‹ Magnétisme personnel ou psychiqueChapitre 16 sur 19 · CD · texte numérisé non relu

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Fig. 30. — Les Centres nerveux

1. Centre du bras. — 2. Centre do la jambe. — 3. Centre de la rate

— 4. Centre cérébro-spinal. — 5. Centre de l’ouïe. — 6 Centre moteur de la tête, de la langue et du cou. — Langage articulé. — 7. Coeur. — H. Seins. Poumons. — 10, Foie. - 11. Impression, croyance. — 12. Nez,

— 13. Estomac. — 14t. Centre génital. — 15. Coordination des mouvements, tact. — 16. Larynx. — 17. Centre des dents. — 18. Centre sensitif de l’oreille. — 19. Reins, organes génito-urinaires. — 20. Vue et mouvement des yeux. — 21. Intestin. — 22. Respiration.

Facultés morales et Intellectuelles

A. Douceur A gauche, colère à droite. — B. Formes de la mémoire.— B’ à gauche, souvenirs gais; envie de rire et de se moquer, prendre tout en riant •'satisfaction. — B’ à droite, souvenirs tristes ; rend sombre et rêveur; mélancolie, mécontentement. — C. Gaîté à gauche, Tristesse à droite,— D. Attention. — £. Volonté.

très important que je n’expliquerai pas ici faute de place, de lever les yeux vers le ciel au lieu de les baisser humblement vers la terre. Ce sentiment viendra bien plus vite encore si on excite, avec un doigt de la main gauche, le centre de la gaieté des phrénologues, sur le côté gauche du crâne (et non sur le côté droit qui ferait naître la tristesse), au point-C, fig. 30. Ceux qui voudraient connaître la raison de ce phénomène de mécanique cérébrale en trouveront 1a. description complète dans l’étude des centres nerveux contenue dans le tome 2 de mes Théories et Procédés du Magnétisme ou dans la brochure ayant pour titre: Pour {aire le Diagnostic des Maladies par l'examen des Centres nerveux.

En vertu d’un principe que certains psychologues contemporains appellent la polarisation psychique, on peut presque toujours remplacer une idée triste, par une idée gaie en appliquant simplement un doigt de la main gauche au milieu du front, au centre de la volonté, E, fig. 30. Cette application fait toujours cesser en quelques instants l’émotion pénible laissée par un cauchemar, émotion dont on ne pourrait souvent pas se débarrasser sans se lever pour se réveiller complètement. Il suffit, à moitié endormi, de changer de côté, c’est-à-dire de se tourner sur le côté droit si l’on est sur le gauche, et réciproquement, et d’appliquer le doigt, de préférence l’index, au point indiqué, en s’efforçant de s’isoler pour ne penser à rien. L’émotion pénible s’atténue rapidement et, au bout d’un temps qui ne dépasse guère i à 2 minutes chez les moins sensitifs, on se surprend à penser à des choses gaies qui font

naître des impressions agréables, et l’on s’endort à nouveau pour ne plus se réveiller qu’avec de bonnes dispositions. yS

Puisque j’ai parlé d’un effet que l’on peut facilement obtenir pendant le sommeil, il est bon de dire ici ce que l’auto-suggestion est susceptible de donner dans cet état.

~~Si on a bien compris que l’astral, l’être subjectif, l’inconscient,gouverne complètement l’organisme pendant le sommeil, on comprendra facilement que si on s’impose une tâche à accomplir dans cet état, si on fixe sérieusement une idée dans l’inconscient, cette idée devra forcément s’élaborer. En effet, l'idée se développe, s’élabore avec une logique bien supérieure à celle que l’on aurait pu avoir à l’état de yeille, car l’attention n’est pas dérangée par d’autres idées, et l’exécution aura lieu avec une remarquable précision. Des exemples pris dans les circonstances ordinaires de la vie pourraient d’ailleurs convaincre suffisamment ceux qui ne s’arrêtent pas aux théories.

— Un proverbe nous dit que la nuit porte conseil. — Et ce proverbe est parfaitement justifié, car on a maintes fois reconnu que si l’on est embarrassé, le soir, pour prendre une décision importante, on la prendra bien plus sûrement après le repos de la nuit, car les divers éléments de la question apparaîtront plus nets, plus clairs, plus précis. -— Beaucoup d’écoliers savent qu’il leur suffit très souvent, le soir, avant de s’endormir, de lire une ou deux fois leurs leçons pour les savoir le lendemain. — Les mêmes écoliers ou étudiants et même beaucoup d’entre nous savent égu-

lement qu’en se couchant avant d’avoir pu résoudre un problème quelconque auquel on avait travaillé en vain pendant plusieurs heures, la solution se trouve souvent résolue le lendemain dans l’esprit, et qu’il ne reste plus qu’à la transcrire.

Un certain nombre d’individus n’ont qu’à se dire en se couchant qu’ils se réveilleront à telle heure dans la nuit pour qu’ils se réveillent à l’heure indiquée, quoiqu’ils n’en aient pas l’habitude.

Très souvent, en se couchant avec une douleur, une névralgie, par exemple, on pense fortement à dormir; on s’endort bientôt et se réveillant quelques heures après, on est tout étonné de constater que la douleur a disparu, car la concentration de la pensée sur l’idée de dormir a donné lieu à une dérivation dont la conséquence a été soit de faire oublier* la douleur, soit de la transformer en un phénomène d'un autre ordre.

Le mécanisme de ces faits étant connu, on peut, avec la plus grande facilité, s’imposer au lit, sans perdre de temps, telle idée que l’on veut, en se conformant aux règles de l’auto-suggestion ordinaire. Ainsi, par exemple, si on veut se débarrasser d’une mauvaise habitude, on fixe sa pensée sur la qualité que l’on veut développer à la place. On ferme les yeux et l’on médite pendant 5 à 6 minutes sur les avantages qui doivent en être la conséquence, avantages que l’on se figure déjà posséder en partie; et comme pour faire la conquête des autres, on se dit mentalement: Je levai ceci , j'achèverai cela , en s’efforçant de préciser les conditions dans lesquelles on devra le faire. On serépétera cela plusieurs fois dans les mêmes con-

ditions; puis, abandonnant l’auto-suggestion pure pour ne plus penser qu’aux avantagés que l’on va en retirer, on fixera son aüenlioirsur l’idée de dormir, qui ne tardera pas à se réaliser. Pendant la plus grande partie de la nuit, l’inconscient, qui est devenu pour quelques heures l’ê tre a ctif, ne s’occupera que de félaboration de l’idée ainsi que des moyens les plus simples et les plus pratiques pour en assurer l’exécution. Le lendemain, on se rend toujours compte que si le résultat n’est pas complet, il est tout au moins obtenu en partie; on a une facilité bien plus grande pour faire ce que l’on a voulu, et un sentiment intérieur ne manque jamais de vous indiquer qu’avec de la persévérance, le résultat final ne saurait être éloigné.

Il arrive parfois que l’auto-suggestion n’est acceptée qu’avec une certaine difficulté, et que Ton a conscience de l’instant où elle est acceptée. Je connais un jeune homme, excellent dormeur, comme le plus grand nombre des jeunes gens, qui, au besoin, se réveille ù l’heure qu’il veut. Pour cela, avant de s’endormir, il s’auto-suggestlonne de la façon suivante: En fermant les yeux, il se dit: demain , je me réveillerai lorsque telle heure sonnera. L’ordre que l’être conscient donne à l’inconscient n’est pas accepté de suite par celui-ci, et une image extérieure se manifeste sous la forme d’un non bien déterminé. Il se répète a nouveau : Je me réveillerai lorsque telle heure sonnera , et le même non se montre encore. Il continue l’auto-suggestion jusqu’à 6 et même 8 fois, et alors un oui apparaît. Abandonnant alors toute idée de réveil, il s’endort paisiblement et ne manque jamais de se réveiller à Tinstant où la pendule sonne.

Absorption de l'énergie. — Un autre moyen d’auto-suggestion recommandé par Turnbull, c’est l 'absorption cle l'énergie.

Nous avons un violent désir que notre raison réprouve et dont nous voulons nous défaire, par exemple, celui d’abandonner notre travail pour aller nous amuser. A cet effet, on concentre fortement sa pensée sur ce désir que l’on cherche à considérer comme l’expression d’une force brutale qui s’empare de vous. Cette idée de force étant bien représentée, en observant les temps de la respiration profonde que j’ai étudiée dans le chapitre VII, on se l'approprie , on s'en empare, on l'absorbe, pour la placer sous le contrôle de la raison.

L’opération se décompose en trois temps, qui doivent durer chacun de 8 à 10 secondes.

Premier temps. — Aspirer lentement l’air; et, considérant ce désir comme une force brutale qui maîtrise la raison, on se dit avec conviction, mentalement ou à demi-voix : J'absorbe consciemment cette force et me l'approprie .

Deuxième temps. —< Retenir son haleine et se dire avec la même conviction: Je fixe cette force qui m'appartient désormais.

Troisième temps. — En expirant lentement, on se dit : Je me suis rendu maître de cette force que j'utiliserai selon mes besoins.

Ce procédé me paraît très puissant pour combattre les passions et les défauts fortement enracinés qui auraient résisté aux autres formes de l’auto-suggestion, tels que ceux de se ronger les

ongles, se masturber, fumer, s’enivrer, se morphiner, etc., etc.

On doit répéter cette opération plusieurs fois, après quelques instants de repos, en ayant toujours soin de bien fixer dans sa pensée la triple idée cVabsorption , de fixation et d'utilisation de la force du désir.

L’absorption de l’énergie peut être employée dans de nombreuses circonstances pour puiser des forces ou des qualités dans le milieu ambiant. Gomme j’ai cherché à le faire comprendre dans le chapitre 1 er de la première partie, toutes les qualités et propriétés des corps existent dans la nature sous une forme réelle, quoique invisible; elles sont là, près de nous, et nous n’avons qu’à les prendre.

La nature est comme une table très abondamment servie qui est toujours à notre disposition. Elle est garnie de tout; il y en a pour tous les goûts, pour tous les besoins, et on peut dire qu’il n’y a qu’à allonger la main pour choisir ce que l’on veut.

Les conditions à réunir pour y parvenir se déduisent de l’ensemble des moyens indiqués précédemment. L’influence personnelle doit déjà être en voie de développement pour donner des résultats importants; mais le plus grand nombre de ceux qui commenceraient cette étude par l’autosuggestion, obtiendraient certainement des résultats satisfaisants en l’espace de quelques mois, rien qu’en consacrant 12 à 15 minutes matin et soir à des exercices bien compris et intelligemment exécutés. Après s'être isolé, il faut concentrer fortement sa pensée sur la qualité ou sur

davantage que l’on veut obtenir, bien âe persuade!* que tous les éléments cle cette qualité ou de cet avantage sont là, à notre disposition, que nous méritons cette chose qui ne tarderait pas à nous arriver d’elle-même, et que nous avons le droit et le pouvoir de la prendre de suite.

Ces idées étant bien' présentes à l’esprit, comme pour utiliser la force d’un désir, on les absorbe, on les fixe en soi et on prend l’engagement d’en profiter, en exécutant méthodiquement les trois temps de la respiration profonde.

Au début, on doit employer des formules; on peut même écrire celles-ci sur un carré de papier que l’on place devant ses yeux pour le regarder avec calme et persistance ; mais lorsque la volonté est suffisamment disciplinée, on peut se dispenser des formules, car elles ne servent qu’à fixer son attention sur le sujet.

On peut demander d’abord l’accroissement de qualités que l’on ne possède pas à un degré assez élevé, telles que: exactitude, patience, douceur, bonté, jugement; plus tard, on demandera la force morale et même la force physique qui 11 e sont pas suffisantes, la guérison d’une maladie légère, la réussite de telle ou telle affaire que l’on entreprend; enfin, obtenant à peu près ce que l’on veut, on pourra demander des choses plus importantes, plus élevées, plus précises. Il n’y a certainement pas de limites au développement de ce pouvoir qui peut s’étendre à l’infini, surtout lorsque les bases de l’influence personnelle sont bien établies et que celle-ci est méthodiquement cultivée.

Le plus grand nombre des lecteurs vont dire que

je m'éloigne du sujet de ce chapitre et qu’il n’est plus question d’auto-suggestion. Je suis de cet avis. Mais le psychologue qui voit la suggestion partout, môme où elle n’est pas, ne manquera pas de dire: c’est bien de l’autu-suggestion; il y a môme de la suggestion pure, car la demande n’est pas autre chose qu’une suggestion donnée à la nature, qui est ainsi forcée de nous accorder ce qu’elle n’était pas disposée à donner. Laissons de côté ce que les uns et les autres peuvent dire, restons avec les avantages que nous pouvons obtenir et tâchons de nous les expliquer.

Cherchez et vous trouverez , demandez et vous recevrez , nous dit l’Evangile (Math., c. 7, v. 7) ; c’est-à-dire, demandez avec intelligence, énergie et persévérance, et cela vous fera découvrir les moyens de trouver ce que vous cherchez.

Dieu laissa-t-il jamais*ses enfants au besoin ?

Aux petits des oiseaux il donne la pâture,

Et sa bonté s’étend sur toute la nature.

Tous les jours je l’invoque, et d’un soin paternel Il me nourrit des dons offerts sur son autel.

Il ne faut pas prendre à la lettre cette affirmation que Racine met dans la bouche de Joas (Athalie j, car Dieu ne donne qu’à ceux qui méritent et qui savent prendre. Il y a beaucoup de gens, moins heureux que Joas, des gens qui ne sont ni bons ni méchants, car ils sont incapables de faire du bien ou du mal, et qui attendent toujours que la roue de la fortune tourne en leur faveur sans que celle-ci vienne, car ils ne font rien pour cela. Aide-toi , dit le proverbe, le ciel t'aidera. Il faut chercher pour trouver, demander pour recevoir ; mais il faut surtout savoir diriger ses recher-

ches et employer pour la demande le langage de la nature.

La demande est la base de la prière. Dans leurs évocations, les spirites prient leurs bons esprits et en obtiennent des fluides qui sont utilisés pour la production de phénomènes aussi étranges que réels. Les dévots tirent de la prière des consolations, des espérances et certains avantages; ils tireraient bien autre chose encore s’ils connaissaient le principe qu’ils mettent en action, et surtout s’ils ne demandaient pas des faveurs injustes, des grâces qu’ils ne méritent pas et des avantages qui seraient nuisibles à leur prochain. Il ne faut pas que le marchand de parapluies demande des averses constantes lorsque la terre est suffisamment mouillée, ni que le charbonnier prie pour avoir du froid lorsqu’il fait encore chaud. Deux armées en présence ne doivent pas prier pour l’extermination de l’ennemi, car la nature souverainement juste ne favoriserait pas l’un pour le malheur de l’autre. Demandez ce qui est juste, ce qui vous est utile sans être nuisible à vos semblables et vous recevrez en raison directe de la sincérité de votre demande et de la somme ne volonté que vous aurez dépensée pour l’obtenir. La faculté de puiser dans le milieu ambiant des forces quelles qu’elles soient constitue à elle seule le principal facteur du Magnétisme personnel. On doit donc l’étudier avec attention et faire tout son possible pour la développer.

Suggestion. — Arrivons maintenant à la suggestion proprement dite, c’est-à-dire à l’art d’in-

fluencer les autres, de leur communiquer ses idées et d’obtenir d’eux tout ou partie de ce que l’on désire.

Ici encore, je vais diviser la question, car je n’entends en aucune façon traiter la suggestion comme les hypnotiseurs en général et surtout comme ceux qui, au mépris de la dignité humaine, font, avec des personnes sensitives transformées en mannequins , des expériences toujours inutiles au point de vue scientifique et. souvent fort dangereuses pour la liberté morale des sujets. Je veux rester presque exclusivement avec l’incitation, l’influence que l’on peut exercer Sans le voisinage de quelqu’un, dans la conversation, verbalement quand on parle, et mentalement lorsqu’on écoute. Encore, je n’engage personne à vouloir s’imposer; j’engage moins encore à pratiquer l’incitation suggestive pour obtenir une chose déterminée, car lorsqu’on est suffisamment développé, les bonnes choses viennent dY-liesmêmes suffisamment nombreuses, sans que Ton fasse quoi que ce soit pour les obtenir. Malgré cela, ceux qui voudraient cultiver spécialement l’art d’influencer les autres par incitation suggestive, verbale /ou mentale, pourraient tenir compte des observations suivantes :

—’ Lorsque la personnalité magnétique est développée à un haut degré, l’incitation suggestive est spontanée, inconsciente même. La manière d’être du penseur se transmet à ceux qui l’environnent sans qu’il le veuille, car ses pensées, actives et* fortes, vont droit aux personnes à qui elles sont destinées. Là, elles ont tendance à s’imposer, et ceux qui les reçoivent les acceptent tgujours

- ài§ -

Gomme si eiles avaient pris naissanée eh eiixmemes, comme si elles étaient l’expression de leur propre désir, de leur véritable intention. Mais si le penseur suffisamment développé fait, pour agir, acte de volonté, il impose toutes ses idées et dicte ses ordres qui sont souvent exécutés avec une précision et une promptitude qui tiennent du prodige.

Ceux qui commencent l’étude de leur développement magnétique ne doivent pas espérer un pareil résultat dès les premiers essais; mais ils peuvent avoir la certitude qu’en pratiquant intelligemment- tous les exercices décrits dans la seconde partie de cet cuvage, ils parviendront assez rapidement à acquérir une puissance suggestive très enviable. Ceux qui n’étudieraient que ce chapitre obtiendraient des résultats de moindre importance, car la théorie nécessaire pour guider le raisonnement et la base principale du développement de l’influence magnétique leur manqueraient à peu près complètement.

Je le répète, il faut comprendre avant tout que pour diriger les autres il faut savoir se diriger soi-mème, et que pour leur imposer sa volonté, il est indispensable d’être maître de la sienne. On doit ensuite être essentiellement honnête, et ne jamais penser à obtenir quoi que ce soit qui puisse nuire à l’intérêt ou à la considération des autres. Ces deux premiers points étant bien définis, il faut être animé du vif désir d’obtenir la chose que Ton veut, être bien persuadé qu’on a droit à cette chose, qu’on a le pouvoir de l’obtenir et qu’on l’obtiendra d’autant plus vite qu’on le voudra avec plus de calme, d’énergie et de persistance. Pour

exercer une puissante incitation suggestive, il est bon de puiser des forces dans le milieu ambiant, comme je viens de l’expliquer en parlant de l’absorption de l’énergie, et de se mettre, par la volonté, dans un état d’activité pour donner, dans un état d’expansion pour faire rayonner ses pensées, ses ^désirs vers les personnes que l’on veut influencer.

Celui qui veut dominer les autres, doit leur inspirer confiance, les intéresser, les égayer par de joyeux propos, car le rire ouvre l'individu et le dispose à recevoir les influences extérieures. Son expression, son maintien, ses gestes, ses manières, le ton de sa voix sont autant d’éléments d’action qui se combinent et s’ajoutent les uns aux autres s’ils sont tous concordants.

Le regard exercé conformément aux indications du chapitre précédent et la conversation jouent ici le rôle prépondérant ; mais celle-ci doit être appropriée, adaptée avec beaucoup de tact au caractère, aux goûts, aux aptitudes et même à l’intérêt de celui h qui l'on s’adresse. Judicieusement employée, elle constitue à elle seule un très puissant moyen d’insinuation qui permet, même à celui qui ne possède que fort peu l’influence personnelle, de vaincre les défiances, les antipathies et les résistances auxquelles il est toujours plus ou moins exposé.

« Le malade, dit rassuré et conquis,

s’ouvrira à lui sans arrière-pensée, et son abandon fera plus pour sa guérison que les innombrables médecines dont l’accablent généralement les hommes de l’art.

« Mais cette conversation doit être conduite avec soin, avec discernement, avec intelligence. Il faut que l’opérateur s’y efface, s’yjaublie progressivement et que le malade s’y abandonne et l’occupe de plus en plus. L’opérateur n’a plus dès lors qu’à écouter et qu’à encourager de son attention et de son intérêt les confidences qu’on lui fait.

« On apprend à écouter comme on apprend à parler, par des.efforts successifs, par une étude méthodique. Le silence comme la parole a sa science. Il faut de toute nécessité, que l’opérateur la possède; ce n’est qu’à ce prix qu’il fera vraiment la conquête de son malade. Connaissez-vous l’anecdote sur Carlyle ? — Le grand et redoutable écrivain reçoit un jour la visite d’une personne qui désirait le connaître, mais qui en redoutait l’abord. Le visiteur se présente très ému; il est reçu froidement et son émotion s’en aggrave d’autant. Mais il ne se déconcerte pas. Connaissant un des sujets de prédilection du grand écrivain, il l’aborde; il y entre discrètement, il y fait surtout entrer son interlocuteur, puis il s’efface. Carlyle poussé ainsi au premier plan et sur un terrain qui lui était familier et agréable, ne tarde pas à y déployer toutes ses ressources. Il parle, il s’échauffe, il s’exalte. Le visiteur écoute, le temps passe et, quand après trois heures de silence il se décide à se retirer, l’illustre écrivain l’accompagne jusqu’à la porte, lui prodigue les marques les plus chaleureuses d’intérêt et de sympathie et sur un cordial au revoir , le quitte en lui disant: « Quelle charmante conversation nous avons eue et comme votre visite m’a été agréable ! Ne manquez point de la renouveler souvent. »

« Faites comme le visiteur de Garlyle, soyez habile, choisissez bien votre sujet; abordez-le avec décision et netteté, mais laissez à votre interlocuteur le soin de le développer. Laissez lui croire qu’il est intéressant, qu’il est profond, qu’il est persuasif et que sa science, sa sagesse, son art de convaincre et de plaire sont inimitables. » (Force- Pensée , p. 30).

Cette idée de faire parler l’interlocuteur est complétée en ces termes par Turnbull :

« Etant admise la théorie électrique bien prouvée, que faire passer un courant dans un conducteur au voisinage d’un autre conducteur éveille 'en ce dernier un courant induit, supposons que vous désirez produire une impression ou exercer une influence sur une personne avec laquelle vous venez d’entrer en relations.

« Mettez-vous bien dans l’esprit que cette personne est un instrument à travers lequel passent les courants mentais et que vous êtes vous-même un instrument qui non seulement produit mais encore reçoit et retient fortement ceux des courants que vous désirez recevoir et retenir.

«Vous pouvez alors commencer sans hésiter à le faire parler, tout en faisant un usage judicieux du regard fixe central. Employez tout tout votre tact et toute votre adresse à le faire discrètement ; en meme temps vous retenez ferme votre propre force, comme si vous vous ramassiez en vous-même. En faisant passer des courants mentais devant votre interlocuteur sous forme de questions ou de suggestions adroites, vous éveillez en lui des courants sympathiques; vous découvrez ses goûts et ses répugnances, et,

encourageant ses confidences, au cours de la conversation, par le courant dérivé d’une approbation finement exprimée, vous arrivez bientôt à le faire vibrer entièrement à l’unisson de vous. En d’autres termes, il vous aime et préfère votre compagnie à celle de tout autre. Ne commettez pas la faute d’employer de basses flatteries, lesquelles n’atteignent que les plus superficiels. Au contraire, créez en vous un courant d’intérêt réellement bienveillant ; ce que vous obtiendrez en chassant de votre esprit toutes autres préoccupations.

« Grâce â votre connaissance des lois d’induction et d’attraction cpii régissent les courants mentais, vous trouverez que la pratique d’attirer les gens â vous deviendra une science pleine d’attraits. Vous les attirerez, non pas que vous ayez quelque intérêt spécial à le faire, mais seulement. pour exercer votre pouvoir et étudier le mécanisme de la loi sous différentes circonstances. » (Cours de Mar), pers., p. 45).

Après avoir étudié pratiquement les règles qui précèdent, on peut s’exercer à la pratique de la suggestion mentale. Pour cela, on formule d’abord dans sa pensée des idées simples et en harmonie avec la manière d’être des gens que l’on fréquente. On donne â ces idées- une forme aussi précise que possible, et en s’aidant de faction du regard, on s’efforce de les transmettre. Ainsi, par exemple, on cherche à suggérer à un ami l’idée d’une visite à un ami commun, l’idée d’une étude quelconque qui lui plaise, et l’on y parvient d’autant plus facilement que l’on rend

plus concrète l’idée à suggérer. On cherchera ensuite à transmettre à ce môme ami une idée qu’on sait ne pas lui plaire, et l’on sera tout surpris, de constater que l’on réussira sinon toujours, du moins fort souvent.

Les expériences de cette nature peuvent être variées presque à l’infini. On doit les répéter souvent, car elles concourent puissamment au développement de l’influence que l’on est susceptible d’exercer sur les autres. En voici deux que l’on ne manquera d’essayer lorsque l’occasion se présentera:-•— Dans une conversation, la personne qui vous parle oublie un mot qu’elle cherche en vain à prononcer. Ce mot vous est presque toujours suggéré par l’idée que s’en fait la personne qui parle. Pensez fortement à ce mot, et regardez l’interlocuteur à la racine du nez. Très souvent, en moins de temps qu’il en faut pour le Sire, celui-ci prononce le mot et vous avez conscience que c’est vous qui en avez rappelé le souvenir. — Dans une réunion quelconque, vous voulez, par exemple, que l’un des assistants, que vous choisissez, demande à vous être présenté. Passez plusieurs fois sous son regard sans paraître indiscret. Lorsqu’il vous regarde, dirigez avec calme votre regard entre ses yeux, et dites-vous mentalement: Vous voulez m'être présenté; je vous attends. Lorsqu’on est bien familiarisé avec la pratique de la suggestion mentale, ces deux expériences ne manquent presque jamais.

Certaines personnes sont particulièrement douées pour obtenir ce qu’elles désirent.

Je connais une dame douce et bonne, qui mal-

gré cela vit en assez mauvaise intelligence avec son mari. Elle n’a qu’à penser à une robe, à un manteau, à un bijou qu’elle désire pour que son mari s’empresse de lui offrir l’objet désiré, tandis que lorsqu’elle demande verbalement quoi que ce soit, elle se heurte à peu près toujours à un refus catégorique.

Un artiste peintre plein d’avenir, qui a suivi mon cours de Magnétisme personnel l’année dernière et qui a fort bien mis à profit tous les détails de .renseignement, pense, à un "moment donné, à un artiste qu’il a connu il y a une vingtaine d’années et cherche à se remémorer ses œuvres principales. Deux ou trois jours après, il reçoit, par la poste, d’une personne qu’il connaissait à peine, une reproduction d’une œuvre de l’artiste auquel il avait pensé.

Quelques jours après, le même artiste ouvre une encyclopédie pour avoir des renseignements sur les monuments de Trieste. La cathédrale est signalée comme un monument remarquable.

Trois jours après, il reçoit d’un ami une carte postale illustrée reproduisant cette cathédrale.

L’artiste en question observe à juste titre que ce que l’on appelle improprement le hasard ne «aurait être invoqué, car si ses amis avaient réellement voulu lui envoyer un souvenir, un objet utile ou véritablement intéressant, ils auraient mieux choisi la nature de leur envoi. Vraisemblablement, malgré la distance, il y a eu transmission de la pensée de l’artiste à ses amis, qui ont ensuite voulu lui être agréable. Pour s’en assurer, il accusa réception de ces documents et pria les expéditeurs de vouloir bien lui dire dans quel

but ils avaient, fait cet envoi. La réponse de chacun d’eux fut à peu prés celle-ci : « J'ai pensé à toi et Vidée m'est venue que je te ferais plaisir en t'envoyant ce document.

Lei^tfô-i’on est parvenu à pratiquer habilement la suggestion mentale, il n’est guère nécessaire d’avoir recours à la suggestion verbale. Pourtant, lorsque celle-ci est pratiquée avec tous les ménagements qu’elle comporte, elle est plus active que la première. Dans la conversation, on peut la pratiquer de deux façons différentes : 1° à l’insu du sujet, 2° avec le consentement au sujet.

Je préfère de beaucoup la première, car elle est plus active et réussit généralement mieux que la seconde, car le sujet, qui ne doute pas que l’on exerce sur lui une action suggestive, n’oppose aucune résistance à celle-ci.

Lorsque le sujet veut se guérir d’une maladie organique de quelque gravité, il faut avoir recours non pas à la suggestion mais au magnétisme qui guérit presque toujours mieux et plus vite que les moyens ordinaires de la médecine classique les mieux appropriés. Pour une maladie morale, telle que l’obsession; pour se débarrasser plus vite de certaines passions, comme l’ivrognerie, la morphinomanie, on peut avoir recours à la suggestion verbale, soit à l’insu du sujet, soit avec son consentement ; mais il est indispensable, surtout dans ce dernier cas, que le praticien que l’on choisit soi! digne en tous points de la confiance qu’on doit avoir en lui, car le remède pourrait être pire que le mal. Le prati-

cien qui convient le mieux est encore le magnétiseur, surtout s’il possède l’influence personnelle à un certain degré, car tout en magnétisant pour rétablir l’équilibre physique, qui est toujours plus ou moins troublé, il emploie en même temps non pas la suggestion brutale des hypnotiseurs, mais une insinuation suggestive qu’il fait sous la forme d’une sorte d’affirmation conditionnelle.

Pour ne pas risquer de voir diminuer la confiance que l’on a en lui, ce qui diminuerait son autorité morale, le praticien ne doit pas se tromper comme l’hypnotiseur qui, dans certains Cas, fait tous les jours pendant 5 à (1 semaines, la même suggestion avec le même insuccès. Il ne doit donc pas dire : Vous ne souffrirez plus ! Vous dormirez très bien! Vous ne serez plus obsédé par les idées qui vous tourmentent ! Vous ne penserez plus à la morphine ! Car cette forme de la suggestion ne réussit, môme imparfaitement, que chez les rares malades sensitifs que l’on peut endormir ; et encore, ce résultat n’est parfois obtenu qu’aux dépens de certaines autres fonctions physiques ou morales qui se pervertissent à leur tour. Mais on doit raisonner avec le malade, lui faire comprendre que la maladie dont il souffre a des causes, souvent profondes et tenaces, qui ne peuvent généralement pas cesser de suite, qu’il faut chercher à rétablir l’équilibre des fonctions physiques, et qu’alors un mieux, probablement très sensible, ne tardera pas à se faire sentir. La suggestion pourra alors être faite à peu près en ces termes : Vous allez certainement éprouver du mieux , et le sommeil ne tardera pas

à se rétablir! Les idées qui vous tourmentent vont diminuer peu à peu et disparaîtront bientôt complètement'! Vous aurez moins besoin de morphine , et d'ici 5 à 6 semaines vous n'en aurez plus du tout besoin!

Au début d’un traitement quel qu’il soit, on observe presque toujours une amélioration qui tient probablement un peu à l’espoir que le malade met dans l’efficacité de ce traitement. L’affirmation suggestive se réalise à peu près complètement, la confiance du malade grandit encore et les nouvelles suggestions exerceront dans L’avenir une influence d’autant plus grande que le praticien aura mieux prévu leur réalisation. Le magnétiseur qui sait établir le diagnostic des maladies par l’examen des centres nerveux, et qui connaît le mécanisme des modifications qui surviennent sous l’action du traitement (V. le t. Il de mes Théories et Procédés du Magnétisme), sait réellement, non seulement ce qui se passe présentement dans l’organisme du malade, mais ce qui doit s’y passer dans un délai de quelques jours. De cette façon, tant par faction directe du Magnétisme que par l’action indirecte de la suggestion, il favorise toujours le travail de la nature sans jamais le contrarier.

Si, par la parole, par le geste, par les manières, l'homme fort peut imposer au faible ses idées et ses manières de voir; et si d’autre part, toutes les imposions qui viennent du dehors sont des suggestions, il est évident que nous sommes tous plus ou moins exposés à subir les suggestions intéressées et les mauvaises pensées de ceux qui nous environnent. Dans ce cas, il est de toute

nécessité que «elui qui cherche à développer sa personnalité magnétique puisse échapper aux mauvaises influences. C’est sur ce sujet que je vais terminer ce chapitre.

Pour éviter les suggestions des autres. — Il est évident que nous faisons partie du milieu dans lequel nous sommes et que si nous agissons sur les autres, les autres peuvent agir sur nous, nous influencer, nous asservir même.

«Cela est si vrai/jji ^ Atkmson. que nos opinions varient avec .les circonstances et que, selon que nous vivons avec les uns ou avec les autres, nos idées diffèrent et parfois même s’excluent...

« Les exemples de ce phénomène sont fréquents, surtout en politique. On voit une idée jaillir, se répandre, tout entraîner, puis s’apaiser, rentrer dans son lit et mourir... Telle foule, par exemple, calme et modérée, s’agite et s’exaspère soudain pour revenir bientôt à la modération et à l’équité. Il a suffi, pour déterminer ces alternatives, de quelques hommes d’action, de quelques esprits résolus. Ceux-là ont déchaîné la foule par des. discours de violence ; ceux-ci l’ont ramenée et retenue par des appels à la tolérance. Mais les uns et les'autres ont usé des mêmes moyens, c’est-à-dire de leur don d’influence, de leur force de pénétration, de toutes les ressources de volonté et d’action qui sont comme l’essence du Magnétisme, le secret des sciences occultes.

« Il importe donc, si l’on veut obéir, à sa propre raison, de se garder contre toutes les influences d’alentour et de dresser comme une barrière

autour de soi. Mille dangers nous menacent... A chaque instant nous sommes sollicités par des forces extérieures, par des volontés qui sont impatientes de nous asservir à leurs desseins, à leurs ambitions, à leurs intérêts. Il faut de toute nécessité que nous puissions nous protéger nous- mêmes et nous défendre contre elles. Notre dignité le commande et notre intérêt l’exige. Nous serions exposés à de terribles éventualités si nous nous abandonnions sans défense à toutes les influences, à toutes les suggestions, à toutes les forces extérieures qui pèsent sur nous et nous sollicitent. » (Force-Pensée , p. 65.)

Si Te précédent auteur décrit fort bien, tout en les exagérant un peu, les dangers auxquels le plus grand nombre d’entre nous sont exposés, même, lorsque notre personnalité magnétique est développée à un certain degré, il n’indique pas d’une façon suffisante les moyens à employer pour les éviter. Je vais tâcher de le faire en quelques mots, en prenant pour exemples la haine qu’un individu peut avoir contre nous et l’impureté de certains milieux dans lesquels on est obligé de pénétrer.

Le principal moyen de résister aux mauvaises influences, c’est d’abord de ne pas les craindne, car elles agissent comme la peste qui frappe surtout ceux qui en ont peur. Ensuite,, c’est d’être raisonnable, juste, bon, et de ne jamais avoir aucun tort à se reprocher envers qui que ce soit. Malgré cela, il y a certaines influences, celles de la haine prolongée pendant longtemps qui pourraient bien parvenir à nous atteindre. Soyons sur

nos gardes ; et si nous nous méfions de quelqu'un de malveillant, ayons bien soin de ne lui envoyer que des pensées de bienveillance et de bonté, et faisons appel en même temps à toute notre volonté, à toutes nos énergies intérieures pour nous mettre dans un état d’expansion qui fait rayonner notre force autour dp nous, comme l’indique la figure 31. Dans cet état, nous sommes en activité pour donner et nous ne recevons rien du dehors. Notre impénétrabilité aux influences extérieures sera encore augmentée si nous nous représentons bien à l’esprit l’aura de pensées et d’inlluences qui nous environne ; et si, en précisant bien le rôle protecteur de cette aura, nous faisons acte de volonté pour la rendre encore plus impénétrable, en la repliant sur nous-mêmes. On peut revoir pour cela les fig. 17, 18 et 19. En mettant bien dans son esprit qu’on ne sera jamais dominé par une pensée étrangère si on ne veut pas l'être, l’auto-suggestion rendra encore ici quelques services.

Comme j’ai cherché à le faine comprendre dans les chapitres précédents, on doit rechercher la société des gens heureux, courageux, gais, forts, pleins d’espoir et éviter le plus possible les craintifs, les mélancoliques, les coléreux, les méchants et les malheureux en général; car, comme l’avait déjà observé G. Agrippa « leur âni’e est pleine de mauvais rayons et elle communique sa contagion à ceux qui l’approchent. »

Nous sommes pourtant obligés de pénétrer dans leur milieu, de nous mettre en contact avec eux. Allons-y gaiement, et en nous mettant

dans l’état d’expansion dont je viens de parler, pour leur donner de nous-mêmes sans rien prendre d'eux, soyons sans aucune crainte d’être influencés. Encourageons-les, donnons-leur de bons conseils, faisons à ceux qui en ont besoin une aumône en rapport avec nos moyens, mais ne nous apitoyons pas sur leur sort et quittons-les avec la satisfaction du devoir accompli, pour ne plus y penser que lorsqu’une nouvelle occasion de leur être utile se présentera.

Pour terminer ce chapitre, il me neste à dire q.ujelques mots qui ne s’adressent qu’aux sensitifs se prêtant aux expériences, et qui peuvent craindre des suggestions post-hypnotiques qu’ils exécuteraient presque fatalement au moment convenu. C’est pour leur apprendre à déjouer toute suggestion par un procédé très simple d’auto-magnétisation.

Il suffit au sujet de savoir que, pour empêcher une suggeslion d e se réaliser, il n’a q u’à appliquer sa main gauche et me me un seu l doigt de cette main au front pendant quelques instants.

Guette action constitue le procédé toiit entier, dont on comprendra le mécanisme par quelques mots de théorie.

— Chez le plus grand nombre des sujets, le sommeil hypnotique présente quatre états bien distincts : état suggestif , état cataleptique , état somnambulique et état léthargique , quoique l’école hypnotique de la Salpêtrière ne classe que les trois derniers.

Toutes les suggestions post-hypnotiques, c’est-

a-dire celles que l’hypnotiseur donne pendant le sommeil pour être exécutées lorsque le sujet sera réveillé, no s'exécutent que dans le premier état, état dans lequel le sujet rentre de lui-même au moment où l’idée lui vient d’accomplir l’acte suggéré. Donc, si lte sujet fait cesser cet état, la suggestion ne s’accomplit pas.

Le sujet peut toujours agir physiquement sur lui-même par auto-magnétisation. L’action de sa main droite appliquée au front l’endort, celle~ïïë ~ sa main gauche au même point le réveille. Dans le cas qui nous occupe, le sujet, qui est obsédé par Fidèle d’exécuter l’acte suggéré, entre automanquement dans l’état suggestif. A ce momen t, s'il appli que sa main droite au front, il passe dan s l’état catalep tique, puis dans l’état somnambulique, et s’il y appl iqu e la main gauche, il se r éveille. Dans les deux cas, l’état suggestif ayant cessé, la suggestion ne peut plus avoir de prise.

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