‹ Magyars et Roumains devant l'histoireChapitre 129 sur 232 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

injurlam temporum ab eodem avulsum nostrorum successorum HuDgariae regum legitimo imperio restîtuere,) D'autre part, le parag[raphe six de la loi promulguée par la diète transylva-, nienne de 1791 contient lë passage suivant : a Aussi bien Sa Majesté Sacrée, que ses successeurs suivants de la maison auguste autrichienne ne posséderont la Transylvanie qu'eu rois légitimes de Hongrie, comme appartenant à la couronne sacrée du royaume de Hongrie, avec le même droit de règne et de succession qu'en Hongrie. » (Tarn Sua Majestas Sacratissima, quam secuturi eiusdem ex augustissima domo austriaca succesores qua legitimi reges Hungariœ, Transylvaniam tanquam ad sacram regni Hungariae coronam pertinentem, eodem cum Hungaria imperii et successionis jure tenebunt.)

D'après le troisième paragraphe du diplôme , on confia aux états le règlement des plaintes des catholiques et des Saxons. Il leur a effectivement réussi de régler celles des Saxons dans le document appelé : « Nationalis accorda » . N'ayant pas pu aboutir à une transaction relativement aux griefs des catholiques, on s'en remit au jugement de Léopold selon les dispositions de ce même troisième paragraphe par qui ils furent réglés dansun autre document. Le «DiplomaLeopoldianumn sç compose donc, en réalité, de trois pièces : du diplôme principal, delà «Nationalis accorda» et du diplôme concernant les catholiques. On y ajouta encore en 1693 la u ResolutioÂlvincziana » , ainsi dénominée à cause de Pierî-e Alvinczy qui l'avait négociée ; elle se rapporte à la création d'une «* Chancellerie transylvanienne » à Vienncy indépendante de celle fonctionnant pour le compte de la Hongrie, Ces « Chancelleries »» ne devaient servir en principe qu'à l'expédition des documents émanant du cabinet du roi et de la transmission de ceux venant de la Hongrie ou de la Transylvanie à ce même cabinet. Mais plus tard leurs titulaires devinrent de vrais ministres sans portefeuille, dans les mains de qui se concentraient tous les pouvoirs des deux pays respectifs auxquels les ministres autrichiens, absolutistes ou centralistes, confiaient le soin de faire prévaloir leurs théories en Hongrie et en Transylvanie,

Fruit des transactions diplomatiques, car le simple retour

de la Transylvanie dans le cadre de la constitution hongroise ne pouvait se faire à cause des privilèges des trois nations et des quatre religions reçues; le « Diploma Leopoldianum n était fatalement condamné d'avance aux interprétations diverses. D'abord on supprima le prince en prétextant son sot mariage et en Tinternant à Vienne \ ensuite on plaça en Transylvanie des généraux qui apprirent aux États à » s'accoutumer aux tambours et à ne boire que le mors à la bouche » , selon l'expression énergique des mémoires de Michel Cserei de Nagyajta. Après la paix de Karbkza (Carlovitz), on envoya en Transylvanie une commission pour inspecter les caisses du Trésor. Son président, le baron autrichien Seeauy élabora un règlement pour fixer le quantum annuel à faire pour la Transylvanie^ contre les stipulations formelles du douzième paragraphe du diplôme de Léopold, On érigea, à la même époque, les catholiques en État, encore à l'encontre de ce qui avait été décidé. Peu de temps après, on vit arriver un évéque catholique « in partibus » qui reçut comme donation le domaine d'Alvincz. Aussi fut-il orié par le a gubernium » de vouloir bien se retirer du pays, parce que sa présence était illégale. Mais l'évéque ne céda pas à cette injonction, et fit même venir des Jésuites pour l'ensei gnement et la prédication.

Mais quelles que soient les entorses données par la cour de Vienne^ l'esprit qui a inspiré le diplôme célèbre, elles restent bien loin derrière les roueries de l'interprétation des historiens roumains. M. Enrjène Brote affirme (I) que « la Transylvanie, la troisième province, au point de vue de sa grandeur, de la monarchie des Habsbourg, n'a jamais été un pays dépendant d'un autre royaume, et elle a gardé son indépendance même au temps où il existait entre elle et la Hongrie un lien fédératif. -Quand elle fut placée sous le sceptre des Habsbourg (le 4 décembre 1691) ou, comme les États transylvaniens s'exprimèrent : quand Sa Majesté l'empereur Léopold T' daigna l'accepter sous la protection de la domination autrichienne — son indépendance ne resta pas moins intacte. L'empereur d'Autriche,

(1) EuCER BnoTK, Die rumdnische Frage in Siehenburgen und Ungarn. Berlin 1895, p. 11.

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