‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 103 sur 232 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

qu'il introduisit dans le pays pour pouvoir payer ses troupes mercenaires, le rendirent très impopulaire. On lui en voulut également du retard qu*il apporta dans l'exécution de sa promesse, de rendre la Transylvanie à Rodolphe, Pour son malheur, il eut même Timprudence de déclarer que si on continuait à le tracasser par trop violemment à ce sujet, il mettrait sa main dans celle du sultan qui la lui avait déjà offerte en 1598, en lui pardonnant toute ses entreprises dirigées contre les T'urcs et la Turquie, C'en était assez pour que plusieurs songeassent au rappel de Sigismond Bàthory, Alors J/«cAe/ devint soupçonneux forçant à s'enfuir les plus compromis, contre les familles de qui il crut avoir le droil de sévir ensuite. De là le rapide développement du parti de Sigismond, fantasque, mais cultivé, despotique, mais bien élevé.

Ayant fait ordonner jadis l'extermination en masse de tous les Turcs qui se trouvaient en Valachie, on prête à 3//c/je/à cette époque le dessein d'avoir voulu faire massacrer également toute la noblesse magyare. On prétend même que ce fut l'archevêque bulgare Déméirius qui l'en détourna en lui faisant voir l'évangile et le menaçant du courroux de Dieu. Mais ce ne sont que des on-dit propagés pour ie perdre dans l'opinion publique, pour entraîner les hésitants qui ne pensaient pas sans effroi au retour de Bàthory,

Sans le noircir à ce point, on peut hardiment affirmer que Michel et ses boyards se trouvaient tellement à leur aise en Transylvanie qu'ils eussent désiré l'avoir à eux seuls et surtout ne pas la rendre aux commissaires de Rodolphe, comme ils le leur ont franchement déclaré : « La Transylvanie est un beau pays, plus le vayvode et les boyards l'habitent, plus ils Taimept. « Pour ne pas les laisser s'y fortifier, Georges Basta, le commissaire en chef, prit alors la résolution de brusquer le dénouement. Ayant rassemblé les mécontents, qui devenaient assez nombreux pour donner à son armée la supériorité numérique, il fit son apparition à l'improviste. Mal préparé à l'attaque, trahi par ses meilleurs soldats, les Siculesy Michel lui barra bravement Je chemin à Miriszlô (le 18 septembre 1600) mais il perdit la bataille.

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Il s'enfuit alors en Valachieoix il disposait encore d'une armée assez considérable, mais à peine arrivé, il apprit que les Polonais étaient en train de ramener en Moldavie le même Jérémie qu'ils en avaient chassé auparavant. Use précipite à sa rencontre mais les Polonais lui infligent une défaite à Téléjéan. Alors, pressé par les Turcs qui avaient envahi entre temps la Valachie^ répudié par son peuple, il ne lui resta qu'un parti à prendre : il se réfugia courageusement comme prince détrôné, chez Rodolphe à Prague.

Là il reçut un très bon accueil car on avait de nouveau besoin de ses services, puisque la diète de Kolozsvar, convoquée pour le 21 janvier 1601 fut assez aveugle pour réélire Sigiswond jBa/AorK une troisième fois. L'ayant vaccoramodé avec Basia^ on envoya le vayvode en Hongrie a^n que, réunis, ils se rendissent définitivement maîtres de la Transylvanie au profit des Habsbourg, Sigismond les attendait de pied ferme ,mais son énergie n'eut pas le succès qu'il méritait. 11 fut battu à Nagy-Goroszlo le 3 août 1601, parles nouveaux alliés derechef possesseurs de la Tî'ansylvanie.

Ce fut en Moldavie, dans le couvent de Néamcz que Sigismond Bàihory se retira après la bataille perdue. Il avait l'intention d'y faire venir la famille de Michel tombé en son pouvoir. En étant informé, le vayvode lui dépécha un de ses fidèles avec une lettre dans laquelle il l'implorait d'épargner sa femme et son fils*, car il serait heureux de lui faire ravoir la Transyl-vanie en lui fournissant des moyens et des subsides pour en faire partir les Allemands, Il écrivit en même temps au pacha d'Eger en lui demandant de lui envoyer à Li/jpa quelqu'un de bien sûr, car il avait des choses à lui raconter qu'il apprendrait certainement avec plaisir. Ces deux lettres furent interceptées et on les remit à Basia, Compromettantes en elles-mêmes, elles confirmèrent l'authenticité de celle, plus grave encore, que Sigismond Bàihory lui fit transmettre avant la bataille de Goroszlo et à laquelle il ne voulut pas croire. Datée de Prague^ elle était adressée au grand vizir Ibrahim. Michel lui demande la restitution de ses possessions et promet sa soumission complète au sultan. «Car, dit-il, j'ai eu l'occasion de connaître et

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