LIVRE PREMIER
En 150 après J.-C, Ptolemaeos cite 15 villes de la Dacie qui ont la terminaison dace : dava.
On peut signaler aussi la présence de l'élément dace dans les rangs de l'armée romaine. Higinus Gromaticus réserve à sept cents Daces un emplacement spécial dans son camp, établi pour recevoir trois légions — et cela du temps de Trajan même quand les souvenirs des hostilités récentes devaient être encore très vifs des deux côtés. Ce sont des légionnaires daces — « I. Aelia Dacorum » et « I. Dacorum » — qui occupent les camps dans les limes de la Grande-Bretagne , Ils ont conservé pour enseigne le dragon volant, qui était celui de la nation dace, ainsi que le sabre recourbé, à côté de Tépée droite des légionnaires.
En parlant d'Antonin le Pieux ^ Capiiolinus rappelle parmi les peuples, que ce successeur de l'empereur Adrien a terrassés, les Daces (l). Mais il s'agit là probablement des Daces non assei^vis^ qui campaient en dehors et au Nord de la province romaine et dont le proconsul Sabinianiis ramène 12,000 dans « notre Dacie » , comme dit Dion Cassius, Au surplus, on rencontre sur tout le territoire de l'empire des inscriptions avec des noms daces, parmi lesquels il y a des Décébal nombreux et auxquels il est ajouté la mention : » natione Dacus (2) » .
Tout .en paraissant abonder dans le sens des défenseurs de l'origine dacique Mommsen s'exprime ainsi à cet égard : « L'empereur entra de nouveau dans la capitale ennemie, et Décebalj après avoir lutté contre l'adversité jusqu'au dernier moment, et étant convaincu que tout était perdu, s'y suicida (107). Alors la guerre se continua non pliis pour la liberté, mais pour l'existence du peuple. On chassa la population autochtone de toutes les contrées avantageuses et on y fit venir pour l'exploitation des mines, en partie des montagnes de la Dalmatie, mais surtout de l'Asie Mineure, une population n'appartenant à aucune nationalité déterminée. Dans certaines parties delà province, la population autochtone s'est cependant
(1) Et Maures ad pacem postulandam coejit, et Germanos et Dacos et multas pentes et Judœos rebellantes contudit per prœsides et legatos.
(2) RozsLBR, Romànische Studien, p. 45.
conservée, sa langue est devenue même la langue dominante. Ces Daces, ainsi que les tribus daces des contrées avoisinantes donnaient même plus tard, surtout sous Commode etMaxîmien, beaucoup de fil à retordre à leurs vainqueurs. (1) »
La coexistence d'une population dace et des colons romains étant démontrée et partant de là Torigine purement romaine des Roumains étant devenue inadmissible, les plus chauvins des historiens roumains se consolent avec la théorie de la romanisation totale de la première par les derniers. « Les cent soixante sept ans, pendant lesquels a duré la domination romaine en Dacie — dit Tocilesco — ont largement suffi pour y faire naitre une nationalité nouvelle... la race roumaine. » Xenopoly — bien qu'il ne soit pas de Tavis de Sinkai relativement à la disparition des DaceSy à cause de quoi il s'attira des anathèmes en règle de la part deDensusîano — n'affirme pas moins a que la population dace s'est romanisée soit par les liens du mariage, soit en latinisant ses noms propres ou en acceptant la langue et 4' écriture latines. Le Roumain actuel est donc le produit du mélange du sang dace et romain, mélange dans lequel, cependant, l'élément romain prédomine. C'est plutôt relativement au physique que les Daces ont contribué à la formation de la race roumaine. La manière de penser, le sentiment, la langue accusent la provenance romaine. » (2) aMaisily a encore bien d'autres choses dont le Roumain hérite du Dace ; tels sont la coiffure, les vêtements, la manière de construire; même le type du visage, qui rappellent à s'y tromper les figures daces de la Colonne de Trajan. (3) n
Vont Hasdeu — l'auteur de l'article : Strat si substrat (Genealogia poporelor Balcanice] (4)» c'était la civililisation latine seule qui pouvait s'étendre entre le Balkan et le Danube sans entraves au-dessus de la couche thrace, se métamorphosant ainsi dans la nationalité roumaine de la rive droite du Danube, parallèlement à la nationalité roumaine de la rive gauche du
(1) Th. Mommsen, Romische Geschichte, vol, 5 p. 203. (2] A. D. Xenopol, htoria Romànilor^ p. 22-23. Jassy. (3) — Teoria lui RoesUr, p. 40.
(4J Revista nuova. 1892, n^ 1 et 2.