‹ Magnétisme personnel ou psychiqueChapitre 14 sur 19 · II. — Ayant réussi un certain nombre de fois · texte numérisé non relu

II. — Ayant réussi un certain nombre de fois

l’expérience précédente lorsque vous môme et le sujet restez en p.'ace, vous pouvez hardiment tenter la même expérience lorsque vous ôtes en marche, dans la rue par exemple. Pour cela, restez à une distance de 2 mètres environ derrière la personne que vous choisissez pour sujet d’expériences, marchez au même pas qu’elle et fixez votre regard dans le dos, avec la même énergie et la même intention. A votre grande surprise, vous verrez que très souvent, 3 à 4 fois sur 5, ,1a personne visée se retournera au bout de quelques minutes, vous regardera, souvent d’un air accusateur, comme si elle comprenait que c’est vous qui l’incommodez.

III. — Réussissant bien la dernière expérience, on peut, la personne marchant devant vous dans les mêmes conditions, vouloir qu’elle se retourne à droite ou à gauche. En formulant clairement dans sa pensée l’idée de droite ou gauche, on parvient assez facilement à ce que le sujet se retourne comme on le veut.

IV. — Choisissez dans une voiture publique une personne assise sur la banquette opposée à la vôtre, mais dont la place se trouve sensiblement à droite ou à gauche de celle qui est directement en face de vous. Simulez, si vous voulez de regarder droit devant vous de façon à lui laisser croire que vous ne la voyez point; mais regardez-là obliquement, dirigez sur elle un courant mental aussi fort que possible et dites-vous, avec foute l’énergie dont vous êtes capable, que vous voulez qu’elle regarde dans votre direction. Si l’expérience est bien faite, le résultat est invariable : la personne que vous aurez choisie pour sujet vous regardera

inévitablement. Parfois, son regard ne semblera pas s’adresser à vous et vous effleurera h peine, mais souvent ce regard sera vif, concentré et aigu, comme si votre sujet avait conscience de l’influence que vous exercez sur lui. La personne obéissant ainsi à votre demande mentale paraîtra le plus souvent embarrassée et nerveuse lorsqu’elle rencontrera votre regard; elle aura le sentiment d’une force qui la domine, d’une volonté qui l’étreint, et son attitude exprimera fort bien ce sentiment (Atkinson).

V. — Mettez-vous à votre fenêtre et regardez une personne qui vient. Si vous la fixez avec une énergie suffisante en exprimant la volonté qu’elle lève la tête et vous regarde, elle le fera presque invariablement. Sept fois sur dix au moins, elle obéira à votre appel mental si votre puissance magnétique est arrivée à un degré de développement suffisant. Ce résultat dépendra, dans une certaine mesure, du choix de votre position. Il sera par exemple beaucoup plus sensible et beaucoup plus prompt si vous vous tenez à une fenêtre du premier étage, que si vous étiez au quatrième, par exemple.

L’expérience peut être faite avec le même succès dans des conditions inverses. Le sujet peut être non plus la personne qui passe, mais celle qui est assise à la fenêtre. Dans ce cas, le fluide agit de bas en haut, l’opérateur est en mouvement tandis que le sujet est assis (Atkinson).

Deux éléments d’action entrent en jeu dans la dernière série d’expériences : la puissance magnétique du regard et la concentration de ta pensée .

Lorsque ces expériences ont réussi une fois sur deux seulement on a conscience que l’on peut dominer les autres et leur imposer sa volonté dans une très large mesure. D’autres expériences sont alors faciles à faire pour vérifier ce pouvoir. Que l’on choisisse pour sujet d’expériences un ami ou une personne quelconque et que l’on veuille obtenir de lui un service ou mieux encore un objet quelconque dont il ne veut pas se séparerr On concentrera sa pensée sur l’idée qu’il doit remettre cet objet; et sans qu’il se doute de l’action que l’on veut exercer, on se place en face de lui, et tout en causant de la satisfaction que l’on éprouverait si on avait l’objet, ne fut-ce que pendant quelques instants, on fixer4e sujet de l’expérience, avec douceur et persistance, comme pour faire pénétrer dans" son cerveau l’idée de remettre l’objet.

Si la pénétration du regard est suffisamment développée et si la concentration de la pensée est assez grande, on remarque bientôt que chaque parole exerce sur le sujet une sorte d^effeb physique qui va droit au but que l’on veut atteindre. L’interlocuteur, qui ne tarde pas à être subjugué plus ou moins complètement, abdique, et finit par vous abandonner l’objet que vous désirez.

Les différents auteurs ne sont pas d’accord sur la manière d’exercer le regard magnétique. Atkinson veut qu’on fixe ses yeux dans les yeux de l’interlocuteur, tandis que Turnbull préfère que l’on fixe un point imaginaire, à la racine du nez, entre les deux yeux. C’est ce dernier mode d’action que je préfère, car je le crois plus intense;, d’abord, et il a certainement ensuite l’immense

avantage de ne pas laisser supposer à l’interlocuteur que l’on fait une expérience; par conséquent, celui-ci n’oppose aucune résistance à votre action.

Si les résultats que je viens d’énoncer peuvent être obtenus — et l’on peut avoir la certitude absolue de les obtenir avec un peu d’entraînement, —- on peut facilement comprendre de quelle importance ils sont, même dans les circonstances ordinaires de la vie. En voici un exemple typique que j’emprunte à T urnbuII .

« Prenons le cas, dit-il, où l’on désire faire une bonne impression en dépit des circonstances.

Supposez que vous êtes sur le point d’avoir une entrevue avec un homme dont la personnalité semble toujours peser sur vous. Supposons encore que cet individu appartient à l’espèce connue de l’homme au regard insolent, aux manières brusques,au cou de taureau : un homme d’importance dans son milieu, mais entièrement dépourvu de sentiments délicats... C’est une torture, comme on peut bien le concevoir, pour une personne de sentiments fins et élevés, d’avoir affaire à un tel individu, surtout quand il s’agit de lui demander un service ou une faveur... Vous pouvez cependant manier ce type d’individu très aisément... Vous apparaissez devant lui sous un jour modeste et vrai, sentant avec raison que vous pourriez vous présenter sous un jour plus favorable si vous le vouliez. Le fait même d’être conscient de cela, est une force qui se montre sur votre visage malgré vous, et vous aide à influencer ou à repousser la force contraire dont vous allez bientôt soutenir le choc... Il faut que votre

attitude ne décèle aucun signe d’impatience ou de gêne ; montrez-vous agréable, reposé, sûr de vous-même, et ne soyez ni gauche, ni importun.

« Lorsque vous lui parlez, regardez-le bien en face, entre les yeux, c’est-à-dire à l’endroit où le

Fig. 28 . — Pour faciliter une entrevue difficile

nez prend sa racine (fig. 28). Imaginez que vous êtes à regarder juste là, un point infiniment petit, et que vous voyez le point faible de votre individu, puis parlez comme si vous vous adressiez à ce

point, entre tes yeux de Vhomme. Regardez Ce point avec calme, mais sans le fixer et sans froncer les sourcils. Vous vous apercevez bientôt que votre homme parait gêné et que son regard devient fuyant et incertain. Forcez-le à vous regarder, foreez-le à vous fixer pendant que vous parlez, mais, aussitôt qu'il parle à son tour, baissez ou détournez les yeux. Regardez son gilet, tout, excepté ses yeux. Ecoutez respectueusement et, lorsque vous recommencez à parler, cherchez encore le petit point entre les yeux. Faites tout cela sans qu’il paraisse, car il 11 e doit aucunement soupçonner que vous lui faites subir une épreuve quelconque. 11 faut que le calme soit votre note dominante.

« Quel que soit le résultat de votre entrevue, soyez convaincu que cet homme se souviendra de vous ; vous lui avez fait une impression plus profonde qu’il ne veut l’admettre lui-même. » (Cours de May. Personnel , p. 30.)

11 résulte de l’observation précédente que pour exercer toute la puissance dont on peut être capable, on doit influencer la personne sur laquelle on agit sans qu’elle s’en doute, car elle ferait certainement des efforts pour résister ; au besoin, elle se retirerait, et le but serait manqué.

La discrétion est ici un devoir absolu. En principe, le développement de l’influence personnelle, surtout celle du regard, et plus particulièrement leur application à la domination des autres, doivent être tenus dans le plus grand secret, car vos meilleurs amis se méfieraient de vous, vous craindraient et même redouteraient votre pré-

ècnce s'ils vous supposaient capables de les soumettre à votre volonté. D’autre part, raconter à tous ce que l’on fait et ce que l’on veut faire, c’est gaspiller inutilement sa force.

Quelques personnes portant des lunettes, peuvent se demander si cet instrument n’est pas susceptible de faire dévier la puissance magnétique do l’œil. Je ne le pense pas ; tout me porte même à admettre que si on voit distinctement le point que l’on vise, elles aident à la concentration sur ce point des rayons magnétiques émanant des yeux ; d’autre part, elles dissimulent les efforts extérieurs que l’on peut" faire, surtout au début, et l’interloîcuteur, n’en est que moins porté à la méfiance.

Quelques-uns de ceux qui ne comprennent pas les principes du Magnétisme personnel, pourraient peut-être induire des dernières expériences que lorsque la pénétration du regard et la concentration de la pensée sont suffisamment développées, on peut obtenir des autres tout ce que l’on veut, même contre leur propre intérêt ; qu’on pourrait les obliger, par exemple, à vous remettre tout ou partie de leur fortune. C’est une erreurprofonde. D’abord, il ne viendra jamais à ridée d’un magnétiste développé d’après les principes contenus dans cet ouvrage, de profiter de sa puissance pour commettre une mauvaise action ; ensuite, si par le fait de circonstances imprévues et exceptionnelles, il en commettait une, il ne tarderait pas à perdre la plus grande partie de la force qui attire naturellement à lui les bonnes choses à l’exclusion des mauvaises, et à devenir la principale victime de son indélicatesse.

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