‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 106 sur 232 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

Qu'aucun pope valaque ne puisse entrer en Transylvanie venant des vayvodies non plus. Les caloyers doivent être absolument proscrits de toute la principauté. Si on découvre qu'il en est venu ou qu'il y en a « contra edictum regni » qu*il soit pris et qu'il soit dépouillé. Que le Roumain ainsi que le Sicule ne portent plus d'armes, les bergers exceptés habitants des glaciers, mais que le Magyar et le Saxon en portent. »

La duplicité et les menées de Radn Serban étant dévoilées, de Széhely eut l'imprudence de diviser son armée pour pouvoir combattre à la fois les Sicides révoltés et se défendre contre le vayvode valaque. Mais sans succès! Sa valeur personnelle et celle de ses troupes ne pouvaient compenser la supériorité numérique de ses adversaires. Ses meilleurs lieutenants succombèrent dans le Barczasàg\ quant à lui il mourut héroïquement à la bataille de Brassa en s'écriant : a Que je périsse aussi avec la patrie! » Son cadavre fut décapité et Radu Serban le fit jeter aux chiens de Brassa où finalement un habitant de la ville l'enterra cependant à la tombée de la nuit. Après avoir fait lever des contributions de guerre, après avoir dévasté le territoire de ses alliés les Sicules eux-mêmes , Radu Serban s'en retourna en Valac/iie, n'avant nulle envie de recommencer les fautes politiques de Michel,

La misère atteignit à ce moment de telles proportions que, ne possédant plus ni chevaux ni bêtes de somme , les paysans s'attelèrent eux-mêmes à la charrue ou aux voitures à deux roues que l'on désigna dorénavant du sobriquet de « voiture de Basta » . On mourut de faim , on se livra à l'anthropophagie, le blé étant devenu une denrée d'un prix inabordable, u Où pouvais-je aller, écrit François de Mikô en 1603, puisqu'il n'y avait pas un seul habitant entre Karàn-Sebes et Sz^szvàros ! »

Devant ces résultats funestes du gouvernement de Basta ^ — produit composé de la réaction austro-espagnole et de la barbarie roumaine, — le parti des mécontents s*accrut journellement. Mais pour le pousser à l'action, il fallait un événement, tel que la reprise de la cathédrale de Sainte-Elisabeth de Kassa en Uongricy que les impériaux ont de vive force enlevée aux protestants le 6 janvier 1604 Ce fut le signal de la persécu-

tion des protestants dans la Haute-Hongme. On dénonça ce fait immédiatement à la diète de Pozsony; mais au lieu de Farrèter, Rodolphe l'aggrava par Tarticle 122, dans lequel il admonesta les plaignants « qui ne voulaient ni se nommer ni indiquer de quelle religion ils étaient )) , et il renouvela toutes les lois créées en vue de la défense du catholicisme et de l'oppression du protestantisme (le 1" mai 1604).

Annoncée ouvertement pendant la diète, la révolte éclata l'automne suivant. Ce fut Etienne Bocskay, Toncle maternel de Sigismond Bàthory^ qui en devint le chef malgré son attachement antérieur à la politique austrophile de son neveu, à cause de laquelle il fut même déclaré traître à la patrie par la diète de Léczfalva. Il exécuta cette volte-face non seulement comme protestant jaloux de sa religion, mais ayant acquis la conviction aussi, que pour conserver Tindépendaiice de la Transylvanie et par là le refuge du génie magyar, il ne fallait pas s'abandonner à la seule magnanimité des hommes d'État autrichiens.

Menacé par la réoccupation du Banat transylvanien au profit de Bocskay et la soumission des départements de l'Est de la Hongrie au chef de la révolte victorieuse, Basta se vit d'autant plus forcé d'évacuer la Transylvanie que Radu Serban n'eut aucun scrupule pour conclure un traité d'alliance offensive et défensive avec le nouvel et inopiné antagoniste de l'influence autrichienne. Élu prince de Transylvanie le 21 février ! 605 , celui-ci promit sa protection à la Valachie en échange du serment du vasselage prêté par Radu.

L'assemblée de Szerencs vota le titre de roi de Hongrie à Bocskay (le 20 avril 1605) et le sultan le confirma plus tard également. Mais ayant été couronné sur le Ràkos le 10 novembre suivant par le grand vizir, Bocskay retira vivement l'insigne de la souveraineté, cadeau du sultan, « car, disait-il, en Hongrie il était interdit de porter la couronne, tant que vit le roi légalement couronné. »

Qu'un court règne comme celui de Bocskay puisse complètement rétablir l'ancienne situation internationale de la Transylvanie^ personne ne l'eût cru du temps de Basta; cependant

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