‹ Magnétisme personnel ou psychiqueChapitre 15 sur 19 · SUGGESTION ET AUTO-SUGGESTION · texte numérisé non relu

SUGGESTION ET AUTO-SUGGESTION

La suggestion est le principal et même l’unique moyen d’action employé par l’hypnotiseur, par exemple, pour faire manger à ses sujets des pommes de terre crues pour des fruits délicieux, leur faire commettre des crimes imaginaires et obtenir d’eux ce qu’il veut en obtenir pour l’ébahissement des badauds.

Si elle joue le rôle prépondérant dans les phénomènes de l’hypnotisme, elle est presque sans importance, dans ceux du Magnétisme physique; et l’on peut même affirmer sans crainte d’être démenti par tout observateur impartial, que 9 fois sur 10 au moins, elle n’y exerce pas la plus petite action.

Je n’entends en aucune façon parler ici de l’hypnotisme, que je considère comme l’ombre du Magnétisme, le revers de la médaille, le mauvais côté

Sur lequel sont naturellement groupés les inconvénients que les magnétiseurs ont su éviter, car ces inconvénients peuvent devenir dangereux entre des mains impures ou seulement inexpérimentées. Je me contenterai de dire que, contrairement à ce que soutiennent presque tous les hypnotiseurs, on observe deux ordres de phénomènes bien distincts: d'une part , le Magnétisme, dont le principal agent est un fluide, ou un mouvement vibratoire se communiquant par ondulations, du magnétiseur au magnétisé; d'autre part , I’Hypnotisme, qui n’admet d’autre moyen d’action que la suggestion mettant-en jeu l’imagination de l’hypnotisé. Ceux qui voudraient connaître la ligne de démarcation séparant ces deux ordres de phénomènes seront parfaitement renseignés par l’excellent petit ouvrage de Berco, intitulé: Pour distinguer le Magnétisme de VHypnotisme; Analogies et Différences, auquel je les renvoie.

Au figuré, la suggestion peut être considérée comme l’ivraie de l’Evangile, contenant un peu de bon grain. L’ivraie seule, c’est le mal que peut faire l’hypnotiseur en suggérant des mauvaises idées, et en faisant des expériences, amusantes peut-être pour le public, mais toujours fatigantes et souvent nuisibles pour le sujet, car elles sont susceptibles de laisser chez lui des impressions pénibles plus ou moins durables. Même tout en voulant être utile, en suggérant constamment de bonnes idées, l’hypnotiseur peut être nuisible, car toute suggestion a toujours tendance à transformer le sujet en automate, qui perd ainsi peu à peu le pouvoir de se diriger convenablement lui-même. Le peu de bon grain pouvant être

extrait de l’ivraie représente les avantages que la suggestion, bien comprise et parfaitement appliquée dans un but louable et désintéressé, peut donner à celui qui est susceptible de la recevoir.

Ne voulant Tien perdre, je vajs tâcher d<e séparer le bon grain du mauvais, d’abandonner celui-ci et de donner à l’autre toute l’importance qu’il mérite.

Qu’est-ce que c’est que la suggestion ?

—> La suggestion est Fart de faire réagir le m.oral sur le physique, d’imposer une idée et d’en assurer l’exécution.

En admettant que les idées sont des forces, on explique généralement leur mécanisme de la façon suivante: Toute idée acceptée par le cerveau se transforme en acte , à une échéance plus ou moins éloignée.

Cette explication, qui est à peu près admise par lotus les psychologues d’aujourd’hui, l’est également par les physiologistes, qui enseignent que tonte cellule cérébrale actionnée par une idée actionne à son tour une cellule nerveuse qui met en activité les fibres susceptibles de réaliser cette idée en acte. C’est la reconnaissance officielle de cette affirmation des anciens occultistes: Tout ce qui entre dans l'esprit en sort par les muscles .

Il y a 50 à 60 ans, la suggestion se pratiquait exclusivement pendant le sommeil hypnotique; maintenant, les hypnotiseurs prétendent suggérer presque aussi bien à l’état de veille qu’à l’état de sommeil, et qu’il ne faut pour cela que

le consentement du sujet. Il y a certainement quelque chose de vrai dans cette prétention; dans tous les cas, il est évident que nous sommes tous plus ou moins aptes à recevoir les idées des autres et à imiter leurs exemples.

Les idées qui nous viennent du dehors, c’est-àdire celles qui sont imposées dans un but quelconque, constituent la suggestion proprement dite, que l’on appelle aussi hctéro-suggestion.

Depuis quelques années, les psychologues ont considérablement étendu le champ de la suggestion. Ils admettent, et — si l’on accepte la définition précédente — on doit admettre avec eux que les idées peuvent encore venir du dehors par d’autres moyens, et s’imposer plus ou moins à notre attention. C’est ce qui a lieu souvent dans la conversation ou lorsqu’on écoute un conférencier éloquent et sympathique. Dans un cas comme dans l’autre 1 elle se produit toujours de celui qui parle à celui qui écoute, et d’autant mieux que celui-ci écoute plus passivement, surtout lorsqu’il est moins développé que le premier.

Les suggestions venant du dehors se font presque toujours verbalement; mais on peut les faire mentalement, c’est-à-dire sans le secours de la parole et d’aucun geste extérieur, rien qu’en formulant intérieurement son intention, sa pensée, son désir, pour le transmettre à travers le milieu ambiant. C’est la suggestion mentale , qui se produit, comme om l’a vu précédemment, plus souvent qu’on ne le pense, même sans le secours de la volonté. Certains praticiens entraînés à cela font avec des sujets spéciaux également entraînés, des expériences étonnantes qui sont expliquées

dans l’ouvrage de Fabius de Champville intitulé: Pour transmettre sa Pensée.

En étendant davantage encore le champ de la suggestion — qui menace d’envahir tout le domaine de la pensée, — les mêmes psychologues affirment que lorsque les idées et les impressions viennent de nous, comme les résolutions que nous prenons librement; il y a auto-suggestion. Presque tous les phénomènes de la conscience ne seraient, de cette façon, que des actes auto-suggestifs.

Que la suggestion vienne du dehors ou qu’elle prenne naissance en nous-mêmes, les détails de son mécanisme sont faciles à comprendre pour ceux qui connaissent le rôle de chacun des êtres composant notre triple individualité.

Le corps physique n’est que l’instrument de l’astral et du mental. C’est la pioche entre les mains de deux terrassiers qui se remplacent tonr à tour pour faire un travail qui n’exige pas constamment les mêmes aptitudes.

Comme j’ai tâché de le faire comprendre dans la première partie de cet ouvrage, les suggestioAé ‘ ,: sont des actes exécutés par l’astral, la conscience inférieure ou subliminale, l’être impulsif ou subjectif, qui dirige complètement les fonctions physiques pendant le sommeil, et plus ou moins complètement dans tout autre état voisin dans lequel \ le mental, la conscience supérieure, l’être objectif n’exerce pas une surveillance active.

Dans le sommeil hypnotique, le mental qui se repose complètement, qui est probablement absent, ne gouverne pas l’organisme et les suggestions entrent directement sous l’influence de la volonté de l’hypnotiseur, non pas dans la conscience supérieure, mais dans l’inférieure, et s’exécutent presque fatalement, à l’insu même du mental qui les a toujours ignorées. Dans tout autre état voisin, où le mental, sans être absent, ne gouverne pas complètement, comme dans la rêverie, par exemple, elles pénètrent en quelque sorte par surprise, et ont une tendance plus ou moins grande à être exécutées, car le mental qui les connaît à peine n’y oppose qu’une faible résistance. A l’état de conscience pleine et entière, la suggestion peut encore pénétrer dans la conscience inférieure, si celle-ci est volontairement ouverte, comme lorsque le sujet demande à être suggéré dans un but quelconque.

Considérées sous un autre aspect, les fonctions du mental et de l'astral forment à peu près ce que les philosophes appellent Y entendement, c’est-àdire l’intelligence et la sensation confondues ensemble. Séparées l’ùne de l’autre comme je le fais ici, elles constituent la /onction active qui appartient au mental et la fonction passive qui est celle de l’astral.

Ces deux fonctions existent toujours ensemble chez tous les individus, mais à des degrés très différents. L’homme fort, résolu, volontaire, de prompte exécution, est surtout gouverné à l’état, de veille par la fonction active qui domine l’autre; l’irrésolu qui o^éit instinctivement^ d’qne façon

automatique, est au.contraire gouverné le plus souvent par la fonction passive.

Le premier est l’homme capable cle suggérer, d’imposer sa volonté, et qui ne reçoit que peu de suggestions; le second est toujours plus disposé à recevoir les suggestions qu’à les donner, à obéir qu’à commander. Mais, l’un et l’autre reçoivent ou repoussent constamment, selon leur degré d’activité, des incitations suggestives plus ou moins nombreuses qui leur viennent du dehors.

Quelle que soit d’ailleurs la théorie de la suggestion — du moment qu’elle désigne maintenant tous les actes de la subconscience, —• il est évident qu’elle s’exerce à des degrés divers chez le plus grand nombre d’entre nous, à l’état de veille, meme et surtout lorsque nous y pensons le moins. S'il en est ainsi, nous devons la connaître, autant pour proliter des avantages qu’elle peut nous donner que pour éviter les dangers auxquels elle nous expose.

C’est Tauto-suggestion qui va tenir la plus large place dans cette étude, car au point de vue du développement de notre personnalité, c’est elle qui est susceptible de nous rendre les plus grands services.

Auto-Suggestion. — Dans YEducation rationnelle de la volonté, P.-E. Lévy attache une si grande importance à l’auto-suggestion qu’il la considère comme l’unique base de son système d’éducation. Mais il nous la représente comme un fait grossier, matériel qu'il ne raisonne pas au

point de vue spiritualiste. Sa méthode, en tous points semblable à celle que ses confrères les hypnotiseurs emploient pour imposer brutalement une idée à leur sujet, a quelque chose d’aride, d’incomplet qui vous laisse froid: on sent que l’auteur ne s’adresse au présent que pour améliorer un avenir trop limité. Les auteurs américains que j’ai cites en première ligne, plus particulièrement Atkinson et Turnbull sont beaucoup plus pratiques, et leur méthode doit être préférée comme étant susceptible de donner de meilleurs résultats, surtout en ce qui concerne le développement de la personnalité magnétique.

Avec ces derniers, on a conscience que l’on avance d’un pas assuré, (fétape en étape, vers les profondeurs infinies de l’avenir, et que rien de ce que l’on fait en ce moment ne sera jamais perdu.

Néanmoins, en indiquant sommairement les conditions qui me paraissent les plus avantageuses pour obtenir le plus facilement de l’auto-suggestion ce qu’élle est susceptible de donner, je vais m’inspirer des uns et des autres.

L’auto-suggestion peut toujours vaincre la crainte et la timidité pour donner l 'assurance et la confiance en soi. Elle peut donner l 'énergie et le courage à ceux qui en manquent; permettre de prendre de bonnes habitudes au lieu ei place des mauvaises que l’on a; faire disparaître des malaises passagers , diminuer la douleur dans le plus grand nombre des maladies organiques et guérir certaines maladies nerveuses; augmenter Vendurance , développer et fortifier la volonté, etc., etc.

Pour pratiquer convenablement l’auto-sugges-

shlv

tion, il est nécessaire, plus encore que pour les exercices précédents, de s'isoler , de méditer sur les inconvénients du défaut dont on veut se débarrasser, et surtout sur les avantages de la qualité que l’on veut acquérir; puis de concentrer sa pensée sur le point principal, pendant 8 à 10 minutes.

Il ne faut pas transformer la tâche que l’on entreprend en un combat qui rend toujours l’insuccès pénible; ne pas contracter les muscles, ni serrer les dents, ni prendre un air menaçant; mais se raisonner avec calme, le plus souvent mentalement ou à demi-voix, et ne mettre la volonté en jeu que le moins possible, seulement pour maintenir l’attention. Etant placé bien à son aise, soit assis, soit couché, une sorte de relâchement est nécessaire pour que la fonction passive puisse prendre le gouvernement de l’organisme. En se reportant à la théorie qui précède, on comprend que la volonté pourrait être ici plus nuisible qu’utile, car elle est une fonction du mental, et celuici n’a rien à faire avec les suggestions qui sont reçues et exécutées par l’astral.

Il faut ensuite remplacer dans son esprit les mots par les choses qu’ils représentent; autrement dit, matérialiser sa pensée, en lui donnant un corps avec des formes aussi bien définies que possible; mettre ce corps en mouvement, le voir sous tous les aspects qu’il peut présenter; et pour me servir d’une expression empruntée au langage philosophique, rendre concret ce corps créé par la pensée. 11 faut faire comme l’artiste qui entre dans la peau du personnage qu’il représente, car ici l’illusion joue un rôle créateur très important.

Il est indispensable de se représenter comme si l’on était déjà ce que l’on veut devenir; se figurer

que l’on possède réellement les habitudes que l’on veut prendre, les avantages que l’on veut obtenir; et, comme je viens de le dire, donner une forme à chacun d’eux, en pensant concret .

Ainsi, pour faire cesser la crainte et obtenir l’assurance' et la confiance en soi, il ne faut pas dire: Je ne veux plus avoir de crainte; je veux avoir en moi toute confiance et réussir ce que je vais entreprendre; car la volonté seule n’est susceptible de parvenir à cela que chez les individus d’une très grande énergie, lorsque la fonction active es t, devenue assez puissante pour dominer complètement la f onction passi ve. Il vaut mieux, pour tous ceux qui n’ont pas une volonté assez énergique, que celle-ci s’efface, pour laisser, pendant le temps qu’on se livre à l’auto-suggestion, la direction de l’organisme à la fonction passive, employer l’affirmation pure, et se dire en se donnant cette conviction: Je suis sans crainte ; ma timidité a disparu ; fai toute confiance en moi , car fai tout ce qu'il faut pour réussir.

« Même si nous n’y ajoutions pas tout d’abord la moindre foi, dit Lévy, ces formules répétées machinalement finiront par amener peu à peu à leur suite l’idée qu’elles représentent. Puis nous nous attacherons à préciser cette idée, à lui donner des contours mieux accusés, une forme plus concrète, plus vivante. Nous nous représenterons, nous nous verrons tels que nous voudrons être, vigoureux, robustes, pleins de santé. Plus l’idée gagnera en précision et en relief, plus elle deviendra image, plus sa réalisation sera sûre. Ce que l’on concevra bien se réalisera aisément.

« Souvent on pourra faire une observation

Curieuse. Il s’agissait, par exemple, de phénomènes douloureux à dissiper. L’auto-suggestion vient d’être faite, la douleur persiste aussi vive; il semble que le résultat soit nul. Quelque temps après, le hasard y ramène la pensée; on s’aperçoit avec surprise que la douleur a disparu. On serait tenté de conclure à une simple coïncidence, si l’on ne se rappelait fort bien maintenant l’intensité de la douleur primitive, si, raison plus convaincante encore, le fait ne se reproduisait très fréquemment. Que s’est-il donc passé ? L’idée déposée dans l’esprit, une fois que l’attention consciente s’en est détournée, n’y a pas moins continué son chemin à notre insu ; peu à peu elle a entamé le symptôme que l’on voulait combattre, et, finalement, en a complètement triomphé. En réalité la douleur avait été si bien dissipée que le souvenir même s’en était effacé: preuve nouvelle, s’il en était besoin, que l’idée d’une douleur et cette douleur elle-même se confondent. Supposons maintenant que la pensée n’eut pas été ramenée fortuitement sur la suggestion qu’on s’était faite. On serait demeuré dans sa conviction première, que l’auto-suggestion avait échoué. 11 y a là, on le comprend, un écueil, et ces faits doivent être bien connus et soigneusement contrôlés à l’occasion par qui veut bien se pénétrer de la réalité et de l’efficacité de l’auto-suggestion ». ( Edu cat. rat. de la volonté , p. 68).

Commentant et voulant ensuite appliquer les idées de Pqypt sur la méditation, le même auteur ajoute:

« Le recueillement, c’est bien là l’état de l’esprit qui s’isole de toutes choses, de toutes sensa-

tions, de toutes pensées, pour se replier tout entier sur un coin de lui-même, qui, dans le calme, sans tension, sans efforts, sans fatigue, vivifie et féconde quelques idées préalablement choisies, par L’attention purement contemplative qu’il leur accorde.

« ... On saura colorer, échauffer l’idée en se représentant le plaisir qu’on éprouve à se dominer soi-même, l’usage que l’on pourra faire de la santé recouvrée, etc... Nous nous peindrons énergiquement les joies calmes du travail, l’avantage qu’il y a de régler harmonieusement sa vie, la satisfaction que ressentiront de nos succès les personnes qui s’intéressent à nous, etc. Tous ces sentinfents attirés progressivement de la pénombre à la pleinè lumière de l’attention que nous projetons sur eux, atténueront peu à peu l’éclat des sentiments opposés, puis finiront par amener leur complet effacement . » ( id. p. 70).

L’auto-.suggestion n’est pas aussi facile à pratiquer qu’on se le figure tout d’abord. Pleins d’une noble ardeur, il en est beaucoup qui vont se mettre hardiment à la tâche, la pratiquer convenablement pendant quelques jours et en retirer plu* ou moins d’avantages. Mais au bout de 8 à 10 jours, sans savoir pourquoi ni comment, on se surprend à ne plus rien faire, car on n’y pense pas. « Or, continue Lév-y. c’est là le point essentiel: il faut que le sujet s’habitue à penser à l’auto-suggestion. Cette tâche lui sera facilitée par l’observation rigoureuse de la règle suivante: Dès le premier jour, pratiquer très régulièrement deux auto-suggestions, l’une le matin, au réveil; l’autre, le soir, au moment de s’endormir. Ces

deux suggestions serviront, en quelque sorte, cîe point de repère; elles ne seront négligées sous aucun prétexte, qu’on en sente ou non la nécessité, quelque hâte que l’on ait de se lever ou de se livrer au sommeil. Et ce sera déjà un excellent exercice de volonté que cette violence régulièrement faite à notre paresse naturelle, que cet arrêt imposé par nous à toutes autres pensées, à toutes autres préoccupations. On procédera tout d’abord à une sorte d ’examen de conscience physique et moral, critique de la journée passée, préparation de la journée à venir, récapitulation des modifications que l’on désire apporter à sa manière d’être présente, des qualités que l’on veut implanter en soi, maintenir ou développer. Puis viendra l’auto-suggestion proprement dite..., en s’appliquant très soigneusement à se conformer aux règles indiquées. Elle sera, autant que possible, continuée jusqu’à ce que les paroles prononcées le soient en toute sincérité, autrement dit, aient complètement éveillé les idées correspondantes...

« L’habitude de se suggestionner s’affermit peu à peu. Les échecs mêmes deviennent un enseignement pour le sujet; car ils lui procurent la nécessité de bien imprégner son esprit des procédés divers, qui lui permettent de varier ou de renforcer l’action de l’auto-suggestion. Il devient ainsi plus expert dans l’art de se suggestionner. Il se laisse moins aisément subjuguer par ses sensations, par ses passions; il s’apprend même parfois à s’en faire des auxiliaires... » (p. 136).

Les procédés recommandés par Atkinson peu-

Vent avantageusement compléter ceux de l’auteur précédent.

« Etendez-vous, dit-il, sur une chaise longue ou sur un fauteuil -de façon à avoir le plus d’aise et de confort possible; et, dans cette position, détendez-vous, allongez-vous, amollissez-vous comme si vous vouliez vous affranchir, vous dégager de votre enveloppe charnelle. Gela fait, respirez avec autant de lenteur et de profondeur que possible et ne cessez ces exercices de respiration que lorsque vous aurez acquis cet état d’esprit qui est le parfait repos et l’absolue sérénité.

« Concentrez votre attention sur vous-même et maintenez-vous dans cet état de recueillement, aussi longtemps que possible.

« Fixez alors votre pensée sur ces deux mots: sans crainte, et cherchez à vous en représenter la forme graphique. Puis passez de l’image à la signification et i'eprésentez-vous ce que peuvent être les caractéristiques d’une personne qui est dans cet état.

« Imaginez-vous en possession de la qualité que vous voulez acquérir et agissant sous l’empire de cette qualité, considérez-vous, dans cet état, en relation avec les autres hommes et cherchez à analyser ces relations; en un mot, soyez dans l’état d’esprit d’un homme qui après avoir fait, un rêve, le vit, et se donne, pour agrandir sa vie et. ennoblir sa nature, de liantes impressions, de fortes sensations et do grands sentiments. Il arrivera presque toujours que votre état général se transformera et que votre personnalité se dégagera du milieu gris et terne qui l’enveloppe. Vous serez alors tel que vous aurez rêvé d’être et. votre

moi aura pris la forme précise et la structure morale que vous aurez ambitionnées pour lui.

« Répétez ces exercices aussi souvent que possible. Chacun (Feux est comme la goutte d’eau qui tombe sur la pierre. Leur action, lente mais sûre, finit toujours par avoir raison des vieilles habitudes et des tendances rebelles. Pratiquez ces exercices de préférence le soir, au moment où vous arrivez dans votre chambre, ou la nuit à vos heures d’insomnie, ou de demi-réveil, lorsque votre esprit, replié pour ainsi dire sur luimême et à demi assoupi, est prêt à recevoir toutes les empreintes et toutes les suggestions. Ne craignez point que ces exercices vous fatiguent; ils vous faciliteront au contraire le repos. En calmant vos nerfs, en apaisant votre esprit, ils vous conduiront doucement au sommeil...

« ... Il faut bien se garder de croire que ces deux mots sans crainte soient les seuls dont on puisse faire usage. En réalité, le mot qui convient est celui qui exprime la qualité que l’on veut acquérir. Etes-vous par exemple indolent, apathique, et voulez-vous changer votre nature? Vous avez recours au mot énergie , et pendant toute la durée de vos expériences vos pensées devront se fixer sur ce mot et en imaginer, pour s’y mieux tenir, comme une forme graphique. Nous pourrions en dire autant des mots bonté , courage , désintéressement , qui pourront, selon les défauts de votre caractère, intervenir dans l’expérience. Dans tous ces exercices, ne vous laissez point dominer par les défauts qui vous accablent, et ne pensez qu’aux qualités que vous voulez acquérir. Quand une chambre est pleine de ténèbres, vous

n’en saisissez pas l’obscurité comme un bloc et vous ne la jetez pas dehors. Vous appelez simplement la lumière qui pousse l’ombre devant elle, l’expulse de. partout et répand la clarté. Il en est de même pour l’esprit...

« Est-il besoin de dire que ce résultat ne sera pas instantané, et qu’il exigera, au contraire de lents efforts et des expériences variées. Vous ne devrez pas toutefois vous en effrayer ët c’est de toute votre énergie, de toute votre intelligence, de toute votre volonté que vous travaillerez à votre émancipation. » ( Force-Pensée , 84).

Pour acquérir l’assurance et la confiance en soi, Turnbull recommande un procédé qui donne les meilleurs résultats. Vous avez, par exemple, une affaire délicate à traiter demain avec un personnage que vous connaissez-^ponr^^ ou

que vous supposez être tel sans le connaître, vous pouvez faciliter cette entrevue et la rendre plus avantageuse pour vous qu’elle ne semble l’être. Pour cela, placé dans un endroit quelconque où l’on ne risque pas d’être dérangé, dans sa chambre, par exemple, on s’exerce sur un personnage imaginaire que l’on crée tel qu’on le connaît ou tel qu’on le suppose être; on le place debout, ou mieux encore assis dans l’attitude qu’il doit naturellement prendre à cette entrevue, et l’on procède de la façon suivante:

« D’abord, dit-il, respirez lentement et longue r ment pendant cinq minutes; aspirez l’air de toute la force de vos poumons, puis exhalez l’haleine d’une manière lente et uniforme. Dressez-vous alors vivement sur vos pieds, et parlez à cette personne imaginaire que vous supposez se trouver

vis-à-vis de vous. Vous pouvez à l’occasion vous servir de votre propre image, dans un miroir, ou vous fier uniquement à votre imagination, quant à la personne supposée. Parlez d’une manière

Fig. 29 . — Pour acquérir de l’assurance

naturelle sur n’importe quel sujet, tout extraordinaire qu’il soit, mais préparez à l’avance chaque phrase de votre conversation. Adressez-vous alors à la personne imaginaire d’une voix^fdrte, pileine

et assurée. Aecenj^iez bien chaque syllabe et arrêtez-vous y un peu. Il faut que vos paroles résQ/fnent et sortent directement, de votre poitrine. Parcourez la chambre à grands pas, menacez du doigt, gesticulez d’une manière tragique (comme l’indique la fig. 29); enfin, dites et faites tout ce que vous auriez désiré dire et faire si la personne à qui vous parlez était réellement là...

« Une demi-heure de cet exercice lorsque vous vous sentez abattu ou que vous voulez augmenter votre confiance en vous-même, produit un effet surprenant. Il est souvent utile de se servir ainsi du pouvoir de l’auto-suggestion au moyen de la parole parlée en toute sa force, pour obtenir un résultat matériel et défini. Demandez ce dont vous avez besoin; demandez-le comme quelque chose qui vous appartient et qui vous est dû. » (Cours de mag. pers ., 32).

Ce procédé, que l’on peut varier plus ou moins selon les circonstances, est susceptible de rendre de grands services dans beaucoup de cas. A la veille d’u n . examen, par exemple, en se figurant être devant l’examinateur posant les questions du programme que l’on connaît le moins, on cherche à répondre à celles-ci dans tous leurs détails, avec la hardiesse et l’assurance que l’on aurait si on les connaissait parfaitement. Il en est de même pour le conférencier ou l’orateur qui doit parler sur un sujet déterminé. En se représentant devant soi l’auditoire tout entier, plus ou moins disposé à vous entendre, on parle à h#üte et intelligible voix, en faisant tous les ^gestes que l’on doit faire pour donner plus de force à son discours. Tout en se figurant être devant ses auditeurs, on peut

se placer devant une glace et observer tous ses gestes pour corriger ceux qui sembleraient défectueux. Ce procédé qui peut paraître banal pour ceux qui ne savent pas quelles conditions doivent remplir ceux qui parlent en public, est constamment employé par certains grands orateurs politiques qu’il est inutile de nommer ici.

Pour dev enir meilleur, il faut résister à ses passions et ne pas se laisser gouverner par ses instincts. Si, par exemple, on se met facilement en colère, on trouble plus ou moins les fonctions physiques- et morales, et au bout d’un temps plus ou moins long (out semble rentrer à peu près dans l’ordre; mais il reste une disposition plus grande à l’irritabilité, et l’on se mettra plus facilement en colère à la moindre contrariété. Si, au contraire, on résiste à ce mouvement de colère, l’organisme n’est pas troublé; dans tous les cas, il l’est considérablement moins, et si l’on ne cède jamais on finit peu à peu par perdre l’irritabilité et la colère n’a plus de prise. C’est l’application d’une loi morale que l’on peut formuler ainsi: Chaque fois que Von cède à une passion , la résistance devient plus difficile lorsqu'une occasion analogue se produit; chaque effort qui tend au contraire à la réprimer rend la victoire suivante plus facile. Lévv . qui a fort bien compris cette vérité, s’exprime ainsi à son sujet:

« Si chacune de nos pensées, de nos sensations, chacun de nos sentiments, de nos mouvements, de nos actes, n’était qu’un fait passager, simple réponse de l’organisme à une sollicitation extéreure, disparaissant avec la cause même qui l’a

provoqué, la vie ne serait qu’un perpétuel recommencement; ou, pour mieux dire, à peine seraitelle possible, l’homme restant aussi ignorant de toutes choses, aussi inhabile à se conduire qu’il l’est au jour de sa naissance. En réalité, il n’est pas un seul phénomène produit ou subi par nous qui meure tout entier. Tout fait physique ou psychique, si léger qu’il soit, nous marque de son empreinte, dépose en nous un résidu. Ce résidu, c’est une tendance à vivre désormais sous une excitation moindre. C’est, en somme, déjà constitué par ce premier fait, un commencement d'habitude. — Le même fait vient-il à se répéter? La tendance à la revivescence s’accentue. Mais, en même temps, et par une conséquence toute naturelle, nécessitant, pour se produire, un effort, une somme d’attention moindre, le phénomène perd de son relief, il s’obscurcit progressivement dans la conscience. Enfin, au degré le plus élevé, l’habitude s’affermit, s’enracine si profondément dans 3’individu que désormais elle fait, à son insu, corps avec lui-même. Non seulement l’acte tend à se produire spontanément, mais tandis que jusque-là il fallait un effort pour le faire, maintenant il faudrait effort pour en empêcher la production. L’habitude est devenue un besoin qui veut absolument se satisfaire, une sorte d’instinct, inconscient et impérieux, à la façon des instincts déposés en nous par l’hérédité.

« C’est grâce à l’habitude que les phénomènes de conscience, une fois produits, demeurent emmagasinés en nous, ignorés de nous-mêmes, mais prêts à revivre sous l’influence d’une circonstance favorable, d’un plus puissant effort d’attention,

pour fournir à l’intelligence les matériaux qu’elle disposera, combinera, élaborera à sa guise. » (Educ. ration., 119).

Voulant donner des exemples, le meme auteur ajoute:

« Le sujet qui résiste aux premières nausées produites par le tabac, crée en lui l’habitude de fumer. Dès lors, aux sensations pénibles d’abord éprouvées, il substitue peu à peu une jouissance, effet, non du tabac, mais de la satisfaction donnée à l’habitude créée. Plus tard, l’habitude devient besoin de fumer, sorte de tic d’où tout plaisir est banni ; tout au moins ce plaisir, inconscient dans la possession, ne devient-il conscient, et cruellement conscient, que s’il y a privation. De même le plaisir du buveur s’émousse de plus en plus; mais le besoin de boire s’accentue sans cesse: le goût pour la boisson est devenu dipsomanie. Le morphinomane passe par les mêmes phases ; il s’est d’abord piqué par nécessité, puis par plaisir. Bientôt le plaisir n’existe même plus, mais le besoin de morphine n’en devient que plus vif et plus exigeant.

« De même, enfin, il est une foule de manifestations morbides qui s’expliquent tout naturellement à la lumière de cette théorie... soient des palpitations, soit une syncope, une crampe d’estomac, uné crise de diarrhée, un tic, un tremblement, un spasme, etc. Ces phénomènes sont survenus sous l’influence d’une secousse morale ou physique violente. Ultérieurement, il suffira, pour les faire réapparaître, d’émotions progressivement moindres. .Enfin, la production en deviendra tellement aisée qu’ils sembleront

Magnétisme Personnel, il.

naître d’eux-mêmes, la cause provocatrice devenant si faible qu’elle n’est même plus perçue. »

L’homme est plus souvent gouverné par ses passions, par ses instincts, par ses habitudes que par sa raison, c’est-à-dire par l’être subjecti f qui est en lui. On peut même affirmer que le plus grand nombre des gens qui sont doués d’une certaine énergie, qui croient agir dans leur propre intérêt, volontairement, y sont plus ou moins soumis.

Cette remarque n’a pas échappé àjPapusJ qui l’expose avec beaucoup d’à-propos.

« Supposons qu’après des atermoiements successifs, dit-il, après des crises de paresse et de pessimisme, vous soyez enfin attelé à votre travail de réalisation intellectuelle. Vous vous figurez que l’effort de volonté que vous avez dépensé pour en arriver là est le seul nécessaire et que, maintenant, tout va marcher sans encombre.Mais àpeine êtes-vous sur le point d’écrire ou de dessiner qu’un immense besoin de sortir et de marcher s’empare de votre être. Il vous semble que, dehors, l’idée actuellement quelque peu obscure va se préciser. Ce besoin bientôt prend une telle importance que, si vous n’êtes pas habitué, vous vous levez, vous laissez là votre travail et vous sortez. Vous avez succombé au piège tendu par l’être impulsif, que le repos physique accablait, et bien entendu votre idée n’est pas plus claire qu’auparavant, loin de là. Dans ce cas, c’est le centre instinctif, dônt la marche est le moyen d’action caractéristique, qui a trompé votre vigilance.

« Supposons cependant que vous connaissiez déjà ce piège et qu’au lieu de céder, votre volonté se tende au contraire vers l’effort à accomplir.

Alors l’être impulsif se manifeste d’une autre façon.

« Le besoin d’action disparaît, comme par enchantement et une soif assez vive se fait sentir progressivement, à mesure que le travail cérébral s’accentue. Encore un piège du centre instinctif; car chaque gorgée de liquide absorbée entraîne une partie de la force nerveuse en ce moment dans le cerveau et reculera d’un peu la réalisation projetée.

« Mais vous dominez encore cette sensation et la plume écrit enfin sur le papier. C’est alors que les autres centres impulsifs entrent en action. Les besoins physiques se taisent; mais les émotions sentimentales viennent les remplacer. Les images des luttes passées, des affections d’autrefois, des ambitions de demain se dessinent peu à peu, et une force en apparence invincible vous pousse à laisser tomber la plume, à vous renverser en arrière et à laisser aller votre esprit à la douceur mélancolique ou à l’ardeur impétueuse des rêveries qui s’ébauchent. Combien de jeunes réalisateurs peu aguerris se laissent prendre à la tentation, et combien de fois l’œuvre reste-t-elle encore en suspens! Et nous ne parlons pas de l’action combinée du besoin d’activité et des sentiments qui s’ajoutent souvent à ces deux impulsions isolées. Ce sontdà des réactions que chaque auteur croit personnelles et qui ne sont dominées que par une habitude instinctive de régularité très grande dans le travail ou par l’age. » (Traité élément. de Magie pratique , 171).

La cause de cette action impulsive qui fait valoir les dispositions de no^re paresse native

étant connue, on peut généralement en éviter les effets par la volonté seule. Mais si la volonté était insuffisante, on en viendrait facilement à bout en employant les procédés d’auto-suggestion que je viens de décrire. Après s’être recueilli dans l’isO' lement et avoir médité pendant 5 à 6 minutes sur les avantages qu’il y a pour nous de travailler sérieusement, on fixerait sa pensée sur ce seul mot: travail; et en se donnant une tâche, on prendrait l’engagement formel de l’accomplir. On ferait tout son possible pour se donner des habitudes d’ordre et de travail qui, petit à "'petit, feraient oublier les habitudes de flânerie et d’irrégularité. On s’aiderait beaucoup à cela en se persuadant que si nos croyances, notre manière d’être, nos habitudes se cramponnent à nous, c’est parce qüe. nous nous cramponnons à elles. Pensons donc toujours à prendre de bonnes habitudes, et celles-ci ne tarderont pas à se cramponner à nous pour ne plus nous quitter.

Les plus grands ennemis de l’homme sont certainement l’ennui, la paresse, la tristesse, le découragement. Ges sentiments paralysent l’initiative de l’individu, abaissent et même dégradent sa personnalité, ruinent son énergie et lui font toujours craindre des maux qui n’auront peut-être pas le temps de lui arriver. L'abîme appelle Vabîme , dit un vieux proverbe qui nous vient des latins. Rien n’est plus vrai,et l’on pourrait même ajouter que, lorsqu’on est pénétré de ces sentiments, on tombe presque toujours de Charybde en Scylla , c’est-à-dire d’un mal dans un mal plus grand. La raison de ce phénomène est expliquée dans la théorie que j’expose clans la première

partie du volume; on peut la résumer en quelques mots. — Les pensées d’ennui, de tristesse, de découragement que nous émettons rayonnent autour de nous, attirent des pensées analogues qui viennent ainsi entretenir les nôtres et augmenter encore leur énergie. Ainsi, en se tourmentant, en se chagrinant, en redoutant une perte, en pensant sans cesse que ceci ou cela ne doit pas réussir comme on le voudrait, on crée des forces destructives qui agissent tout autour de nous, diminuent notre énergie, nous fatiguent et nous rebutent des affaires, nous font désespérer de tout, nous affaiblissent et nous disposent à la maladie, nous rendent désagréables et antipathiques aux autres, éloignent les quelques amis sérieux qui peuvent nous rester, et achèvent de nous précipiter dans le malheur. Une bonne action, une bonne pensée se font sentir autour de nous comme une série d’ondulations agréables qui attirent à nous les bonnes choses de la vie sans que nous fassions quoi que ce soit pour cela, assurent notre santé, nous rendent plus sympathiques aux autres et contribuent très largement à notre bonheur.

L’homme triste et découragé est presque toujours paresseux; le travail le fatigue, la vie le dégoûte, la réalité le blesse. S’il manque de tout et qu’on lui vienne en aide, cela lui paraît mauvais ou insuffisant; et poursuivant sans cesse des chimères, il ne désire que ce qu’il ne peut pas obtenir.

On ne parvient à se créer une situation indépendante que par le travail; et pour cela, il faut être courageux, plein d’espoir, satisfait du sort .que l’on a momentanément, tout en ayant la certitude

que l’on parviendra bientôt à l’améliorer. En cherchant à s’élever dans les régions sereines de la pensée, on doit faire tout son possible pour comprendçe.que l'univers est en voie d’évolution, que nous faisons partie de cet univers et que tous les individus évoluent; que nous parviendrons tous à la perfection et au bonheur parfait qui en est la conséquence; et qu’en employant les divers moyens que j’indique, on peut y parvenir beaucoup plus rapidement que les autres.

On évoquera donc des idées d’activité, de gaieté, d’espérance; on se figurera accomplir quelque acte de courage, être parvenu à la situation que l’on désire et posséder tout le bonheur dont on voudrait jouir. Ces idées feront naître des états d’âme correspondants qui, en s’affermissant prendront peu à peu la place de leurs antagonistes.

On cherchera aussi à prendre les attitudes correspondantes aux émotions; car l’attitude aide beaucoup â nous donner l’émotion désirée. En voici deux exemples:

— On sait que les chiens, les enfants et même beaucoup de grandes personnes, en faisant semblant de se fâcher dans un jeu quelconque, finissent presque toujours par se fâcher réellement. — Lorsqu’on fait prendre à un sujet d’expériences en état, de catalepsie magnétique ou hypnotique une attitude quelconque, il éprouve instantanément l’émotion correspondante.

Pour devenir gai, il est donc nécessaire, en pensant à une idée de gaîté, de prendre l’attitude, l’expression que donne ce sentiment, de faire revivre dans son esprit une scène de gaieté telle qu’on l'a vue jadis, telle qu’on l’a vécue; et, détail

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