‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 122 sur 232 · LIVRE DEUXIÈME Î · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME Î

Les instructions que Sîmonovùsch reçut de Râkdczy, avaient un caractère plus calviniste encore que celles données par de Gelej. On devait procéder au baptême, à la communion presque selon le rite calviniste. Quant à Tenterrement, il devait avoir lieu a verbalement, selon la coutume des chrétiens et on n'y emploiera le chant que là où Ton en sentira le besoin; mais on n'y tolérera aucune des superstitions empruntées aux vieilles femmes » . C'était déjà un empiétement formidable du calvinisme sur l'Église orthodoxe, et cependant Tévéque calviniste Toféus ne voulut pas s'en contenter. Il extorqua A'Apafi en 1669 un document dans lequel on ajoute aux instructions données à Simonovitsch quatre paragraphes nouveaux. 1* Qu'on érige partout où c'est possible, des écoles pour les Roumains et particulièrement dans le monastère de Gyulafehérvàr ^ dans le département de Hunyad, en Marmaros, et à Kovâr. 2° Qu'on rétablisse Timprimerie roumaine de Gyulafehéwàr, 3® Qu'on destitue les popes qui ne savent lire les livres de messe qu'en serbe, mais sans les comprendre et qu'on les remplace par des individus sachant parler et écrire en roumain. IV* Que l'évéque roumain ne dépende pas seulement de l'évéque calviniste en ce qui concerne l'emploi et dans la punition des popes et des doyens, dans l'inspection des églises et dans la solution des^ questions théologiques épineuses, mais aussi dans la convocation et la direction des synodes. Ayant clos le synode, l'évéque roumain ira avec quelques-uns de ses membres au consistoire des calvinistes magyars, afin que celui-ci puisse reviser les décisions du synode roumain et afin qu'il ait ainsi l'occasion de mieux apprendre les enseignements de la vraie religion.

Quelle que fût l'influence de Toféus auprès du débonnaire Apaji^ elle n'a pas pu empêcher la publication de Tordonnance suivante que l'évéque roumain et son frère Georges Brankovics ont obtenu du prince en 1675. « Brankovics, l'évéque de tous les Roumains, de tous les Serbes et de tous les Grecs de notre royaume, s'est souvent plaint avec ses doyens et ses popes des tentatives que quelques-uns font pour abolir leurs anciennes franchises, leur culte et leurs coutumes liturgiques. Nous n'avons donné jusqu'ici à personne le droit de les molester

dans leurs privilèges accordés par nos prédécesseurs glorieusement régnants. Nous ordonnons par la présente à tous ceux que cela regarde qu on ne se permette plus dorénavant de retirer de la juridiction de i'évéque roumain Téglise orientale, ni ses doyens ni ses popes. Un synode tenu après la publication de Tordonnance citée prescrit cependant de nouveau que Ton prêche I;i parole de Dieu dans les églises des Roumains et partout ou Ton en sent le besoin, seulement en roumain. Quant aux livres qui sont imprimés en roumain, qu'on les lise et qu'on les enseigne dans les églises où c'est nécessaire pour les chrétiens (Ij. «

Or c'est en 1644 que Vasilié Lupu érige seulement la première école et la première imprimerie de la Moldavie dans la Monasteria Trei Erarchilor. « L'influence grecque était tellement prépondérante dans la cour de Vasilié Lupu que ses filles n'apprirent à lire et à écrire qu'en grec ; elle changea aussi le caractère slave de l'école des « Trei Erarchilor » en grec. Quand le logol'ette Stefan Gheorghicza — l'adversaire de Vasilié Lupu — eut réussi a s'emparer du pouvoir, il s'intéressa à l'école des « Trei Erarchilor » , mais il n'aimait pas les Grecs, — probablement parce qu'ils étaient à Constantinople pour Vasilié Lupu. Stefan Gheorghicza pencha donc du côté des tendances slaves et, ayant renvoyé de l'école de Vasilié Lupu les Grecs, il fit revenir les professeurs qu'on avait amenés, à l'origine, de Kiev» (2).

Donc pendant que dans les vayvodies roumaines on est pour Téducation grecque ou slave, ce n'est qu'en Transylvanie que l'on cultive la langue roumaine, sous les auspices et sur l'ordre des princes magyars, ce dont convient G, Baritiu luimême en déclarant que : «• nous — c'est-A-dire les lioumains — devons convenir, pour être justes, que l'on doit attribuer la naissance de la littérature daco-roumaine à la pression exercée par le protestantisme occidental. Quoique la Réformation ait soutiré à la nation roumaine quelques centaines de mille âmes et les ait annexées aux Magyars, les ayant con-

(1) NicoLAU PoPEA, Vechia meiropolia ortodosa romana^ p. 82.

(2) V. A. Ureghia, Istoria scolelor^ I, p. 9.

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