement aucun effort pour que celle déviation se produise. Fatalement, vous causerez vous-même la déviation désirée, tant il est vrai qu’il est impossible de vouloir sans agir instinctivement et instantanément dans le sens de ce vouloir.
Noire corps, tous nos organes sont d’une docilité exemplaire aux ordres de la pensée. Restent jeunes non pas seulement ceux qui veulent rester jeunes ou qui se soignent sans cesse, mais ceux qui se croient jeunes Exemple : un grand nombre d’actrices. Une chose est d autant plus facile à faire que nous crovons, que nous sommes certains de pouvoir la réussir aisément On a
peut°n» Ûe dire : “ P°Ur pouvoir- ü faut croire qu’on
Pour acquérir une énergie indomptable.
Ayant suffisamment démontré l’influence de l’esf,™ la majière, on comprendra que, pour acquérir
ner 11 est indisPensable de se don-
ie discipline d esprit sévère, de résister à tous les
désirs fâcheux ou inutiles qui nous assiègent. Partons d'abord de ce principe : tout ce que l’on fait d’inutile est nuisible ; tout ce qui ne sert pas dessert.
, Les mouvements inutiles exécutés par un mauvais nageur le fatigueront et, finalement ,1e feront se noyer. Lin excès de zeie, qui nous rend excellents à exploiter, conduit ordinairement à un désastre. C’est pourquoi, il ne faut aller, ni trop au-devant des événements, ni trop au-devant des individus.
Tout geste inutile est disgracieux, toutes paroles en l’air, si elles ne sont pas nécessaires, spirituelles, agréables, et dites à propos, nuisent.
La volonté peut s’exercer de façon positive ou négative. Elle s’exerce de façon positive quand elle exécute un ordre donné par notre jugement ou par autrui (ordre que notre jugement personnel approuve. Elle s’exerce de façon négative lorsqu'il s’agit de réfréner une passion, un désir, l’envie qui nous incite plus ou moins vivement à accomplir tel ou tel acte.
La volonté négative est de beaucoup la plus ern- ployée. Presque à chaque instant, nous sentons l’impérieuse nécessité de ne pas nous laisser ailer à un mouvement passionnel qui serait une faute, de nous taire alors que nous éprouverions un plaisir immédiat à nous abandonner à certaines confidences, de modérer nos gestes, de modifier nos attitudes, de mettre un masque impénétrable sur notre physionomie.
En présence d’un désir violent, que la raison décon- • seille, comment agira l’étudiant qui travaille à acquérir une volonté de fer.
D’abord, il concentrera sa pensée sur ce désir en le considérant non pas comme un sentiment quelconque, mais comme l’expression d’une force avide qui cherche • à s’emparer de lui.
Cette force ennemie, que l’on peut appeler aussi bien tentation, il ne faut pas la chasser de votre mental et la remplacer aussitôt par une autre pensée, car cette force ennemie ne tarderait pas à vous rejoindre ; elle vous harcèlerait, ne vous laisserait ni trêve, ni repos. 4 Celte force ennemie, il faut lui courir sus, comme sur un adversaire dont on doit absolument avoir raison. Une fois que vous la tenez, cette force, placez-la sous le contrôle de votre vouloir et ne la lâchez pas.
L’opération, d’après Tumbull, se décompose en trois l temps, qui doivent durer chacun huit à dix secondes.
Premier temps — Aspirer lentement l’air, en consi-
SPfTÆ)Se conscieîpinfnt cette lo.ce et je me
^Deuxième temps — Retenir son haleine et se dire .JÏÏÏÏi. conviction = ■ Je fixe cette force qui mappartient désormais ».
Troisième tenu** - En expirant l’air, on se dit « Je me Sis.Slu maître de cette force que j’utiliserai
-selon mp^-n'esoins ». ^
'procédé est d’un effet puissant. De même qu une force : chaleur on lumière, etc., peut se transformer en électricité, nous pouvons transformer de la force mentale mauvaise dont nous nous sommes emparés en énergie bienfaisante. Accumuler de l’énergie est la clef du magnétisme personnel. Résister à la nature, c’est la dompter.
Quelques réflexions.
On ne saurait trop sagement méditer sur l’importance de cette incessante lutte défensive contre ces ennemis toujours prêts à l’invasion et qui se nomment passions, mauvais désirs ou désirs inutiles. Pourtant, comment devenir un homme de volonté si l’on ne sait pas résister à la multitude de ces envies fâcheuses, qui nous tourmentent mal à propos, à ces entraînements funestes qui leurrent, désorbitent, aliènent, tuent parfois ?
Comment vous croire fort et libre, si vous êtes le jouet de vos instincts, de vos appétits, de vos minuscules vanités ? D’aucuns refont dans leur esprit la carte d’Europe, s’imaginent qu’ils seraient capables de conquérir le monde et ils sont les humbles esclaves d’un regard de femme, d’une carte à jouer ; moins que cela, d’un apéritif, d’une pipe de tabac, du temps qu’il fait !
Dieu merci, nous ne parlons pas ascétisme, L’ascète se crée des privations volontaires et nous demandons simplement à l’adepte, d’avoir le courage de renoncer à ce qui peut lui nuire pour obéir à sa conscience, à sa raison, à « sa loi ». Non, ne soyez nas des ascètes. Il est déjà si difficile d’être des hommes ! « Qui veut, faire l’ange fait, la bête », a dit Pascal.
Comme il n’est pas d’effets sans cause, ou, plutôt,
comme chaque événement est à la fois cause et effet, il est évident que le fait seul d’avoir maîtrisé une force mauvaise, entraîne plusieurs conséquences.
La conscience nous félicite ; nous avons réalisé une économie de temps, d argent et de santé ; nous sommes devenus plus libres, plus rayonnants. Mais, au surplus, nous constatons que nous influençons autrui presque malgré nous, et que -nous ne nous laissons guère influencer par lui. L'exprèSs^ et même les traits de notre visage se modifient et P^nnent une expression de noblesse qui impose. Bref, le je^ ]a vo lonté est devenu aisé ; nos autosuggestions et ic^ suggestions que nous donnons, s’exécutent avec une facilité et une rapidité qui surprend et nous enchante.
il faut laisser travailler en paix le subconscient.
Considérant la pensée comme un être vivant, l’élève (devenu mage) vitalisera la dite pensée en la revêtant d’une forme aussi concrète que possible (chose facile puisque nos pensées sont toujours figurées par des images), en la saturant aussi d’attention et de vouloir ; c’est ainsi qu’il l’enverra dans le subconscient avec la certitude absolue que celui-ci obéira sans hésitation à l'ordre donné.
Après quoi, l’élève ne songera plus ou le moins possible, à l’ordre en question ; sans quoi l’opération serait à recommencer. Or, l’opération réussit beaucoup moins bien la seconde fois que la première.
« Il ne faut pas, comme le dit. très bien M. Couet, dans son ouvrage Culture mentale, se laisser obséder par l’idée qui préoccupe. Une fois passée au subconscient, on ne doit plus lui permettre de remonter au champ de la conscience. Ce serait imiter les enfants qui, après avoir semé une graine, la déterrent deux fois par jour ou davantage, pour voir si elle a poussé. Il faut donner au travail intérieur le temps raisonnable de se faire. »
Les élémentals-artificiels
Il est non seulement inutile mais même dangereux de revenir sans cesse sur la même idée. A un moment donné, on ne nourrit plus son idée, on la fatigue. Et cette fatigue finit presque toujours par occasionner des troubles mentaux.
Les obsédés, les envoûtés sont des gens qui sont dominés par leur propre pensée, toujours la même, lancinante, torturante, et comme baignée dans un désir inassouvi dont ils ont cessé depuis longtemps d’être les maîtres.
Ils ont créé en eux une force-pensée appelé en théosophie êlémental-artificiel • Cet élémental est une sorte de vampire, qui s’empare de la personnalité du pauvre hanté, la dévore, et conduit parfois le malheureux jusqu’au suicide ou à la folie.
Les amoureux délirants, les soi-disant persécutés et tant d’autres détraqués, sont des êtres, qui, ayant ressassé simpiternellement la. même idée, sont devenus la proie de cette idée.
Savoir penser est un art difficile — le plus difficile de tous — qui demande beaucoup d’attention, d’activité, de sang-froid et une énergie fortement tendue. Mais aucun homme n’est devenu un grand gymnaste s’il n’a fait de nombreux efforts pour s’entraîner. Et combien plus faut-il entraîner sa pensée si l’on veut l’assouplir, la fortifier, lui faire accomplir des choses difficiles qui paraissent merveilleuses pour le non initié !