‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 101 sur 232 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

travaillait dans l'ombre à Texécution du plan de Sîgîsîtiond^ c'est-à-dire à la réunion de la Transylvanie ^ de la Valachie et de la Moldavie sous son sceptre et au profit de sa famille. Son idée n'était donc ni originale, ni nationale, celle de Sigismotid non plus du reste, mais purement antiturque et dynastique : mobiles qui ont guidé les hommes d'État autrichiens de tout temps dont il a conquis conséquemment la sympathie de suite. Spectateurs étonnés des tergiversations de Sigismond^ ils comprirent qu'il ne pouvait que faire du tort aussi bien aux peuples, qu'il gouvernait qu'à la cause de la chrétienté, ils portèrent donc les regards sur Michel chez qui il était impossible de nier les réelles qualités de gouvernant et de général dont il avait déjà donné plusieurs preuves. De là l'entente cordiale entre Prague et Bucarest, transformée à l'occasion du premier départ Ae Sigismondy en rapprochement intime. Michel se soumet à Rodolphe^ roi de Hongrie et lui prête, en cette qualité, serment de vasselage moyennant quoi il recevra annuellement des subsides «n hommes et argent pour fournir dix mille combattants où et quand le roi le voudra. Après le retour de 5i'^25mo/i</, cette soumission devient caduque naturellement. Le vay vode renouvelle ses hommages à Sigismond et semble même faire des démarches en sa faveur auprès de Rodolphe. En les accueillant avec bienveillance, celui-ci confie alors la surveillance de Sigismond à Michel^ afin que les intérêts du roi ne soient pas lésés. C'était le lui livrer moralement et le trône de la Trajisylvanie avec.

Ni Sigismond, ni André Bàthory ne crurent à ces menées secrètes. Le dernier reçut le serment de vasselage de Michel le 26 juin 1599 avec confiance et ne le considérait que comme un ami dévoué, un protégé reconnaissant de sa famille. D'ailleurs, n'a-t-il pas affirmé devant les envoyés du cardinal, devant le valeureux Gaspard KorniSy devant Pancrace Sennyey que son manger soit la chair, sa boisson le sang de son fils s'il trahissait les Transylvaniens] André resta donc sourd à tous les avertissements et permit même à Michel de recruter des Sicules en vue d'une nouvelle campagne bulgare.

Or l'occupation de la Transylvatiie par Michel et au profit de

Rodolphe était déjà arrêtée malgré les supplications de Stanca^ la femme duvayvode qui ne Tenvisageait qu'au point de vue de la reconnaissance que son mari et elle devaient aux Bâihory. Mais Michel ne Técouta pas, ni son logoFette Théodose non plus, et il fit concentrer son armée a Ploësii, Le noyau en était formé par les troupes magyares et sicules sous la conduite des capitaines de mêmes nationalités à qui il dépeignit le cardinal comme un traître envers le roi et la religion, prêt à pactiser avec les Turcs. Calomnies qui trouvaient d'autant plus de croyance chez les Sicules que Sigismond s'était conduit en parjure, n'ayant pas rendu les franchises promises k Fekeie-Ualom avantla campagne de 1 595. Outre cela, on fabriqua sur Tordre de Michel un faux document, attribué à Rodolphe^ avec sa signature et son sceau habilement contrefaits, dans lequel le roi s'engagea à la restitution des franchises des Sicules en cas où ils se rangeraient sous les drapeaux du vayvode, document que Ton montra mystérieusement aux plus influents, afin qu'ils colportassent son contenu comme un grand et précieux secret parmi les leurs.

D'autre part, il est certain aussi que Michel n'a pas négligé les avantages qu'il pouvait tirer du concours de ses compatriotes habitant la Transylvanie. Par les caloyers voyageurs il était au courant de tout ce qui s'y passait, de même qu'il s'est servi de leur intermédiaire pour préparer les serfs roumains à sa venue non pas à cause de leur nationalité, mais à cause du ressentiment qu'ils nourrissaient à l'égard de leurs maîtres, en majorité des Magyars. Peut-être espérait-il qu'ils allaient grossir les rangs de son armée et faciliter ainsi sa tâche de compétiteur au trône de la Transylvanie.

Après avoir pris ainsi ses dispositions, il s'est mis en marche avec ses troupes le 1 7 octobre 1 599 pour rentrer en Transylvanie à travers le col de Bodza. Sûr du concours des Sicules ^ il se dirigea alors par Fogaras dans la direction de Szeben et il s'arrêta devant le col de Voeroestorony pour attendre l'arrivée du bàn Mihalcsa et des Sicules.

On n'a appris l'attaque innatendue de Michel à Gyulafehérvàr à la cour du cardinal André que quand l'envahisseur campait

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