‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 127 sur 232 · LIVRE TROISIÈME Î · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME Î

margrave de Bade et Dieirichstein ; mais, quoique plus avantageux que le précédent, il n'obtint pas plus de succès. Car d'une part une armée de 40,000 hommes fut offerte à Apafi par la Sublime^Poriej et, d'autre part, l'ambassadeur de Pàlogncy eh même temps agent secret de Louis XIV — sut si fortement peser sur l'opinion publique transylvanienne que l'on y devint de plus eu plus exigeant. « Postérité crois-le bien, écrit encore le même Bethlen^ ce fut un vent soufflant de Paris et passant à travers la trompette du roi Jean de Pologne, qui emporta ton traité ! >i

Après la reprise de Budcy la cour de Vienne con6a à Charles de Lorraine l'occupation militaire de la Transylvanie, Pour régler temporairement la situation de ce pays, celui-ci conclut avec la commission de la diète à Balàzsfalva une convention (le 27 octobre 1687), plus désastreuse pour les libertés de la principauté que le traité proposé par Dunod. Elle ne fut cependant jamais sanctionnée par Leopold, dont l'entourage tenait avant tout à une déclaration de fidélité des états. Teleki et 6V raffa en arrêtèrent les termes à Nagy-Szebcn et elle se résume dans le passage suivant : « La Transylvanie fait retour à 1a Hongrie dont elle n'a été séparée que par le sort envieux et par les audaces ambitieuses de quelques-uns. Elle accepte la protection de Léopold et de ses successeurs les rois de Hongrie etlibrement, par ferveur chrétienne, elle renonce à la protection de la Turquie. Elle n'aura plus aucune relation avec la Sublime-Porte, ne lui enverra plus ni impôts, ni cadeaux et ne communiquera plus avec aucun ennemi de la maison régnante. Dans les forteresses encore non occupées de Huszt, Koevar, Gôrgény etBrasso, on laissera entrer les garnisons allemandes. D'ailleurs, les états implorent Sa Majesté de confirmer leurs droits , franchises et libertés religieuses.» Étant acceptée par les états siégeant k Fogaras ^ celte déclaration obtint aussi l'adhésion à" Apafi qui alors ne tarda plus à prêter le serment de fidélité. Grâce aux efforts de Nicolas Betlhen^ on élabora en même temps le projet d'un diplôme que l'on remit à Caraffa pour être soumis à Aeoy^o/rf. Sa réponse en ajournait la sanction après la fin de la guerre, tout en admettant 1

principe de la liberté religieuse et de la suspension des exactions militaires commises par les impériaux. A la cour de Vienne^ on eut préféré accepter les conclusions à'Absolou, l'ancien partisan de Thockoelyi^ maintenant le bras droit de Caraffa : « Puisque c'est la Transylvanie, cette ennemie mortelle de la maison régnante, dont les princes les plus renommés furent précisément ceux qui combattirent avec le plus d'acharnement la maison régnante qui est la cause de tous les malheurs de la Hongrie, il faut que son indépendance soit supprimée, et ayant donné à Apaji des compensations, il faut qu'elle devienne une province de l'empire avec un gouverneur h sa tête, afin que ce boulevard de la monarchie puisse enfin se reposer « (I).

Les pourparlers traînèrent ainsi sans arriver à aucun résultat jusqu'à hi mort AWpafi. Alors les états étaient presque résolu^ à prêter le serment de fidélité au jeune Aptffi déjà antérieurement élu, mais 7V/e</ et le général impérial Heissler les en empêchèrent. On envoya cependant Nicolas Bethlen à Vienne pour faire ratifier l'élection d'Apafi IL Alors survient l'irruption de Thoekoelyi^ la perte de la bataille de Zernyest^ la mort de Teleki {\e 21 août 1690). L'élection du protégé des l'urcs qui eut lieu le mois suivant, rendit les hommes d'État autrichiens plus souples. Nicolas Bethlen ne laissa pas échapper cette bonne disposition et alla à K/>////^? pour y presser la publication du diplôme. Il la demanda, abstraction faite de la confirmation d'Apafi et parvint à l'obtenir avec l'aide des ambassadeurs prussiens et anglais, de Nicolas Dankclmann et de Paf/et. Entre temps, la situation de T/ioekoelyi deyint intenable, et il se vit forcé d'abandonner le territoire delà Transylvanie.

Ce fut à la diète de Foyaras, convoquée pour le 10 janvier IG91, que Bethlen présenta le diplôme, qu'on le discuta et qu'on l'accepta finalement. Dans sa préface, il est fait tout d'abord mention de la minorité d'Apafi IL Aussi remit-on son avènement au trône à l'époque de sa majorité, car dans un temps 011 la tranquillité du pays était à la merci des entreprises de Thoe-

(I) De Rébus (jestis A. Caraffaei. Liber IV, p. 321 à 325.

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